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Noir et rouge : complément

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Complément d’information

 

Noir et rouge aura neuf mois demain. Si on ajoute à cette période les neuf mois qui ont séparé la validation du projet par Philippe Ward de sa publication le premier octobre dernier, ça représente un an et demi. Alors même si mon recueil n’a pas reçu de nouveau retour depuis quelque temps, j’ai estimé que le moment n’était pas trop mal choisi pour faire un petit bilan. D’où ce billet aux allures de récapitulatif, qui va mettre à votre disposition tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur mon bouquin sans oser le demander.

 

Mais commençons par le commencement. Et au commencement était cette rubrique dédiée, que je vous invite à parcourir si vous ne l’avez pas encore fait. Y figurent notamment la couverture de mon recueil, et sa superbe illustration par Hari Wald, le sommaire détaillé et la quatrième de couv’ (billet un). Ensuite, je rappelle que plusieurs de mes nouvelles sont en accès libre sur le site de Rivière Blanche (billet deux).

 

Ont aussi été postés sur ce blog tous les visuels des anthologies dans lesquelles mes textes ont été publiés au préalable (billet trois). Enfin – et surtout – les superbes chroniques reçues par Noir et rouge ont bien entendu été relayées tour à tour (billets quatre à sept, avec encore une fois mes sincères remerciements à Zaroff, Catherine Robert, Amaranth et Sébastien Gayraud).

 

Si vous lisez ces lignes, vous savez déjà tout ça. Ce que vous savez peut-être moins, c’est qu’il existe sur la Toile des endroits où on cause de mon bouquin. Et où j’interviens. Celui-ci, par exemple :

 

http://ecritoiredesombres.forumgratuit.org/t3167-noir-et-rouge-artikel-unbekannt-schweinhund

 

Et ces deux-là, aussi :

 

http://riviereblanche.informe.com/octobre-2016-noir-et-rouge-dt1818.html

http://ultragore.leforum.eu/t1771-Noir-et-rouge-Artikel-Unbekannt-Schweinhund.htm

 

Je n’en avais pas encore parlé jusqu’ici pour deux raisons. 1/ Je suis une quiche totale en matière d’autopromo et 2/ Je suis admin sur le premier de ces trois forums et modo sur les deux autres. Compliqué par conséquent d’être juge et partie, surtout sur le forum de mon éditeur. D’où le fait que je n’ai jamais osé la ramener par là-bas, laissant le soin à l’indispensable mvpfef d’y relayer les chroniques reçues par Noir et rouge.

 

Pour autant, j’avais quand même envie de signaler ici l’existence de ces trois topics. Ne serait-ce que pour renvoyer l’ascenseur à toutes celles et ceux qui y ont manifesté de l'intérêt à l'égard de mon bouquin. Alors comme un peu de name-dropping ne peut pas faire de mal (et que je n’ai pas envie que mvpfef se sente seul), merci à Paladin, Amaranth, Zaroff, Raven, Catherine, Cancereugène, Ulysse, Françoise, Lester, Silence, Sangore et Tak.

 

Autre chose : même si ma double identité et mes pseudos impossibles rendent le référencement… compliqué, disons, certain(e)s ont réussi la prouesse de constituer (une partie de) ma biblio et de jolies fiches « auteur ». Consultables en cliquant sur les liens suivants :

 

https://www.noosfere.org/icarus/livres/auteur.asp?numauteur=2147190535

http://www.bdfi.net/auteurs/u/unbekannt_artikel.php)

https://booknode.com/auteur/schweinhund

 

Au cas où tout ça vous donnerait l’envie d’acquérir mon recueil, je me permets d’ajouter une autre série de liens. Parce que si les livres publiés par Rivière Blanche ne se trouvent qu’assez rarement en librairie, les choix restent nombreux sur Internet. La preuve :

 

http://www.riviereblanche.com/index.html

http://www.priceminister.com/boutique/mvpfef

http://www.ebay.fr/usr/mvpfef?_trksid=p2047675.l2559

 

Le recours aux robots-esclaves amazoniens n'est donc pas une obligation, ni même un mal nécessaire. Au contraire. Tous les indépendants vous le diront : l'achat en direct chez l'éditeur est TOUJOURS préférable. Alors merci d’avance d’agir en conséquence.

 

Voilà, je crois que j’ai à peu près fait le tour. Et si jamais vous en voulez (encore) plus :

 

https://www.facebook.com/Artikel-Unbekannt-Schweinhund-630722613775161/?ref=hovercard

 

À vos risques et périls.

 

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Noir et rouge, vu par sébastien Gayraud

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

"Depuis la sortie de la fabuleuse anthologie Dimension Trash et surtout du premier roman Bloodfist, qui nous avait laissé un souvenir mémorable (« du Boris Vian attiré par la boue », dixit Nécrorian), nous attendions avec une impatience non feinte quelques informations sur ce mystérieux auteur caché derrière ces pseudonymes aussi bipolaires qu'imprononçables, Artikel Unbekannt et Schweinhund. Après une enquêtes acharnée, nous sommes parvenus à identifier l'individu ainsi qu'à établir son casier judiciaire. Écrivain, chroniqueur, co-fondateur avec Julien Heylbroeck de l'indispensable maison d'éditions Trash, il demeure surtout un authentique défenseur d'une certaine littérature indépendante, abreuvée à la source du célèbre Fleuve Noir, dont le souvenir de la collection Gore perdure aujourd'hui via le travail d'une poignée de passionnés. A.U. / S. est un militant culturel, un vrai, qui prend soin de cultiver l'effacement, dissimulant derrière des masques gigognes une personnalité discrète, modeste mais tenace et dont les récentes sorties permettent enfin de mesurer le talent.

Noir et Rouge est un recueil de nouvelles compilant, en plus de quelques inédits, des textes dispersés sur des anthologies, dont certaines devenues introuvables. Divisé en quatre sous-parties  (Slices of death, Pulp is not Dead, No Future et White Trash), il regroupe en plusieurs entrées thématiques les diverses tendances de l'auteur, expliquant au passage sa double identité. Artikel Unbekannt (Article Inconnu) pratique une certaine forme de fantastique à l'ancienne, héritière d'une littérature francophone allant de Jean Ray à Kurt Steiner (ou, pour faire court, toute l'école de la collection Angoisse) ; Schweinhund (contraction de « porc » et de « chien » en allemand) aborde une forme de gore extrême plus contemporaine et urbaine, bien dans la lignée de Trash. Les deux entités cohabitant (en principe) dans un même corps, quelques textes ici présents transgressent cette arbitraire séparation.

Slices of Death exploite une esthétique qui renvoie immanquablement au cinéma de Jean Rollin et Jess Franco et à leurs univers gothiques stylisés, comme hors du temps. On retrouve dans cette série d'histoires des narrateurs hallucinés, hantés par de monstrueux secrets familiaux ou le souvenir obsessionnel de femmes mortes. L'auteur déploie un style élégant qui évoque à merveille ces perceptions faussées, cet onirisme malsain imprégné d'érotisme macabre. Une grande réussite. Pulp is not Dead, comme son titre l'indique, regroupe six histoires rendant hommage à tout un pan de la littérature populaire, comic books américains mais aussi « sérialistes » français. C'est la partie la plus référencée du recueil, dont l'appréciation nécessite sans doute une certaine culture d'initié de la part du lecteur. Batman s'invite ainsi à la fête ainsi qu'un dérivé de Alien dédié à Dan O'Bannon et H.R. Giger. Une de nos nouvelles favorites : La Tension de la Stratégie, clin d'œil à la fois à un des personnages fétiches de Hexagon Comics, Wampus, et au polizieschi italien, l'action se déroulant à Turin au beau milieu des années de plomb. La troisième partie, No Future, est dédiée au post-apocalyptique, genre chéri des fans de Mad Max et de Métal Hurlant, mais aussi d'une certaine culture musicale post-punk. Trois nouvelles qui nous transportent du japon pré-Hiroshima au Berlin en ruines de l'après-guerre, ville dont l'auteur connait bien les labyrinthes et les fantômes.

Mais, selon nous, le meilleur de Schweinhund se trouve dans la quatrième séquence, White Trash, dont une partie fut publié dans Dimension Trash et dont on découvre ici une version rallongée et enrichie de plusieurs inédits. On se souvient de la forte impression que nous avions eu à la lecture de l'anthologie, dont nous découvrions le versant le plus fragmenté, expérimental, via une série de chapitres parfois réduits à un seul paragraphe, brisant le format « nouvelle » et abordant l'horreur sous l'angle d'un collage particulièrement novateur. Cette version « extended » gomme en partie cette impression, donnant une forme plus « classique » à l'ensemble, sans que la qualité des textes en soit changée. Le lecteur est convié à une bacchanale gore où l'auteur brasse toute une culture souterraine (Fleuve Noir, le cinéma bis italien, la culture dark / industrielle via des clins d'œil à Front 242 et Brighter Death Now et, réactualisé pour la circonstance, un hommage aux auteurs de Trash éditions) pour en créer une synthèse à teneur hautement toxique. Paranoïa, terreur et visions cauchemardesques forment la toile de fond de cet univers halluciné mais pas du tout irréel, et donc d'autant plus dangereux. Car certains avertissements de l'auteur et surtout un des derniers textes du recueil viennent remettre les pendules à l'heure : au-delà du jeu des références et des citations se trouve une autre forme de violence, celle, bien réelle, de la société et de la rue. Confrontation est une tranche de vie sans fioriture, une pure scène de haine rentrée, la haine de classe, tristement banale et quotidienne. Bien loin du fantastique, la vie de tous les jours, l'essence même de l'horreur.

Par la rencontre entre ses deux avatars, A.U. / S. ouvre l'éventail d'une littérature à mi-chemin entre l'imaginaire le plus débridé et la réalité la plus cradingue, offrant un ouvrage qui a presque tout d'un manifeste. Il le fait surtout avec un style unique, typiquement français dans son rapport à la langue, riche en jeux de mots et en torsions verbales, un peu comme si Céline revisitait Peter Sotos. C'est une dernière chose à souligner, non des moindres : notre anonyme est l'un des rares écrivains actuels que l'on peut lire à la fois pour la pertinence du fond ET de la forme. Peu dans le paysage littéraire contemporain peuvent en dire autant. Un auteur pas comme les autres, dont la discrétion ne doit pas cacher la démarche ambitieuse et profondément singulière."

Lien vers le texte d'origine.

Rappel du lien d'achat chez Rivière Blanche.

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Noir et rouge, vu par Amaranth

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J’attendais avec impatience et grand plaisir ce recueil de nouvelles. Enfin les nouvelles de Schweinhund réunies. Mais pas que : celles d’Artikel Unbekannt aussi. Si je connaissais moins cet aspect de l’auteur, j’ai pu le découvrir à travers ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Noir et Rouge réunit une variété de textes. Des textes de toutes les couleurs. Noirs et Rouges, mais pas seulement. Car on trouve également, au fil de ces pages, du post-apocalyptique, du fantastique, des hommages à la collection Angoisse, à Gore, à TRASH mais aussi à des personnages de Comics. Un recueil marqué par sa diversité, donc, mais parcourut par certains thèmes récurrents : l’obsession, la folie, et une certaine solitude des personnages également.

Il est découpé en 4 parties : Slices of death, Pulp is not dead, No future et White trash.

 

1. Slices of death :

À mourir de rire : j'ai beaucoup aimé ce texte qui tourne autour d'une obsession. La description de ce rire, de la gorge du personnage, de sa bouche, et de son meurtre ensuite, est très visuelle (la comparaison avec une tranche de viande fait bien son effet). Les émotions du personnage, ambivalentes à certains moments, et envahissantes, sont bien transposées. Le personnage a réussi à m'embarquer avec lui dans son obsession, qui confine pourtant parfois au délire. Dans ce texte, on ressent déjà bien la patte de Schweinhund, je trouve, avec un style très précis et maitrisé, parsemé d'images où fantasmagorie et réalité s'entremêlent. Le passage sur le bateau m'a un peu rappelé Bloodfist, sûrement à cause de la scène dans la mer.

C'est un texte original, bien maitrisé, qui donne le ton du recueil. J'aurais bien dit la couleur, mais ça, c'est plutôt la deuxième nouvelle qui s'en charge.

Avec Rouge on plonge encore un peu plus profondément dans les visions, les images, la folie… j'associe le Chien-Porc à ces thèmes, bien entendu, mais aussi à un style particulier, qui là s'expose dans toute sa complexité et sa force. Dans ce texte, je pourrais presque qualifier l'écriture d'épileptique, avec ces phrases courtes, ces images qui se superposent plus qu'elles ne s'enchaînent. Mais l'épilepsie se caractérise par une perte de contrôle, ce qui n'est pas l'impression que j'ai eu, puisqu'il y a toujours un soin particulier, une précision dans le choix des mots qui renvoie plutôt à de la maîtrise. Et en même temps, la folie s'exprime, se ressent et donc il y a quelque chose d'un peu "décousu", avec justement ces images qui s'imposent et auxquelles il faut donner du sens, ce qui n'est pas forcément évident au début de la lecture. C'est bien pour ça que j'ai parlé de "complexité" donc. Difficile de parler d'un texte comme celui-là. J'ai en tout cas apprécié la direction prise par rapport au thème de la possession, même si à la fin de la lecture je ne pourrais donner une explication certaine. Il y a un flou qui subsiste. Ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Ce texte est très évocateur et pour moi, s'inscrit dans la lignée de Scheinwhund.

Passé décomposé : j'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour tragique. Le personnage est très seul, sa vie semble défiler sans qu'il n'y prenne vraiment part, comme s'il était dans une sorte de bulle, à l'écart des autres. Une bulle remplit de vide, qu'il ne perce pas, entraîné un peu malgré lui dans le cours de sa vie. Cette profonde solitude que j'ai ressentie, cette impression de "vide" qui entoure le personnage, c'est quelque chose que j'ai déjà perçu chez d'autres personnages des nouvelles de ce recueil, notamment dans "à mourir de rire", même si dans celle-ci le personnage prend une part beaucoup plus active. Je pense que c'est lié au fait qu'on suit le personnage, ses pensées, de manière "intime", mais que sa vie et les autres personnes qui y prennent part n'apparaissent pas dans le récit ou de manière assez lointaine. Ça participe à l'ambiance sombre du texte.

Jaune : j'ai apprécié le découpage et le flou maintenu tout au long du récit, avec des pièces disséminées et des images qui surgissent, ce qui rappelle à nouveau un procédé un peu Schweinhundien.

Retour aux sources : agréable à lire, mais j'ai un peu moins aimé, car elle est un peu plus classique. L'ambiance est toujours assez lourde, avec un personnage à nouveau très seul.

À feu et à sang : déjà découverte dans l'Almanach des vampires. Il s'agit d'une nouvelle plus "douce", avec un style encore différent, mais toujours fluide et travaillé. Il y a quelque chose d'assez sensoriel. On retrouve la part "sombre" avec un personnage à nouveau coupé du monde, plongé dans la solitude et surtout dans une obsession, même si cette fois elle est plus extérieure qu'intérieure. Donc on y retrouve certains thèmes, mais en même temps, elle est vraiment différente. On ne pourrait pas dire "positive" en soi, mais l'amour est réellement présent, une certaine tendresse aussi, et la fin irait plutôt dans le sens du don. Il y a un partage entre les protagonistes, et même une certaine affection.

 

2. Pulp is not dead : six récits hommages qui m’ont moins embarquée, bien que le style reste de très bonne qualité.

Dark night : une rencontre de deux personnages de comics. C’est bien fait, on ne sait pas à quoi s’attendre au début de la nouvelle, mais peut-être un poil un peu trop court.

La tension de la stratégie : j’ai y découvert Wampus, personnage d’Hexagon Comics. J’ai préféré cette nouvelle-ci, avec des personnages intéressants et une intrigue qui tient en haleine.

Aliénation : ma préférée de cette partie, avec une ambiance oppressante et un androïde qui se retrouve bien seul dans son voyage dans l’espace. Ou au contraire, peut-être pas suffisamment…

Le masque et la marque et Le Péril Jaune sont deux hommages aux Fleuve Noir Angoisse. Ces nouvelles sont bien écrites, mais je pense qu’on est forcément plus touché par ce qu’elles racontent lorsqu’on connaît bien les personnages mis en scène. Sauf Mme Atomos, ils ne m’étaient que connus que de noms, donc je n’ai pas été très embarquée par l’histoire.

Travaux forcés : courte mise en scène de l’auteur de la série Panthera, Orloff, amusante et plaisante à lire.

 

3. No future :

Japon, année zéro : trois destins qui se croisent et s’entremêlent. J’ai aimé le développement des personnages, l’un après l’autre, avec des vies qui au départ s’éloignent pour mieux se rejoindre ensuite. Et ce n’est pas celui qui apparaît le plus sympathique qui au final l’est. D’ailleurs, sympathique n’est pas vraiment un terme qui convient à ces personnages. Le contexte ne s’y prête pas non plus. Le Japon sous les bombes à la lumière de trois personnes bien particulières. C’est très beau.

Angst : période similaire mais autre lieu, on accompagne cette fois des nazis dans l’après-guerre de Berlin. Un texte qui sonne très juste, très « réaliste »… enfin jusqu’à un certain point. Celui où le fantastique peut se mêler à la réalité.

Caïn et la belle : j’ai adoré cette nouvelle. Le début est très efficace et j’ai directement été plongée dans l’ambiance sombre, désespérée et le calvaire de cet homme. La fin nous emmène sur un rivage plus inattendu. Est originale. Un sans faute.

 

4. White Trash : ma partie préférée, même si chacune possède des textes forts. Celle-ci en assène à la pelletée. Des textes courts, mais percutants. Et toujours avec ce style inimitable qui joue avec les mots, les choisit avec une précision chirurgicale mais n’hésite pas étaler les tripes et la crasse pour salir un peu tout ça quand il le faut.

1985-1990 : un bel hommage à la collection Gore, avec toujours les thèmes de l’obsession et de la folie sous-jacents. J’ai beaucoup aimé la construction. Et la fin.

La chambre noire : un combat contre une entité qui semble bien l’incarnation de sa propre folie. Une nouvelle obsession. Dans le noir. Les mots s’enchaînent et se percutent, et nous percutent. Beaux comme cette maladie à figure d’amazone.

Légion : invocation au rythme envoûtant, où l’auteur joue avec les mots. On ne comprend pas tout et on s’en fout.

Quinze minutes : efficace, percutant, plus ancré dans le réel et la violence frontale.

Bon sang ne saurait mentir : approche plus directe à nouveau, brutale. Avec une chute efficace. Et une pointe d’humour. Juste ce qu’il faut.

Löwenacht : une sorte de pamphlet, comme l’a très bien dit Catherine. Contre le consumérisme. Contre les croyances aveugles et aveuglantes. Toujours avec ce style si particulier, aux images fortes et percutantes.

Profondo nero : celle-ci tient une place spéciale dans mon coeur. C’est celle qui m’a fait découvrir et adoré les textes courts de Schweinhund. Un vrai petit bijou, qui représente parfaitement les thèmes et l’écriture ciselée de l’auteur. Un délire visuel, prenant. Perturbant. Le sens se dévoile dans les détails. Des images fantasmagoriques qui révèlent pourtant toute la réalité. Une réalité bien crue. Horrible. Il y a du Lynch, là-dedans.

2013-2016 : un joli hommage aux auteurs de TRASH. Nouvelle miroir à 1985-1990. Plus personnelle, encore. On y découvre la maison de l’auteur, et de drôles de choses s’y déroulent…

Contre-nature : le récit d’une vengeance un peu particulière. Un fœtus, ce n’est pas aussi inoffensif qu’on pourrait le croire. Un texte qui cristallise les angoisses liées à la grossesse, et toute l’étrangeté qui accompagne ce processus. C’est glauque. Et c’est flippant.

S.O.S. : une promenade hallucinée dans un New York oppressant.

Confrontation : la violence est dans la tension qui parcourt le récit. Trois personnages un peu cabossés, qui se comprennent à demi-mot et partagent une tranche de vie. Quelques heures dans une nuit. Qui changent tout ? Ou rien ? Et est-ce que ça a de l’importance ?

L'altro inferno : la même force d’évocation que pour Profondo Nero, avec un rythme envoûtant, les clés du mystère qui se dévoilent peu à peu et des images fortes qui se modifient au fil de la compréhension. Un texte puissant, qui saisit, prend aux tripes. Et qui pourtant envoûte.

Blutwurst : un texte très sensoriel. Fantasmagorique. Les scènes se mélangent dans une violence visuelle et sonore.

L'oeil du serpent et Corps et liens : hommages à Kââ/Corsélien. Dans le premier, j’y ai vu le personnage de « Silhouettes de mort… », mais ça, c’est peut-être parce qu’il s’agit du seul Kââ à mon actif.

Le deuxième texte m’a encore plus plu. Il est d’une poésie folle (et les deux termes s’y marient vraiment très bien). Il termine même sur un poème, que j’ai adoré. Macabre et beau. Ce qu’un poème devrait être.

Les textes de Schweinhund sont plus ou moins facilement compréhensibles, plus ou moins sombres et malsains, jouent plus ou moins avec les mots. Certains sont plus hermétiques, difficiles d’accès, même si tous valent qu’on prenne la peine d’y pénétrer. « Corps et liens » est de ceux qui atteignent un équilibre parfait. Entre la beauté des mots et l’intrigue sombre.

Le recueil se termine sur une interview de l’auteur par Zaroff, qui a écrit « Night Stalker » et « Bayou ».

 

Pour conclure, Noir et Rouge est un recueil qu’il faut aborder comme un aventurier. À la découverte d’un univers à part. D’un style unique. D’histoires qui peuvent plonger loin dans l’obscurité. Certaines nouvelles seront conquises facilement, d’autres mériteront d’y retourner encore et encore. Parfois, leurs paysages ne s’ouvriront pas totalement à vous, et il faudra accepter de se laisser porter par les mots, sur des rivages inconnus où le réel est flou.

 

Chaque mot est choisi avec attention, chaque phrase est ciselée. Vous serez touché. Mais difficile de dire par quel texte précisément : la sensibilité y est si forte qu’en fonction de la vôtre, le résultat peut être surprenant.

Dans tous les cas, c’est un voyage qui vaut la peine d’être fait. Et bonne nouvelle, il sera facile d’y retourner. À portée de votre main.

 

Rappel du lien d'achat chez Rivière Blanche.

Lien vers la chronique d'origine.

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Noir et rouge, vu par Catherine Robert

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

"Fini ma lecture de Noir et rouge paru aux Editions Rivière blanche en octobre 2016. Une lecture intéressante, plaisante, diversifiée, où l'on a la joie de retrouver toutes les palettes de cet auteur multifacettes. Dans ce recueil se trouve rassemblée l'ensemble des nouvelles parues dans diverses anthologies, augmentée de quelques inédits. Le livre est découpé en quatre parties, où l'on peut s'amuser à essayer de deviner qui d'Artikel ou de Schweinhund est aux commandes.

Slice of death : composée de six récits où la réalité se mélange aux cauchemars.

À mourir de rire : j'y ai bien reconnu le style "halluciné" de l'auteur dont on ne sait pas toujours situer la frontière entre mirages et réalités. C'est assez étouffant. La folie du personnage est bien rendue, tout comme son obsession pour ce rire. On a tous déjà entendu des rires qui nous irritent, on entre bien dans son délire.
Rouge : encore plus halluciné, avec une frontière encore plus floue entre les mondes du réel, du fantasme et de la possession. Là aussi, on étouffe sous les mots. C'est une ambiance quasiment anxiogène, très bien faite. C'est aussi une des raisons pour lesquelles, on ne peut pas lire les textes l'un après l'autre. Une pause est bien nécessaire pour respirer, digérer, et assimiler.
Passé décomposé : une histoire d'amour maudite, sombre, mais à l'atmosphère moins étouffante que les deux premières nouvelles. L'inéluctabilité du destin, et ce qui doit arriver arrivera, de toute façon. J'apprécie cette noirceur.
Jaune : je dois avouer que je ne suis pas sûre d'avoir compris la fin. C'est assez rare quand je lis l'auteur, mais ça m'a un peu laissé une impression plus mitigée, même si j'ai aimé le ton de l'histoire, et ce côté mémoire en fuite qui revient petit à petit, pour le pire.
Retour aux sources : un style moins haché, plus fluide, pour une histoire où j'ai deviné assez vite les dessous. Ce qui n'empêche qu'elle m'a plu, bien sûr. C'est toujours aussi maîtrisé et prenant. Car même dans un style moins cogneur, l'atmosphère reste lourde.
À feu et à sang : celle-là, je l'avais découverte dans "L'almanach des vampires", et je l'avais vraiment beaucoup aimée à l'époque. Je l'ai relue, et je l'apprécie toujours autant. C'est la plus "douce" (si tant est qu'on peut parler de doux pour les récits de l'artiste), la plus sensuelle aussi, de cette première partie. On vit les émotions du protagoniste jusqu'à l'épilogue.

Pulp is not dead : à nouveau six récits, hommages à des auteurs, à des oeuvres. Il m'a été plus difficile d'entrer dans ces nouvelles. Pas à cause du style, impeccable, comme d'habitude. Pas à cause d'histoires que je n'aurais pas comprises, tout est très fluide. Non, cela vient de moi et de mon inculture. Il s'agit de textes "hommages" et malheureusement la plupart des œuvres originelles me sont plus ou moins inconnues. De là, j'ai ressenti une sorte de manque. Compliqué pour moi d'apprécier à leur juste valeur ces six textes.

Dark night : un petit garçon qui fait des cauchemars, un film au cinéma le soir, une rencontre dans les rues ensuite. Une courte histoire, bien écrite, avec une petite chute que je n'ai pas vue venir. Très bien écrite, peut-être un peu courte et rapide. Je ne sais pas trop quoi en dire de plus.
La tension de la stratégie : j'ai préféré ce récit-ci, alors même que je ne connais pas du tout l'oeuvre originelle. Une enquête sur un incendie, un antagoniste d'ailleurs, du suspense, des personnages accrocheurs. Vraiment sympa.
Aliénation : dans celui-là, il y en a quand même un, j'ai vu l'hommage à un film qui reste un de mes préférés. Du coup, contente je suis, mais on s'en fout. En tout cas, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de cet androïde un peu dépassé par les événements, certains clins d’œil que j'ai repérés (j'ai dû en louper aussi), la progression de l'intrigue. C'est mon top de cette partie.
Le masque et la marque : cette nouvelle, j'en ai bien sûr apprécié la lecture, mais ne connaissant aucun des personnages extirpés d'autres romans, je n'ai malheureusement pas pu l'apprécier à sa juste valeur. C'est l'exemple type d'histoires où j'ai ressenti le manque dans mes connaissances. Vu cette inculture, je ne peux pas en dire grand chose, juste qu'elle est très bien écrite et très bien menée, et qu'elle devrait plaire aux amateurs des Fleuve noir Angoisse.
Le péril jaune : celle-ci rejoint la précédente. Je ne connais pas les histoires de départ, il me manque donc un truc pour rentrer complètement dedans. Et pareillement à la précédente, elle est pourtant superbement écrite.
Travaux forcés : par contre, ici, malgré, encore une fois, mon ignorance, j'ai pris plus de plaisir. Peut-être grâce à une histoire qui pourrait presque coller à n'importe quel écrivain dont on est fan. Aussi apprécié les petites allusions vers des éditeurs. Bref, elle est amusante.

No future : trois nouvelles pour cette partie-ci. Qui partent vers l'apo ou le catastrophe, dans un style qui emprunte, je dirais, aussi bien à celui d'Artikel qu'à celui de Schweinhund.

- Japon, année zéro : Kiyochi, Kumiko, Kojima, trois jeunes gens ayant fait leurs études ensemble, liés par l'amour et la haine, dans un Japon juste avant Hiroshima. Un trio en route vers un étrange destin. Rondement mené, pour un récit s'extirpant des ruines d'une des pires horreurs commises par l'humanité.
- Angst : dans le Berlin de l'immédiate après-guerre, une histoire mêlant anciens nazis et expériences contre-nature. Comme pour la précédente nouvelle, on plonge dans une période noire de l'histoire pour contempler ses blessures et ses cicatrices. Un beau texte.
- Caïn et la belle : un homme se réveille sans mémoire dans un monde post-apocalyptique. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que s'est-il passé ? Une quête vers les souvenirs et la compréhension, puis la rencontre et enfin les réponses. Un beau récit de fin du monde, assez sombre et sans espoir, que j'aime beaucoup.

White trash : un ensemble de quinze nouvelles, dont j'en connaissais déjà plus de la moitié, puisque huit d'entre elles furent publiées à l'origine dans Dimension Trash. La partie plus rouge du recueil. Celle où l'on retrouve Schweinhund dans ses obsessions pour les cauchemars, la folie, l'horreur, ou la violence.

- 1985-1990 : l'auteur compose une ode à une de ses références, la collection Gore du Fleuve noir. Le tout mélangé de folie. Bel hommage.
- La chambre noire : j'en avais découvert une version courte, il y a déjà pas mal de temps. La voici rallongée, mais j'y retrouve toute sa noirceur et sa paranoïa. Encore, le thème de la folie décliné d'une autre manière.
- Légion : une sorte d'incantation folle, sombre, et oppressante, où l'auteur joue avec les mots comme il aime à le faire. Et toujours cette folie sous-jacente.
- Quinze minutes : ici, nulle folie, juste du sale, du trash. Plus direct et cogneur, aussi bien dans l'histoire plus ancrée dans la réalité, que dans le style violent.
- Bon sang ne saurait mentir : dans celui-ci aussi, nous retrouvons la folie, mais dans le style moins halluciné de la précédente, juste la violence, avec un côté un peu décalé qui arrive à faire sourire.
- Löwenacht : une sorte de pamphlet contre le consumérisme, mais avec le style propre à Schweinhund, ça devient autre chose, un récit à nouveau halluciné.
- Profondo nero : celle-ci reste à part pour moi. Je l'ai découverte il y a plus de deux ans, et si ce n'était pas le premier récit de l'auteur que je lisais (le deuxième si je ne me trompe pas), c'est celui qui me l'a vraiment fait découvrir et apprécier. Un récit sombre, où tout se cache dans les détails, où la folie est hallucinée comme pour d'autres textes, mais avec un rapport clair à son origine, à son horreur.
- 2013-2016 : l'autre nouvelle qui se taille une place à part. Lorsque je l'ai découverte dans Dimension Trash, je l'ai beaucoup appréciée, un bel hommage aux auteurs Trash. Mais ce plaisir fut accompagné d'une petite pointe de déception, les derniers auteurs à rejoindre Trash ne s'y trouvaient pas évoqués, faute à une deadline trop juste. L'auteur l'a reprise un peu, et c'est avec joie que je m'y suis retrouvée. Alors merci, ce sont quelques lignes qui m'ont fait extrêmement plaisir.
- Contre-nature : cauchemar de grossesse, très malsain et sombre.
- S.O.S. : un peu de claustrophobie, un peu d'agoraphobie, un peu de phobie tout court, et une promenade dans un New York écrasé par la chaleur, plaisante à suivre.
- Confrontation : beaucoup moins de violence, même si elle reste à l'affût. J'ai bien aimé cette histoire de confrontation avec ses personnages peut-être pas si improbables que ça.
- L'altro inferno : un texte, presque une litanie où s'évoquent la religion, l'enfer, le mal, d'ici et d'ailleurs. Un récit puissant.
- Blutwurst : l'histoire d'un homme à un concert, ou d'un petit garçon, ou d'un fantôme, on choisit, comme on veut, mais c'est sombre et ça fait mal.
- L'oeil du serpent : hommage à Kââ/Corsélien, dans le style à Schweinhund, un mélange de pensées folles et une réalité brute.
- Corps et liens : comme le précédent, un hommage au même auteur. Schweinhund y joue avec les mots, avec délectation, ça donne le résultat habituel, un texte halluciné, étouffant, oppressant, sombre, et malsain, où l'on devine l'histoire par petits coups, petites phrases, et le puzzle se met en place doucement.

Artikel Unbekannt et Schweinhund soumis à la question par Zaroff : une interview menée par Zaroff, auteur Trash des opus "Night Stalker" et "Bayou", où le compositeur du présent recueil se livre (un peu) sur lui-même, ses références, sa façon d'écrire.

Pour conclure, je dirais que "Noir et rouge" est un livre à lire à son aise, parce que le sentiment d'oppression éprouvé sur la plupart des nouvelles invite à une pause. Il faut prendre le temps de digérer les textes, de les assimiler, parfois de passer derrière les mots, pour découvrir le sens caché. Schweinhund/Artikel est un orfèvre qui cisèle chaque phrase, les amenant loin dans la stylistique. C'est parfois ardu, ça donne un résultat étonnant, mais surtout, c'est intense, une façon de procéder que je n'ai encore jamais trouvée chez aucun autre auteur. Ça le met à part, une personnalité littéraire unique, ce qui en fait sa force."

Rappel du lien d'achat chez Rivière Blanche.

Lien vers la chronique d'origine.

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Noir et rouge, vu par Zaroff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Quelle excellente idée d'avoir composé l'intégralité des nouvelles d'Artikel Unbekannt/Schweinhund (et plusieurs inédits) de la part de Rivière Blanche. C'est une palette large de genres, du récit noir au fantastique suranné. L'auteur commence fort en nous délivrant un À mourir de rire au charme angoissant, une lente phobie dont le rire est l'axe central. Publiée à l'origine dans la septième anthologie de Malpertuis, cette nouvelle a deux saveurs dignes d'un vieux Marabout Fantastique : la froideur d'un Maupassant et le retrait d'un Shelley. Folie et fuite. Mais on n'échappe jamais totalement à son destin. Surtout sous l'écho d'un rire rédempteur.

Rouge, couleur dominante d'un crime d'enfant. Couleur d'une névrose qui nécrose le narrateur. Rouge cardinal d'une religion expiatoire. Texte paru dans le recueil Histoires d'aulx en 2011.

Très beau conte inédit que nous propose Passé décomposé. Sous fond de sorcellerie, c'est une histoire d'amour digne d'un récit de Claude Seignolle. L'atmosphère m'a rappelé les intrigues que je lisais chez Marabout durant ma jeunesse. Très belle écriture, une véritable réussite.

En italien, Jaune se dit Giallo. Récit formant un diptyque coloré avec Rouge (chroniqué quelques lignes plus haut) dans l'anthologie Histoires d'aulx. Je ne veux pas dévoiler ce suspens à tiroirs, mais le vampirisme n'est pas loin et le thème de la possession est dévoilé par petites touches.

Les admirateurs de Lovecraft devraient se délecter de Retour aux sources tant ce petit récit fleure bon la vase. Avec un côté Hodgson non négligeable, j'ai littéralement adoré cette nouvelle inédite. Un curieux testament et un homme qui part à la recherche de son passé. Une maison maléfique et un secret monstrueux. De quoi en tirer un roman ! Chapeau l'artiste.

À feu et à sang est un clin d'oeil envers la comtesse noire et la comtesse Carody incarnées dans le film « Vampyros Lesbos » avec Linda Romay dans le rôle phare. Récit en forme d'hommage à Jess Franco, il fut publié en 2015 dans l'anthologie « L'almanach des vampires 2 » chez Rivière Blanche. Tout débute par une somptueuse fellation sur la plage par une belle inconnue. Un jeune homme va se retrouver dans les griffes de cette femme étrange qui ne survient qu'à la nuit tombée. Thème de la possession sexuelle rondement mené. Ce texte termine la première partie « Slices Of Death » regroupant les six histoires décrites ci-dessus.

La deuxième partie nommée « Pulp Is Not dead » contient six textes également. Dark night est une sorte de fanfiction, une préquelle de deux personnages de comics pour questionner le traumatisme subi par l'un d'entre eux. Texte paru dans l'anthologie « U-Chroniques » en 2012 par ImaJn'ère et Sous La Cape. Avec La tension de la stratégie, j'ai découvert l'univers Hexagon Comics et un de ses personnages : Wampus, entité diabolique métamorphe issue du cosmos. Vague d'attentats en Italie, deux inspecteurs sont chargés de trouver le criminel. Mais Wampus va prendre l'apparence de l'un d'entre eux. Seul l'ex-agent du contre-espionnage français Jean Stern connaît la véritable identité du malfaiteur de l'espace. Aventure publiée en 2013 dans l'anthologie « Dimension Super-Héros 2 » chez nos amis de Rivière Blanche.

Alienation possède un ton SF très Mathesonien. Un voyage vers Aenigma qui doit durer trente ans. L'équipage se compose de deux humains et d'une dizaine d'androïdes. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Surtout qu'une femme est enceinte. Nouvelle parue dans le recueil « Créatures 2 » chez Otherlands en 2015. Le masque et la marque et Le péril jaune sont deux pastiches assumés par l'auteur envers des Maîtres de la collection FN Angoisse. Particulièrement André Caroff, Paul Béra et Maurice Limat. Et également l'auteur des Bob Morane, Henri Vernes. Forcément on y retrouve Léonox affrontant Méphista, L'Ombre Jaune, Miss Ylang Ylang, Madame Atomos. Ces deux hommages ont parus respectivement dans les anthologies 13 et 19 des « Compagnons de l'Ombre » chez Rivière Blanche en 2014 et 2016.

Pourquoi Pierre-Alexis Orloff, l'auteur de la série Panthera, a-t-il mis trois ans pour publier le troisième volume malgré ses deux précédents succès ? Vous le saurez en lisant Travaux forcés, oeillade complice à Rivière Blanche. Et nous arrivons déjà à la troisième partie « No Future » et ses trois nouvelles. Japon, année zéro et son trio maléfique. Deux hommes amoureux d'une seule femme. Une haine farouche de l'un d'eux et leurs destins tragiques. Enseignement, rationalité et virilité cruelle sous fond d'apocalypse nucléaire. Un récit incroyable et beau dans toutes les largeurs. Paru à l'origine dans l'anthologie « Rétro-Fictions » par ImaJn'ère. Et nous découvrons après mon gros coup de cœur : Angst. Berlin, 1946. La forêt de Grunewald. Le site de Teufelsberg. L'unité Werwolf. Deux anciens nazis qui se retrouvent et des crimes abominables aux abords de cet endroit maléfique. L'aspect documentaire de ce texte inédit ne trahit en rien une intrigue magistrale. Une sorte d'uchronie qui mêle la lycanthropie, la folie des hommes et le mystique. C'est remarquable d'efficacité.

Caïn et la belle fut d'abord publié dans le recueil « Riposte Apo » en 2013 par ImaJn'ère. Apocalypse après le 21 décembre 2012. Un homme émerge d'une cellule dévastée et contemple les cadavres autour de lui. Presque amnésique, il reconnaît certains réflexes en s'emparant d'une Kalach. Puis il aperçoit une femme près d'un arbre. C'est beau et violent.

Cette troisième partie est ma préférée de toutes. Indéniablement. Mais on papote... et voici la quatrième et dernière catégorie « White Trash ». Pas moins de quinze textes à vous mettre dans les tripes. Les huit premiers furent intégrés dans la fabuleuse anthologie « Dimension Trash » chez Rivière Blanche en 2015. Et c'est le Schweinhund qui s'y colle. Thèmes freudiens, névroses assumées, tout est bon pour vous filer la gerbe. Quelques hommages à GORE et TRASH démontrent la passion de l'auteur pour ses lectures et son propre microcosme sanglant. 1985-1990, La chambre noire, Légion, Quinze minutes, Bon sang ne saurait mentir, Löwenacht, Profondo nero, 2013-2016. Rien que ça !

Une phrase empruntée au groupe Front 242 a inspiré le récit Contre-nature, paru dans « Les Contes Rouges » par Les Artistes Fous Associés en 2015. Neuf histoires courtes forment un ensemble cohérent sur les troubles de l'enfantement (si j'ai bien tout compris !). S.O.S nous plonge dans la peau d'un véritable tueur en série durant un été caniculaire en 1977. Avant le passage à l'acte. Lente déambulation psychotique digne d'un Robert Bloch. Texte inédit.

Tranche de vie inédite dans Confrontation. Des étudiants qui foutent la merde le jeudi soir. Et trois hommes qui se rencontrent par hasard et qui se comprennent. On sent que le pire sera évité. Du moins en actes. L'altro inferno avait été posté sur notre forum lors de notre troisième hors-série consacré à l'enfer sous fond de rédemption, d'attirance gothique et inquisitrice.

Blutwurst est la résurgence d'un souvenir de concert en Belgique. Le pays de Marc Dutroux. Effigie du mal vécue par un enfant. Très glauque. Et terriblement vrai. Deux préfaces dédiées à Kââ et Corsélien (Pascal Marignac) terminent ce recueil. L'oeil du serpent et Corps et liens sont parus respectivement dans les deux tomes « Corps et liens » chez Rivière Blanche en 2016.

Pour le digestif, l'auteur répond à quelques questions soumises par votre serviteur Zaroff. Entretien plus complet ici et .

 

Pour conclure, malgré la petite taille de ce recueil (218 pages), il peut s'avérer être une bible pour les écrivains débutants, tant il distille une diversité de genres et d'approches littéraires. Certains récits seront difficilement abordables par leurs niveaux de compréhension et d'autres seront plus lisibles. Qu'importe. Ce recueil prouve qu'on peut tout faire avec les mots si on sait les manier. Et surtout, il démontre que l'horreur est au même rang que la littérature classique. Un genre mineur ? Ouvrez ce livre et faites marcher votre intellect. Tout n'est que questionnement identitaire dans ce bouquin. Du fœtus à la mort. Et les personnages réagissent en fonction de leur substance propre. En bien ou en mal, c'est selon.

 

Rappel du lien d'achat. Et je profite de l'occasion pour vous souhaiter, chers visiteurs, de joyeuses fêtes de fin d'année. On vous retrouvera en 2017 pour encore plus de bouquins à découvrir. N'est-ce pas que la vie est belle ?

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NOIR ET ROUGE : et pour quelques couvertures de plus

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

NOIR ET ROUGE est constitué de 30 nouvelles, dont 23* ont été publiées au préalable dans un certain nombre d’anthologies. Les textes exclusifs à mon recueil sont les suivants : Passé décomposé, Retour aux sources, Travaux forcés, Angst, S.O.S., L’altro inferno et Blutwurst. Voici, pour le plaisir des yeux, une rétrospective des couvertures originelles.

 

*NOTE : j’ai inclus à cette galerie Les Contes Éthyliques et le tome 2 de Corps et liens. En effet, même si ces deux ouvrages ne seront publiés que dans quelques jours, ils comprennent chacun une nouvelle signée Schweinhund. Or les sommaires respectifs de ces deux livres sont arrêtés depuis six mois, soit bien avant la parution de mon propre recueil.

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Noir et rouge : en guise d’apéritif

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Noir et rouge est composé de trente nouvelles. Parmi ces textes, un certain nombre est accessible en un simple clic sur le site de Rivière Blanche. Alors puisque quelques liens valent mieux qu’un long discours, voilà un peu de lecture gratuite :

 

Rouge

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=noirrougechapitre01.pdf

 

La tension de la stratégie

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimsuperheros2nouvelle.pdf

 

White trash

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimtrashnouvelle.pdf

 

Précisions : Rouge fut ma première nouvelle publiée. Elle a été revue et révisée à l’occasion de la sortie de mon recueil. La tension de la stratégie a été mon premier récit publié chez Rivière Blanche. Le lien ci-dessus permet de découvrir les deux tiers de cette nouvelle. Quant à White trash, le fichier disponible donne accès aux huit textes courts parus à l’origine dans Dimension TRASH. Cet ensemble a été augmenté de sept récits supplémentaires, pour devenir le quatrième et dernier chapitre de Noir et Rouge.

Bonnes lectures j’espère.

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Noir et rouge - Artikel Unbekannt et Schweinhund

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Noir et rouge - Artikel Unbekannt et Schweinhund

Artikel Unbekannt/Schweinhund
Noire 91. Noir et Rouge
ISBN-13: 978-1-61227-567-3
224 pages - 20 euros

illustration: Hari Wald

Rouge. La terre est rouge comme une orange sanguine. Rouge tuerie, rouge boucherie, la bave aux lèvres annonce le repas du guerrier. Rouge sanglant, rouge telle une éternité en fusion, tel un lac de lave dans lequel je me baigne et me brûle.

Il pleut au fond de moi. Ce cœur que j’ai donné, cette âme que j’ai vendue. L’oubli est impossible, et la mémoire insupportable. Le cyclope darde sur moi son regard de serpent. Je lui roule une pelle. Cette pelle qui va creuser ma tombe.

Deux extraits. Deux pseudonymes. Mais un unique auteur. Car Artikel Unbekannt et Schweinhund sont une seule et même personne. L’individu qui utilise ces noms de plume aberrants a commis depuis 2011 un (in)certain nombre de nouvelles publiées dans une douzaine d’anthologies, et un roman intitulé Bloodfist, paru chez TRASH Éditions en 2013. Le présent recueil rassemble l’intégralité de ces textes, agrémentée de plusieurs inédits. De l’Italie des années de plomb au Summer of Sam américain, en passant par l’Allemagne année zéro et le Japon après les bombes. Avec Alien, Batman, Wampus, Léonox, Méphista et Mme Atomos en invités surprises et les collections Gore et Angoisse en filigrane.

Du Fantastique au Trash en passant par l’Épouvante et le Thriller, voici donc toutes les raisons pour lesquelles Artikel Unbekannt et Schweinhund ont choisi d’avancer masqués. Et comme l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime, un entretien avec l’auteur vient enfoncer le clou. On ne pourra pas dire que vous n’avez pas été prévenu-e-s.

TABLE DES MATIÈRES :
1. SLICES OF DEATH
À mourir de rire
Rouge
Passé décomposé
Jaune
Retour aux sources
À feu et à sang
2. PULP IS NOT DEAD
Dark night
La tension de la stratégie
Alienation
Le masque et la marque
Le péril jaune
Travaux forcés
3. NO FUTURE
Japon, année zéro
Angst
Caïn et la belle
4. WHITE TRASH
1985-1990
La chambre noire
Légion
Quinze minutes
Bon sang ne saurait mentir
Löwenacht
Profondo nero
2013-2016
Contre-nature
S.O.S.
Confrontation
L’altro inferno
Blutwurst
L’œil du serpent
Corps et liens
Artikel Unbekannt et Schweinhund soumis à la question par Zaroff

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