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Troglo-Blues - Bertrand Passegué

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le cycle « Troglo-Blues » de Bertrand Passegué. Ça fait un bout de temps que je comptais lire ces deux opus parus chez FN Anticipation... et quelle erreur de ne pas l'avoir fait plus tôt ! Je me suis plongé dedans comme jamais. Y a tout ce que j'aime comme ambiance et intrigue. Un Paris dévasté par les bombes, la périphérie étant devenue un désert brûlant. Le personnage principal est Joris, un homme de main du maire Lacourt. Il est chargé de l'approvisionnement et part chercher des sacs de blé dans les villages. C'est plus du vol organisé mais les villageois n'ont guère le choix. Lacourt est un édile autoritaire et ses soldats se chargent de maintenir l'ordre dans la capitale. La journée surtout. Car, dès que la nuit tombe, les troglos prennent le relais et malheur à celui qui se fait attraper. Les troglos (tels les fameux Morlocks de H.G Wells) vivent dans le métro et sont des as du surin. Chargé d'une mission, Joris part à la recherche d'un messager avec ses collègues. Il faut retrouver une sacoche contenant des informations confidentielles. C'est ce qu'affirme le maire. Pourchassé par les troglos, Joris se cache et tombe sur le cadavre du messager et de ses assassins dans un musée. Sa curiosité l'emporte, il fracture la sacoche et découvre son contenu : des lettres du maire et du chef des troglos. Tout est planifié, des heures de patrouille aux petits arrangements entre amis. Joris constate avec stupéfaction qu'une collusion existe entre les troglos et la mairie ! C'est une bombe qu'il tient dans les mains. Idéal pour conclure un deal avec l'opposition ou marchander un rang social plus élevé avec Lacourt. Mais le maire est malin et fait chasser le renégat par ses hommes. Poursuivi et encerclé, Joris est obligé de pénétrer dans le métro. Les soldats obstruent l'entrée avec des gravats. Coincé, Joris s'enfonce dans l'obscurité des galeries souterraines. Bien vite, il est repéré par les troglos...

 

Le second ouvrage annonce un rite initiatique où Joris (qui se présente sous une fausse identité) est confronté. Le choix est simple : aller aux « fouilles » ou subir des tests. Après de multiples épreuves (dont la purification par l'air, l'eau et le feu), il doit subir une chasse à l'homme. Le survivant pourra rejoindre le monde des troglos. Les dignitaires de cet univers souterrain forment une caste ressemblant à une société secrète. On distingue l'un d'eux qui dirige les Servants, la force armée. Des soldats sanguinaires qui font régner l'ordre avec violence. Un autre s'occupe de la partie administrative et la gestion du réseau. Le Boss, un homme obèse avec son harem, dirige tout ce petit monde au sein d'un palais luxueux et doté d'un confort supportable. Que va devenir Joris qui est traqué à la surface par les hommes du maire ? On se prend d'amitié pour ce personnage mais on s'aperçoit qu'il cache son jeu et que sa personnalité n'est pas dépourvue de vices. C'est surtout un opportuniste qui veut arriver à ses fins. Bref, c'est un bon bouquin (en deux volumes) qui se lit vite. Le scénario est bien ficelé, l'écriture plaisante et le tout forme un excellent divertissement.

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Stan Levine - Maud Tabachnik

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Deux volumes sont consacrés au flic Stan Levine, officier de police new-yorkais. Le premier opus date de 2001 et le second ne sera écrit que neuf ans plus tard ! Ce laps de temps est assez regrettable car « Le 5e jour » laisse le lecteur sur sa faim, surtout par un final trop vite enlevé. Mais je vais trop vite en besogne. Reprenons depuis le début. Levine est un flic brutal et consciencieux marié à une femme juive (un truc récurrent chez Tabachnik). Il sera sans doute le prochain chef de la Police car ses statistiques sont excellentes. Un homme répond à une annonce où un jeune homme sérieux propose ses services pour travailler dans une ferme. D'allure convenable et courtoise, il parvient à emmener la fillette après avoir déjeuné avec la mère du futur ouvrier à qui il a donné une avance. Il prétend se rendre à un anniversaire et la fillette sera ravie de jouer avec des gamines de son âge. Promis, il la ramènera dans la soirée. Mise en confiance, la mère accepte de voir partir sa petite fille avec cet inconnu si serviable. La fillette ne reviendra jamais. Peu après, la mère recevra une lettre où l'homme décrit les sévices faits à l'enfant. Et surtout, il l'a mangée ! Et cuit ses fesses au four avec des légumes.

 

Puis survient le meurtre d'un homo dans une ruelle. Et d'un handicapé dans un parc. L'homme est insaisissable. Les rares témoins décrivent un homme âgé aux cheveux gris, le corps frêle et une fine moustache. Vous l'aurez compris, Tabachnik s'est inspirée largement des crimes atroces commis par le célèbre Albert Fish dans les années trente pour créer le personnage sadique nommé Edgar Nichols. Les flics sont à cran et écument les réseaux pédophiles, mettent le FBI sur le coup et passent New York au peigne fin. Le tueur a une famille et son boulot d'archiviste lui permet une discrétion certaine dans les sous-sols qu'il occupe. Psychose religieuse, rédemption dans la douleur pour s'approcher du Christ, l'homme s'automutile en s'enfonçant des aiguilles dans la verge, l'aine, le ventre, la bouche et les cuisses. Il atteint l'orgasme en torturant et en mangeant de la chair humaine. Levine le provoque en l'insultant à la télévision, mettant en doute les capacités mentales de l'individu. Nichols se venge en kidnappant la fille du flic en se faisant passer pour un aveugle. Il donne cinq jours au policier pour le trouver. Sinon, il mangera sa fille. Désespérée, Sarah (la femme de Levine) participe à l'enquête en recherchant des témoins oculaires. Levine devient fou et violent lors des interrogatoires. Retrouvera-t-il sa fille avant que ce monstre ne la dévore ? Le suspense est terrible et formidablement mené (sauf la fin) et je plains les lecteurs qui ont dû attendre neuf longues années pour lire la suite de cette traque et de voir ce que sont devenus Stan et Sarah après cette morbide épreuve.

 

Dix ans plus tard, on retrouve Levine à Milwaukee. Les choses ont changé. Il ne voit plus sa femme et ses deux autres enfants. Il a passé dix ans à traquer Nichols qui s'est évaporé dans la nature. Par un curieux concours de circonstances, Nichols revient près de Levine et recommence ses crimes sauvages. Le flic reconnaît la signature du criminel, même si les doutes sont nombreux. En parallèle, des attentats islamiques dévastent la ville. Un agent du FBI est infiltré dans le réseau et tente de faire tomber les cerveaux sans trahir sa couverture. Tabachnik reprend ses poncifs habituels et, souvent, ses romans se ressemblent tous. Malgré tout, la lecture est plaisante et procure un bon divertissement. C'est pourquoi j'y reviens souvent. Ce second opus est moins prenant que le premier, mais il a le mérite de boucler ce dyptique avec efficacité.

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La fiancée du vieux renard - Kââ

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J'ai le cul bordé de nouilles car il semblerait que ce bouquin paru chez Fleuve Noir Polices est introuvable. Et pourtant, je l'ai trouvé chez Emmaüs pour cinquante centimes. Mon oeil de faucon l'avait repéré dans un rayonnage poussiéreux parmi des polars et des séries d'espionnage du genre OSS 117 et SAS. J'ai dévoré cet opus de Kââ en deux jours tant le style est drôle, savoureux et vif. L'auteur n'épargne pas les meurtres, les accidents et les rebondissements qui rythment l'intrigue en tranchant dans le lard. Ce qui ressort également entre les lignes est l'énorme culture de l'écrivain. Notamment la description d'un vol de nuit entre l'Angleterre et Belle-Île-en-Mer. D'ailleurs Kââ nous gratifie d'une annexe à la fin pour expliquer toutes les difficultés à piloter un avion à vue tout en évitant les radars !

Hélas, il faut avoir lu les autres polars de Kââ pour en saisir toutes les subtilités. Il est fait référence régulièrement à "La princesse de Crève" et "Mental". On suit les tribulations d'un dénommé Aurel qui est chargé de récupérer l'objet sexuel (Tatiana) d'un lord qui vient de détourner 150 millions de dollars destinés à l'Afrique du Sud. Tout y passe : truands patibulaires, portes-flingues, ferme minée, armes diverses et variées, bagnoles à fond de train... Aurel a du métier et parvient à dénouer cette pelote gigantesque. Qui dit vrai et à qui se fier ? Aurel finira par appeler une vieille copine à la rescousse : Delphine van der Hallen. Leur périple traversera la France du Nord au Sud, la machination est implacable. En 150 pages, Kââ nous livre un scénario parfait avec , en prime, un peu de cul. Mieux que ça, c'est mal !

 

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Emmett Coogan - Gilles Bergal

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J'ai envie de vous parler d'un personnage dont j'affectionne les aventures : Emmett Coogan. Créé par Gilles Bergal, sa première apparition intervient dans Cauchemar à Staten Island, collection Gore n°36, en décembre 1986. Sa seconde aventure devait être publiée chez Maniac sous le titre La nuit des hommes-loups, mais cette collection s'arrêta au huitième numéro. Et Rivière Blanche eut la brillante idée d'éditer l'intégralité des deux ouvrages dans ce recueil éponyme en 2008 (avec toutes les nouvelles parues dans Créatures des Ténèbres et une interview de l'auteur par Fantastinet).

 

Coogan a trente-sept ans, ancien inspecteur de police viré après quinze ans de service pour avoir causé un accident sous ivresse. Depuis, sa fille de huit ans est dans le coma. Pour payer les frais d'hospitalisation, Coogan est forcé de faire tous les boulots merdiques qu'on lui propose. Il est engagé par la Slake and Co pour être gardien de nuit afin de surveiller les entrepôts alimentaires de la société. Des vols réguliers surviennent sur les docks de Staten Island, New-York. Cinq gardiens ont disparu. Étaient-ils des complices des cambrioleurs ou des victimes ? Le gérant a confiance en l'ex-flic. Et il ne risquera pas de s'envoler car sa fille est intransportable. Coogan accepte le marché, surtout qu'une prime de 5000 dollars est offerte si il attrape les voleurs. Coogan remarque que les vols ont lieu de nuit, qu'il pleuvait dans chaque cas et que les montants des larcins et leurs fréquences sont irréguliers. Pourquoi dérober des boîtes de ravioli en délaissant le caviar ? Et pourquoi les armes retrouvées vides n'ont pas été emportées ? Elles se monnaient plus que des conserves. Cette enquête est truffée d'incertitudes et la logique des truands n'est pas respectée selon l'instinct et l'expérience de l'ancien flic. Coogan va devoir affronter des créatures hybrides peuplant les égouts new-yorkais avec d'autres flics incrédules. Ce roman n'est pas un plagiat du film C.H.U.D et l'auteur rappelle dans sa préface qu'il avait été écrit bien avant.

 

 

Dans La nuit des hommes-loups, on apprend que Coogan a perdu aussi sa femme dans l'accident. Une amie de sa défunte épouse lui demande de retrouver son jeune fils, sans doute enlevé par son ex-mari. Au fil de ses recherches, Coogan découvre qu'une espèce de secte est établie dans une forêt près de New Haven. Des sacrifices humains sont nécessaires pour la Mutation où des hommes se transformeront en loups après avoir livré un de leurs proches. Secondé par trois mercenaires, Coogan s'enfonce dans la forêt, armé jusqu'aux dents, les chargeurs pleins de balles d'argent. Son unique but est de sauver l'enfant des griffes de la confrérie.

 

Et voilà, Coogan c'est fini. Plus rien. Sa fille va-t-elle survivre ? Coogan combattra-t-il d'autres créatures ? Lançons une pétition, les amis. On veut son retour. Sinon je boude.

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Paris Zombies et Les épouvantails - Philippe Morin

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les épouvantails sont une métaphore, l'image du malaise des paysans, la solitude des campagnes et le rejet de certains envers les citadins, les femmes pécheresses, le matérialisme. D'autres ruminent et d'autres ruminent et passent à l'acte. C'est le cas des frères Neumance. Une jalousie sourde qui amène la vengeance et la barbarie. Ce récit qui s'apparente plus à une novella par son format est terrifiant. Non par la description facile d'actes odieux que des auteurs utilisent aisément dans le gore. Ici, tout est parsemé d'un trouble latent à la manière d'un Corsélien au meilleur de sa forme. Le renoncement et la folie. Un gendarme qui se cherche dans une vie insipide. Solitude et frustration. Puis on bascule dans une ambiance digne d'un Jack Ketchum. La scène de l'étable donne froid dans le dos, un long cauchemar où l'auteur exprime tout son talent. Et c'est également une fin abrupte aux multiples questions (le rôle du garagiste par exemple) et le sort réservé aux suppliciés. On pourrait qualifier ce court roman de survival rural, mais c'est plus complexe. Il comble les trous d'existences artificielles par des réactions sordides et primitives où la famille ne représente que des valeurs solitaires entre l'adultère, la convoitise, l'affirmation de soi et la vanité. Et les frères Neumance ne le supportent plus. Et ils vont nous le faire savoir.

Cet ouvrage comporte aussi quelques nouvelles tendance post-apo (je pense à ce vieux qui retourne mourir chez lui en parcourant des terres dévastées...), zombis, SF, polar, guerre d'Algérie et une longue novella pour parachever le tout.

 

Paris Zombies est un recueil regroupant trente-neuf récits. Les textes peuvent se lire séparément. Malgré tout, ils forment un ensemble cohérent. Paris subit une vague d'épidémie. On distingue deux sortes de morts-vivants : les contaminés et les cadavres revenus à la vie (les revenants). C'est un grand théâtre de scènes macabres et il est intéressant de voir les diverses réactions face à la survie de chacun. Certains se regroupent pour combattre ce fléau, d'autres en profitent pour assouvir leurs pulsions les plus viles : viols, pillages, domination sur les faibles. La cruauté n'a plus de visage, que ce soit envers les morts-vivants ou les rescapés. On y trouve aussi de la solidarité, de l'entraide. D'autres se réfugient dans la solitude, certains optent pour le suicide. Ce livre est un formidable kaléidoscope des sentiments et réactions face à l'innommable. L'auteur explore et dépeint l'humanité mourante dans un style vif, percutant et presque poétique. Une horreur protéiforme et obsessionnelle. Le tout dans des décors multiples : des avions, des caves, des ruelles, des parkings souterrains, des appartements vides, des magasins, des bistrots, des cimetières, des hôpitaux...

 

Lire notre interview de l'auteur.

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Série Mike Rowland - Frank Harding

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

En sus de son personnage Johnny Metal, Léo Malet a écrit deux romans policiers (sous le pseudo de Frank Harding) consacrés au détective privé Mike Rowland, de la Michael Agency. Le premier opus, "Recherché pour meurtre" fut publié chez Ventillard le 4ème trimestre 1948, dans la collection MINUIT numéro 23. Ce flic est plus coriace et vindicatif que son prédécesseur Metal. Accusé du meurtre d'un journaliste et de la découverte du cadavre de son associé Adams, Rowland doit fuir pour résoudre l'enquête. Au fil de ses investigations, il découvre que son ancien collègue était un maître-chanteur. Intrigue classique mais plus incisive que les romans dédiés à Johnny Metal. Le ton est plus direct et croche-dedans. Rowland n'hésite pas à castagner et à tuer si ça s'avère nécessaire pour sa survie. Léo Malet utilise le schéma habituel : flic accusé à tort, journalistes et flics officiels à sa traque, confrontations avec des truands, cavale et dénouement heureux.

Même cas de figure pour le second opus, "Cité interdite", paru aux Éditions et Revues Françaises le 1er trimestre 1950 dans la collection "Ici Police". Rowland, fauché comme les blés, décide de quitter momentanément New York pour se mettre au vert dans une station balnéaire. Il demande du travail à un flic privé qui lui refuse son aide par télégramme. Intrigué, il se rend sur place et se rend vite compte qu'on l'empêche, par tous les moyens, de retrouver son confrère. Un vagabond se fait tuer à sa place (il venait de piquer la bagnole de Rowland) et les truands sont à ses trousses ainsi qu'un agent fédéral. Bientôt, il se trouve embourbé dans une sordide histoire de trafic de faux billets. Les quiproquos s'enchaînent mais Rowland rétablira la vérité et une virginité toute relative lui permettant de se remettre à flots.

J'ai vraiment apprécié les mésaventures de Mike Rowland. Il n'est qu'une pâle copie américaine de Burma, mais la lecture est plaisante car on s'attache vite à ce personnage fonceur.

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Collection aventures - Le Carnoplaste

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Vous ne savez pas quoi faire durant trente minutes ? Vous couper les ongles, mater la voisine, prendre un apéro corsé, battre votre chien ? Optez pour une solution simple : la dernière collection Aventures pensée par Le Carnoplaste pour 2017 : petits fascicules de 32 pages qui se veulent un hommage aux minuscules romans publiés par Ferenczi dans les années 50. Et le concept est étonnant : un titre est imaginé par Robert Darvel et Fred Grivaud conçoit une illustration. À l'auteur de créer une histoire avec ce double défi. Et pour agrémenter le suspense, l'identité de l'auteur n'est dévoilée qu'à la fin du fascicule.

 

En avril, quatre titres sont parus pour la modique somme de trois euros le volume. Douze autres sont prévus durant 2017, de quoi nous repaître comme des porcs sans nous ruiner ! Je me suis abreuvé comme un ivrogne en lisant les quatre opus en une journée. Pourtant, je voulais patienter, lire des paragraphes par petites bouchées tel un columba livia picorant des miettes sur un gazon anémié. Mais pensez-donc, je n'ai pas réussi. Aucune volonté. À se fouetter jusqu'au sang avec une poignée de ronces. Faut dire qu'au Carnoplaste, ce sont des malicieux. Une épopée post-apocalyptique dans un centre commercial avec des créatures, un cirque façon Foire des Ténèbres et des prises de muay-thaï. Puis, un naufragé échoué sur une île qui se dévore, une belle scientifique maniant l'arbalète, un laboratoire souterrain et une flore mutagène. Suivez aussi un archéologue sur la Mer rouge à la recherche du continent de Mû. Les périls sont nombreux : Drakonis, Krakenis et autres monstres tentaculaires. Sans oublier l'Axe Noir et la cruauté des hommes.

Pour conclure, nous voici de retour dans la touffeur de la jungle. Tout commence à Valenciennes en 1854. Un bébé est abandonné et est recueilli par un curé et sa bonne. Ignace est son prénom et l'intrigue est une préquelle au destin d'un personnage de fiction célèbre.

 

Une véritable réussite cette collection dédiée aux romans d'aventures. Délicates fragrances nostalgiques de nos lectures d'enfance. On se replonge dans des ambiances à la Verne, Wells, Doyle, Burroughs, Dumas, Féval, Leblanc, Sue... Feuilletons intrépides dont Le Carnoplaste est l'étendard. Au nom de tous ces auteurs oubliés, je m'agenouille devant ces hommages assumés et renouvelés. Et vivement la prochaine fournée.

 

Se procurer les quatre fascicules...

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Miss Chandler est en danger - Frank Harding (série Johnny Metal # 3)

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Troisième opus des aventures de Johnny Metal, paru dans la collection "As de Pique" le 4ème trimestre 1945. Roman court de onze chapitres avec un épilogue. Nous sourions encore à la vue de ce journaliste qui se dépatouille entre le patron de son journal, la pègre, les mauvais informateurs, les traîtres et les femmes sournoises. Metal doit interviewer une fille de milliardaire car elle a annoncé son mariage privé. Metal étant en relations intimes avec Liliane Chandler, son rédacteur Little Bob insiste pour qu'il puisse prendre des photos de la future mariée et de pondre un article. Celle-ci accepte et Johnny se rend à l'hôtel pour la rencontrer. Les flics l'attendent et le voilà embarqué pour trafic de faux billets ! Il comprend vite qu'il fait l'objet d'une funeste machination.

C'est grâce à un détail photographique que Johnny Metal fera basculer l'enquête et prouvera son innocence. En cavale, il est toujours assisté de son fidèle photographe Éric dont il a une confiance totale. Pour l'anecdote, Malet relate l'affaire du Dé de Jade parmi les exploits du journaliste. Sauf que ce bouquin sera édité en 1947 ! Malet est un malin. On le soupçonne d'avoir des manuscrits cachés dans son tiroir. Sauf qu'à taper comme un fou sur sa machine, il finit par s'emmêler les pinceaux ! Sacré Léo.

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Memories of Retrocity - Bastien Lecouffe Deharme

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Roman graphique paru en 2011 aux Éditions du Riez. Un véritable coup de maître de l'auteur et illustrateur : Bastien Lecouffe Deharme, alias "B". Présenté sous la forme d'un journal de bord tapé à la machine par un flic de Chicago. Après avoir tabassé son chef, il se retrouve exilé dans la cité déchue de Retrocity. Ville oubliée de tous et entourée de hautes murailles. Au fil de ses investigations dans des quartiers abandonnés et glauques, il découvre le mal qui ronge cette ville : un étrange virus qui transforme les organes en symbiose mécanique. Jusqu'au stade ultime où l'homme fusionne avec un objet personnel ou intime. Une corporation gère tout, de l'alimentation à l'immobilier, la compagnie Hover. Le flic William Drum va rencontrer de singuliers personnages comme une femme-lampadaire, des chiens mécanisés, des Veilleurs... sans oublier une religion unique et les Retro-nuns.

Il faut plonger dans cet univers incroyable où les illustrations amènent une atmosphère vintage, limite steampunk des années 50. On peut penser à "Dark City", "Brazil", "Blade Runner" ou encore "La cité des enfants perdus". Et les romans de Alain Damasio sont une influence principale et cités en postface. Un artbook magistral qui laissera une trace indélébile dans votre mémoire. Une merveille tout simplement.

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Aux mains des réducteurs de têtes - Frank Harding (série Johnny Metal # 2)

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

 

Petit roman de sept chapitres paru dans un fascicule, le premier trimestre 1945, aux Éditions et Revues Françaises, collection "As de Carreau". Little Bob (dit le Barbichu), rédacteur en chef du New York World, envoie Johnny Metal faire un papier sur une star hollywoodienne, Dora Frecher. Sur place, il tombe par hasard sur une étrange conversation dans un salon de thé, notamment un chantage sur un changement de scénario.

Peu après, il sauve une femme attaquée dans sa voiture. Comme par hasard, il s'agit de la starlette. Se faisant passer pour un artiste-peintre, il entre dans l'intimité de l'actrice en lui proposant de faire son portrait. Au fil des jours, leur amitié permet au journaliste de la suivre dans un studio de tournage. Et voilà toute l'équipe qui doit partir en Équateur car le scénario a changé. Sur le bateau, il reconnaît la voix des deux hommes rencontrés dans le bar. Dans une taverne à Guayaquil, Metal rencontre un Indien Jivaro qui lui propose de passer deux jours dans sa tribu. En repartant, il se retrouve seul car son guide meurt, foudroyé par la morsure d'un serpent-minute ! C'est alors qu'il croise la starlette, inanimée et ligotée sur le garrot d'un mulet. La vedette est entre les mains des réducteurs de têtes et un sacrifice se prépare sous le son lancinant d'un roulement de tam-tam. C'est par un astucieux stratagème que Johnny Metal pense sauver la malheureuse...

Okay, c'est écrit à l'emporte-pièce et les hasards sont faciles pour animer l'intrigue. Vu le format du fascicule vendu quatre francs, on peut supposer que Malet n'avait pas le temps de fignoler. Mais on retrouve le célèbre reporter de Manhattan avec grand plaisir. 

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