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Le fol amour de Mavis - Carter Brown

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Dans le rayon « hard-boiled », je suis un inconditionnel de Carter Brown (1923-1985), pseudonyme d'Alan Geoffrey Yates, né en Angleterre et naturalisé en Australie en 1948. Auteur incontournable de la célèbre Série Noire de Gallimard, son œuvre est immense avec plus de deux cents romans et une bonne cinquantaine de nouvelles à son actif. Il a consacré des séries entières avec des personnages récurrents : Al Wheeler, Danny Boyd, Rick Holman, Randy Roberts, Larry Baker... Ma préférence se tourne principalement vers Al Wheeler, lieutenant de police dans la ville fictive de Pine City en Californie. Certes, les romans de Brown semblent répétitifs et les intrigues se ressemblent toutes avec le même schéma directeur. Mais l'auteur parvient à nous embarquer par le rythme, les descriptions succinctes et la truculence des dialogues. L'essence même du roman noir populaire se trouve chez cet écrivain prolifique.

 

On va s'intéresser à un personnage féminin que l'on retrouvera dans douze histoires, la magnifique et naïve Mavis Seidlitz, assistante-secrétaire du détective Johnny Rio qu'elle aime secrètement. Mavis a un problème qui gêne ses mouvements régulièrement : les bretelles de son soutien-gorge ont la fâcheuse manie de céder lors de bagarres, de prises de catch durant ses aventures !

 

La naissance de cette blonde à la poitrine généreuse intervient en 1954 sous le titre The Killer is Kissable et publié en France en 1965 avec la traduction hasardeuse de Le fol amour de Mavis. Et les calembours avec ce prénom original seront nombreux par la suite : Mavis se dévisse, Jamais de Mavis, Mavis et le vice... Pour l'anecdote, Mavis Seidlitz rencontrera Al Wheeler dans un opus intitulé Télé-mélo (Lament for a Lousy Lover) en 1960. Après, il faut admettre que les intrigues paraissent obsolètes à notre époque et qu'elles s'empêtrent dans les toiles d'araignée. Mavis croise une agente du FBI déguisée en gouvernante, des tueurs du KGB, des traîtresses aux formes pulpeuses. Les interrogatoires ou conversations sont arrosés de whisky sec et de cigarettes. Pour cause de ressemblance avec une starlette de cinéma, Mavis est chargée de la remplacer lors d'une tournée en Angleterre. Vu que la vedette reçoit des menaces de mort, le producteur fait appel à Johnny Rio pour se charger de la sécurité de la doublure.

 

Les amateurs de romans durs, sombres et dynamiques auront tendance à se rabattre sur les œuvres de McBain, Thompson, Richard Stark ou encore Charles Williams. Même notre cher Léo Malet écrivait des romans plus secs sous pseudo à consonance américaine comme Frank Harding et son Johnny Metal... dès les années 1940. Les livres de Carter Brown sont plus légers et empreints d'une ironie sournoise et misogyne. Les femmes de Brown sont sensuelles et c'est par leur grâce féminine qu'elles aboutissent à leurs fins plutôt que par l'intellect. Du fait des critères de cette période que par irrespect, je pense. Ambiance d'une époque révolue. Romans souvent rédigés à la première personne, le style est idéal pour une lecture sans prise de tête. Comme une rafraîchissante gorgée de bière sous un soleil ardent. Avec Brown, il ne faut pas chercher plus loin. Et je l'admire pour ça.

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Abymes / Les cavaliers de l'orage - Chris Anthem

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COLLECTION CHRIS ANTHEM

Voyage au bout de l’horreur…

 

 

 

 

Avant de vous faire partager mes avis, l'auteur Marc Falvo (et son double maléfique Chris Anthem) nous fait l'honneur d'exposer son projet au sein des Éditions Faute de frappe :

 

« Chris Anthem est né un soir de beuverie avec un de mes anciens éditeurs.

Voilà comment naissent la plupart des projets littéraires, en tout cas dans nos branches souterraines et interlopes… C’était en 2015. Une envie soudaine de gore, un sain geyser d’horreur et d’irrévérence qui aspergerait cet univers trop guindé, la forêt des plumitifs pompeux et pompe-l’air. Créer une identité, un épouvantail pour bousculer les frileux et les tièdes. Cavaliers de l’orage (2016) puis Terreur Terminus (2017) – à l’Atelier Mosésu donc – seront ses premiers forfaits. Hélas, la collection ne prend pas et peu de temps après, la maison Mosésu elle-même dépose le bilan. Et le sanglant Chris retrouve ses ténèbres.

 

Printemps 2020. Dans un monde confiné, l’idée émerge à nouveau. Entre-temps, j’ai largué les amarres et monté ma propre structure, Faute de frappe. Je cherche des projets qui collent à mes envies. Je me remets au turbin – à la main sur un bloc, chose qui ne m’était plus arrivée depuis des lustres – et peu à peu, un roman se dessine. Un personnage, une époque, et du noir. Du poisseux. Et du sang.

Et soudain, l’évidence : « IL » est de retour…

Tout s’enchaîne. Le premier jet d’Abymes bouclé, je replonge dans mes anciens textes, dont j’ai depuis récupéré les droits. Ça cogite collection, rythme de parution, ça défriche, ça devise. Le logo, cet ersatz de faux groupe de Métal, se peint en rouge vif.

Un volume tous les trois mois. D’abord Abymes, perclus des symptômes de notre société covidée, puis la réédition au printemps des Cavaliers de l’orage, le road-tripes originel. Suivront celle de Terreur Terminus cet été, autre voyage en forme de huis-clos lovecraftien, et L’œuf à l’automne. L’œuf, ou l’histoire de l’homme derrière le pseudonyme…

 

En 2023, on pourra compter sur Zombraderie, une invasion de morts-vivants en pleine Braderie de Lille – vive le régionalisme qui tache ! – et Léviathan (titre provisoire), une nouvelle histoire de monstres, sans compter la suite de Terreur Terminus.

 

En revanche, Chris Anthem refuse la soumission. Je reste unique auteur à la barre. Mais les éditions Faute de frappe recherchent des manuscrits, pour peu qu’ils entrent dans le domaine du polar, du thriller ou de l’imaginaire, qu’ils grattent là où ça fait mal et que leurs géniteurs acceptent de mouiller le maillot. Car l’édition indépendante, on dira ce qu’on voudra, c’est loin d’être une sinécure. »

 

 

 

 

 

Livre déroutant par l'emploi d'une narration à la deuxième personne pour la jeune femme et à la troisième personne pour les protagonistes. Ce qui accentue le sentiment d'indifférence et de vulnérabilité. Une lente descente aux enfers pour cette femme nommée Axelle échappant à une tentative de viol. Par un malheureux hasard, son agresseur s'empale sur son couteau. Axelle s'enfuit, obsédée par des doutes. Son errance dure deux jours dans une atmosphère malsaine. Tout ce qui l'entoure est déshumanisé et la pandémie renforce l'anonymat des passants masqués qu'elle croise. Des relents nostalgiques aident à comprendre le désespoir d'Axelle. Rien ne nous est épargné dans ce maelström de pensées perverses, de vengeance et de soumission aux autres. Anarchie sociale et méchanceté sournoise au sein du travail, de l'administration poussive, des collègues idiots. Tout devient insurmontable chez cette femme qui s'enfonce dans l'essence du Mal au fil des pages. Une sorte de Carnival of Souls urbain où le sexe se vautre dans le macabre. Une fuite désabusée et l'horreur se distille crescendo vers un destin fatal. L'auteur parvient à nous intégrer dans le mental d'une meurtrière et nous comprenons que sa folie n'est que l'aboutissement de sa déchéance morale et patriarcale.

 

L'instabilité, les remords, les complexes de toutes sortes... Axelle me fait penser à la monstrueuse Aileen Wuornos surnommée « La demoiselle de la mort » dont les travers sociétaux furent semblables. Couches successives de frustration qui amènent aux crimes sanglants pour expier. J'ai lu ce roman d'une seule traite et je vous conseille de faire de même ! Ce livre ne supporte pas une quelconque pause. Prenez deux heures de votre temps et pénétrez dans les ténèbres psychotiques. Belle réussite que ce roman teinté de macabre, de solitude et d'abandon de soi. Le final est judicieux et résume parfaitement le déficit émotionnel de la fugitive en détresse. En moins de deux cents pages, tout est dit et de la plus belle des façons. Une dérive morbide qui me restera en mémoire longtemps comme un récit de Robert Bloch au meilleur de sa forme.

 

 

 

 

 

 

 

Ce roman est foutrement intéressant. Un gore bien fait et idéal pour les adeptes du slasher en milieu rural. Des destins croisés de personnages frappadingues aux obsessions différentes. D'abord un trio composé d'un homme et de sa frangine accompagnée de sa copine encore mineure. De l'autre, un aubergiste ancien douanier dictant sa loi aux pécheurs fréquentant sa pension miteuse. Tout est truffé de pièges, de cloisons pivotantes, de passages secrets. Pour l'assister, les marais environnants sont dangereux et mortels. À l'inverse, le trio ne tue que pour le plaisir de décimer son prochain. Ces tueurs nés immortalisent leurs méfaits par des photographies cadrées avec soin.

 

Le thème de l'auberge maléfique a souvent été exploité. On peut penser à Psychose, Le crocodile de la mort, la famille Bender ou encore le tristement célèbre H.H Holmes, le boucher de Chicago et ses probables deux cents victimes durant l'Exposition universelle de 1893 dont l'histoire fut romancée par Robert Bloch (encore lui). Mais ce roman est à l'échelle française ! Les touristes sont observés, testés, choisis par leurs malencontreux avis politiques. Un mot de travers et la sentence intervient. Le douanier garde son auberge comme une frontière où seules les âmes charitables auront la vie sauve. Les scènes brutales sont décrites dans un style efficace et concis. Cette vision de la douche à l'acide me reste encore dans un coin du crâne comme une tumeur maligne. Lorsque tout ce petit monde se rencontre, ça donne forcément un final explosif mais pas selon vos critères habituels. Dans la tradition gore, ce livre est une parfaite représentation du vice et de la rédemption.

 

Alors, je vous l'annonce officiellement : Chris Anthem fera partie de mes prochains achats. Il me tarde de découvrir ses futures intrigues car, il faut se l'avouer, c'est très bon.

 

 

Lien pour vous procurer les deux romans !

 

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Firenze Rossa - David Didelot

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David Didelot est un des spécialistes français du giallo (cinéma populaire italien à base de polar, horreur et érotisme) et des fumetti neri (bandes dessinées pour adultes aux couvertures libidineuses). J'imagine son bonheur à retranscrire sa passion pour le genre dans ce dernier Karnage. Surtout qu'il place son intrigue au sein d'un mythe dont il a consacré un fascicule : le Monstre de Florence. Forcément, l'occasion était trop belle pour remanier l'histoire de ces crimes crapuleux et nous donner une version romancée et revisitée avec des détails sordides et pornographiques. Ce mystérieux tueur n'a jamais été confondu et fut le responsable d'un retentissant fiasco judiciaire durant des années. Alors, David tisse sa propre version dans un bouquin remarquable qui fera date dans la collection.

 

Florence est une cité protéiforme où la perversité affronte la civilisation antique. Divine Comédie, érotomanes, salons privés, voyeurisme, pornographie dépravée de la jeunesse et aristocratie vieillissante. David Didelot virevolte entre la beauté florentine et les recoins malsains, les mâles impuissants et leurs épouses nymphomanes. Dans ce dédale de foutre et de luxure, le Monstre de Florence est dans tous les esprits. Florence devient le théâtre de la bufera infernal, manifestation du deuxième cercle de l'enfer où sont condamnés les pécheurs de chair. Les vices sont symbolisés aussi par la culture et cités par l'auteur : les fumetti aux titres évocateurs comme L'assassino del Bisturi, les comédiennes (Marina Lotar, Sabrina Mastrolorenzi...), les films (Adolescenza perversa, Orgasmo esotico...). Les deux protagonistes enquêteurs font penser au célèbre Hannibal de Thomas Harris. Le commendatore Pazzi devient l'ispettore Brighelli et le fouille-merde du National Tattler est représenté par Mario Brezzi de La Nazione.

 

N'y voyez pas un quelconque plagiat de basse besogne. Plutôt un hommage assumé et fidèle mijoté à la sauce gore. Plongez dans les lieux troubles de la cité toscane, à l'ombre des édifices et du merveilleux. Vengeance et frustration apportent une cruauté innommable dans les esprits et les actes. L'affaire Il Mostro fera encore couler beaucoup d'encre et ce Karnage est un formidable témoignage sur l'Italie populaire, ses déviances et son passé. Si le giallo vous obsède, ce livre est pour vous. Un scénario parfait pour Mario Bava. Paix à son âme...

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Les chasses du comte Zaroff - Richard Connell

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Il était temps de rendre hommage à celui dont je dois mon pseudo : le célèbre comte Zaroff. Ce personnage culte du cinéma d'horreur a surtout pris de l'importance grâce à l'interprétation magistrale de Leslie Banks dans le film « Les chasses du comte Zaroff » des réalisateurs Schoedsack et Pichel sorti en 1932 par l'incontournable société de production RKO. Cet aristocrate et chasseur émérite qui a parcouru les endroits les plus sauvages du globe fut adapté de nombreuses fois sur divers formats dont les ¾ sont à oublier ! Surtout cette parodie galactique de 1987, « Slave Girls, les captives de l'espace » qui a au moins le mérite de nous faire marrer et de jouir de la plastique de Elizabeth Kaitan. Voir ces femmes fugitives en nuisette courir dans une jungle factice, poursuivies par deux robots aussi inexpressifs qu'une boîte de conserve périmée et d'un tyran armé d'une arbalète-laser forme un nanar de première catégorie. Le remake « A Game of Death » de 1945 de Robert Wise est de bonne facture mais n'égale pas la maestria de l'acteur cité en préambule.

 

Dans le grand-guignolesque, on peut citer aussi « La comtesse perverse » de Jess Franco et le soporifique « Les week-ends maléfiques du Comte Zaroff » de Michel Lemoine. Rien de bien transcendant dans les œuvres futures à se mettre en bouche. Zaroff est-il le mythe fondateur du survival ? Autant dire que la question peut diviser.

 

 

 

 

 

 

Tout est parti d'une nouvelle de Richard Connell parue en 1924 sous le titre « The Most Dangerous Game » et que vous pouvez trouver dans l'édition « Histoires abominables » dans la collection Hitchcock présente avec la traduction de Jos Ras. Ce récit de quelques pages n'a pas la force et l'impact du film de 1932 nettement plus abouti. Ce qui est rare dans le domaine de l'adaptation pour le signaler. Ce récit a l'unique mérite de donner naissance à Zaroff qui est Général dans le texte et d'origine cosaque. Par une fausse balise, il piège les bateaux qui se fracassent sur les récifs de son île isolée. Les rescapés sont nourris avant de devenir des proies pour le chasseur que le simple gibier n'intéresse plus. Seul l'homme devient motivant à traquer pour sa ruse et son raisonnement surpassant l'instinct de survie animal. Contrairement au film des années trente, Rainsford se bat seul contre Zaroff durant trois jours. Il n'est plus accompagné par un frère et sa sœur. Équipé de vêtements de chasse, de provisions et d'un couteau, l'homme s'enfuit dans la jungle et pose des pièges. Mais Zaroff est un fin limier et évite les traquenards (si on excepte une blessure à l'épaule).

 

Oubliez également Leslie Banks et son arc. Dans cette nouvelle, il ne possède qu'un modeste pistolet automatique. Son serviteur Ivan est présent et sera repris dans le film, ainsi que les chiens dont nous ignorons la race. Et le final est fondamentalement différent. Dans le film, Zaroff chute d'une fenêtre de son fort et sera dévoré par la meute. Dans le récit, on sait qui gagne le duel mais par un constat implicite avec une dernière réflexion de Rainsford dans la chambre du comte. Pour une fois, un récit originel ne pose pas les bases d'un mythe mais l'élan. Seul le film de la RKO donne chair à Zaroff. Il sera brièvement évoqué dans « Zodiac » de David Fincher qui lui donne un second souffle actuel. Niveau littérature, il vaut mieux se rabattre sur « Le son du cor » pour approfondir le thème de Connell. Ce récit est remarquable, parfait et totalement maîtrisé. Désolé Richard mais Sarban fut le plus fort dans ce jeu cruel !

 

 

 

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Goanna massacre - Thierry Poncet

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Ce cinquième opus de Karnage m'a procuré un véritable plaisir de lecture. Certains affirment que ce roman n'est pas un gore pour de multiples causes. Et ils ont sans doute raison car il ne respecte pas forcément les codes du genre et les scènes traumatisantes sont presque inexistantes (si on excepte le massacre d'une petite fille). Mais quelle force dans ce récit ! On sent que l'auteur fut un baroudeur tant l'atmosphère poisseuse de l'Outback australien est formidablement décrite.

 

Jarra Creeks, État du Queensland, près de la frontière du Northern Territory. Une peuplade d'Aborigènes hébétés d'alcool forcée de cohabiter avec les Blancs, idiots et racistes. Les coutumes locales sont écœurantes de médiocrité crasse. Les habitants survivent dans une fournaise engluée de terre rouge avec l'unique espoir d'amasser assez de dollars pour se barrer à jamais de ce patelin perdu et oublié de la civilisation. Et leur seul moyen est de puiser dans les maigres pensions des sauvages en les abreuvant de bières bon marché à travers des lucarnes donnant sur l'extérieur. En effet, il est interdit à ces primitifs de se rendre à l'intérieur d'un bar et encore moins de côtoyer les Blancs. Et l'un deux brave les dominants en pénétrant dans un pub tenu par Vukan Bersikovic et sa femme Mila. Le Noir sera tabassé, torturé et laissé pour mort.

 

Alors Grandma Jackson va se venger en appelant le grand Goanna par un rite ancestral méconnu des Blancs. Ce varan énorme venu d'un autre âge va se multiplier et ne former qu'une légion de reptiliens avides de chair humaine et de canidés. Un but les anime : exterminer le village et tuer ces Blancs incultes, ignares et cruels.

 

Thierry Poncet nous plonge alors dans un scénario incroyable où la galerie des nombreux personnages donne un tempo cinématographique à l'ensemble. Pour ne pas vous mentir, j'ai entrevu du Tarantino chez cet écrivain. Les différents points de vue des protagonistes face à l'horreur qui se dessine. Voilà toute la magie de ce roman. On navigue entre plusieurs personnalités, du maître (le Kaiser) et ses habitudes de négrier au plouc homo qui se grime en cow-boy. Sans oublier des musiciennes lesbiennes en road-trip au policier autoritaire et droit dans ses bottes dont le seul souci est la parfaite régularité de ses chaussettes montantes. Mais tous ont un point commun : l'ignorance du pays où ils résident contre leur gré.

 

Il ne faut donc pas chercher une pure intrigue gore dans ce livre. Plutôt un tableau angoissant et crasseux d'un monde hostile où les croyances affrontent un semblant de civilisation dicté par des Blancs aux motivations douteuses. Je dois admettre que l'écriture est maîtrisée et l'intrigue d'une justesse implacable. Il faut donc apprécier ce roman pour l'atmosphère cradingue et la galerie des autochtones dégénérés se débattant dans un univers malsain et crapuleux. L'égoïsme des individus se mêlant à un racisme primaire. Le massacre surnaturel des goannas remet les pendules à l'heure. Mais pour combien de temps ? Les deux peuples sont en perte de repères dans ces terres arides. Oui vraiment, l'ombre de Tarantino plane sur cette épopée sauvage et fantastique. Thierry Poncet fait progresser la collection Karnage dans un style différent et ô combien magistral.

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Extrêmes - Kathe Koja

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Kathe Koja, des œuvres puissantes et dérangeantes peu traduites en France. Ses écrits principaux se composent de quatre romans publiés chez J'ai Lu Épouvante et ce présent recueil. Seulement. Avouez que c'est désespérant en consultant son activité littéraire toujours prolifique à ce jour. Mais il faut admettre que Koja est difficilement abordable par son style atypique et syncopé où le verbe domine souvent le sujet. On aime ou non. Toujours les extrêmes avec Koja. Beaucoup peuvent décrocher dès les premières pages car sa prose est déroutante et absorbe toute notre attention pour déceler la richesse de ses trames.

 

Bienheureux celui qui parvient à contempler l'étendue psychologique ravageuse des livres de cette autrice américaine. Bienheureux celui qui abandonne son confort de lecture pour défricher des terres inconnues. Un style unique au service de personnages à la lente déchéance, les tourments artistiques, le désœuvrement, l'impuissance et le quotidien formaté qui détruit toute volonté.

 

Au fil des prochains mois, nous évoquerons les autres romans de Koja (tel le cultissime « Brèche vers l'enfer » ) dont les fans gardent une estime indéfectible. Extrêmes, donc. Comme le titre de ce recueil de seize textes publié chez Flammarion en 2003 et merveilleusement traduit par Nathalie Serval. Koja ne ressemble à personne d'autre. Sa marque de fabrique semble indivisible, tirée d'un moule unique comme naissent et meurent les légendes. Barbarie animale dont la litanie des cochons font tomber Olson dans la folie. Son impuissance et son couple en péril le forcent à se psychanalyser face à une Barbie décapitée !!! Mais qui imagine des choses pareilles ? Koja, bien sûr ! Un impact visuel qui déroute le lecteur à jamais. Enfin, le lecteur qui s'accroche à une bouée dans une mer infestée de requins.

 

Et que dire de cet homme rescapé d'un crash d'avion qui se découvre le pouvoir de voler et d'échapper à son destin vers une liberté dans les nuages. Ou encore cette femme délaissée prenant « racine » dans son jardin face à son mari impassible. Collages d'un artiste monstrueux, fantômes aux yeux d'ange, créature difforme capturée dans un lac, étreintes avec un démon... dès la moitié du recueil, vous êtes happé par des sensations qui vous échappent. Votre cerveau vous adresse des signaux alarmants et vous gueule : « Cesse tes conneries, mec ! Regarde Netflix et laisse tomber l'affaire. Je ne comprends rien à ce que tu lis. Redeviens idiot, la paresse est plus simple ». Koja est une tortionnaire de l'esprit. Elle prouve que les femmes ont des tripes et que nous devons faire gaffe. Dans ses récits, les hommes sont faibles et torturés. Souvent dépendants de femmes fortes et socialement établies. Plus intelligentes et machiavéliques. Ce recueil est une excellente approche avant d'aborder du lourd. Du très lourd.

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Près de l'os

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Dans sa préface, Artikel Unbekannt rappelle la difficulté à écrire une micronouvelle. Comme il l'énonce si justement, « plus le format du texte est resserré, moins il pardonne ». En effet, tenir une intrigue complète en deux pages signifie que l'auteur doit être pragmatique sans occulter la fantaisie qui l'anime. Trois écrivains de renom sont selon moi les maîtres en la matière : Richard Matheson, Fredric Brown et le trop méconnu Marcel Béalu. Brown m'a subjugué par l'efficacité incroyable dont souvent un seul mot encensait la conclusion et faussait la première idée du lecteur. Le concept de la short-story est donc mis en avant dans ce recueil grâce à onze auteurs et trente-deux courts récits poncés jusqu'à l'os.

 

Henri Bé, cofondateur de l'Écritoire des Ombres et nouvelliste accompli, navigue dans les eaux troubles de l'inconscient teinté de surnaturel comme Marc Agapit. Ses personnages se battent contre un reflet, bourreaux tourmentés de l'Inquisition ou simples terreurs nocturnes d'un enfant. Destins tragiques où l'homme lutte contre lui-même.

 

Changement de ton avec Catherine Robert, la créatrice de Greta chez Trash, deux romans et quatre anthologies chez Rivière Blanche et d'autres récits dans Violences et Malpertuis. Autant dire que cette femme évolue dans l'horreur depuis des années avec aisance. Les méfaits de Catherine sont durs, effroyables et fatalistes. À l'image de cet homme violé et pourchassé par une bande et des chiens hargneux. Ou encore par cette scène de cul sauvage qui se termine mal. Et c'est sans compter la phobie d'un homme dont la moindre sortie le terrorise. Textes intimistes où nous entrons dans l'esprit torturé du personnage central. Un peu à la manière d'un Robert Bloch au meilleur de sa forme !

 

Ah qu'il est délicieux de poursuivre avec mon ami Serge Rollet (dont je partage l'incongruité du téléphone portable). Homme bon, généreux, cultivé. Son écriture est rare à mon plus grand regret. Ses œuvres sont toujours fouillées, soignées et de grande qualité. Auteur de deux mémorables recueils dans la collection Noire de Rivière Blanche, le bougre se fait attendre pour sortir le prochain ouvrage malgré nos larmes, pleurs déchirants et baise de pieds. Mystérieux tueur agissant durant une canicule, phobie des chats, vision d'un échiquier par les protagonistes en place, évaluation d'une planète inexplorée et la capture d'un singulier cobaye. Trois récits très différents et qui prouvent que l'imagination de Serge est infinie.

 

Ky', la reine du Cosplay et adepte de Stephen King, est une jeune femme charmante et adorable. Mais ne vous fiez jamais à sa frimousse innocente. Son âme sombre prend parfois le dessus dans d'autres publications. Conte d'Alice revisité sauce slasher, automutilation, dîner aux chandelles qui vire au cauchemar. Ky' est une mante religieuse et sa prose nous fait craindre le pire à chaque fois.

 

Steve Martins (alias Tak du collectif ZLLT) est également un auteur régulier dans diverses anthologies. Il tâte différents univers en fonction de ses inspirations morbides. Personnages troubles dans un corps étranger, ambiance à la Seven avec ce « gros porc » qu'on force à bouffer, aire d'autoroute plongée sous un soleil post-apocalyptique. Steve est un fan de Stephen King depuis toujours et ça se sent dans son troisième récit. Et, qui sait, Gilles Thomas est sans doute dans les parages !

 

Jean-Marc Lofficier, le grand patron de Rivière Blanche, nous fait l'honneur d'intégrer ce présent recueil avec deux textes « aussi ramassés qu'épouvantables »  selon Artikel. Les deux histoires sont puissantes et d'une grande force évocatrice en peu de lignes. Famille monstrueuse et schizophrénie sont au programme. Comme si Bernie Wrightson croisait Gudule.

 

Les familiers de Rivière Blanche, des artistes Fous Associés ou encore Malpertuis connaissent Marie Latour et ses textes tourmentés. Robots et race éteinte, homme confondu avec un zombie, suppliciée et bourreau. Récits au vocabulaire riche et parfaitement ordonné. Style enrichi au service d'une intrigue presque romanesque dans l'effroi.

 

Cancereugène est un auteur aux multiples facettes. Il apparaît dans de nombreuses publications, anthologies, fanzines, revues avec des histoires inclassables tant les domaines explorés sont diversifiés. Relation sodomite très gore, joies de la plage et du farniente dans un monde éteint, fantôme contemplant son propre accident... récits de haute volée assurément.

 

Malgré son jeune âge, Sarah Buschmann a déjà l'étoffe d'une autrice de la noirceur où l'horreur et la sorcellerie se percutent souvent dans des histoires incisives et angoissantes. Culte du corps parfait, terreur d'un enfant dans un monde mourant, couleurs d'un passé incestueux. Avec Sarah, les tourments de l'enfance sont exacerbés avec minutie.

 

Avec votre serviteur Zaroff, vous découvrirez trois récits qu'un Guy Kermen ne renierait pas. Phobie de la page blanche, affres de la maladie aux relents prémonitoires et la Covid en 2050. Sur ce coup, je suis fier d'avoir été visionnaire. Mon variant Omicron ne devait être qu'en quinzième position selon l'alphabet grec. Hélas, en ce mois de novembre 2021, ils est déjà parmi nous. Pas encore dans nos régions mais ça ne saurait tarder ! Croisons les doigts pour que nous ne subissions pas le même sort de l'humanité que je décris dans mon récit.

 

Nous arrivons à la fin de ce recueil avec une dernière autrice que je respecte beaucoup. Aussi discrète que Serge Rollet, cette femme a un énorme potentiel et il me tarde de lire son prochain méfait victorien qui sortira en 2022 selon les dires de certains informateurs bien avisés. Dola Rosselet m'avait marqué avec son recueil « De chair et d'encre » par sa composition remarquable. Avortements illicites dans une France rurale après la Grande Guerre, hommage à la Joconde et extinction des feux. Quelle maîtrise dans ces textes hors du commun. C'est au lecteur de faire son propre travail d'assimilation pour en extraire tout le suc. De quoi conclure ce recueil avec apothéose.

 

Je me suis régalé à la lecture de ce petit livre au contenu puissant. Merveilleuse idée d'Artikel d'avoir donné vie à ces micronouvelles pour le plaisir de chacun. J'espère que cette expérience sera renouvelée une prochaine fois car j'ai eu la jouissance d'y participer, de contempler la créativité de mes partenaires et, enfin, de constater que l'imaginaire francophone est loin de s'éteindre avec les nouvelles générations à venir. Pour terminer, je tiens à dire que trois histoires m'ont bluffé malgré leurs différences de ton et d'approche. « Papa » de Jean-Marc Lofficier, « Corpore sano » de Steve Martins et « Le mardi, à l'infini » de Dola Rosselet. Trio de chœur et de cœur. Merci à tous pour ce beau moment de partage en votre compagnie. J'en garderai un souvenir ému. Artikel, tu as eu le nez fin. Comme toujours...

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Cosmos Cannibale - Jérémie Grima

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À ma connaissance, le gore galactique est inédit. L'horreur SF est bien évidemment présente dans divers domaines (BD, cinéma, littérature d'anticipation pour les principaux) mais le gore SF en tant que tel m'est inconnu. Forcément, Jérémie Grima tape fort en nous offrant un « Massacre à la tronçonneuse » revisité et transposé dans l'espace sidéral. Je me suis régalé à la lecture de ce quatrième opus de Karnage. Par son côté visuel, son dynamisme et son impact scénaristique.

 

Endeuillée, Ellen fait un voyage spatial avec son père, sa sœur handicapée, son frère cadet (accompagné de son encombrante et bandante copine) vers Klendathu, un caillou paradisiaque situé à huit millions d'années-lumière de leur colonie sur Perdide. Le trajet devant durer quatre mois, la famille est plongée en hypersommeil (clin d’œil à E.C Tubb et son personnage culte Earl Dumarest ?). Eddie (Iron Maiden serait-il dans les parages !), l'ordinateur de bord capricieux du vaisseau, les réveille car un S.O.S est lancé d'une station en orbite. Le protocole impose aux navigateurs de se détourner de leur trajectoire pour trouver la balise de détresse et couper son signal après vérifications. L'arrimage à cette station orbitale déserte se passe mal et l'équipage est contraint de pénétrer dans ce lieu abandonné de la galaxie.

 

Sauf qu'une fratrie de dégénérés règne dans ce trou à rats. Imaginez les frères Schootswater (« Blood-Sex » de Nécrorian) munis d'une tronçonneuse infernale façon Evil Dead 3 dont la faim insatiable les condamnent à chasser et traquer de la chair humaine dans les coursives ! Très jouissif de suivre les mésaventures du quintuor dans les méandres de cette station en ruine. Angoissant et glauque, le récit nous tient en haleine à chaque page.

 

Jérémie Grima nous propose sa fameuse recette du fromage de tête et je crains qu'il est préférable de décliner sa prochaine invitation à dîner... à moins d'être Hannibal Lecter en personne pour savourer le délicieux ragoût. Foncez sur ce bon petit bouquin sortant des sentiers battus et rendant hommage en sous-couche aux précurseurs comme Tobe Hooper copulant avec H.R Giger. Le boss de Karnage prouve que le gore ne possède plus de frontières désormais. L'univers entier est assez vaste pour contenir nos déviances. Le cannibalisme SF a enfin une place méritée dans la littérature gore populaire. Dieu que ça nous change la vie et nos perspectives !

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Baby Trap - Patrice Herr Sang

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Un véritable plaisir de retrouver Patrice Herr Sang dans ce troisième méfait de Karnage sorti en juin 2021. Patrice est un ancien du gore et sa galerie des horreurs fait partie des romans indispensables de la collection du Fleuve Noir parmi les auteurs français. « Baby Trap » et son intro qui démarre à fond dans le glauque et le nauséeux avec ce bébé dézingué à la batte de base-ball ! Je peux vous garantir qu'il faut avoir le cœur bien accroché pour terminer le premier chapitre. Bon, il est certain qu'un nourrisson qui braille durant les ébats sexuels d'un couple, ça peut irriter sévère ! On bande mou et la compagne se focalise sur les beuglements du mioche. Un chapitre inclassable dans l'horreur et seul un écrivain émérite comme Patrice peut surprendre le lecteur dans une telle escalade du tabou.

Dès le deuxième chapitre, ma joie fut immense en tombant dans ma zone de confort : un flic du Bronx et ancien des Forces Spéciales dont le quotidien est jonché de cadavres, de braquages violents, de viols, de putes, de crimes crapuleux... tout ce que New York vomit de vices et saloperies urbaines. James Hendrix est un dur et nous le fait savoir. Surtout par son art de l'improvisation, ses réparties tranchantes et ses rapports agressifs envers ses collègues et supérieurs hiérarchiques.

À la façon d'un James Herbert dans sa trilogie des Rats, l'auteur présente des couples à la limite de la rupture. Leur progéniture, pour de petits caprices, en prend pour son grade. Les sévices sont originaux et rendent à l'intrigue une lecture avide et angoissante. Les meurtres d'enfants gonflent les statistiques criminelles, les flics sont sur les dents et rien ne permet aux enquêteurs de dénicher le moindre indice. Sont-ce des tueurs en série, un gang, une secte de l'Église de Satan ? Tout se brouille à merveille.

Par un étrange prospectus, James croit tenir une piste sérieuse et nous offre ainsi un final somptueux qui appelle une suite au livre. C'est dégueulasse ! On nous laisse comme ça, la bite tendue et la salive aux lèvres, dans l'espoir d'une seconde parution rapide. Et on pardonne car l'histoire prend de l'ampleur et on devine que Patrice Herr Sang ne pouvait rédiger une enquête si prenante dans un seul volume. Que va devenir James, empêtré dans une machination infernale ? Vivement la suite, putain... Cette séquence de ball-trap avec des bébés joufflus me laisse admiratif. Du travail d'orfèvre ou je ne m'y connais pas !

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Les loups-garous d'Argentine - Jérémy Wulc

Publié le par Zaroff - Commenter cet article et avis postés :

 

 

J'attendais beaucoup de ce premier roman de Jérémy Wulc, déjà pour son titre accrocheur. Lors du décès de son grand-père, un flic du 36 — en attente de passer en commission de discipline après une bavure grave — se charge de débarrasser la maison et de virer les meubles. En fouillant dans le grenier, il découvre un uniforme SS caché derrière une armoire ainsi que des carnets camouflés dans une cache secrète à l'intérieur d'un coffre-fort de marque Burg-Wächter. Arnaud Shimansky ne comprend pas la présence de ces vestiges de l'horreur nazie dans la maison de son aïeul. Surtout que celui-ci était un ancien rescapé des camps de la mort.

Ce roman, pourtant prometteur, ne parvient pas à nous surprendre. Encore moins le lecteur féru d'histoire. On devine assez vite le pourquoi de la chose. De plus, l'auteur dissémine des détails qui font sourire, tel le chien du défunt, un berger allemand (tant qu'à faire !) qui se nomme Bormann ! Comment ne pas penser à Martin Bormann, le conseiller d'Adolf Hitler et futur successeur désigné !!! Dans le doute de notre ignorance, l'auteur poursuit sa logique : lors des funérailles, on y croise des vieux parlant la langue de Goethe. Avouez que ça commence sérieusement à émousser le suspense...

On peut aussi être embêté par les multiples polices d'écriture et les sempiternels messages d'accueil du répondeur d'Arnaud repris plusieurs fois. De toute façon, dès l'évocation du titre, on pense à l'unité Werwolf, le IVème Reich, la survie d'Hitler et autres légendes et théories fumeuses sur la fuite des hauts dignitaires vers l'Amérique du Sud. Arnaud prolonge ses investigations en Argentine, plus précisément à Bariloche, le Tyrol argentin et lieu de passage de Eichmann ou encore Mengele pour ne citer qu'eux. Bref, rien de bien original dans ce roman.

Il vaut mieux vous rabattre sur des choix plus judicieux : le monumental « Ces garçons qui venaient du Brésil » de Ira Levin, les deux nouvelles fabuleuses de mes deux compères, « Angst » de Artikel Unbekannt-Schweinhund et « Le Berserker » de Lester L. Gore. Ces deux écrits sont efficaces et traitent le sujet avec brio pour beaucoup moins de pages. Question uchronie, on peut citer « Le Maître du Haut Château » de Philip K. Dick et « Fatherland » de Robert Harris. Dommage pour Jérémy Wulc et sa tentative avortée. Sans doute un roman idéal pour un jeune lecteur en pause estivale et qui tombe à l'eau pour un adepte du genre car ça manque cruellement de subtilité.

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