Camping sauvage - Gilles Bergal

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Gilbert Gallerne (alias Gilles Bergal pour ses romans gore) le dit lui-même : "Bon, j'étais jeune, la collection Gore était le seul débouché pour un auteur de fantastique en France à l'époque, et je me suis laissé convaincre de ne pas tenter d'améliorer cette histoire en la complexifiant un peu pour raison de lectorat trop jeune pour faire la différence... Bref, de bien mauvaises excuses pour un bien mauvais roman. Et comme si ça ne suffisait pas, on m'a collé une pub pour des cigarettes au dos !"

 

Je ne peux pas le contredire car c'est certain que ce survival forestier est médiocre. Pourtant, j'admire Bergal et surtout pour Amok et La nuit des hommes-loups (chez Rivière Blanche), sans oublier Cauchemar à Staten Island (le premier gore de Bergal paru chez Fleuve Noir).

Cette histoire de Hell's Angels massacrés à Junction qui reviennent quinze après pour se venger est bien écrite mais l'intrigue est poussive et parfois grotesque. Notamment lorsque le caïd zombifié de la bande reconnaît son frangin qui vient passer quelques jours (comme par hasard) dans le coin. Les scènes gore sont moyennes et ne feront frémir que les jouvencelles. L'ensemble prête à sourire même si le final relève un peu le niveau.

 

 

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Sous la peau - Nelly Chadour

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Sous la peau - Nelly Chadour

Melchior achève de dénuder Isaiah à l'aide de son couteau. Il considère avec dédain le pénis flasque qui tressaute sur les testicules et détaille le corps à sa merci, terrain de jeu si merveilleusement innervé. Puis il choisit un crochet. Il va débuter en douceur, avec un petit hameçon à barbillons qu'il enfonce dans le muscle trapézoïdal, juste au-dessus de la clavicule gauche saillante comme un guidon de vélo.

Sexe, piercings et rock'n'roll. Chant des aiguilles, tintement des crochets, vrombissement des moteurs et hurlements de douleur. Si on devait mettre en chanson La Ballade de Mel & Rose, ce ne serait pas Bob Dylan qui s'y collerait. Les plus belles histoires d'amour peuvent aussi se vivre sur du Cannibal Corpse.

Nelly Chadour est une grande cinglée... mais de la pire des engeances : une cinglée talentueuse ! Première femme à honorer les Éditions TRASH (avec Schweinhund aussi ou pas ?), elle n'a pas à rougir de ses confrères masculins. Son bouquin est tout simplement remarquable. L'écriture est stylée, le scénario est efficace et rien ne sera épargné aux lecteurs. Modifications corporelles, scarifications, piercings, tortures, élévations avec crochets sous fond de rédemption, gang des Hole's Angels, secte de fanatiques religieux, inceste, tatouages, bain de sang et massacres festivaliers.

Cette foire aux freaks se meut dans une ambiance déviante et vengeresse. Vous assisterez, par exemple, à un accouchement qui m'a gelé d'effroi et c'est peu de le dire. Si vous désirez prolonger ce trip artistique, je vous conseille la lecture de "Corps outragés" (J'AI LU Épouvante - 1994) de la merveilleuse Kathe Koja.

Madame Chadour, vous êtes la Reine du Gore et je baise vos pieds en cachant ma jalousie perfide. Doucement avec la cravache, maîtresse Nelly ! Et merci pour le dessin avec votre dédicace. Je vous embrasse pour ce roman d'anthologie et j'attends des nouvelles de Fetish.

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La mort visqueuse 1 & 2 - Shaun Hutson

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La mort visqueuse 1 & 2 - Shaun Hutson

Après "Jaws", "L'invasion des profanateurs", "Les rats", "Les parasites de la haine" ou encore "La nuit des morts vivants", découvrez une nouvelle sorte de créature impitoyable, malfaisante et affamée de chair humaine : la LIMACE !!! Y a que Shaun Hutson pour réussir à nous faire frémir avec des gastéropodes de quinze centimètres. Oui mais ces saloperies de bestioles ont des crocs acérés et dévorent tout sur leur passage.

Dans le premier volet, on assiste à quelques scènes bien troussées : l'attaque d'un bébé, une migraine horrible, des victimes bouffées de l'intérieur. Le héros central est Mike Brady, un inspecteur des services de santé de la ville de Merton, en Angleterre. Par contre, il faut oublier la pitoyable adaptation cinématographique "SLUGS" qui ne rend guère honneur au bouquin.

Le second opus est nettement plus sanglant. On retrouve les limaces carnivores qui se reproduisent dans les égouts et dans le corps des agressés, comme des parasites sanguins. Les pauvres victimes (pas toujours innocentes) sont infectées et présentent des symptômes analogues : fièvre, bubons, pustules purulents, kystes... et folie meurtrière.

C'est du gore série Z qui parviendra à contenter le lecteur pas trop regardant sur les effets débiles et grand-guignolesques. Ça se lit vite, les scènes sanglantes s'enchaînent comme il faut, Shaun Hutson gagne le pari de créer une ambiance gore avec des limaces anthropophages et ce n'est pas donné à tout le monde. Hélas, nous ne savons pas si ces créatures visqueuses sont des arionidés, limacidés, milacidés ou boettgerillidés. Si un jardinier passant par ici pouvait éclairer notre lanterne, ce serait sympa !

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La saga de Mme Atomos # chapitre 3

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Opération peur : La saga de Mme Atomos, chapitre 3.

Madame Atomos n'est pas de celles qui renoncent facilement. Après six revers lourds en pertes techniques et humaines, d'autres qu'elle se seraient découragés. Heureusement pour les lecteurs, et malheureusement pour le reste de l’humanité, Kanoto Yoshimuta n’ayant rien d’une jeune fille en fleurs, elle ne se retranche dans son jardin secret que pour mieux y cultiver les plantes les plus vénéneuses… C'est ainsi que dans le premier roman de ce troisième recueil édité par Rivière Blanche, L’erreur de Mme Atomos, l’enlèvement du toujours fringant Yosho Akamatsu va lui permettre de détourner l’attention pour préparer au mieux une nouvelle offensive, toujours fondée sur de perverses manipulations collectives…

Imaginez un peu combien de temps vous pourriez supporter d’être entièrement privé de sommeil par un bruit permanent et surpuissant… Aidé par la « Force dragon vert » nouvellement créée (un ramassis d’anciens truands aussi sympathiques que dévoués à la lutte anti-Atomos) l’agent Smith Beffort va devoir faire preuve d’une grande pugnacité pour délivrer son ami et reprendre l’avantage dans une partie qui semblait mal engagée. L’issue dépassera même ses espérances, puisque la Cité Atomos, merveille de haute technologie sous-marine à la fois repaire, base arrière et laboratoire de Kanoto Yoshimuta, sera anéantie par des chapelets de mines. Une belle victoire, mais la guerre est loin d’être gagnée pour autant…

En effet, la Japonaise ne tarde guère à riposter, ainsi que le prouve le très ironique Mme Atomos prolonge la vie. Non contente d’avoir survécu à la destruction de sa cité, elle a décidé de transformer l’état du Rhode Island en un îlot préservé de la maladie et du vieillissement ! Curieuse stratégie, dont le but véritable est proprement diabolique : spéculant sur des vagues de migration massive, Mme Atomos vise ici l’implosion des États-Unis par la surpopulation, puis par la pénurie d’emplois, de logements et de vivres qui ne manqueront pas de survenir ! En parallèle, elle n’hésite pas à s’en prendre à la famille de Smith Beffort et, pire encore, se permettra même d’exercer un odieux chantage auquel il était exclu de ne pas donner suite…

Le troisième roman de cet omnibus constitue par conséquent une sorte d’apothéose : la menace qui pèse sur les Etats-Unis ayant pris une tournure plus « intime », il est impossible de ne pas s’impliquer dans la lutte acharnée que mène l'agent du FBI pour retrouver les siens. Et c’est ici qu’il faut rappeler tout le talent de l’auteur qui, en artisan avisé, savait pertinemment qu’une bonne histoire ne fonctionne pas si elle n’est pas servie pas de bons personnages. Alors oui il serait possible, selon le bon vieux principe de la chronique « de genre », de vanter Les monstres de Mme Atomos en insistant sur un quota d’action, d’armes, de morts, de monstres et de bijoux technologiques dont James Cameron serait jaloux. Et ?

Vous qui lisez ces lignes vous doutez déjà de tout cela. En revanche, on ne vous a peut-être pas assez dit tout le bien qu’il faut penser d’André Caroff, dont le style puissamment cinématographique, les découpages et le sens du rythme sont autant de belles leçons aujourd’hui encore. On ne vous a peut-être pas suffisamment vanté les qualités d’un écrivain qui, loin de se contenter d’aligner les archétypes et les clichés, a réussi à faire évoluer ses personnages sans jamais perdre le fil d’une série riche de dix-huit épisodes. Alors j’insiste. Certains artisans ressemblent diablement à des artistes. Et ce volume compilant les numéros 136, 140, et 143 de la collection « Angoisse » s’impose comme un nouvel opus magnum.

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MurderProd - Kriss Vila

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

MurderProd - Kriss Vila

Le milicien décapite la femme violée à coups de machette, soulève son corps qu'agitent les derniers spasmes et le superpose à celui de Breuil, qu'il force à la pénétrer. Horrifié, le visage inondé de sang, David sent son érection durcir au contact des muqueuses souillées. L'autre braque sur lui sa propre caméra.

— Tu vois, charognard de journaliste, tu es encore pire que nous...

Sang à la une, meurtres à vocation publicitaire, viols à but lucratif, reportages ignobles, fictions où les acteurs souffrent et succombent réellement: la société du spectacle dans ce qu'elle a de plus infect. Silence, on tue.

Christian Vilà prouve à lui seul que les anciens de la collection Gore n'ont pas dit leur dernier mot. Pour mieux célébrer un retour au genre, l'auteur publie un roman dégueulasse d'un ton très contemporain et moderne. MurderProd, une multinationale consacrée aux médias, manipule certaines personnes aux penchants pervers, pour tourner des snuffs et autres vidéos morbides (reportages de guerres par exemple) et inonde le web de ses images insupportables.

Ce roman mortifère est d'une puissance trash inégalée. J'ai aussitôt pensé à l'ambiance de "A Serbian Film" de Spasojevic par son traitement rude et infect. Rien ne vous sera épargné : scènes de tortures, sexe violent, bondage, travelos, lesbiennes, soumission, viols, sodomies, décapitations, zoophilie... et je vous épargne les séquences passées au Congo ! Ce roman de Christian Vilà monte le gore d'un cran et les jeunes auteurs comme nous ne peuvent que baisser la tête face à un tel maelstrom sanglant et réaliste. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains...

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Gore, dissection d'une collection - David Didelot

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Gore, dissection d'une collection - David Didelot

David Didelot est un putain d'apôtre. Il ressuscite, après Le Bel Effet Gore de J.P Mochon, l'intégralité des romans, contrairement à celui de Mochon qui ne concernait que les soixante premiers volumes. Pour les goriens (auteurs et lecteurs), cet ouvrage devient la Bible incontournable et essentielle pour parcourir tout le panorama sanglant de cette mythique collection lancée par le regretté Daniel Riche.

Préface de Nécrorian, coup de projecteur sur les "Gore Maniacs" et chroniqueurs de l'ouvrage, les roturiers ancêtres d'après-guerre, historique de la collection, articles de journaux de l'époque. À partir de la page 61, nous entrons dans le vif du sujet.

Tous les volumes sont chroniqués avec, en sus, quelques interviews récentes des auteurs concernés : Andrevon, Ramonet, Barberi, Bergal, Darnaudet, Houssin, Lamare, Moutier, Nécrorian, Nolane, Sarkel, Brain Splash... Page 312, nous découvrons la jungle des pseudos, un hommage à Dugévoy (illustrateur de 99 couvertures sur 119 produites), collection Gore sur pellicule, manuscrits oubliés et/ou édités ailleurs, les huit titres de la collection MANIAC, les enfants de Gore : ceux qui entretiennent et ravivent la flamme du Gore dont les Éditions TRASH (que je salue bien bas pour m'avoir permis d'éditer mon NIGHT STALKER en novembre 2013... pour la modique somme de six euros et qui est encore disponible dans les... humm, bref, reprenons...), index chronologique, collectors (documents publicitaires, autographes, lettres...).

392 pages de pur bonheur et aux nombreuses illustrations. Une réelle réussite qui vous permettra de découvrir certains romans inconnus et de faire exploser votre carte bleue. Merci David pour cette prouesse et ce travail remarquable. Et tout ça pour seulement 39 euros ! C'est du vice...

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Ballade pour un glandu - Yann Menez

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ballade pour un glandu - Yann Menez

Soyez heureux ! On veille sur vous, sur votre nourriture quotidienne, vos loisirs, votre sexualité, votre sommeil, vos états d’âme. Souriez ! Vous êtes beaux, jeunes, dynamiques. On a tout fait pour ça : ravalé votre pauvre gueule, affiné votre silhouette dégueulasse… Souriez ! Souriez ! Souriez ! Et si vous n’aimez pas ça, vous avez toujours la possibilité de vous barrer en forêt. Une vie libre, pimentée, dangereuse… Si vous y laissez la peau, c’est pas grave. Faut bien mourir de quelque chose, non ? Vous râlez, en plus ? Pauvre glandu…

Mon avis est mitigé sur ce roman. Une cité aseptisée, des Psycho-prêtres pour vous faire la morale, le Pouvoir Démocratique à Visage Humain est là pour vous faire vivre mieux. Rolf ne supporte plus cet état végétatif et décide de s'enfuir dans la forêt en parvenant à éviter le tir des Défenses Extérieures. Peu après, il s'associe à une bande et sème la mort. Mais leur survie est précaire... pour de multiples raisons.

L'écriture est simple et écrite au présent. Ça se lit bien malgré une intrigue linéaire et convenue. On peut regretter une fin trop rapide également. Au final, c'est un bon petit bouquin qui ne vous laissera pas un souvenir impérissable. Mais il tient son rôle de littérature populaire et vous fera passer deux bonnes heures agréables. Si vous aimez ce style de récit d'anticipation, je vous conseille plutôt de lire "Le son du cor" de Sarban.

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Bon Scott

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Bon Scott

Il ne se passe pas une journée sans que j'écoute du Bon Scott, période ACDC de 1974 à 1980. J'ai un faible pour l'album VOLTS inclus dans le coffret BONFIRE sorti en 1997. J'écris toujours en m'influençant des titres chantés par l'écossais. Si vous ne connaissez pas "She's got balls" ou "Dirty Eyes", vous ne connaissez pas ACDC !

Gloire éternelle à Ronald Belford Scott (1946-1980) sans qui je ne peux écrire convenablement.

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Petite promo : Stoner Road - Julien Heylbroeck

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Je tiens à vous faire partager la sortie du prochain roman de l'excellent et prolifique Julien Heylbroeck (Pestilence, Garbage Rampage...) intitulé STONER ROAD. Pour toute commande passée avant le 14 juin, vous recevrez l'ouvrage dédicacé. Et pour seulement 17 euros ! Vous ne voulez pas ? Vous êtes des gros cons et pis c'est tout.

Résumé :

"Josh Gallows, alias Doc Défonce, file au volant de sa Pontiac sur les routes désertiques de Californie. Direction la prochaine generator party illégale où il compte bien reconquérir Ofelia, sa jolie chica mexicaine. Sauf que, arrivé sur place, le junkie constate que la fête a salement dégénéré et que sa nana pointe aux abonnés absents. Sa seule piste : retrouver les groupes qui ont joué ce soir-là. Mais lesdits rockers se révèlent peu coopératifs et le laissent pour mort en plein soleil. Il ne doit son salut qu’à Luke Lee, un redneck pur jus qui, lui, recherche sa soeur... Ainsi démarre la quête de cet improbable duo lancé sur les traces d’un mystérieux groupe de stoner rock mexicain."

Julien Heylbroeck, co-fondateur des Éditions TRASH, livre un récit nerveux et halluciné à la rencontre des freaks américains. Un road book innervé de riffs lourds, d’accents fantastiques et d’amour sous acides.

Pour le commander !

Toutes les infos de l'auteur sur ce roman...

 

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Les "Kaput" - San Antonio

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les "Kaput" - San Antonio

Pour une dent, toute la gueule : Les « Kaput », de San Antonio.

Amateurs de San-Antonio, méfiance: ici nous sommes dans le pré-Béru, c'est du Frédéric Dard première époque, un millésime sans concession, sans agent de texture ni sucre ajouté.
Les Kaput c'est du brutal, du sauvage, ça fait le genre de taches qu'on ne peut pas ravoir en machine. Parce que le gars Kaput, s'il se met à marmonner des « après moi le déluge » et autres « les femmes et les enfants d'abord », ça veut dire que le déluge il va le déclencher, et que personne ne sera à l’abri.

L’homme n’a pourtant pas toujours été une machine de mort ambulante. Au début de La foire aux asticots, c’est juste un petit truand de vingt-deux ans en cavale. Mais comme il le dit lui-même dès le chapitre trois du roman, il est « devenu féroce rétrospectivement ». Une rencontre décisive va mettre à jour le potentiel d’ultra violence qu’il trimballait depuis toujours au fond de ses tripes. « Cherchez la femme », et vous trouverez, sinon l’arme du crime, bien souvent le commanditaire…

Kaput n’a cependant rien d’une victime. S’il a versé le premier sang sur commande, il n’en éprouve pas le moindre remords. Pire, il a aimé ça. Néanmoins, devenu l’ennemi public numéro un, il doit faire profil bas. Pour un temps seulement, parce que ce n’est pas trop dans son tempérament, ainsi que l’indique clairement le titre du deuxième roman, La dragée haute. D’où un retour en France, qui précipitera notre homme dans les bras de la flamboyante Herminia. Et le verra plonger la tête la première dans une machination aux petits oignons.

Endurci par ces échecs répétés, le tueur va franchir une étape dans Pas tant de salades. Car son parcours sanglant et furieux constitue le sésame idéal pour ouvrir certaines portes dans le Milieu. Et si lesdites portes résistent malgré tout, qu’à cela ne tienne : il suffit de les enfoncer. Parce que le gars Kaput, c’est pas un délicat, et le baron de la drogue Carmoni apprendra à ses dépends, mais un peu tard, qu’il vaut mieux ne pas jouer au plus fin avec lui. Ce que la joliment surnommée Merveille a bien compris sans qu’il y ait besoin d’insister…

Hélas pour le tueur, Carmoni n’était qu’un enfant de chœur comparativement au grand manitou Calomar, qui n’a guère apprécié le traitement de choc réservé à son lieutenant. Et comme la police mange dans la main du narcotrafiquant, Kaput va se retrouver pris entre deux feux. Une nouvelle fuite s’impose, même s’il sait depuis toujours comment l’histoire va finir. Toutefois, bien que le titre de cet ultime livre (Mise à mort) vende quelque peu la mèche, l’ennemi public numéro un n’en est pas moins résolu à vendre chèrement sa peau…

À la fois concentré de rage brute, cri primal et manifeste du Noir « hard-boiled » à la française, cette odyssée sanglante frappe aujourd'hui encore par sa violence sèche comme une série d'uppercuts. Les Kaput, c'est du Néo-Polar avant la lettre, sans l'aspect politique, mais avec double dose de nihilisme. Des romans noirs à réserver aux lecteurs endurcis, qui n'auront pas peur, en manipulant une matière aussi inflammable, de voir cette série de cocktails Molotov sur papier leur exploser au nez.

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