L'effroyable vengeance de Panthera - P.A Orloff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Pulp’s not dead : L’effroyable vengeance de Panthéra, de Pierre-Alexis Orloff.

Mais qui se cache donc derrière le probable pseudonyme de Pierre-Alexis Orloff ? Ce patronyme est-il une référence à la magnifique Tania Orloff, nièce de l’Ombre Jaune et « secrètement » amoureuse de Bob Morane, personnage populaire bien connu discrètement évoqué dans ce premier volume de Panthéra ? Est-il plutôt lié à la passion qu’éprouve l’auteur pour le cinéma « Bis » et, par conséquent, à L’horrible docteur Orlof du regretté Jesùs Franco ? Présenté avec brio par l’éminent Jean-Marc Lofficier comme un collectionneur passablement névrosé (redondance ?), Orloff ne lui aurait abandonné son tapuscrit qu’avec réticence, avant de disparaître de la circulation. Le roman s’ouvre ainsi sur une délicieuse préface en forme de mise en abyme, mais se conclut aussi par une note de l’éditeur laissant entendre que le sort de l’écrivain aurait pris une tournure pour le moins alarmante…

Cependant, l’objectif de mes chroniques étant de propager efficacement tout virus s’apparentant à un coup de cœur, venons-en aux faits. Et le fait est que le choix de se pencher sur cette série inaugurée par Rivière Blanche fin 2008 s’est imposé de lui-même. Une telle formulation est d’ailleurs assez ambiguë, car a-t-on jamais vu proie choisir son chasseur ? Conçues comme un roman-feuilleton, les aventures de la belle Panthéra happent en effet le lecteur dès les premières pages pour ne le lâcher, épuisé mais heureux, qu’après une avalanche de péripéties n’ayant rien à envier aux meilleurs Fantômas et autres Judex.

De son vrai nom Alice de Sérigny, Panthéra est une jeune femme génétiquement modifiée (d’où son surnom félin et le charme animal qu’elle dégage) qui s’est donné pour mission de retrouver et de châtier les responsables de la mort de ses parents. L’histoire se déroule en 1963, entre la France et l’Angleterre, et il émane de ces douces contrées un parfum rétro si agréable que, suite à l’ouverture des portes du monde de Faërie, centaures, satyres, farfadets et autres nymphes sont venus y influer sans vergogne sur les destinées humaines... Autant de personnages hauts en couleurs qui ont tous d’excellentes raisons de mettre la main sur l’énigmatique jeune femme vêtue de noir laquelle, tout à sa quête de justice, a découvert un début de piste en « visitant » le manoir des Peupliers, demeure de la famille Arlington, sans se douter qu’elle va ainsi déclencher une série de réactions en chaîne.

Car cette propriété située en France est liée à une autre, localisée quant à elle dans le Devonshire, où se déroulent de sinistres cérémonies. Lord et Lady Dunsmore ont jusqu’à présent réussi à préserver le secret entourant leurs coupables activités, mais la situation pourrait bien évoluer si leurs liens avec les parents d’Alice en venaient à être révélés. Or Panthéra continue à recueillir de troublants indices, même si sa célébrité naissance doit l’amener à faire preuve de davantage de prudence. Mais ce diable de Pierre-Alexis Orloff, plutôt que de brûler toutes ses cartouches en une fois, préfère conclure son récit par une fin ouverte laissant augurer un nouvel épisode tonitruant. Encore faudrait-il bien sûr que l’homme soit à même de donner la suite qu’elles méritent aux passionnantes tribulations de la panthère en cuir noir. Ce qui, au vu de l’inquiétante postface du roman, est loin d’être garanti…

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