Cacesthesis, volume 1

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Cacesthesis, volume 1

Recueil de 19 nouvelles fantastiques. Partagez le quotidien d' Ed Gein, le boucher de Plainfield. Découvrez des univers d'anticipation, un hommage à Lovecraft, la Première guerre mondiale, la vie du Vampire de Sacramento, un voyage dans le temps avec les personnages de "Retour vers le futur", des tueurs en série, des psychopathes, des traques, des poursuites, des réincarnations, le chat momifié de Combourg, un égorgeur dans un célèbre quartier parisien, une vérité cruelle pour Sherlock Holmes, le Croque-Mitaine, du cannibalisme... ou encore "et si Jack the Ripper avait été une femme ?"

Ce recueil (en deux volumes) contentera les lecteurs avides de frissons, de SF, de gore, de polar, de terreur et d'épouvante. L'écrivain amateur désirant progresser pourra, en plus de mon guide consacré à l'écriture de nouvelles fantastiques, trouver de nombreuses sources d'inspiration. Je vous souhaite une agréable lecture et j'attends vos commentaires avec impatience.

Sommaire :

- Des récipients du péché (horreur)
- GériaQuarter (Anticipation)
- Le creuset (horreur)
- Obusite (guerre)
- Richard (tueur en série)
- Toxic Garbage (trash)
- Engrenages fatals (horreur)
- La trique (religion)
- Time Machines (voyages temporels)
- Un Kinder, ma petite chérie ? (Halloween)
- Chroniques de Roslaw (SF)
- Le chat de Combourg (horreur)
- L'égorgeur de la Mouffe (polar)
- Sherlock et la révélation (whodunit)
- Ondes mortelles (horreur)
- Miss Hellridge (tueur en série)
- Dent pour dent... (horreur)
- Erasmus (fantastique)
- L'homme de réserve (horreur)

Recueil vendu 2.99 euros sur Amazon.

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Pourquoi tant de haine ?

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Pourquoi tant de haine ?

POURQUOI TANT DE HAINE ?

Pourquoi j’ai écrit ce roman ? Pourquoi je l’ai écrit de cette façon ? Nous avons surtout créé cette catégorie pour mettre en valeur les avis, parfois très argumentés et pointus, des lecteurs qui se sont donnés la peine de chroniquer mon sale petit bouquin. Mais j’ai pensé qu’il serait peut-être utile de faire en parallèle quelques mises au point. Dont acte(s). L’un de mes buts, en écrivant Bloodfist, était de solder quelques dettes. J’ai donc entrepris, pour le meilleur et pour le pire, de construire un pont entre mes maîtres Corsélien et Nécrorian, grands goreux devant l’éternel, et les collections « Angoisse », du Fleuve Noir, et « Désordres », dirigée par Laurence Viallet.

Bien sûr, il y eut d’autres influences, plus ou moins conscientes. Je citerai notamment Lautréamont, W.S. Burroughs, Peter Sotos et Christophe Siébert. Mais aussi le Frédéric Dard des Kaput et le Léo Malet de la Trilogie Noire, ainsi que les romans La belle nuit pour un homme mort, de Henri Vernes, et Le festin des charognes, de Max Roussel.

J'en oublie sans doute, mais l’essentiel est là. Avec bien sûr ma sauce perso pour lier tout ça. Quant au(x) reste(s), je laisse à ceux qui n’ont que ça à foutre le soin d'évaluer la proportion d'éléments autobiographiques présente dans le roman. L’autofiction en tant que genre est une merde molle, et ces pistes-là, je les préfère brouillées. En résumé, ma position personnelle est de me servir de TRASH pour tenter des expériences. Je ne m'en suis jamais caché, et puis nous ne sommes pas là pour répéter ce qui a été - bien - fait dans la collection Gore il y a trente ans. D’autant que je suis un mutant, un bâtard qui aime autant Les chants de Maldoror que Nuit noire.

LES MAUX POUR LE DIRE

Certains ont dit que Bloodfist n’était pas si gore que ça. Soit. Mais mon personnage connaît durant le roman une évolution. Dès lors, il va bel et bien passer de la théorie à la pratique. Sinon il y aurait tromperie sur la marchandise. À la formation de mon psychopathe succédera donc l'étape de la déformation. Je rappelle d’ailleurs que trash n’est pas synonyme de gore : « utilisé en tant qu'adjectif dans le langage courant, trash qualifie une action ou un ouvrage, voire un personnage, physiquement sale, répugnant ou moralement malsain ».

Je comprends que mes partis pris puissent faire débat, et que certains de mes choix déroutent. Nécrorian, par exemple, a estimé que nos livres étaient « trop bien écrits », alors qu'Andrevon, au contraire, a relevé la qualité du style, supérieur selon lui à celui de nombreux auteurs Gore. Mon défi, si j'écris un autre roman, sera de faire une synthèse de ces avis, tous deux fondés. Car Nécrorian a raison : trop d'effets tuent l'effet, et la littérature que nous défendons vise une certaine forme d'immédiateté. En gros, la distance, c'est le mal.

Ceci dit, même si je ne suis pas un auteur Gore classique, je pense quand même être capable d'écrire de façon directe (il me semble que les chapitres écrits du point de vue de l'homme au crâne rasé l'attestent, en tout cas j'espère), mais je ne tiens pas à procéder de cette façon systématiquement. Je fais des mélanges. Parfois ça marche, parfois non. Ou pour être plus précis, certains aiment mon bouquin exactement pour les raisons qui font que d'autres ont du mal à entrer dedans. D'où mes interrogations quant au style, et au bon dosage à adopter.

Parce que précisément, ce que Nécrorian veut dire par « trop bien écrit », c'est un style trop appuyé. Donc qui ne se fait pas oublier. Et l'homme sait de quoi il parle. Il sait ce qu'est un style « blanc » et un style un peu « baroque ». Ma façon de faire est heurtée, je tire sur la langue dans tous les sens, ce qui rend parfois la lecture peu fluide. Or dans un roman Gore, ce qui importe avant tout, c'est l'efficacité. Il faut être le plus frontal possible, et l'auteur doit savoir s'effacer derrière son récit. Et le chien écouter la voix de son maître.

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Interview TRASH : fichier PDF

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

L'année dernière, la revue Ithaac, dans son numéro 1, d'avril/mai-juin 2014 nous avait fait l'honneur de nous interviewer...

Pour ceux qui seraient tentés d'en savoir plus sur les sinistres sbires de la viande en pages et se faire le plaisir d'une belle présentation par David master es gore Didelot, c'est par là :

https://ithaac.files.wordpress.com/…/ithaac1-entretien-tras…

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Newsletter for Trashfans

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Newsletter for Trashfans

TRASH, toujours à la pointe de la modernité, vient de créer sa base de mails pour tenir les trashfans informés des nouveautés et tout le toutim... Un premier mail ne devrait plus trop tarder...

Si d'aventure, tu n'as pas encore passé commande sur notre site (c'est très mal) mais souhaites malgré tout figurer sur le listing et que tu n'es pas soucieux de confier tes données à d'horribles crypto-stalino-anarcho-trasho-édito-amoureux de la bidoche sur page, n'hésite pas à laisser ton mail en message privé ou à l'adresse suivante :
trash.editionsAROBASETARACEgmail.com

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Panthera contre Faustus (tome 2) - P.A Orloff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La belle et la bête : Panthéra contre Faustus, de Pierre-Alexis Orloff.

Contre toute attente, ce deuxième volume de la série finit par paraître mi-2011. Un délai assez long, mais la situation de Pierre-Alexis Orloff ne s’est pas arrangée. Comme nous l’apprend la préface de Jean-Marc Lofficier, l’auteur a de nouveau mystérieusement disparu, et semble en proie à de lourds tracas financiers. À quelque chose malheur est bon, Rivière Blanche a ainsi pu récupérer un nouveau tapuscrit, qui prolonge en les épiçant les plaisirs du précédent. Le Faustus du titre n’est d’ailleurs pas étranger à ce piment supplémentaire, car comme tout bon faune qui se respecte, son rapport à la sensualité va bien au-delà du simple fétichisme… Or de telles dispositions ne manquent évidemment pas de faire des étincelles, car Alice n’est pas « seulement » dotée d’une constitution mutante. Elle est aussi l’hôte d’un démon qui lui permet le cas échéant de décupler un potentiel physique déjà très au-dessus de la normale.

Même si la beauté naturelle de la jeune femme se trouve quelque peu altérée quand elle se transforme en Panthéra, Percival Arlington, héritier des Peupliers, est du reste tellement subjugué par ses apparitions qu’il en perd tout sens critique. Au point qu’il ne saurait sans doute définir sous quel aspect il la trouve la plus séduisante… Curieusement, Panthéra/Alice ne semble pas elle-même tout à fait insensible au charme du jeune homme, bien que partageant la vie de Tanya et n’éprouvant a priori guère d’attirance pour les hommes… L’univers dépeint par Pierre-Alexis Orloff, s’il se réfère à tout un pan de littérature populaire issu de l’avant-guerre, est ainsi beaucoup plus ouvertement sexué que les feuilletons d’antan et n’hésite pas à verser par ailleurs dans une violence explicite, faisant de Panthéra une héritière de Musidora et Méphista qui aurait croisé la route de Witchblade et Wolverine.

Mais ce ne sont là que quelques pistes référentielles dont il est bien sûr possible de se passer, car la qualité intrinsèque du livre suffit à procurer ce qu’un lecteur avide d’évasion est venu chercher en ces pages. Bonus non négligeable, ce roman est, tout comme son prédécesseur, fort bien écrit et prouve que la littérature populaire n’est pas incompatible avec l’usage harmonieux de l’imparfait du subjonctif. Dotés d’un rythme alternant en souplesse scènes d’action explosives et passages introspectifs permettant de mieux creuser les personnages, et de montrer pourquoi certaine charmante jeune femme a bien du mal à assumer son statut d’héroïne malgré elle, riches d’une galerie de méchants fort bien campés (mention spéciale à la confrérie d’occultistes cryptonazis, que ne renierait pas un Mike Mignola), les deux volumes de « Panthéra » sont à la fois la prolongation et la résurrection d’un genre…

Prolongation parce qu’émaillés de clins d’œil et « visuellement » connotés, résurrection parce que ce type d’ouvrage fantastico-policier avait disparu dans les nihilistes années 80 pour être remplacé par d’impitoyables thrillers horrifiques, comme si les deux genres ne pouvaient coexister. Mais grâce à Pierre-Alexis Orloff, une nouvelle Alice est allée au pays des merveilles et elle n’en est pas revenue seule en passant à travers le miroir. Raison de plus pour adhérer sans réserve à ce trépidant roman-feuilleton, auquel je ne ferai en définitive qu’un seul reproche : celui de ne pas paraître plus régulièrement… La suite, vite !

Rappel de la chronique du Tome 1 pour les retardataires !

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Ahom, Blahom !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ahom, Blahom !

Une sympathique chronique de NIGHT STALKER par Blahom. Merci à lui :

Un récit se déroulant dans l'Amérique des années 80 et baignant dans une atmosphère poisseuse et délétère de cauchemar urbain, finalement assez proche de celle de certains romans de la défunte collection Gore. On retrouve, ici et là, le côté délirant des films de Herschell Gordon Lewis. Les flics, bien qu'assistés par un soi-disant spécialiste du FBI, sont d'ailleurs à peine moins ridicules que ceux de Blood Feast, ce qui nous vaut quelques moments très amusants. Le gore est bien présent, parfois mêlé à des scènes de cul bien gratinées. Normal (?) puisque Night Stalker nous conte la traque d'un tueur en série adepte de la sodomie. Un flashback, réminiscent de certains passages de Dragon rouge (?) nous renvoie fugacement à l'enfance tourmentée de Richard. D'autres passages du même type auraient été les bienvenus. On aurait aimé en savoir davantage sur la genèse – et la psychologie - de ce meurtrier.
Quelques pages plus centrées sur l'ambiance que sur l'action proprement dite permettent à Zaroff de nous faire la démonstration de son grand talent d'écrivain, je pense notamment aux souvenirs d'enfance de l'une des victimes, et à l'art de préparer les cuisses de grenouilles, ainsi qu'à la découverte de l'antre de Richard par le journaliste d'origine bretonne, dont on ne peut que déplorer la disparition brutale, dans la mesure où l'on tenait sans doute là le personnage le plus intéressant du roman, et que je l'aurais bien vu réapparaître dans d'autres histoires du même type.
Bref, un roman rythmé par le Night Prowler d'AC/DC ne saurait décevoir et l'auteur nous entraîne, sans gants et sans vaseline, vers une conclusion abrupte et nihiliste, quasi-punk... «Night Prowler, and I am telling this to you There ain't nothing you can do ».

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Bloodfist, par Jean-Luc Boutel

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Jean-Luc Boutel, émérite fondateur du Club des Savanturiers, ne s’intéresse pas seulement au courant littéraire dit du « Merveilleux scientifique ». Ainsi que nous pouvons le constater en parcourant son site « Sur l’autre face du monde », l’homme a d’autres passions. Et comme il est un chroniqueur hors pair, il a le don de savoir les partager. La preuve avec cet article :

La grande qualité de cette collection Trash provient sans nul doute de la diversité des thèmes abordés qui reflètent trois sensibilités différentes, trois approches originales d'un genre que l'on croyait tombé en désuétude, trois visions particulièrement malsaines et glauques sans pour autant faillir à une grande qualité d'écriture. Sorte de trilogie infernale, il est clair que cette nouvelle venue arrive sur le marché en jouant des bras dans la cour des grands et qu'elle ne va pas hésiter à trancher dans le lard des idées préconçues, bousculer la bonne vieille morale et remettre au goût du jour une littérature laissée depuis pas mal de temps sur le banc de l'infamie. Chaque volume possède sa propre identité et il me serait impossible de choisir lequel des ces trois morceaux de steaks j'ai préféré le plus : tous sont saignants à souhait et si l'un commence à dégager une odeur plus fétide que son voisin, ne voyez pas en cela un signe de bidoche avariée mais plutôt celui d'une vigueur étonnante pour un genre ayant plutôt tendance à faire dans la viande froide.

Pour avoir déjà apprécié la nouvelle de l'auteur dans l'excellente anthologie « Riposte Apo » (« Caïn et la belle »), je dois avouer qu'il me tardait de me frotter un peu à la plume de ce passionnant personnage, fin érudit de cinéma, de littérature gore et fantastique et avec qui j'ai eu de nombreux échanges enrichissants et productifs. Mais l'homme cache bien son jeu, car sous des airs d'une gentillesse extrême, se dissimule un auteur à la plume tranchante comme le rasoir et d'une originalité qui vient ici confirmer que certaines prises de risques valent la peine d'être tentées. Pourquoi me diriez-vous utiliser un tel qualificatif ? Tout simplement parce que le procédé narratif de l'auteur est une véritable surprise et qu'il rédige cela comme une réflexion du « héros » dévoilant son ressenti au fil des lignes de manière à plonger le lecteur dans une immersion totale. Brusquement, VOUS devenez le tueur (où du moins c'est l'impression que j'ai eu) agissant comme lui, partageant ses propres réflexions et une perception de tout ce qui l'entoure au travers du prisme déformant de sa pathologie mentale.

Je ne gâcherai pas votre plaisir en vous disant qu'il s'agit ici d'un psychopathe, et d'ailleurs comment pourrait-il en être autrement à la lecture de ses quelques exactions qui parcourent le roman. Bien que distillées avec une parcimonie frisant le sadisme, elles n'en demeurent pas moins violentes et d'une brutalité toute malsaine et le terme n'est pas utilisé à la légère. Dans cette vertigineuse plongée dans l'univers décalé d'un tueur fou agissant selon sa propre logique, le climat général ne peut être que dérangeant et à se laisser ainsi porter dans ce « road movie sanglant » à la funeste conclusion, le lecteur ressent comme une méchante sueur poisseuse et glacée dégouliner le long de son dos : on regarde sans être vu, position du voyeur avide de sensations fortes sans participer de façon directe. Toute la force du roman est cette lente construction du mur que le « tueur » commence à ériger dans son esprit retors. Il y a comme un destin inéluctable qui vient marquer la « bête » de son doigt sanglant, chauffé au fer rouge afin de laisser sa trace indélébile mais surtout pour qu'il se sente comme investi d'une mission de purge non pas divine mais toute personnelle.

Le monde qu'il contemple ou plutôt qu'il subit n'est que pourriture, avilissement, répondant à des critères qui ne lui conviennent pas et décide alors de changer la donne du problème. De cette adolescence perturbée où la lumière va se faire au collège lors de ses premières dissections sur animal de laboratoire (bizarre ça, on le retrouve dans les trois romans....) et d'une relation amoureuse avec une créature aux appétits sexuels ne respectant aucune « règle », sa conviction est qu'il est temps pour lui de passer à la vitesse supérieure et de prendre contact avec un étrange « Gourou ». Mais si ce dernier voit en notre personnage une proie facile, il ignore totalement que la perversion n'est pas simplement de son unique fait. Notre tueur en puissance, fait croire à une sorte de « soumission » et la rhétorique utilisée par son mentor ne manque pas de persuasion, le loup est dans la bergerie et le plus affamé des deux n'est pas forcément celui auquel on pense. L'homme est un solitaire qui ne supporte pas les contraintes que cette « secte » semble vouloir lui soumettre. Il va s'en détacher d'une manière brusque et sanglante suite à une erreur d'appréciation du prétendu « Gourou »

Nous sommes alors abasourdis par la logique implacable de cet homme dicté par un courant de pensées qui ne tolère aucun obstacle. C'est une machine à tuer qui n'éprouve aucune compassion, d'une détermination implacable massacrant ces fragiles créatures comme un moyen d'apaiser cette espèce de « mal-être » et d'atténuer la vision opaque du monde qui l'entoure, le lecteur a l'impression d'une mauvaise descente sous acide, les visions qui par fulgurances traversent certains passages nous entraînent alors dans un univers malsain, dérangeant comme si Clive Barker se mettait à écrire un roman policier, avec la même vison décalée et horrifique, perception d'un cauchemar venant brusquement de franchir les portes de la réalité. Le roman est un parcours initiatique sanglant, une vertigineuse descente dans les recoins les plus obscurs de l'âme et de la perversion humaine.

Comme pour vouloir renforcer cette ambiance glauque et déliquescente, il y a l'écriture de l'auteur qui force un peu les portes d'une certaine perception de l'univers stable qui vous entoure et vous plonge dans une sorte de « terra incognita », peuplée de visons hallucinatoires au rendu particulièrement efficace. A mon avis ce n'est pas tant les actes qui découlent de sa folie qui sont particulièrement spectaculaires, décrire une scène de carnage est un exercice « relativement facile » (sans vouloir minimiser ce genre de descriptifs) mais ce qu'il est parvenu à faire avec des mots, à savoir créer l'univers d'un psychopathe et entraîner le lecteur dans les circonvolutions tortueuses de sa logique donnant lieu à une succession de phrases au contenu qui relèvent de la prouesse descriptive. Les mots ici coulent non pas comme un fleuve tranquille mais comme le Styx à la funèbre destination et dont notre auteur, redoutable Charon au verbiage bien pesé, nous embarque pour un voyage aux macabres rivages.

Son style, où il manipule avec aisance jeux de mots et proverbes dénote sa grande culture d'une langue dont la complexité ne peut trouver meilleure satisfaction que dans l'aboutissement d'un ouvrage d'une telle identité : « Un peu plus tard dans la ville. Un autre jour. Plutôt une autre nuit, le jour c est trop difficile. En fait la nuit aussi ça remue dans tous les sens, mais je préfère avoir le vertige dans le noir, comme ça au moins je ne vois pas le sol. Et puis, la nuit, les artifices sont plus sophistiqués, sous les néons d'épaisses traînées verdâtres relaient en minaudant l'agression mensongère gravée en lettres capitales sur les clinquants panneaux publicitaires. Une escouade de morues sans âge échouée sur les trottoirs écoule sous le manteau une huile de mauvaise foi coupée avec le parfum Prisunic en promotion cette semaine. Tout le monde le sait et tout le monde le tait. Il faut bien que la terre tourne. Il faut bien que les têtes se tournent, et se détournent, dans tous les sens jusqu'à ce que les os craquent, pour tous la peine est capitale, et Guillotin le diablotin se frotte les mains en grimaçant. Il le « faut » ? Il le faux. »

Véritable exercice de style dont la richesse textuelle du roman est sans nul doute sa grande force mais qui pour certains pourra se révéler son unique faiblesse. Il faudra en effet oser ouvrir la porte et entrer dans l'univers de Schweinhund comme dans un bain aussi rouge et épais d'un sang qui commence à se coaguler et se laisser porter par sa plume envoûtante. Vous allez de fait vivre une expérience unique, le fruit de plusieurs années de culture bis, trash et gore avec ce petit plus qui caractérise la patte d'un auteur plus que passionnant car il est parvenu à mettre par écrit, sous la forme d'un roman original et obsédant, toute la complexité d'un esprit d'une logique meurtrière qui ne souffre ni de compassion, de remords ou d'un quelconque sentiment de culpabilité. Dans un final assez surprenant vous découvrirez alors que cette première salve d'une future mythique collection est à la hauteur des ambitions de cette formidable équipe, qui vient enfin renouer avec une ancienne tradition des littératures de l'imaginaire, à savoir réussir à prendre le lecteur par la main, et l'entraîner où jusqu'alors nul n'avait jamais osé aller s'aventurer. Un très grand cru ! Magnifique couverture de Vitta Van Der Vuulv, qui retranscrit avec brio toute l'ambiance violente et malsaine sous-jacente à cette vertigineuse descente aux enfers. Du grand art !

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