Plaques chauffantes - Nécrorian

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Plaques chauffantes - Nécrorian

À tout saigneur toute horreur : Plaques chauffantes, de Nécrorian.

Nécrorian. Mieux qu’un pseudonyme, un affront. Une gifle, un crachat, une giclée de sang. Une œuvre. Cinq bouquins Gore ultimes, poisseux, brutaux, parus au Fleuve Noir entre 1985 et 1989. Cinq pavés dans la mare stagnante de la bien-pensance littéraire. Les deux Blood-sex, Impacts, Skin killer, Inquisition… Des brûlots en noir et rouge, des miroirs brisés tendus à nos grotesques obscénités, pour mieux fouiller de leurs éclats rouillés notre pauvre condition inhumaine. Ensuite, plus rien. Pendant 22 ans. Un vide affreux, que rien ni personne n’a pu combler. Une plaie béante, à vif, sur ma peau la marque de l’absence, savamment entretenue pour que jamais elle ne cicatrise, au cas où… Et puis, fin 2012, sorti de nulle part, au moment où plus personne ne l’espérait, un nouveau roman. Plaques chauffantes, chez Rivière Blanche.

Alors, qu’en est-il de cet inédit inattendu ? En fait, il s’agit avant tout un polar dystopique, mais il y a quand même des gros bouts de viande dedans. Aucun doute, c’est bien du pur Nécrorian. De la littérature frontale, faciale. Dans ta face et dans ton… Hum. Un polar très cru, très cul même (ce contexte politico-sensuel n’est d’ailleurs pas sans rappeler la crapuleuse série Hard 2004, au Fleuve Noir), mais un polar quand même, où l’on trouve pêle-mêle des flics à la ramasse, une junte militaire, des révolutionnaires, des vieillards obsédés sexuels… et des crimes abominables. Flirtant avec un Post-Apo…litique sec et sexe, ce livre est un brûlot mutant écrit avec une totale liberté de ton et une verve sacrément rafraîchissante.

Et comme Jean Mazarin a, selon les crédits, « bien aidé à terminer ce manuscrit », vous pouvez y aller en confiance, car c'est l'assurance d'un travail carré, nerveux, et d'une rude efficacité. Pour autant, ne vous attendez pas à du Gore old-school, car ce roman est décrit par l’auteur et l’éditeur comme « gore mais pas que ». Et ils ont raison: Plaques chauffantes aurait presque pu être signé Jean Mazarin, si celui-ci avait réussi à contenir le monstre caché dans ses tripes. Mais l'entité Nécrorian n'est pas de celles que l'on muselle, et ses interventions, bien que non systématiques, sont aussi impressionnantes qu'exemplaires.

« Oui, mais justement, quid du gore ? », demanderont sans nul doute les plus gourmets d’entre vous. Eh bien il y en a, fort heureusement, pas à foison certes, mais deux scènes d'une assez ignoble complaisance - l'une narrée et l'autre vécue de l'intérieur - sont là pour rappeler aux amateurs ce qu'est un véritable professionnel de la « pornographie de l'horreur ». Alors au cas où vous seriez en manque de bonne littérature d'exploitation, surtout n'hésitez pas à dévorer cette tranche d’anticipation saignante : c'est du brutal, du généreux, du Noir libertaire comme on l'aime, avec même une petite touche gay-friendly burlesque qui devrait ravir Familles de France et les (frigides) barjots de Civitas.

Pour certains, Le retour du roi est lié à Tolkien et Peter Jackson. En ce qui me concerne, il a eu lieu en décembre 2012, quand mon ami Julien Heylbroeck m'a ramené Plaques chauffantes des Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres, orné d'une dédicace de l'auteur. Et depuis lors j’attends le prochain Nécrorian. Car il y aura un prochain, n’est-ce pas, Maestro ?

Mon compère Zaroff a aussi chroniqué ce bouquin ici !

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Bloodfist vu par Zaroff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Bloodfist vu par Zaroff

Le fondateur de ce beau blog n’était pas encore devenu l’auteur de l’excellent Night stalker, sixième roman des Éditions TRASH, quand il a lu Bloodfist. Mais il faisait partie de ceux qui attendaient le lancement de notre collection avec le plus d’impatience. À ce titre, j’aurais été vraiment mortifié de le décevoir. Si j’en juge par les lignes suivantes, ce ne fut pas le cas :

Bloodfist est un bouquin étrange aux cercles multiples. Il m'est extrêmement difficile de résumer une telle construction dans le gore. C'est une oeuvre nihiliste et psychanalytique dont vous suivrez le personnage central par le biais de ses pensées et actes. Les confrontations avec l'homme rasé amènent un côté rationnel qui tranche avec le romanesque malsain et imagé du tueur. L'illusion se mêle au fantasmagorique cruel. Le lecteur est désorienté par les pistes multiples et les scènes horribles et explicites.

Comment illustrer l'intrigue ? Imaginez un miroir sans tain qui reflète la folie meurtrière. Vous vous trouverez derrière la glace et contemplerez le Mal, démuni et désarmé. Ce bouquin est également une gigantesque allégorie théâtrale. Les personnages sont anonymes, esquissés par des hallucinations. Tout semble factice et pourtant vrai. Les frontières de la raison sont floues.

Sincèrement, je trouve que Bloodfist est d'une grande qualité en termes d'écriture, mais cela peut désorienter un lecteur habitué à la collection Gore. Chaque phrase est poussée dans ses extrêmes. Ce roman est si abouti techniquement qu'il mériterait une seconde lecture plus approfondie pour en capter toutes les nuances.

Je vous préviens donc que la lecture ne sera pas aisée ni mâchée. Une bonne nuit de sommeil sera nécessaire entre les chapitres. Vous devrez vous oxygéner le cerveau entre les paragraphes. Bloodfist a dû demander du temps car c'est quasiment du trash célinien. C'est un Gore intelligent et précurseur d'un genre névrotique. C'est un Gore qui ne sera sans doute pas assimilable par tous. Bref, c'est un Gore élitiste.

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Les douze heures de la nuit - Lester L. Gore

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les douze heures de la nuit - Lester L. Gore

Démons et merveilles : Les douze heures de la nuit, de Lester L. Gore.

Autant être clair d’emblée : en dépit d’un pseudonyme qui fleure bon le pâté de tête et les tripes fraîches, Lester L. Gore n’entretient aucun rapport avec les garçons bouchers de TRASH Éditions. Le recours à la forme courte et le style concis et dénué de toute outrance utilisé par cet auteur remarquable le situent davantage dans la continuité des grands maîtres américains tels que Lovecraft, Brown, Bloch ou Matheson. Fort heureusement, ces prestigieux parallèles ne nuisent en rien à la singularité et au tempérament des Douze heures de la nuit. Car si Lester L. Gore est de toute évidence un lecteur vorace et de bon goût, il dispose d’une plume et d’une inspiration assez affirmée pour s’affranchir, quand il se transforme en écrivain, de la tutelle écrasante des « Grands Anciens ». La preuve par douze avec ce livre passionnant et subtil, quelque part entre le train fantôme et le musée des horreurs…

La barre est placée très haut avec le premier texte, le bien nommé Dans la peau, sombre histoire de tatouage vivant, dans laquelle l’auteur mêle de manière inextricable et pertinente les angoisses d’hier aux terreurs d’aujourd’hui. Car la peur y progresse à mesure que le dessin s’étend, esquissant d’affreuses superpositions entre les origines cultuelles et culturelles du tatouage, et les motivations identitaires et sectaires contemporaines… Le deuxième récit, Le Berserker, est encore plus époustouflant. Allemagne, 1919. Un jeune tribun populiste et revanchard est abordé un soir par un mystérieux baron. Tous deux sont désireux de redonner à la grande Allemagne son lustre d’antan. S’ensuit un pacte effroyable, à l’issue duquel sera convoquée une créature venue du fond des âges. Une nouvelle aussi magistrale qu’étouffante, qui offre avec brio une relecture sauvage et païenne de l’apocalypse à venir…

Léo puise quant à lui à la source d’un âpre quotidien. Un père indigne, alcoolique et pervers, maltraite sa petite fille Alison depuis des années. Jusqu’au jour où il va franchir la limite. Mais l’enfant dispose d’un soutien inattendu, et le châtiment de l’homme sera terrible… Ici, Lester L. Gore pousse le lecteur dans ses derniers retranchements, dans un registre qui n’est pas sans rappeler celui de Gudule, et maintient la pression jusqu’à la chute. Éprouvant. Après de tels moments, Métamorphoses pourrait être considéré comme un soulagement, même s’il convient de se méfier des apparences. Car certains êtres dissimulent une part d’animalité qui ne demande qu’à ressurgir si l’on sait les stimuler. Une petite route de campagne, un accident, un chat, une jeune femme nue… Il n’en faut pas davantage à l’auteur pour délivrer une histoire tout en nuances où l’inquiétude le dispute à la sensualité.

Le sanctuaire relate pour sa part la révolte du petit peuple contre le tout-puissant envahisseur politico-financier. Un texte réjouissant et malicieux, qui porte un regard plein de tendresse sur la ruralité ouvrière et les croyances oubliées. Plus ironique, Le dernier des Mokélés repose sur un quiproquo tragi-comique. Grâce à l’aide d’une vaillante tribu africaine, un cryptozoologue finira par être confronté à certain animal mythique. Du moins à ce qui reste dudit animal... L’auteur change encore de cap avec Dans le reflux du temps, où, grâce à un paradoxe temporel, un aventurier contemporain pourra aller puiser dans le passé les preuves de son impossible passage par le 16ème siècle. Puis La mort sinueuse renoue avec l’épouvante, en dépeignant de façon crispante la fuite en avant désespérée d’un professeur, traqué par une créature reptilienne tout droit sortie des cauchemars du reclus de Providence.

Der Nachrichter se déroule quant à lui dans les années quarante, durant l’occupation allemande. Un officier SS décide de faire déporter un vieux sculpteur juif. Mais le nazi ne se doute pas que sa victime a mis beaucoup d’elle-même dans son œuvre, et ce n’est pas là qu’une vaine formule… Sans aucun doute l’un des sommets des Douze heures de la nuit, qui rappellera de bons souvenirs aux amateurs du Golem, de Gustav Meyrink. Après ce texte paroxystique, Gibier arrive a priori comme une respiration. Mais Lester L. Gore, en conteur avisé, n’entend pas laisser reposer son lecteur, et il l’entraîne aussitôt dans une traque haletante. Le tout est de savoir qui est le chasseur et qui est la proie. Un récit habile et ramassé, tout entier tendu vers une chute glaçante. Soit une preuve supplémentaire que nous avons ici affaire à un maître artificier sachant parfaitement doser ses charges et où les placer.

Guérison est une nouvelle qui permet à l’auteur de mélanger les genres et de brouiller les cartes. Suspense et Science-fiction s’y marient avec bonheur, avant de laisser place à un humour noir et grinçant digne d’un Robert Bloch. Le patient du docteur Laurent prétend être un extra-terrestre doté d’un fabuleux QI ? Fort bien. Le médecin dispose des moyens pour guérir cet illuminé. Et s’il ne s’agissait justement pas d’un illuminé ? Enfin, L’anneau de Seth vient boucler avec panache la boucle lovecraftienne initiée avec Dans la peau. Quand une bague trouvée par hasard déclenche une série de rêves effroyables, son propriétaire ne s’en alarme pas immédiatement. Mais ces songes ne tardent guère à empiéter sur la réalité…Variation inspirée sur le thème de la mutation monstrueuse, ce récit efficace et concis ponctue de fort belle manière un ensemble à la fois dense, varié et équilibré.

Étant donné l’allure du paysage éditorial français en 2014, la parution d’un tel ouvrage tient presque du miracle. Imaginez un peu : un recueil de nouvelles fantastiques, sans vampires, ni zombies, ni licornes ! Pourtant, si l’écriture ciselée de Lester L. Gore peut bel et bien entraîner son lecteur « dans l’abîme du temps », c’est pour mieux le rappeler au bon souvenir de certaines évidences contemporaines. La moindre d’entre elles n’étant pas qu’il rôde encore devant le seuil de notre 21ème siècle des nouvellistes de talent persistant dans la voie d’un Fantastique en dehors des clous. Certes, ce Fantastique-là est peut-être celui d’hier, mais il sera aussi celui de demain, quand les modes périssables seront retournées au néant dont elles n’auraient jamais dû sortir. N’hésitez donc pas à soutenir la belle initiative des éditions Cécile Langlois. En achetant Les douze heures de la nuit, vous pourrez déguster des nouvelles fantastiques de qualité, tout en accomplissant un acte militant.

Lien pour acheter le recueil chez l'éditeur !

Zaroff a aussi chroniqué ce recueil ici...

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Les hommes marqués - Gilles Thomas

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les hommes marqués - Gilles Thomas

Je ne lis pas beaucoup de récits SF mais je ne crache jamais sur un bouquin de cette grande dame nommée Gilles Thomas. Une fois encore, j'ai plongé dans ce livre avec un plaisir non feint. Des humains asservis deviennent des esclaves aux fronts marqués d'un "A" rouge comme "Androïdes". Ils sont vendus comme Androïdes A Tout Faire (ATDF), domestiques ou objets sexuels. Des fils de vadium reliés aux cerveaux empêchent toute tentative de fuite.

Le héros parvient à s'échapper avec une navette et rejoint Dernière Chance, une planète où vous deviendrez libres. Sauf que l'évadé doit réussir trois tests pour obtenir son visa. La dernière épreuve est la plus terrible : la traversée d'une jungle bleue peuplée de créatures redoutables. Se faisant piquer par un étrange papillon, le héros devient un terrien aux cellules mutantes. Développant des dons de télépathie, il débarque sur Terra et rejoint la Résistance.

L'écriture de Gilles Thomas rend une intrigue parfaite et nous découvrons de multiples univers et rebondissements variés en peu de pages. On y dénote quelques touches d'humour parmi des scènes d'action bien troussées. Par la poésie de certaines descriptions, cette auteure ressemble à Michel Bernanos. Mais qu'importe, cette écrivaine (hélas disparue) rend honneur à l'Anticipation par son style vif et fluide. Un talent pareil peut rendre jaloux !

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Préambule

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Préambule

L'homme-seringue s'entrouvre, il a une haleine de poubelle, sa langue est une aiguille qui s'insinue entre mes lèvres... Alors je serre les dents de toutes mes forces, je mords jusqu'à ce que j'entende un hurlement, je serre et serre encore... Il y a du sang dans ma bouche, je mords de plus en plus fort, mes dents tranchent quelques chose de grumeleux que je crache aussitôt dans l'égout.

Bloodfist traite de la notion de confrontation.
Il y a des filles faciles-femmes fatales, un gourou de banlieue, des pratiques sexuelles extrêmes, et deux types souffrant - ou pas - d'hallucinations qui traînent dans les caves.
Comment tout cela pourrait-il finir autrement q
u'en boucherie ?

J’ai écrit ce roman. Depuis sa parution il y a un an et demi, Bloodfist a reçu un certain nombre d’avis, dont quelques-uns très positifs. D’où l’idée de cette rubrique, qui permettra de les valoriser. En outre, divers lecteurs m’ont aussi fait des remarques si précises et pertinentes qu’elles ont permis d’engager des conversations très intéressantes. Ces échanges, jusqu’ici morcelés en messages parfois peu visibles sur le remarquable forum L’Ecritoire Des Ombres, je les ai rassemblés, ré-agencés, revus et corrigés, de façon à réaliser plusieurs articles.

Ces critiques et chroniques seront postées en alternance tous les quinze jours durant les six prochains mois, de façon à remercier celles et ceux qui se sont intéressés à mon bouquin. En attendant le prochain billet et afin de conclure celui-ci en apothéose, voici déjà l’opinion de quelqu’un qui compte beaucoup pour moi :

« Certaines pages (de Bloodfist) font penser à un Boris Vian adorateur de la boue »
Nécrorian

Plus d'infos dans la boutique TRASH. Cliquez sur l'image (et oui, c'est magique !) pour accéder au lien. N'hésitez pas à découvrir les autres auteurs de la collection.

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L'effroyable vengeance de Panthera - P.A Orloff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

L'effroyable vengeance de Panthera - P.A Orloff

Pulp’s not dead : L’effroyable vengeance de Panthéra, de Pierre-Alexis Orloff.

Mais qui se cache donc derrière le probable pseudonyme de Pierre-Alexis Orloff ? Ce patronyme est-il une référence à la magnifique Tania Orloff, nièce de l’Ombre Jaune et « secrètement » amoureuse de Bob Morane, personnage populaire bien connu discrètement évoqué dans ce premier volume de Panthéra ? Est-il plutôt lié à la passion qu’éprouve l’auteur pour le cinéma « Bis » et, par conséquent, à L’horrible docteur Orlof du regretté Jesùs Franco ? Présenté avec brio par l’éminent Jean-Marc Lofficier comme un collectionneur passablement névrosé (redondance ?), Orloff ne lui aurait abandonné son tapuscrit qu’avec réticence, avant de disparaître de la circulation. Le roman s’ouvre ainsi sur une délicieuse préface en forme de mise en abyme, mais se conclut aussi par une note de l’éditeur laissant entendre que le sort de l’écrivain aurait pris une tournure pour le moins alarmante…

Cependant, l’objectif de mes chroniques étant de propager efficacement tout virus s’apparentant à un coup de cœur, venons-en aux faits. Et le fait est que le choix de se pencher sur cette série inaugurée par Rivière Blanche fin 2008 s’est imposé de lui-même. Une telle formulation est d’ailleurs assez ambiguë, car a-t-on jamais vu proie choisir son chasseur ? Conçues comme un roman-feuilleton, les aventures de la belle Panthéra happent en effet le lecteur dès les premières pages pour ne le lâcher, épuisé mais heureux, qu’après une avalanche de péripéties n’ayant rien à envier aux meilleurs Fantômas et autres Judex.

De son vrai nom Alice de Sérigny, Panthéra est une jeune femme génétiquement modifiée (d’où son surnom félin et le charme animal qu’elle dégage) qui s’est donné pour mission de retrouver et de châtier les responsables de la mort de ses parents. L’histoire se déroule en 1963, entre la France et l’Angleterre, et il émane de ces douces contrées un parfum rétro si agréable que, suite à l’ouverture des portes du monde de Faërie, centaures, satyres, farfadets et autres nymphes sont venus y influer sans vergogne sur les destinées humaines... Autant de personnages hauts en couleurs qui ont tous d’excellentes raisons de mettre la main sur l’énigmatique jeune femme vêtue de noir laquelle, tout à sa quête de justice, a découvert un début de piste en « visitant » le manoir des Peupliers, demeure de la famille Arlington, sans se douter qu’elle va ainsi déclencher une série de réactions en chaîne.

Car cette propriété située en France est liée à une autre, localisée quant à elle dans le Devonshire, où se déroulent de sinistres cérémonies. Lord et Lady Dunsmore ont jusqu’à présent réussi à préserver le secret entourant leurs coupables activités, mais la situation pourrait bien évoluer si leurs liens avec les parents d’Alice en venaient à être révélés. Or Panthéra continue à recueillir de troublants indices, même si sa célébrité naissance doit l’amener à faire preuve de davantage de prudence. Mais ce diable de Pierre-Alexis Orloff, plutôt que de brûler toutes ses cartouches en une fois, préfère conclure son récit par une fin ouverte laissant augurer un nouvel épisode tonitruant. Encore faudrait-il bien sûr que l’homme soit à même de donner la suite qu’elles méritent aux passionnantes tribulations de la panthère en cuir noir. Ce qui, au vu de l’inquiétante postface du roman, est loin d’être garanti…

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