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Trilogie Bill Hodges - Stephen King

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Sans avoir lu Stephen King durant des mois, je me suis plongé dans cette trilogie consacrée à Bill Hodges, un officier de police retraité. Dépressif, il passe ses journées devant la télévision à regarder des jeux débiles. Près de lui, un flingue qui le tente. Il le porte souvent à sa bouche. Et c'est un macabre fait divers qui va le sortir de sa léthargie. Un homme dans une Mercedes grise va foncer dans une foule de demandeurs d'emplois au City Center. Huit morts et des dizaines de blessés. Par jeu, le tueur va adresser un courrier à l'ancien flic et un contact virtuel sur la messagerie d'un site Le parapluie bleu de Debbie. On connaît vite l'identité de Mr Mercedes, un pauvre type vivant avec sa mère alcoolique, relation presque incestueuse. Mais c'est un type intelligent et minutieux qui adore bricoler des « trucs », notamment pour capter le signal d'ouverture des portières d'une bagnole. Dans ce jeu pervers entre les deux hommes, le flic va être secondé par deux alliés : Jerome, un étudiant afro-américain et Holly, une femme un peu tarée et virtuose de l'informatique. Hodges va perdre une femme aimée dans cette lutte acharnée mais aussi une raison de vivre. Empêchera-t-il une autre tragédie ? Mr Mercedes a les moyens techniques pour causer la mort d'une centaine d'innocents. Surtout qu'il a une idée en tête...

 

Nous retrouvons nos trois acolytes, quatre ans après les faits, dans Carnets noirs. Hodges a fondé une agence nommée Finders Keepers et Holly est devenue sa secrétaire. Sauf dans de brefs apartés, Mr Mercedes est absent de l'intrigue. C'est une autre histoire qui se déroule sous nos yeux. Tout débute par un cambriolage en 1978 chez un écrivain célèbre : John Rothstein, auteur de la trilogie Jimmy Gold et qui n'a rien publié depuis quinze ans. Mais il a écrit dans des carnets (165 au total) qui sont rangés dans un coffre-fort. Morris Bellamy, le cerveau de la bande a connaissance de l'existence de ces carnets, tue l'écrivain par vengeance (il ne supporte pas ce qu'est devenu Jimmy Gold et en veut à l'auteur) et planque l'argent et les carnets dans une malle. Cette malle est enfouie sous les racines d'un arbre, au bord d'un ruisseau, près de chez lui. Pour une sordide affaire de viol, il prend trente ans de prison. En 2009, Pete Saubers qui habite dans l'ancienne maison de Morris va trouver par hasard cette malle. Et l'argent qui représente 20 000 dollars. Et il va s'en servir pour aider ses parents car son père est handicapé : il faisait partie des blessés du City Center. Durant quatre ans, Pete va poster 500 dollars chaque fin de mois, sans que ses parents se doutent de la provenance de cet argent qui va les sortir de la misère. Pete est un fan absolu des livres de Rothstein et va planquer les carnets pour les compulser petit à petit. Deux romans inédits de Jimmy Gold, des nouvelles, des poésies, des essais. C'est une découverte majeure à ses yeux et des collectionneurs se ruineraient pour ces carnets intimes. Et cette idée commence à germer dans sa tête, surtout lorsque la réserve d'argent est épuisée. Arrive ce qui devait arriver : Bellamy sort de prison, liberté conditionnelle. Il est vieux et épuisé. Mais son obsession est restée la même. Reprendre la malle et lire les carnets. Il ne pense qu'à ça depuis trente longues années. Sa déception va se transformer en une haine morbide. Et il va partir à la chasse de celui qui a pris son trésor. Bill Hodges, Jerome et Holly vont aider Pete, suite à l'appel de Tina, sœur de Pete et amie de la sœur de Jerome. C'est une course contre la montre. Car Bellamy retrouve vite le responsable du sacrilège et il ne pardonne rien.

 

Fin de ronde reprend un aspect plus surnaturel que les deux autres romans. Mr Mercedes reprend du service. Je ne vais pas dévoiler l'intrigue, mais on parle de psychokinésie, de tablettes digitales (les fameux Zappits) reprogrammés, le jeu Fishin' Hole et sa démo hypnotisante, les poissons roses à choper, les étranges Dr Z et son acolyte Z-Boy... Mr Mercedes est le Prince du Suicide et Hodges est à cran pour attraper ce tueur redoutable. Sous fond de contrôle mental, King nous délivre un thriller fantastique musclé et terrifiant. Surtout par les personnages attachants et complexes. Quel malheur de quitter Holly, Hodges et Jerome. Se dire qu'on ne les reverra sans doute jamais. Une véritable tristesse après avoir lu la dernière page de cette formidable trilogie. Le deuxième opus est un peu à part, selon moi, dans la cohérence de cette trilogie. C'est plus un hommage à la littérature américaine et à J.D Salinger en particulier, sous les traits de Rothstein (un mélange de Philip Roth et de John Steinbeck ?). Les deux autres opus sont plus proches et putain que le final est émouvant. Pour ne rien vous cacher, j'ai même versé une larme. King a fait le boulot comme jamais. Gloire à William Kermit Hodges, le Off-Ret. Un toufu policier au grand cœur.

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Stan Levine - Maud Tabachnik

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Deux volumes sont consacrés au flic Stan Levine, officier de police new-yorkais. Le premier opus date de 2001 et le second ne sera écrit que neuf ans plus tard ! Ce laps de temps est assez regrettable car « Le 5e jour » laisse le lecteur sur sa faim, surtout par un final trop vite enlevé. Mais je vais trop vite en besogne. Reprenons depuis le début. Levine est un flic brutal et consciencieux marié à une femme juive (un truc récurrent chez Tabachnik). Il sera sans doute le prochain chef de la Police car ses statistiques sont excellentes. Un homme répond à une annonce où un jeune homme sérieux propose ses services pour travailler dans une ferme. D'allure convenable et courtoise, il parvient à emmener la fillette après avoir déjeuné avec la mère du futur ouvrier à qui il a donné une avance. Il prétend se rendre à un anniversaire et la fillette sera ravie de jouer avec des gamines de son âge. Promis, il la ramènera dans la soirée. Mise en confiance, la mère accepte de voir partir sa petite fille avec cet inconnu si serviable. La fillette ne reviendra jamais. Peu après, la mère recevra une lettre où l'homme décrit les sévices faits à l'enfant. Et surtout, il l'a mangée ! Et cuit ses fesses au four avec des légumes.

 

Puis survient le meurtre d'un homo dans une ruelle. Et d'un handicapé dans un parc. L'homme est insaisissable. Les rares témoins décrivent un homme âgé aux cheveux gris, le corps frêle et une fine moustache. Vous l'aurez compris, Tabachnik s'est inspirée largement des crimes atroces commis par le célèbre Albert Fish dans les années trente pour créer le personnage sadique nommé Edgar Nichols. Les flics sont à cran et écument les réseaux pédophiles, mettent le FBI sur le coup et passent New York au peigne fin. Le tueur a une famille et son boulot d'archiviste lui permet une discrétion certaine dans les sous-sols qu'il occupe. Psychose religieuse, rédemption dans la douleur pour s'approcher du Christ, l'homme s'automutile en s'enfonçant des aiguilles dans la verge, l'aine, le ventre, la bouche et les cuisses. Il atteint l'orgasme en torturant et en mangeant de la chair humaine. Levine le provoque en l'insultant à la télévision, mettant en doute les capacités mentales de l'individu. Nichols se venge en kidnappant la fille du flic en se faisant passer pour un aveugle. Il donne cinq jours au policier pour le trouver. Sinon, il mangera sa fille. Désespérée, Sarah (la femme de Levine) participe à l'enquête en recherchant des témoins oculaires. Levine devient fou et violent lors des interrogatoires. Retrouvera-t-il sa fille avant que ce monstre ne la dévore ? Le suspense est terrible et formidablement mené (sauf la fin) et je plains les lecteurs qui ont dû attendre neuf longues années pour lire la suite de cette traque et de voir ce que sont devenus Stan et Sarah après cette morbide épreuve.

 

Dix ans plus tard, on retrouve Levine à Milwaukee. Les choses ont changé. Il ne voit plus sa femme et ses deux autres enfants. Il a passé dix ans à traquer Nichols qui s'est évaporé dans la nature. Par un curieux concours de circonstances, Nichols revient près de Levine et recommence ses crimes sauvages. Le flic reconnaît la signature du criminel, même si les doutes sont nombreux. En parallèle, des attentats islamiques dévastent la ville. Un agent du FBI est infiltré dans le réseau et tente de faire tomber les cerveaux sans trahir sa couverture. Tabachnik reprend ses poncifs habituels et, souvent, ses romans se ressemblent tous. Malgré tout, la lecture est plaisante et procure un bon divertissement. C'est pourquoi j'y reviens souvent. Ce second opus est moins prenant que le premier, mais il a le mérite de boucler ce dyptique avec efficacité.

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La fiancée du vieux renard - Kââ

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J'ai le cul bordé de nouilles car il semblerait que ce bouquin paru chez Fleuve Noir Polices est introuvable. Et pourtant, je l'ai trouvé chez Emmaüs pour cinquante centimes. Mon oeil de faucon l'avait repéré dans un rayonnage poussiéreux parmi des polars et des séries d'espionnage du genre OSS 117 et SAS. J'ai dévoré cet opus de Kââ en deux jours tant le style est drôle, savoureux et vif. L'auteur n'épargne pas les meurtres, les accidents et les rebondissements qui rythment l'intrigue en tranchant dans le lard. Ce qui ressort également entre les lignes est l'énorme culture de l'écrivain. Notamment la description d'un vol de nuit entre l'Angleterre et Belle-Île-en-Mer. D'ailleurs Kââ nous gratifie d'une annexe à la fin pour expliquer toutes les difficultés à piloter un avion à vue tout en évitant les radars !

Hélas, il faut avoir lu les autres polars de Kââ pour en saisir toutes les subtilités. Il est fait référence régulièrement à "La princesse de Crève" et "Mental". On suit les tribulations d'un dénommé Aurel qui est chargé de récupérer l'objet sexuel (Tatiana) d'un lord qui vient de détourner 150 millions de dollars destinés à l'Afrique du Sud. Tout y passe : truands patibulaires, portes-flingues, ferme minée, armes diverses et variées, bagnoles à fond de train... Aurel a du métier et parvient à dénouer cette pelote gigantesque. Qui dit vrai et à qui se fier ? Aurel finira par appeler une vieille copine à la rescousse : Delphine van der Hallen. Leur périple traversera la France du Nord au Sud, la machination est implacable. En 150 pages, Kââ nous livre un scénario parfait avec , en prime, un peu de cul. Mieux que ça, c'est mal !

 

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Emmett Coogan - Gilles Bergal

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J'ai envie de vous parler d'un personnage dont j'affectionne les aventures : Emmett Coogan. Créé par Gilles Bergal, sa première apparition intervient dans Cauchemar à Staten Island, collection Gore n°36, en décembre 1986. Sa seconde aventure devait être publiée chez Maniac sous le titre La nuit des hommes-loups, mais cette collection s'arrêta au huitième numéro. Et Rivière Blanche eut la brillante idée d'éditer l'intégralité des deux ouvrages dans ce recueil éponyme en 2008 (avec toutes les nouvelles parues dans Créatures des Ténèbres et une interview de l'auteur par Fantastinet).

 

Coogan a trente-sept ans, ancien inspecteur de police viré après quinze ans de service pour avoir causé un accident sous ivresse. Depuis, sa fille de huit ans est dans le coma. Pour payer les frais d'hospitalisation, Coogan est forcé de faire tous les boulots merdiques qu'on lui propose. Il est engagé par la Slake and Co pour être gardien de nuit afin de surveiller les entrepôts alimentaires de la société. Des vols réguliers surviennent sur les docks de Staten Island, New-York. Cinq gardiens ont disparu. Étaient-ils des complices des cambrioleurs ou des victimes ? Le gérant a confiance en l'ex-flic. Et il ne risquera pas de s'envoler car sa fille est intransportable. Coogan accepte le marché, surtout qu'une prime de 5000 dollars est offerte si il attrape les voleurs. Coogan remarque que les vols ont lieu de nuit, qu'il pleuvait dans chaque cas et que les montants des larcins et leurs fréquences sont irréguliers. Pourquoi dérober des boîtes de ravioli en délaissant le caviar ? Et pourquoi les armes retrouvées vides n'ont pas été emportées ? Elles se monnaient plus que des conserves. Cette enquête est truffée d'incertitudes et la logique des truands n'est pas respectée selon l'instinct et l'expérience de l'ancien flic. Coogan va devoir affronter des créatures hybrides peuplant les égouts new-yorkais avec d'autres flics incrédules. Ce roman n'est pas un plagiat du film C.H.U.D et l'auteur rappelle dans sa préface qu'il avait été écrit bien avant.

 

 

Dans La nuit des hommes-loups, on apprend que Coogan a perdu aussi sa femme dans l'accident. Une amie de sa défunte épouse lui demande de retrouver son jeune fils, sans doute enlevé par son ex-mari. Au fil de ses recherches, Coogan découvre qu'une espèce de secte est établie dans une forêt près de New Haven. Des sacrifices humains sont nécessaires pour la Mutation où des hommes se transformeront en loups après avoir livré un de leurs proches. Secondé par trois mercenaires, Coogan s'enfonce dans la forêt, armé jusqu'aux dents, les chargeurs pleins de balles d'argent. Son unique but est de sauver l'enfant des griffes de la confrérie.

 

Et voilà, Coogan c'est fini. Plus rien. Sa fille va-t-elle survivre ? Coogan combattra-t-il d'autres créatures ? Lançons une pétition, les amis. On veut son retour. Sinon je boude.

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Paris Zombies et Les épouvantails - Philippe Morin

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les épouvantails sont une métaphore, l'image du malaise des paysans, la solitude des campagnes et le rejet de certains envers les citadins, les femmes pécheresses, le matérialisme. D'autres ruminent et d'autres ruminent et passent à l'acte. C'est le cas des frères Neumance. Une jalousie sourde qui amène la vengeance et la barbarie. Ce récit qui s'apparente plus à une novella par son format est terrifiant. Non par la description facile d'actes odieux que des auteurs utilisent aisément dans le gore. Ici, tout est parsemé d'un trouble latent à la manière d'un Corsélien au meilleur de sa forme. Le renoncement et la folie. Un gendarme qui se cherche dans une vie insipide. Solitude et frustration. Puis on bascule dans une ambiance digne d'un Jack Ketchum. La scène de l'étable donne froid dans le dos, un long cauchemar où l'auteur exprime tout son talent. Et c'est également une fin abrupte aux multiples questions (le rôle du garagiste par exemple) et le sort réservé aux suppliciés. On pourrait qualifier ce court roman de survival rural, mais c'est plus complexe. Il comble les trous d'existences artificielles par des réactions sordides et primitives où la famille ne représente que des valeurs solitaires entre l'adultère, la convoitise, l'affirmation de soi et la vanité. Et les frères Neumance ne le supportent plus. Et ils vont nous le faire savoir.

Cet ouvrage comporte aussi quelques nouvelles tendance post-apo (je pense à ce vieux qui retourne mourir chez lui en parcourant des terres dévastées...), zombis, SF, polar, guerre d'Algérie et une longue novella pour parachever le tout.

 

Paris Zombies est un recueil regroupant trente-neuf récits. Les textes peuvent se lire séparément. Malgré tout, ils forment un ensemble cohérent. Paris subit une vague d'épidémie. On distingue deux sortes de morts-vivants : les contaminés et les cadavres revenus à la vie (les revenants). C'est un grand théâtre de scènes macabres et il est intéressant de voir les diverses réactions face à la survie de chacun. Certains se regroupent pour combattre ce fléau, d'autres en profitent pour assouvir leurs pulsions les plus viles : viols, pillages, domination sur les faibles. La cruauté n'a plus de visage, que ce soit envers les morts-vivants ou les rescapés. On y trouve aussi de la solidarité, de l'entraide. D'autres se réfugient dans la solitude, certains optent pour le suicide. Ce livre est un formidable kaléidoscope des sentiments et réactions face à l'innommable. L'auteur explore et dépeint l'humanité mourante dans un style vif, percutant et presque poétique. Une horreur protéiforme et obsessionnelle. Le tout dans des décors multiples : des avions, des caves, des ruelles, des parkings souterrains, des appartements vides, des magasins, des bistrots, des cimetières, des hôpitaux...

 

Lire notre interview de l'auteur.

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Collection aventures - Le Carnoplaste

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Vous ne savez pas quoi faire durant trente minutes ? Vous couper les ongles, mater la voisine, prendre un apéro corsé, battre votre chien ? Optez pour une solution simple : la dernière collection Aventures pensée par Le Carnoplaste pour 2017 : petits fascicules de 32 pages qui se veulent un hommage aux minuscules romans publiés par Ferenczi dans les années 50. Et le concept est étonnant : un titre est imaginé par Robert Darvel et Fred Grivaud conçoit une illustration. À l'auteur de créer une histoire avec ce double défi. Et pour agrémenter le suspense, l'identité de l'auteur n'est dévoilée qu'à la fin du fascicule.

 

En avril, quatre titres sont parus pour la modique somme de trois euros le volume. Douze autres sont prévus durant 2017, de quoi nous repaître comme des porcs sans nous ruiner ! Je me suis abreuvé comme un ivrogne en lisant les quatre opus en une journée. Pourtant, je voulais patienter, lire des paragraphes par petites bouchées tel un columba livia picorant des miettes sur un gazon anémié. Mais pensez-donc, je n'ai pas réussi. Aucune volonté. À se fouetter jusqu'au sang avec une poignée de ronces. Faut dire qu'au Carnoplaste, ce sont des malicieux. Une épopée post-apocalyptique dans un centre commercial avec des créatures, un cirque façon Foire des Ténèbres et des prises de muay-thaï. Puis, un naufragé échoué sur une île qui se dévore, une belle scientifique maniant l'arbalète, un laboratoire souterrain et une flore mutagène. Suivez aussi un archéologue sur la Mer rouge à la recherche du continent de Mû. Les périls sont nombreux : Drakonis, Krakenis et autres monstres tentaculaires. Sans oublier l'Axe Noir et la cruauté des hommes.

Pour conclure, nous voici de retour dans la touffeur de la jungle. Tout commence à Valenciennes en 1854. Un bébé est abandonné et est recueilli par un curé et sa bonne. Ignace est son prénom et l'intrigue est une préquelle au destin d'un personnage de fiction célèbre.

 

Une véritable réussite cette collection dédiée aux romans d'aventures. Délicates fragrances nostalgiques de nos lectures d'enfance. On se replonge dans des ambiances à la Verne, Wells, Doyle, Burroughs, Dumas, Féval, Leblanc, Sue... Feuilletons intrépides dont Le Carnoplaste est l'étendard. Au nom de tous ces auteurs oubliés, je m'agenouille devant ces hommages assumés et renouvelés. Et vivement la prochaine fournée.

 

Se procurer les quatre fascicules...

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Memories of Retrocity - Bastien Lecouffe Deharme

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Roman graphique paru en 2011 aux Éditions du Riez. Un véritable coup de maître de l'auteur et illustrateur : Bastien Lecouffe Deharme, alias "B". Présenté sous la forme d'un journal de bord tapé à la machine par un flic de Chicago. Après avoir tabassé son chef, il se retrouve exilé dans la cité déchue de Retrocity. Ville oubliée de tous et entourée de hautes murailles. Au fil de ses investigations dans des quartiers abandonnés et glauques, il découvre le mal qui ronge cette ville : un étrange virus qui transforme les organes en symbiose mécanique. Jusqu'au stade ultime où l'homme fusionne avec un objet personnel ou intime. Une corporation gère tout, de l'alimentation à l'immobilier, la compagnie Hover. Le flic William Drum va rencontrer de singuliers personnages comme une femme-lampadaire, des chiens mécanisés, des Veilleurs... sans oublier une religion unique et les Retro-nuns.

Il faut plonger dans cet univers incroyable où les illustrations amènent une atmosphère vintage, limite steampunk des années 50. On peut penser à "Dark City", "Brazil", "Blade Runner" ou encore "La cité des enfants perdus". Et les romans de Alain Damasio sont une influence principale et cités en postface. Un artbook magistral qui laissera une trace indélébile dans votre mémoire. Une merveille tout simplement.

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La dernière tombe - John Lange

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Peu de gens le savent, Michael Crichton (Jurassic Park, La sphère...) a publié des romans sous pseudonyme, entre 1966 et 1972, pour financer ses études à Harvard. On va surtout s'intéresser à celui de John Lange et la bonne idée de Robert Laffont de publier deux bouquins traduits avec couverture d'origine (collection Pulp Fiction).

Je ne vais pas vous mentir, l'illustration est accrocheuse mais n'a rien à voir avec l'intrigue. Barnaby, un égyptologue, découvre l'existence de la tombe d'un pharaon, en traduisant des hiéroglyphes. Demeurée inviolée depuis trois mille ans, il imagine le somptueux trésor qui doit se trouver dans la chambre funéraire. Il s'entoure d'une petite équipe (dont le journaliste Pierce qui devient le cerveau de la bande) et établit un plan d'action. Ils dressent un campement dans le désert et cherchent le lieu du tombeau durant des mois, tout en menant des fouilles officielles en parallèle pour tromper les autorités égyptiennes.

C'est bien écrit, la documentation remarquable et les personnages sont savoureux. Seul bémol, ça manque de vivacité et d'action. Ce livre de 1968 a la saveur d'un roman d'espionnage à l'ancienne sans les épices et le piquant. Néanmoins, on ne s'ennuie pas une seconde car le style intelligent de l'auteur parvient à embarquer le lecteur. Lange prend le temps de poser ses effets, surtout lors de la période de recherches. Pourtant, je préfère largement la gouaille d'un Charles Williams et la noirceur d'un Jim Thompson. John Lange, c'est plutôt pour le dessert.

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La vague -Boyd Morrison

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Si vous recherchez un bon blockbuster à la 2012, ce livre est pour vous. Un astéroïde tombe dans l'océan Pacifique et déclenche un mega-tsunami dévastateur sur Hawaï. Il affole toutes les statistiques connues à ce jour car la réaction n'est pas comparable à un séisme, reléguant le tsunami de 2004 à un simple pet dans une baignoire. Le personnage principal est Kai Tanaka, le directeur du centre d'alerte Tsunami du Pacifique. En rôles secondaires, sa femme Rachel (directrice d'hôtel), sa fille unique et sa copine, une femme médecin et le frère de Kai.

Avant la première vague, toute cette intrigue nous prend aux tripes et c'est un phénoménal page-turner. Tanaka suit son instinct et déclenche une alerte pour tenter de sauver un million de personnes. On s'aperçoit vite que la plupart des habitants s'en cogne la nouille. Sauf que la vague atteint vingt-cinq mètres de haut ! Inutile de vous dire que votre bouée jaune fluo ne vous sauvera pas. Les immeubles s'écroulent tandis que des rescapés tentent de rejoindre les terres dans un embouteillage indescriptible.

Évidemment, trois autres vagues sont annoncées par les balises placées en haute mer. Et la dernière a des proportions inimaginables. À cet instant, le bouquin commence à devenir répétitif. Les survivants tentent tout pour échapper à un destin fatal. Des actes héroïques contrastent avec la bêtise humaine. Tout tombe dans le caricatural, mais ce type de bouquin est très visuel sans être original. Pourtant, c'est bien écrit et le lecteur y trouvera un plaisir certain en le lisant sur la plage. Tout en jetant un œil inquiet vers la mer. On ne sait jamais !

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Une camionnette qui servait de volière - Brice Tarvel

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Lire du Brice Tarvel est toujours un délice. Et encore plus lorsqu'il aborde le post-apo. Transposez Tchernobyl à Courpigny et vous obtiendrez un récit dense, burlesque et surréaliste. Du Brussolo avec de la poésie. Le Chaudron, une centrale nucléaire, a foutu la merde un beau jour. Les survivants se démerdent comme ils peuvent avec les moyens du bord. L'auteur brosse un décor misérable avec des personnages merdeux et attachants. La petite Zuzu dont les cheveux poussent plus vite d'un côté, le gros Gobe-Mouche vivant dans une péniche bancale, le vieux Kadou et sa camionnette déglinguée, les Xylolâtres adorateurs des arbres et des buissons, les Scruts qui surveillent ce monde en perdition à bord de dirigeables, Nanachina une droïde coupée en deux qui sert de vide-couilles à Kadou... et d'autres choses qui amènent de l'ampleur au récit : des insectes hallucinogènes, des roseaux qui sifflotent du Beatles, des hommes-taupes, des crève-béton.

 

C'est pourquoi je pense aussitôt à du Boris Vian qui se serait accouplé avec Brussolo ! Un merveilleux bouquin paru chez OVNI au style pouvant rappeler l'excellent « Dépression » d'un certain François Sarkel. On suppose que l'intrigue se passe en France, mais on ne sait pas où ni quand... et, croyez-moi, ça n'a guère d'importance tant l'histoire nous embarque comme jamais. Ce bouquin pourrait être adapté par un Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro pour son scénario très visuel et fantastico-rural. Et en bonus, l'auteur nous gratifie une nouvelle intitulée « Enfin L'Apocalypse », la cerise sur le gâteau pour ce bon petit bouquin. Mention spéciale pour la photographie de couverture par J.C Claeys qui illustre parfaitement l'atmosphère de ce roman.

 

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