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Responsable et coupable : 2019-2020

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Après deux premiers billets couvrant les années 2015-2016 et 2017-2018, voici donc le troisième article de cette série. Mon activité de directeur d’ouvrages chez Rivière Blanche m’a en effet permis de faire publier une nouvelle série de livres, qu’il était temps de présenter ici. Le premier fut Galerie Noir, le deuxième roman de Sébastien Gayraud, paru en juin 2019.

 

En 2015, Sébastien Gayraud publie une étude sur Joe d'Amato chez Artus Films et un premier roman, Caméra Obscura, aux Éditions Camion Noir. Puis il s’impose comme un habitué de la revue Violences, avant de clôturer le sommaire de l'anthologie Dimension Violences en 2018. Grâce à Galerie Noir, il prolonge ses expériences apocalyptiques en livrant une mosaïque labyrinthique de « romans condensés » aussi fascinante que vertigineuse.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n123-galerie-noir.html

 

 

 

Le même jour était publié en parallèle Du Délire, premier recueil de Claire Von Corda.

 

L'écriture de Claire Von Corda, la première fois, c'est quelque chose de très spécial. La deuxième fois aussi, d'ailleurs. Et toutes les suivantes pareil. La preuve par dix avec ce livre, dont le titre sonne comme une note d’intention. Et pourquoi a-t-il été placé en hors-série plutôt que dans la collection Noire ? Tout simplement parce que « transgenre » et « inclassable » sont les seules cases dans lesquelles on peut ranger les récits de Claire. Et encore.

 

https://www.riviereblanche.com/hors-series-hs62-du-delire.html

 

 

 

Puis, en novembre 2019, je retrouvai Catherine Robert pour un autre double-programme avec Extinctions.

 

Après Thanatéros, publié en mars 2018, Catherine Robert livre deux nouveaux romans d’horreur saisissants. Le premier, La faim du monde, est un inédit qui devrait combler les amateurs de la série Apocalypse. Quant au second, il s’agit de la réédition revue et augmentée de Greta, initialement publié chez TRASH en 2015. Entre Post-Apo déviant et dystopie carcérale, l’avenir selon Catherine Robert s’annonce sombre et sauvage. Vous voilà prévenus.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n128-extinctions.html

 

 

 

Ensuite, je fis paraître en février 2020 Désincarné, le premier recueil de David Coulon.

 

Dans ses romans, David Coulon pousse les codes du Thriller dans leurs derniers retranchements, flirtant allègrement avec l’horreur pure. Un savant mélange que l’on retrouve dans ses textes courts, réunis dans ce recueil pour la première fois après nombre de publications en revues et anthologies. Entre noir existentiel et trash social, David Coulon refuse de choisir son camp. Mais une chose est certaine : il n’hésite jamais à aller trop loin.

https://www.riviereblanche.com/noire-n131-desincarne.html

 

 

 

Enfin, 2020 se concluait avec la publication du Seigneur des mouches, de Patrick Eris.

 

La plupart des récits inclus dans ce recueil relèvent naturellement du Fantastique, du Noir ou de l’Horreur, dont l’auteur peut être considéré comme un spécialiste. Mais d’autres empruntent parfois des chemins (d’ombres) plus inattendus. Habiles variations sur des thèmes connus pour mieux les renouveler, décloisonnement des genres, références cinématographiques et musicales : Patrick Eris ne s’interdit rien, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n139-le-seigneur-des-mouches.html

 

 

 

Soit cinq livres pour l’exercice 2019-2020. Si tout se déroule comme prévu, quatre autres suivront en 2021. Le premier d’entre eux est d’ailleurs déjà bouclé, et paraîtra le 1er février en hors-série. Le deuxième est prévu pour mai dans la collection Noire. Mais j’aurai l’occasion d’y revenir en temps et en heure. En attendant, ce petit bilan me fournit le prétexte idéal pour rappeler l’existence de cette promotion, désormais permanente sur le site de Rivière Blanche :

 

 

 

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Bonne chasse – et bonnes lectures.

 

http://www.riviereblanche.com/

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Nuances d'êtres - Anne Escaffit

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Vingt-cinq raisons pour lire Nuances d’êtres, d’Anne Escaffit

 

 

 

 

 

1 – Vingt-cinq raisons car il y a cinquante textes au sommaire de Nuances d’êtres, alors ça me paraissait un minimum.

 

2 – À l’origine, j’envisageais une « raison » par nouvelle. Mais ma bafouille aurait été trop longue, et personne ne l’aurait lue jusqu’au bout. Donc…

 

3 – Parce que depuis sa publication en mai 2016, Nuances d’êtres n’a obtenu qu’une seule chronique – ce qui est aussi incompréhensible que scandaleux.

 

4 – Parce que cet ouvrage est à mon sens un des meilleurs recueils de nouvelles paru dans la collection Noire de Rivière Blanche (sans compter bien sûr ceux que j’ai moi-même dirigés).

 

5 – Et parce que cinquante textes, c’est la possibilité de tourner les pages de ce livre-calendrier pendant un an, semaine après semaine, au rythme des saisons.

 

6 – En lisant Nuances d’êtres, vous comprendrez pourquoi Philippe Ward avait retenu la nouvelle « Mon New York, ta lumière », reprise ici, pour Dimension New York en 2015.

 

7 – Et vous aurez le plaisir d’y découvrir sa suite-miroir inédite « Ton New York, ma lumière ».

 

8 – Parce que Benoît Domis a hélas cessé son activité d’éditeur. Mais la nouvelle « Reines d’Égypte », qu’il avait publiée dans Ténèbres 2014, figure au sommaire de Nuances d’êtres.

 

9 – Parce que Luna Beretta a republié « Il n’y a pas un envieux qui rêve cette errance » dans Violences 8 en 2018, et que c’est à peu près tout sauf un hasard.

 

10 – Et parce que, accessoirement, il s’agit à ce jour du seul sommaire que j’ai eu la chance de partager avec Anne.

 

11 – Si vous êtes un gros bourrin comme moi, ce recueil vous réconciliera avec le mot « mélancolie. »

 

12 – Et si vous n’êtes pas comme moi un gros bourrin, vous réaliserez que la mélancolie n’est pas du tout incompatible avec la violence la plus crue.

 

13 – Parce qu’un certain Michel P., auteur entre autres d’un des plus fascinants cycles de Fantastique contemporain, estime qu’Anne a beaucoup de talent.

 

14 – Parce qu’Anne est une femme, et qu’il est bon de (se) rappeler que les autrices ont toujours été bien représentées dans la collection Noire de Rivière Blanche.

 

15 – Et parce que l’illustration de couverture n’a rien à voir avec le contenu du livre, et qu’il faut parfois se méfier des apparences.

 

16 – Si comme moi l’expression « prose poétique » vous laisse un peu perplexe, oubliez le dico. Toutes les explications se trouvent dans cet ouvrage, et bien plus encore.

 

17 – Si comme moi vous aimez le Fantastique étrange, les ambiances troubles et les textes peints comme des tableaux qui ne se « donnent » pas, ce recueil est fait pour vous.

 

18 – Parce que le Noir et la Nuit.

 

19 – Parce que le Noir et la Nuit ne suffisent pas.

 

20 – Et parce que les Nuances d’Anne comprennent aussi du mauve, du rouge, du bleu, du gris et du orange.

 

21 – Anne est un des secrets les mieux gardés de la Rivière Blanche. Et parfois je ne peux pas tenir ma langue.

 

22 – Depuis que je fais officiellement partie du comité de rédaction de Rivière Blanche, je m’abstiens de chroniquer les ouvrages maison. Mais il y a des exceptions à toutes les règles.

 

23 – Parce que 19 euros pour 50 textes, c’est vraiment pas cher.

 

24 – Parce que 4,99 euros pour 50 textes en numérique, ça devient presque indécent.

 

25 – Et parce que moi j’attends un nouveau recueil d’Anne, et que j’avais envie de le lui dire. Tant pis si sa modestie et sa discrétion doivent en souffrir.

 

 

 

Merci à celles et ceux qui auront lu cette petite présentation, et plus encore à celles et ceux qui se laisseront tenter par ce livre aussi singulier qu’envoûtant.

 

 

Papier : https://www.riviereblanche.com/noire-n87-nuances-detres.html

 

Numérique : https://www.riviereblanche.com/ebooks-nuances-detres.html

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Les zombies de la Nouvelle-Orléans - Jean-Marc Lofficier

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Crépuscule vaudou : Les zombies de la Nouvelle-Orléans, de Jean-Marc Lofficier.

 

 

 

 

Publié très (trop ?) discrètement sous forme de hors-série chez Rivière Blanche en septembre 2017, ce roman aurait sans aucun problème pu figurer dans la collection « Noire », du même éditeur. Seulement voilà : Jean-Marc Lofficier est aussi le fondateur de Rivière Blanche, et il préférait ne pas « prendre la place » de quelqu’un d’autre – ce qui est tout à son honneur –, a fortiori avec un livre qui avait déjà connu une première vie. De fait, Les zombies de la Nouvelle-Orléans est une réédition revue et corrigée de Crépuscule vaudou, paru à l’origine en 2008 dans la collection Club Van Helsing, aux éditions La Baleine.

 

En raison des changements effectués par l’auteur, il était bien sûr délicat de conserver le titre d’origine ; néanmoins, j’avoue une petite préférence pour ce Crépuscule vaudou sans doute plus fidèle à l’ambiance du roman. En effet, même si Jean-Marc Lofficier situe son intrigue au moment du passage de l’ouragan Katrina, il évolue dans un registre plus proche du Vaudou de Jacques Tourneur que de la fameuse saga « zombiesque » de George A. Romero. Mais ce n’est là qu’un détail, et surtout pas un défaut : de toute façon, j’aime autant le fantastique psychologique que l’horreur frontale, et les deux cohabitent ici harmonieusement.

 

Cette louable volonté de décloisonnement se retrouve aussi dans l’un des partis pris les plus radicaux de l’auteur : en attribuant à l’ouragan Katrina des causes surnaturelles, il imbrique si étroitement réel et imaginaire qu’on en vient à ne plus très bien les distinguer. C’est d’ailleurs à partir du moment où les éléments commencent à se déchaîner, sous l’impulsion du maléfique Legendre, que le roman se transforme en véritable page-turner. Dès lors, le lecteur se trouve happé dans un tourbillon irrésistible, et tout le savoir ésotérique de Jean-Marc de Marigny ne sera pas superflu pour résister aux puissances occultes déployées.

 

Intimement liée à son contexte culturel et cultuel, l’histoire n’en apparaît que plus enracinée – voire indéracinable. De fait, assez nombreux sont les livres dont la trame ne souffrirait en rien d’une délocalisation. Mais avec Les zombies de la Nouvelle-Orléans, ce serait hors de question : le roman se viderait aussitôt de sa substance. Pourtant, nous nous trouvons a priori en terrain connu, avec dans le fond une nouvelle illustration de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal, et dans la forme une horreur pulp de bon aloi. Et c’est ce que nous avons, car Jean-Marc Lofficier n’a pas l’habitude de tromper sur la marchandise.

 

C’est ce que nous avons, mais ce n’est pas tout, car l’auteur ne se contente pas de respecter le cahier des charges. Au contraire, il aligne des scènes si visuelles et explosives qu’on se prend à rêver de les voir illustrées par le regretté Bernie Wrightson ou Richard Corben dans les pages de Creepy ou Eerie… À peu près tout sauf un hasard quand on songe que le fondateur de Rivière Blanche est réputé pour sa connaissance encyclopédique de la bande dessinée et a longtemps travaillé comme scénariste au sein de la mythique Marvel…

 

En conclusion, les zombies de Jean-Marc Lofficier s’avèrent on ne peut plus fréquentables. Alors si vous goûtez une littérature populaire épicée aux sortilèges vaudous, aux meurtres rituels, à la (sur)vie après la mort et au déchaînement tous azimuts d’éléments naturels transformés en autant d’armes de destruction massive, ne vous privez pas d’un roman pulp aussi trépidant que bien documenté s(o)igné par un expert en la matière.

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Responsable et coupable : 2017-2018

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Fin 2017, j’avais rédigé un article récapitulatif présentant les cinq premiers livres dont je m’étais occupé pour Rivière Blanche. Il s’agissait là d’une première étape, car je dois en effet à cet ensemble de réalisations ma nomination au poste de co-directeur de la collection « noire ». Mais qui dit première étape, dit deuxième. L’histoire s’est donc poursuivie en novembre 2017, avec la publication du recueil De chair et d’encre, de Dola Rosselet.

 

Abordant au gré de ses envies – et des besoins de ses histoires – tous les rivages de l’imaginaire, Dola Rosselet ne s’interdit rien : « ce sont les personnages qui décident », dit-elle. Ses thèmes de prédilection se sont dégagés en creux, nouvelle après nouvelle, jusqu’à constituer cet ensemble puisant aux sources des grandes tendances de l’imaginaire. De chair et d’encre est donc un recueil placé sous le sceau de la diversité et de l’harmonie.

 

Des âmes en peine, d’étranges survivances, des absences si présentes, des ombres qui refusent de s’estomper quand vient le crépuscule, des parfums entêtants aux propriétés impossibles, des jeux de la séduction à la fois cruels et sensuels… Dola Rosselet, c’est une voix vibrante qui s’élève pour demander ce qu’il reste après. Après l’amour, après la mort, après l’exil, après la guerre, après la pluie, après… demain.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n104-de-chair-et-dencre.html

 

 

 

Ensuite, l’année 2018 commençait fort avec la publication du terrible Thanatéros, de Catherine Robert, un double-programme composé de Larmes de sexe et Tranches de mort.

 

Deux romans d’horreur inédits et dépravés destinés à l’origine à la collection TRASH. Quand l’autrice de Greta célèbre les noces de sang de la dystopie et du Sex and horror. 

 

http://www.riviereblanche.com/noire-n108-thanateros.html

 

 

Deux mois plus tard, changement de registre avec le recueil de nouvelles Quinze pas vers l’étrange, de Serge Rollet, que j’avais le plaisir de retrouver trois ans après Le Dieu sans nom.

 

Du fantastique à la fantasy en passant par la science-fiction et l’horreur, Serge Rollet arpente tous les « territoires de l’inquiétude » avec la même gourmandise communicative.

 

http://www.riviereblanche.com/noire-n110-quinze-pas-vers-letrange.html

 

 

Puis, à la rentrée de septembre, je revenais à la collection Fusée/Dimension pour Dimension Violences, ma deuxième codirection d’anthologie après Dimension TRASH.

 

Artikel Unbekannt / Schweinhund et Luna Beretta sont heureux et fiers de vous proposer cet objet hybride et débridé présentant la substantifique moelle du fanzine Violences.

 

http://www.riviereblanche.com/fusee-f72-dimension-violences.html

 

 

Ensuite, retour à la collection Noire avec Vers le pays rouge, flamboyant deux-en-un permettant de rééditer le premier recueil de nouvelles de Justine Niogret en version augmentée.

 

De Et toujours le bruit de l’orage devenu ce Vers le pays rouge, on retrouve la même force, la même rage, mais aussi cette façon de toujours toucher la cible au cœur.

 

http://www.riviereblanche.com/noire-n116-vers-le-pays-rouge.html

 

 

Enfin, l’année se concluait par la publication de mon recueil « autobibliographique » Noir sur blanc. Le livre disposant de son propre espace dédié sur ce blog, je ne m’étendrai pas.

 

http://gorezaroff.over-blog.com/tag/noir%20sur%20blanc/

 

http://www.riviereblanche.com/hors-series-hs55-noir-sur-blanc.html

 

 

Soit six livres, pour quatre préfaces (De chair et d’encre, Quinze pas vers l’étrange, Dimension Violences et Vers le pays rouge) rassemblées avec les précédentes dans Noir sur blanc. Six livres qui m’ont amené fin 2018 au total de onze titres développés chez Rivière Blanche. Sept pour la collection Noire (Le Dieu sans nom, Corps et liens 1 et 2, Noir et rouge, De chair et d’encre, Thanatéros, Quinze pas vers l’étrange et Vers le pays rouge), deux pour Fusée/Dimension (Dimension TRASH, Dimension Violences) et un hors-série (Noir sur blanc).

 

Les deux prochains ouvrages que j’ai eu la chance de diriger paraîtront le 1er juin 2019, et d’autres sont en développement (l’un d’entre eux est déjà programmé). Une fois que tous ces futurs projets se seront concrétisés, je rédigerai sans doute un nouvel article récapitulatif afin de vous les présenter plus en détail. Mais en attendant, voilà déjà pour mon bilan personnel chez Rivière Blanche en 2017-2018. Six livres, donc. Ce qui tombe plutôt pas mal. En effet :

 

 

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Bonne chasse – et bonnes lectures.

 

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Au seuil de l'enfer - Micky Papoz

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Sombres résurgences : Au seuil de l’enfer, de Micky Papoz.

 

 

Curieuse destinée que celle de ce volume composé de deux romans. En effet, s'il a fini par paraître dans la collection Noire de Rivière Blanche en 2011, une interview de l'autrice, réalisée en 1995 et jointe en fin d'ouvrage, nous apprend que le regretté Jean Rollin avait prévu de publier les deux romans concernés dans la collection Frayeur à l'époque où il la dirigeait ! Suite à l'interruption de ladite collection au Fleuve Noir, Micky Papoz disparut de la circulation. Il aura donc fallu attendre une quinzaine d’années pour que le grand manitou Philippe Ward se penche sur le sort de ces manuscrits oubliés, jouant une nouvelle fois son rôle d'archéologue-archiviste du Fantastique. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il a bien fait, car il aurait été regrettable d’abandonner ces perles noires à un oubli qu’assurément elles ne méritaient pas.

 

L'autre côté des miroirs narre l'histoire d'un retour à la terre pour le moins perturbé.
Marek et Pascale, et leurs deux filles Monika et Barbara, s'apprêtent à prendre possession de la maison de la vieille tante Émilienne. À moins que la vieille tante en question, dont l'esprit malfaisant semble perdurer après sa mort, soit elle-même sur le point de prendre possession de... qui ? En tout cas, il y a cette voix, qui raconte des choses horribles. Et cette voix, qui parle par la bouche de Monika,
n’est pas la sienne… Dans un style cruel et direct qui n’est pas rappeler celui d’Anne Duguël – autre grande autrice découverte par Jean Rollin –, Micky Papoz délivre une intrigue cruelle où les réminiscences du passé viennent empoisonner le présent. Une épouvante rurale de derrière les fagots, avec même quelques scènes gore pour les gourmets.

 

Vrai-faux jumeau du précédent roman, Teratos traite également du phénomène de l'emprise dans un cadre familial et campagnard. Un contexte éprouvant, pimenté de sensualité et d'effluves païens qui ne sont pas sans rappeler La dalle aux maudits, le quatrième et dernier livre écrit par G.-J. Arnaud pour la collection Angoisse. C’est lourd, moite et violent, il y a des cris effroyables, de la violence domestique et autodestructrice, mais aussi des créatures éthyliques qui n'ont pas grand-chose à voir avec des éléphants roses. Car si « Le sommeil de la raison engendre des monstres » est une métaphore, ici, la phrase est à prendre au sens littéral : Josif bouillonne d’idées – et c’est même trop pour un seul homme… Où l’on constate que Micky Papoz a décidément une conception bien à elle du « home sweet home »…

 

Dans la continuité directe de la collection Angoisses, à laquelle elle succéda quelques mois après son arrêt, Frayeur se voulait une sorte de trait d'union entre les prestigieuses collections d’horreur du Fleuve Noir (Angoisse – sans « s » à la fin – et Gore, en l’occurrence). Micky Papoz respecte à la lettre le cahier des charges, et ce savant mélange fonctionne à merveille dans les deux romans ici réunis. En définitive, il n’est donc pas étonnant de retrouver aujourd’hui l’autrice au sein de la collection Noire de Rivière Blanche, tout comme Anne Duguël – encore – et cette autre grande dame qu’était Dominique Rocher. À elles trois, ces femmes d’exception couvrent cinquante ans d’un Fantastique francophone à propos duquel Micky Papoz n’a manifestement pas dit/écrit son dernier mot. Pour notre plus grand plaisir.

  

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Responsable et coupable : 2015-2016

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Suite à certaine rencontre et au lancement de TRASH, j’ai songé en 2014 à deux projets, qui me semblaient correspondre au catalogue de Rivière Blanche. Je les ai donc proposés à Philippe Ward, lequel m’a aussitôt accordé sa confiance pour les développer à ma guise. Le premier de ces deux projets devenus livres n’est autre que l’anthologie Dimension TRASH.

 

Fut un temps où les films de Frank Henenlotter et Brian Yuzna sortaient au cinéma. Où les romans de la collection Gore s’écoulaient à plus de 100 000 exemplaires. Disons-le tout net : cette époque-là est révolue. Hélas. Mais si TRASH est ouvertement nostalgique, pas question de sombrer dans le passéisme. Nous ne sommes pas les enfants, mais les « bâtards de Gore ».

 

Si nos artisans bouchers se décarcassent, ce n’est pas pour vous servir du réchauffé. Nous sommes certes déférents, mais aspirons aussi à la différence. Car le genre horrifique n’est pas aussi étroit que les bien-pensants voudraient le faire croire, et si la Rivière devient rouge, c’est pour mieux vous présenter toutes les couleurs du… TRASH.

 

https://www.riviereblanche.com/fusee-f41-dimension-trash.html

 

Un mois plus tard paraissait le recueil Le Dieu sans nom, de Serge Rollet.

Imaginez un Lovecraftien qui montrerait les monstres, et ne se contenterait pas d’en suggérer l’existence. Qui sans abandonner l’usage du hors-champ n’hésiterait pas à se servir du zoom si nécessaire. Imaginez un Lovecraftien qui aurait le sens du rythme et n’aurait pas peur d’écrire des scènes d’action.

 

Le roman qui donne son titre à ce recueil, ainsi que les deux longues nouvelles suivantes, L’ennemi ancien et L’ombre des docks, doivent sans doute beaucoup au reclus de Providence. Mais ils prouvent aussi de façon éclatante que Serge Rollet dispose du brio nécessaire pour jouer avec un feu qui a déjà brûlé nombre de suiveurs sans personnalité.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n82-le-dieu-sans-nom.html

 

Puis, en août 2016, il y eut le premier tome de Corps et liens, de Kââ/Corsélien. Cet omnibus comprend L’état des plaies, Bruit crissant du rasoir sur les os et Retour au bal, à Dalstein, trois classiques de la collection Gore réédités pour la première fois depuis 1988.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n89-corps-et-liens-1.html

 

Deux mois plus tard était publié mon propre recueil de nouvelles Noir et rouge. Le livre disposant de son propre espace dédié sur ce blog, je ne m’étendrai pas.

 

http://gorezaroff.over-blog.com/tag/noir%20et%20rouge/

https://www.riviereblanche.com/noire-n91-noir-et-rouge.html

 

Enfin, l’année se concluait en apothéose avec la parution du deuxième tome de Corps et liens. Ce second volume contient aussi trois romans, en l’occurrence Voyage au bout du jour, Lésions irréparables et Dîner de têtes, initialement publiés dans les collections Gore, Maniac et Angoisses entre 1988 et 1993 et jamais réédités depuis lors.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n93-corps-et-liens-2.html

 

 

Soit cinq livres en tout. Comme quoi le hasard fait bien les choses. En effet :

 

 

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Bonne chasse – et bonnes lectures.

 

http://www.riviereblanche.com/

 

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Mémoires d'un compagnon de l'ombre # 4

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Mémoires d’un compagnon de l’ombre 4 : faits et gestes.

 

 

Recueil :

- Noir et rouge. Artikel Unbekannt/Schweinhund. Noire 91. 2016.

 

Nouvelles :

- La tension de la stratégie. In Dimension Super-Héros 2. Fusée 26. 2013.

- Le masque et la marque. In Les Compagnons De l'Ombre 13. Noire 60. 2014.

- À feu et à sang. In L’almanach des Vampires 2. Noire 79. 2015.

- White trash. In Dimension TRASH. Fusée 41. 2015.

- Corps et liens. In Corps et Liens 1. Noire 89. 2016.

- Le péril jaune. In Les Compagnons De l’Ombre 19. Noire 90. 2016.

- L’œil du serpent. In Corps et Liens 2. Noire 93. 2016.

 

Préfaces :

- « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » : Dominique Rocher, docteur ès angoisses. In Quai des âmes, de Dominique Rocher. Noire 58. 2013.

- « Hiroshima, mon amour » : La saga de Mme Atomos. In Mme Atomos parie sur la mort, de Michel et Sylvie Stéphan. Noire 63. 2014.

- L’enfer du décor. Préface à Djinns, in La mort en partage, de Nécrorian/Jean Mazarin. Blanche 2128. 2015.

- Soleil et brouillard. Préface à L’hiver en juillet, in La mort en partage, de Nécrorian/Jean Mazarin. Blanche 2128. 2015.

- Serge Rollet : celui qui grognait dans la lumière. In Le Dieu sans nom, de Serge Rollet. Noire 82. 2015.

- À gore et à cris : le « Kââ » Corsélien. In Corps et liens 1, de Kââ/Corsélien. Noire 89. 2016.

- Dola Rosselet : corps et âmes. In De chair et d’encre, de Dola Rosselet. Noire 104. 2017.

 

Articles :

- Whence Méphista ? In Méphista, de Maurice Limat. Black Coat Press. 2015.

- Méphista : l’angoisse au féminin pluriel. Version française de Whence Méphista ? Hors-série du fanzine La Tête En Noir. 2016.

- Sur la trace du Serpent : le « Kââ » Corsélien. Hors-série du fanzine La Tête En Noir. 2017.

 

Divers :

- Réédition de Nuit noire, de Christophe Siébert. De Noire 33 à TRASH 11. 2014.

- Blood and fire : Nouvelle. Version anglaise de À feu et à sang. In The vampire almanac 1. Black Coat Press. 2015.

- Leonox meets Mephista : Nouvelle. Version anglaise de Le masque et la marque. In Tales Of The Shadowmen 12. Black Coat Press. 2015.

- Anthologiste (avec Julien Heylbroeck) : Dimension TRASH. Fusée 41. 2015.

- Conseiller à la rédaction : Corps et liens 1 et 2, de Kââ/Corsélien. Noire 89 et 93. 2016.

- Conseiller artistique : 52 plus belles couvertures de Rivière Blanche. Artbook 11. 2017.

 

Plus deux interventions officieuses, car il se trouve que je ne suis pas vraiment étranger à la publication de Holocauste, de Christophe Siébert (Blanche 2139 – 2016) et Femmes fatales, de Mike Hoffman (Artbook 13 – 2017). En résumé, j’ai été plus ou moins impliqué dans 20 livres édités chez Rivière Blanche et Black Coat Press de 2013 à 2017.

Voilà, c’est tout pour l’instant. En espérant que mon feuilleton aura su retenir votre attention, et qu’il ne vous aura pas semblé trop long. À ma décharge, il n’était pas évident de résumer quatre années d’activités (d’activisme ?) au service (secret) d’un éditeur ayant publié 400 titres.

 

Prochaine étape pour ma part avec Thanatéros, de Catherine Robert, à paraître en mars 2018. Quant à la suite du programme, elle oscillera entre Fantastique, Horreur et Noir plus ou moins classable. Romans, recueils de nouvelles, textes rares ou inédits : restez aux aguets, il va y avoir du lourd. Alors n’attendez pas pour compléter votre collection Rivière Blanche.

 

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Mémoires d'un compagnon de l'ombre # 3

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Mémoires d’un compagnon de l’ombre 3 : hier et demain.

 

« Hier », parce que si j’ai moi-même eu l’honneur d’intégrer la collection Noire l’année dernière avec mon recueil de nouvelles Noir et rouge, mieux vaut en l’occurrence commencer par le commencement. Et au commencement était un parfait inconnu (qui a jugé opportun de rester par la suite unbekannt, mais c’est une autre histoire). De fait, avant de devenir auteur, j’ai d’abord été lecteur. Et chroniqueur. Ensuite j’ai placé quelques nouvelles. Puis Philippe Ward et Jean-Marc Lofficier m’ont confié la rédaction de préfaces et/ou d’articles. Enfin, j’ai eu le privilège de développer pour eux des projets, tels l’anthologie Dimension TRASH, Le Dieu sans nom, de Serge Rollet, les deux tomes de Corps et liens, de Kââ/Corsélien, et De chair et d’encre, de Dola Rosselet, à paraître très bientôt... Sans oublier Noir et rouge, puisqu’à l’instar des titres précédents, les éditeurs m’ont non seulement donné le feu vert avec un bel enthousiasme, mais ils m’ont ensuite laissé carte blanche.

 

Six livres en trois ans dans des conditions aussi optimales, ce n’est pas rien. Et ce n’est pas fini. En effet, Jean-Marc et Philippe ont pris au printemps une décision radicale : celle de me nommer co-directeur de la collection Noire. J’aurai ainsi le redoutable privilège de diriger d’autres ouvrages, et j’assumerai cette fonction sous mon véritable nom, comme indiqué sur la page d’accueil du site de l’éditeur. Précisions d’importance : je ne suis pas là pour « trashiser » la « Noire », qui de toute façon ne m’a pas attendu pour proposer des bouquins corsés. De plus, Philippe va continuer à s'occuper de ses auteurs, de même que Jean-Marc, de son côté, va poursuivre Les Compagnons De l'Ombre et autres ouvrages à tendance pulp. La collection sera donc partagée en trois, ce qui devrait me permettre de développer quatre livres par an : ceux prévus pour 2018 sont d’ores et déjà en chantier.

 

J’ai encore du mal à réaliser ce qui m’arrive, mais je suis bien conscient qu’« un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». C’est pourquoi je ne pouvais plus décemment différer cette annonce, même si le fait de parler de ma petite personne me répugne toujours autant. Et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai choisi de commencer par le grand – Rivière Blanche, donc – avant d’en venir au petit – ma récente sortie de l’ombre. D’où, aussi, ma biblio RB détaillée à venir dans un quatrième et dernier billet, de façon à établir une sorte de CV. Parce que si certain-e-s d’entre vous situent peut-être vaguement Artikel Unbekannt, Schweinhund et Léonox, personne (hormis celles et ceux qui ont déjà travaillé avec moi) n’a jamais entendu parler d’« Antoine Dumont » et pour cause.

 

En espérant que ces données vous permettront de mieux comprendre qui je suis, et à quel point l’éditeur d’exception qu’est Rivière Blanche a changé ma vie. Mon objectif est maintenant de lui rendre une petite partie de ce qu’il m’a apporté. Face à un catalogue de 400 titres, où figurent tant de « Grands Anciens » confirmés et de « petits nouveaux » qui souvent deviennent grands, il y a là quelque chose d’assez vertigineux. Mais j’ai toute confiance en les auteurs que j’ai choisis. Eux seront à la hauteur de l’enjeu. Et il est énorme, cet enjeu. Car je pense que Rivière Blanche est ce qui est arrivé de mieux à la littérature populaire française au 21ème siècle. Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward en sont à la fois responsables et coupables. Mais surtout, ne me croyez pas sur parole. Lisez les livres qu’ils publient.

 

 

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Mémoires d'un compagnon de l'ombre # 2

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Mémoires d’un compagnon de l’ombre 2 : la collection Noire.

 

Tout comme son aînée la « Blanche », qui prolonge la célèbre « Anticipation » du Fleuve Noir, la collection Noire, initiée deux ans plus tard, s'inspire d'une autre série, tout aussi prestigieuse : la mythique « Angoisse ». Afin de mieux signaler la filiation, Philippe Ward et Jean-Marc Lofficier ont d'ailleurs commencé par un coup d'éclat, en rééditant l'intégrale de la saga de Mme Atomos, d’André Caroff, sous la forme de six épais omnibus (Noire 1 à 6). D'autres livres du même type suivront, en particulier ceux consacrés aux Angoisses de Kurt Steiner (six romans réédités pour la première fois depuis cinquante ans, répartis en deux recueils : Noire 16 et 18), sans oublier L’ambassadeur des âmes, de Dominique Rocher (Noire 23) rassemblant L'homme aux lunettes noires et Humeur rouge.

 

La collection Gore n'est pas oubliée, puisque Cauchemar à Staten Island, de Gilles Bergal, est proposé dans l’opulent volume La nuit des hommes-loups (Noire 8), agrémenté de sa suite inédite et d’un ensemble de nouvelles. Le même principe est repris pour les deux derniers titres de la collection, La chair sous les ongles, de l’ex-François Sarkel devenu Brice Tarvel, et Les démons d'Abidjan, de Richard D. Nolane, que l’on retrouve dans deux recueils (La chair sous les ongles et Séparation de corps (Noire 51 et 22) présentant en bonus des sélections de nouvelles des auteurs. Quant à Zombies gore, de François Darnaudet (Noire 57), il s’agit en fait de la réédition de ses deux romans Gore Collioure Trap et Andernos Trap !

 

Des partis pris exemplaires, mais la « Noire » ne saurait être réduite à l'exhumation des trésors du passé. En effet, non contents de se distinguer par leur travail d'archivistes, les deux dirigeants de Rivière Blanche ont également à cœur de proposer du sang neuf. De David Khara, dont le premier livre, Les vestiges de l'aube (Noire 19) fut un des plus gros succès de l'éditeur, à Christophe Siébert, avec son terrible Nuit noire (Noire 33), des romans inédits de Micky Papoz (Au seuil de l'enfer, Noire 27) à l'intégrale des nouvelles d’Anne Duguël (Mémoires d'une aveugle, Noire 37), en passant par les retours inespérés de Max-André Rayjean (Momie de sang, Noire 43) et de l'infâme Nécrorian (Plaques chauffantes, Noire 45), tous les aspects du Fantastique et de l’Horreur sont abordés dans une belle et saine diversité.

 

Et ce n'est pas tout, car la collection Noire présente aussi par le biais des recueils de nouvelles dédiés aux Compagnons De l'Ombre des rencontres originales entre de nombreux héros et antihéros emblématiques de la littérature populaire ! Sherlock Holmes, Arsène Lupin, Carnacki, Fantômas, Judex, Belphégor, Le Nyctalope, Bob Morane... Toutes ces figures illustres, et bien d'autres encore, sont réunies au sein des 20 volumes parus à ce jour, et y croisent le fer lors d'intrigues en forme d'hommages aussi dynamiques que respectueux. Un esprit « rétro » qu’on retrouve dans les aventures de Panthéra, une mutante sexy en diable à la recherche de son passé, qui s'est imposée en l'espace de quatre romans (Noire 11, 30, 69 et 92) comme l’ambassadrice idéale de la collection Noire… Laquelle est devenue si riche que j’ai mentionné à peine la moitié des 100 titres publiés depuis son lancement en 2006.

 

L’embarras du choix, sans aucun doute… Mais j’aurai l’occasion de citer d’autres ouvrages dans le troisième article de cette série. Article qui se conclura par une annonce. Parce que si le début de mon histoire avec la Rivière Blanche remonte à 2010, elle a connu récemment un rebondissement spectaculaire. To be continued

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Mémoires d'un compagnon de l'ombre # 1

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Mémoires d’un compagnon de l’ombre 1 : esprit de corps.

 

Ce texte, dont le titre constitue un emprunt en forme de clin d’œil à Jean-Marc Lofficier, a déjà été publié sur ce blog. Mais une actualisation s’imposait. Aussi l’ai-je largement augmenté, puis redécoupé en quatre parties. Dont voici la première.

 

Rivière Blanche est un cas à part dans le petit monde du Fantastique et de la Science-fiction français. La genèse de cette maison d’édition indépendante est à elle seule intrigante : Rivière Blanche est en fait une émanation de Black Coat Press, entité américaine fondée par Jean-Marc Lofficier proposant des romans de Fantastique et de Science-fiction français… traduits en anglais ! Malgré quelques points communs entre les deux catalogues (Les Compagnons De l’Ombre devenant Tales of the shadowmen outre-Atlantique), les deux structures sont toutefois dotées d’identités bien distinctes. Si Black Coat Press se consacre pour l’essentiel à la période fin 19ème/début 20ème, Rivière Blanche, fondée en 2004, s’inscrit dans la tradition des prestigieuses collections Anticipation et Angoisse, issues de l’âge d’or du Fleuve Noir, sans pour autant miser sur des rééditions systématiques, loin s’en faut…

 

Seul maître à bord – avec Jean-Marc Lofficier – naviguant sur les eaux tumultueuses de la Rivière Blanche, Philippe Ward, en tant que directeur que collection, tient en effet à proposer un maximum de textes inédits. S’il est le garant d’un certain esprit populaire et nostalgique intimement lié aux références évoquées plus haut, il a néanmoins la volonté, et c’est tout à son honneur, de donner leur chance à de jeunes plumes prometteuses, sans oublier d’aller rechercher de loin en loin quelques grands anciens qui rêvent et dorment par-delà le mur du sommeil… C’est ainsi que la ligne « Blanche » (Anticipation/SF) s’est construite dans un esprit « rétro-futuriste », proposant une salutaire alternance entre des auteurs comme Thomas Geha, Laurent Whale ou Alain Blondelon, et la « vieille garde » du Fleuve Noir, incarnée par des pointures tels P.-J. Hérault, Jean-Pierre Andrevon ou Daniel Piret.

 

Notons cependant que si la « Blanche » a valeur de figure de proue, avec ses 154 livres édités à l’heure où j’écris ces lignes, cet arbre luxuriant ne doit pas pour autant cacher la forêt. Car le catalogue de Rivière Blanche est vaste. Très vaste, même. La « Noire », qui fera l’objet à elle seule de mon deuxième billet, vient par exemple de franchir le cap des 100 titres. Soit un total incroyable de 254 ouvrages, auxquels il convient encore d’ajouter les quelque 150 volumes publiés dans les collections Fusée/Dimension (anthologies et recueils de nouvelles dédiés à des thématiques ou des auteurs spécifiques), Baskerville (qui permet à Jean-Daniel Brèque de proposer des romans et recueils dus aux grands auteurs de l'Angleterre victorienne) et Hors-série/Artbooks (où sont rassemblés les livres « hors-genre » et autres inclassables).

 

Seule ombre au tableau, le manque de visibilité de ces ouvrages, prix de la farouche indépendance de Black Coat Press, pénalise quelque peu son catalogue pléthorique. Mais il arrive parfois que la Rivière sorte de son lit… Un certain nombre de titres ont ainsi été réédités chez Michel Lafon, Bragelonne, Critic, Hélios, Le Moutons Électriques et… TRASH. Mais l’heure n’est pas encore venue de faire de cet article une affaire personnelle. Je préfère pour l’instant laisser cette présentation parler d’elle-même, car elle établit de manière indiscutable que Rivière Blanche s’est imposé au fil des ans comme un label de référence, prouvant parution après parution que la quantité ne nuisait en rien à la qualité. Ce que je vous laisse le soin de vérifier toutes affaires cessantes sans attendre la suite de mon petit feuilleton.

 

 

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