Tu enfanteras dans la terreur - Thomas Altman

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Thomas Altman est un auteur écossais décédé en 2013. On le connaît pour quelques romans policiers, des novélisations de scénarios et il a fait paraître une série de romans d'horreur dans les années 80. « The True Bride » sorti en 1982 sera son seul gore traduit chez Fleuve Noir en octobre 1985. En lisant cet opus, j'ai surtout pensé à l'atmosphère diabolique de « Rosemary's Baby » mais, au final, on s'en éloigne un peu. Rien de gore dans ce roman, plutôt un récit fantasmé, longue angoisse d'une future mère dont on suit les deux derniers mois de grossesse.

 

Ellen Campbell est tourmentée, s'imagine plein de choses sur la fidélité de son mari (le moindre retard de celui-ci est l'occasion de doutes, de craintes et de disputes), pense que son appartement a été nettoyé de fond en comble par un cambrioleur... Ellen est-elle folle ou est-ce sa solitude qui la rend si psychotique ? Son mari semble assez distant envers les troubles que présentent Ellen. Celle-ci s'aperçoit que Éric s'entretient avec un psychiatre et elle vole son dossier pour découvrir un atroce constat.

 

Ce bouquin aux attraits psychologiques indéniables possède aussi une belle écriture digne d'un scénario de Cassavetes dans « Une femme sous influence » avec le regretté Peter Falk et la sublime Gena Rowlands. Nous suivons une lente agonie mentale jusqu'au dénouement et la naissance du bébé. Certes, on dénote des invraisemblances (le pourquoi et le comment des apparitions), mais l'ensemble reste cohérent sur le fil conducteur. On peut regretter le rôle du flic peu exploité, sans doute dû aux coupures faites lors de la traduction française. L'édition originale doit valoir son pesant de cacahuètes ! Un livre de 153 pages d'une rare efficacité malgré le manque de scènes sanguinolentes. Je préfère la traduction du titre car l'original donne un indice capital ! Bon sang que ce « Tu enfanteras dans la terreur » est vachement bien trouvé.

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Entretien avec Alexandre Ratel

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Il semble qu'il reste, au fond de la Patagonie et en Lozère quelques tribus reculées qui ne te connaissent pas. Quelques mots sur toi et ton parcours ?

 

Eh bien, je suis un « auteur » de 37 ans. J’ai fait des études d’audiovisuel car j’avais pour but de devenir scénariste étant plus jeune. J’ai aujourd’hui un autre pied dans l’écriture et cela me convient très bien. J’ai tendance à comparer l’écriture à un sport. Certaines personnes s’astreignent à pratiquer un sport pour leur équilibre physique et/ou mental. Pour mon bien-être psychologique, j’ai besoin de l’écriture. C’est une bête tapie dans l’ombre et qui m’appelle tous les jours. Elle est également l’un des sens que je souhaite donner à ma vie.

Bon allez, sortons un peu de l’écriture. Je suis le papa de deux petites filles de 2 et 4 ans. Je suis marié à une femme formidable, Delphine, sans qui je n’aurais sans doute jamais réussi à écrire. Tu vois, nous y revenons. C’est elle qui m’a mis un coup de pied au derrière pour m’encourager à proposer mes nouvelles. Elle qui relit tous mes textes. Elle avec qui je discute des embryons d’idées. D’ailleurs, c’est souvent à l’issue de longues discussions sur une idée que se créent mes textes.

 

« Ainsi vont les Morts », ton premier recueil de nouvelles est entièrement consacré aux morts-vivants et aux zombies. D'où te vient cette passion pour cette mythologie popularisée par le cinéma « bis » ?

 

La réponse qui me vient immédiatement est le premier visionnage du film Zombie, de George Romero. Un choc. Aujourd’hui encore, je n’ai pas toujours pas compris pourquoi ces créatures me fascinent. Elles exercent sur moi un véritable pouvoir d’attraction. Et on peut faire tellement de choses avec elles ! Romero donc, est la première et principale source. Je repense souvent à mon enfance en ce moment. Peut-être la crise de la quarantaine n’est-elle plus très loin. Et quand j’y repense, je constate que mon amour (oui, oui, c’est de l’amour) pour le mort-vivant remonte encore plus loin. Il y a tout d’abord eu Taram et le Chaudron magique de Disney. Sous-coté parce que plus sombre que ses frères et sœurs. Et puis je me souviens également de ce jour où mon père est rentré de son travail. Militaire en treillis qui n’avait pas encore ses cheveux teintés d’argent. Les mains dans le dos. Il nous a convoqué mon grand frère et moi et nous a demandé de choisir l’une de ses mains. Je crois que c’est mon frère qui s’est prononcé d’abord et mon père a alors dévoilé une figurine de Musclor, des Maîtres de l’univers. À mon plus grand bonheur, j’ai hérité de Skeletor, mon premier véritable mort-vivant. Est-ce l’élément perturbateur qui a conduit à ma fascination pour les créatures de l’ombre ? Si tel est le cas, je n’ai plus qu’une chose à dire : merci papa.

 

Mais tu as certainement d'autres centres d'intérêt ?

 

Oui, j’adore le fantastique dans sa globalité. Qu’il passe à travers le filtre de la littérature ou du cinéma. Je me considère comme une personne plutôt curieuse. Je suis passionné par certaines figures de l’Histoire, par certaines périodes de cette même Histoire. Je pense qu’un jour je ferai des romans uchroniques dans lesquels évolueront des zombies. Après, je ne suis pas monomaniaque et j’aime écrire des histoires étranges où il n’y a pas d’êtres en putréfaction. J’adore les récits de voyages temporels, les histoires de monstres, j’en passe encore. Également, ces dernières années, j’ai dévoré beaucoup de séries télévisées. On y trouve des œuvres (n’ayons pas peur des mots) vraiment qualitatives. Des histoires qui me donnent envie d’écrire des histoires. Et enfin, je pratique le cannibalisme les dimanches et jours fériés.

 

À ce propos, quels sont tes auteurs de référence ? Ceux qui t'ont influencé, que tu aimerais suivre ?

 

Surpris si je te dis Stephen King ? C’est cet auteur qui m’a définitivement procuré le plaisir de lire. Par extension, celui d’écrire. Lire un livre du Maître, c’est se réchauffer près de la cheminée dans une cabane que l’on connaît bien, au milieu d’une forêt que l’on ne connaît pas. J’ai aussi pris énormément de plaisir à lire la bibliographie de Chuck Palahniuk. Si j’aime un style, je ne m’appuie pas pour autant dessus. Je pense être un piètre imitateur, j’écris comme cela me vient et je considère le plaisir de la lecture tout différent de celui de l’écriture.

 

Plus difficile, quels sont les styles ou les auteurs qui t'agacent ?

 

Je ne citerai pas de nom en particulier. Je dois avouer que l’écriture sur-descriptive m’agace au plus haut point. Même si c’est très bien écrit, je n’ai qu’une hâte, c’est savoir ce qui va se passer dans cette satanée histoire. Alors la météo, la couleur des arbres et l’intensité du vent, l’hygrométrie… sur cinq pages avant que le personnage n’ouvre cette fameuse porte… Oui, ça m’agace. Il y a des spécialistes, dans la nouvelle ou le roman. Personnellement, je mets l’histoire au cœur de l’écriture et mes descriptions sont très succinctes. On sait par exemple rarement à quoi ressemblent mes personnages principaux. J’estime que c’est respecter le lecteur de ne pas lui sur-baliser le terrain. Sinon, autant regarder un film ! L’histoire ! L’histoire ! Et l’histoire !

 

Publier des nouvelles est difficile. Les éditeurs et le public préfèrent les gros romans, voire les « sagas » à rallonge. Qu'est-ce qui t'attire dans ce format ?

 

Oui, tu as plus que raison. La nouvelle en France est, il me semble, destinée à un public de niche. Beaucoup d’éditeurs sont frileux quant au format et certains se sont même cassé les dents. Pour tout dire, la nouvelle me convient bien parce qu’une fois un texte commencé, j’ai rapidement envie de passer à un autre. J’ai tellement d’idées ! Après, c’est un exercice. Une bonne nouvelle, pour moi, doit avoir un début, un milieu et une fin. C’est aussi évident que c’est difficile. Sur un roman, vous pouvez entraîner votre lecteur sur une certaine longueur pour le perdre en faux-semblants. Dans un texte court, vous n’avez pas beaucoup de munitions pour surprendre. Je suis un adepte des nouvelles à chute. La plupart du temps, j’ai envie que le lecteur finisse un texte avec la bouche en rond. Cela m’arrive aussi d’écrire des nouvelles de sensation, d’émotion. Si je peux y adjoindre une chute, c’est du bonus !

 

Ton écriture est très cinématographique. Les trois films qui t'ont marqué (Romero est exclu de la liste !) ?

 

Je peux tricher ? Je vais dire la trilogie des dollars de Sergio Leone (ça compte pour un seul film, hein ?). Les grands espaces, Clint, les réparties cinglantes, les rebondissements et tout le reste. Je ne m’en lasserai jamais. J’adorerais écrire un western zombie, mix de Romero et Leone ! J’adore le cinéma des 70’s et 80’s. Dans les 90’s, je vais inévitablement citer Usual Suspects pour son scénario démoniaque. Fight Club est un film qui me parle beaucoup également. J’aime bien ce qui bouscule les codes.

 

Enfin, la question est traditionnelle : quels sont tes projets en ce qui concerne l'écriture ?

 

J’ai plusieurs nouvelles qui vont être publiées prochainement chez différents éditeurs. J’en ai quelques-unes dans le disque dur qui attendent la bonne opportunité. J’ai trois idées de romans depuis plusieurs années déjà. Donc je vais me mettre en mode sous-marin et laisser le format « nouvelle » de côté pendant quelque temps et me consacrer à l’écriture d’une histoire plus imposante. Y aura-t-il des morts-vivants dedans ? Oui, très certainement.

 

 

Pour en savoir davantage à propos d’Alexandre :

 

Son site : https://alexandreratel.wordpress.com/

Sa page auteur : https://www.facebook.com/alexandre.ratel.auteur/

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Il y a longtemps - Noban

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Toutes les couleurs du gris : Il y a longtemps, de Noban.

 

 

Achevé fin 2018 Il y a longtemps, de Noban.

Non. Ҫa ne va pas. Il manque un mot dans cette phrase.

Je recommence : Achevé fin 2018 PAR Il y a longtemps, de Noban.

Voilà. Comme ça, c'est mieux.

Il y a longtemps est une novelette de 54 pages découpée en huit chapitres, dont les titres ont le mérite d'annoncer assez franchement la couleur – ou plutôt l'absence de.

Bureau 5, Inaudible, Il menace les valeurs, Lundi, Les principes de l'académique, Le matin, Encaisser et Psychanalysé.

 

Comme le disait l'excellent Fantasio à propos des deux nouvelles de Noban figurant au sommaire de Dimension Violences : « Impuissance, grisaille, désespoir sans révolte. »

Comme souvent, je suis d'accord avec Fantasio.

Alors de deux choses l'une :

Si vous êtes un peu déprimé en ce moment, vous ne devriez vraiment pas lire ce joli petit fascicule.
Ou :
– Si vous êtes un peu déprimé en ce moment, vous devriez vraiment lire toutes affaires cessantes ce joli petit fascicule, tant l'auteur a su trouver les mots pour décrire ce que vous éprouvez là tout de suite maintenant avec une justesse assez sidérante.

 

Pour vous donner une idée plus précise, la démarche de Noban rappelle à la fois la veine sociale d'un Henri Clerc, et celle, plus existentielle, de Christophe Siébert. Un double parallèle qui ne surprendra pas forcément ceux qui suivent de près les activités des trois lascars. Noban et Christophe ont en effet collaboré sur l'hybride romans-jeu de rôles La trilogie de la crasse, paru en novembre 2018, et il se murmure que le même Noban aurait désormais quelque chose en cours avec Henri. Les chats ne copulent pas avec des chiens, comme on dit (je crois).

 

Extrait / quatrième de couverture :

« Lui se dit qu'il encaissera facilement des insultes. Il s'en moque complètement. Il s'aime trop pour croire aux abaissements extérieurs. Il ne ressent presque rien pour le gamin.
Il ignore si tout va changer.
 »


Il y a longtemps est le premier hors-série du fanzine Violences. C'est donc édité par Luna Beretta, et c'est un gage supplémentaire que la chose est à lire. Le fascicule est vendu seul, pour la somme ridicule de 5 euros (frais de port compris), ou accompagné du huitième et dernier numéro de Violences, pour le montant insignifiant de 10 euros (frais de port compris).

 

Soit à peine le prix d'un paquet de clopes pour la version simple (la novelette de Noban).

Ou :

Même pas le prix d’un paquet de clopes et d’une 8.6 pour la totale (une novelette de 54 pages PLUS un zine de 72).

Choisis ton camp, camarade.

 

Il y a longtemps est le premier hors-série de Violences. Et j'espère vraiment qu'il y en aura d'autres, parce que celui-ci est un beau morceau de réel blême travaillé au corps. Alors si toi aussi, tu veux soutenir la petite boutique des Violences de Luna Beretta, c'est par là :


https://berettaviolences.wordpress.com/commandes/

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Trouble passager - David Coulon

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David Coulon ne cesse de me surprendre. Ses romans noirs nihilistes mettent toujours ses personnages à nu, sur le fil du rasoir, englués dans des situations inextricables. Par un style tranchant, c'est une tornade qui emporte les lecteurs dans l’œil du cyclone, un twister au souffle puissant. Rémi Hutchinson est un auteur gore qui n'écrit plus, inspiration en panne sèche. Il tente néanmoins de pondre un roman d'amour, récit mièvre et puant la guimauve, pour en tirer un best-seller, quitte à renier ses influences propres. L'homme ne croit plus en lui ni en son couple. Surtout depuis la disparition de sa fille Mélissa, cinq ans auparavant. Cinq années à se morfondre sous des apparences factices, donner l'image d'un couple aimant, faire semblant de s'intéresser aux autres. Lors d'une soirée, il est approché par une très belle jeune fille, conquise par son roman gore « L'invasion des crapauds des profondeurs » et son étrange « code du premier mot ». Rémi ne baise plus (ou mal) et il éprouve un léger trouble en conversant avec cette Sofia. Un trouble passager qui va transformer sa vie en cauchemar, un engrenage pervers où toutes ses convictions seront anéanties.

 

Sofia lui glisse un papier dans la poche. Rémi doit s'inscrire sur un jeu médiéval en ligne, choisir un personnage et la rejoindre dans une taverne pour discuter. Il tchatte avec elle dans une messagerie privée. Ils parlent de littérature et on pressent que Rémi est partagé sur cet émoi naissant. Un piège se met en place après avoir pris connaissance d'un autre message posté par une certaine Monica 15 ans qui lui donne rendez-vous à vingt minutes de chez lui. Doit-il s'y rendre ? Un mec de quarante balais doit-il rejoindre une gamine sans savoir ce qu'elle désire ? Rémi laisse ses pulsions l'envahir au détriment de la raison. Et la frontière du raisonnable peut être vite franchie sans conscience. Et c'est là que David Coulon est fort (comme à son habitude) car il démontre que l'humain peut avoir des réactions contraires à son éducation selon le mode de vie social où il est confronté.

 

Rémi ramène cette Monica chez elle. Drogué, il est séquestré dans une vieille bâtisse nichée au cœur de la forêt normande. La perversité du roman s'imbrique dans une dualité « victime/bourreau », fil conducteur du récit. Moins glauque que son précédent Je serai le dernier homme..., l'intrigue est principalement psychologique. Père absent qui s'est barré au Canada (c'est du moins ce que pense Rémi), l'écrivain est miné aussi par les souvenirs d'une colonie de vacances où des hommes masqués le violèrent à maintes reprises. C'est donc, une fois encore, du pur David Coulon avec ses thèmes chers : dualité des sentiments, abandon de soi, prédateurs à visages couverts, phobies sociales et structurelles, complexe d'infériorité, vengeance, tortures mentales et physiques... Avec tout ce que va subir Rémi, on a de la compassion pour lui... même si l'écrivain gore n'est pas blanc comme neige. Sa séquestration a-t-elle un lien avec l'enlèvement de sa fille ? Est-il un pédophile refoulé ? Pourquoi accepter les avances d'une gamine ? Ce bouquin est une véritable réussite digne d'un Thierry Jonquet dont j'aime associer David Coulon qui n'a pas encore tout dit ni écrit ! Un sacré gaillard au potentiel immense.

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Transfusion - Anthologie

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« Transfusion », un petit recueil sang pour sang fantastique.

 

 

J'adore les anthologies. Et je déplore que les « grands » éditeurs se montrent de plus en plus frileux à en proposer, au prétexte sournois que les lecteurs préfèrent s'infliger de longues (interminables ?) séries, mais je les soupçonne de plutôt penser à leur marge bénéficiaire, et à l'aspect pratique : préparer une anthologie représente beaucoup d'auteurs à gérer, beaucoup de textes différents à lire, donc plus de travail éditorial. Pourtant, ouvrir un recueil de courtes histoires, c'est franchir le seuil d'une foule de mondes et de styles variés, et c'est aussi l'occasion de retrouver de vieilles connaissances, et d'en rencontrer de nouvelles. Je préfère piocher dans un buffet diversifié, alterner le suave et le pimenté, me laisser surprendre par une saveur inédite, au risque, parfois, de me retrouver écœuré par un goût qui, décidément, n'est pas pour moi, plutôt que de me contenter de la grosse bouffe industrielle et sans surprise concoctée par les fabricants de « sagas » au kilomètre qui se contentent de (mal) copier les valeurs sûres que sont Tolkien, Howard, Herbert et quelques autres.

 

Alors, je me suis réjoui quand j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres l'anthologie « Transfusion », parue aux Éditions des Tourments, qui regroupe six nouvelles d'autant de jeunes auteurs, toutes écrites à quatre mains en collaboration avec le maître d’œuvre de l'ouvrage, Davy Artero. En outre, le recueil comporte un prologue et une conclusion, afin de donner une explication et une cohésion au projet.

 

« Transfusion » aborde des thèmes classiques du fantastique et de l'épouvante : nécromancie (« Idem » de Davy Mourier) vampirisme (« Un grand cru » de Manon Guenot) morts-vivants et zombies (« Un passager » de Salomon de Izarra et « Douce Julia » de notre vieille connaissance Alexandre Ratel) cannibalisme (« Bon marché » de Gary Laski, sans doute mon histoire préférée de ce recueil) et fin du monde avec hommage à Lovecraft (« Murderage Town » de Jean-Christophe Malevil). Un esprit chagrin pourrait trouver que ces nouvelles sont un petit peu trop classiques, justement, et qu'elles représentent une forme de surnaturel bien éloignée des productions actuelles placées sous le signe de l'urban-fantasy et autres fantaisies plus ou moins héroïques. En lisant ces petits récits, j'ai plutôt ressenti pour ma part l'agréable impression de renouer avec les sensations éprouvées avec des collections comme « Territoires de l'Inquiétude » : un agréable mélange de nouvelles pour tous les goûts, dans une optique classique.

 

Bien sûr, tout n'est pas parfait, dans ce bas monde, et surtout dans celui de la petite édition. Il est vrai que certains thèmes évoqués sont très rebattus (le vampirisme, par exemple) et qu'aucune des six nouvelles n'apporte de réelle surprise. Le recueil est très court, aussi, et peut laisser l'impression de rester sur sa faim. Et puis, le travail éditorial laisse un peu à désirer sur certains textes : quelques maladresses, quelques coquilles restantes donnent à penser que des relectures plus rigoureuses auraient été nécessaires, mais l'ensemble du recueil reste un moment de lecture agréable, et je garderai désormais un œil sur les parutions des Éditions des Tourments.

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Responsable et coupable : 2017-2018

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Fin 2017, j’avais rédigé un article récapitulatif présentant les cinq premiers livres dont je m’étais occupé pour Rivière Blanche. Il s’agissait là d’une première étape, car je dois en effet à cet ensemble de réalisations ma nomination au poste de co-directeur de la collection « noire ». Mais qui dit première étape, dit deuxième. L’histoire s’est donc poursuivie en novembre 2017, avec la publication du recueil De chair et d’encre, de Dola Rosselet.

 

Abordant au gré de ses envies – et des besoins de ses histoires – tous les rivages de l’imaginaire, Dola Rosselet ne s’interdit rien : « ce sont les personnages qui décident », dit-elle. Ses thèmes de prédilection se sont dégagés en creux, nouvelle après nouvelle, jusqu’à constituer cet ensemble puisant aux sources des grandes tendances de l’imaginaire. De chair et d’encre est donc un recueil placé sous le sceau de la diversité et de l’harmonie.

 

Des âmes en peine, d’étranges survivances, des absences si présentes, des ombres qui refusent de s’estomper quand vient le crépuscule, des parfums entêtants aux propriétés impossibles, des jeux de la séduction à la fois cruels et sensuels… Dola Rosselet, c’est une voix vibrante qui s’élève pour demander ce qu’il reste après. Après l’amour, après la mort, après l’exil, après la guerre, après la pluie, après… demain.

 

https://www.riviereblanche.com/noire-n104-de-chair-et-dencre.html

 

 

 

Ensuite, l’année 2018 commençait fort avec la publication du terrible Thanatéros, de Catherine Robert, un double-programme composé de Larmes de sexe et Tranches de mort.

 

Deux romans d’horreur inédits et dépravés destinés à l’origine à la collection TRASH. Quand l’autrice de Greta célèbre les noces de sang de la dystopie et du Sex and horror. 

 

http://www.riviereblanche.com/noire-n108-thanateros.html

 

 

Deux mois plus tard, changement de registre avec le recueil de nouvelles Quinze pas vers l’étrange, de Serge Rollet, que j’avais le plaisir de retrouver trois ans après Le Dieu sans nom.

 

Du fantastique à la fantasy en passant par la science-fiction et l’horreur, Serge Rollet arpente tous les « territoires de l’inquiétude » avec la même gourmandise communicative.

 

http://www.riviereblanche.com/noire-n110-quinze-pas-vers-letrange.html

 

 

Puis, à la rentrée de septembre, je revenais à la collection Fusée/Dimension pour Dimension Violences, ma deuxième codirection d’anthologie après Dimension TRASH.

 

Artikel Unbekannt / Schweinhund et Luna Beretta sont heureux et fiers de vous proposer cet objet hybride et débridé présentant la substantifique moelle du fanzine Violences.

 

http://www.riviereblanche.com/fusee-f72-dimension-violences.html

 

 

Ensuite, retour à la collection Noire avec Vers le pays rouge, flamboyant deux-en-un permettant de rééditer le premier recueil de nouvelles de Justine Niogret en version augmentée.

 

De Et toujours le bruit de l’orage devenu ce Vers le pays rouge, on retrouve la même force, la même rage, mais aussi cette façon de toujours toucher la cible au cœur.

 

http://www.riviereblanche.com/noire-n116-vers-le-pays-rouge.html

 

 

Enfin, l’année se concluait par la publication de mon recueil « autobibliographique » Noir sur blanc. Le livre disposant de son propre espace dédié sur ce blog, je ne m’étendrai pas.

 

http://gorezaroff.over-blog.com/tag/noir%20sur%20blanc/

 

http://www.riviereblanche.com/hors-series-hs55-noir-sur-blanc.html

 

 

Soit six livres, pour quatre préfaces (De chair et d’encre, Quinze pas vers l’étrange, Dimension Violences et Vers le pays rouge) rassemblées avec les précédentes dans Noir sur blanc. Six livres qui m’ont amené fin 2018 au total de onze titres développés chez Rivière Blanche. Sept pour la collection Noire (Le Dieu sans nom, Corps et liens 1 et 2, Noir et rouge, De chair et d’encre, Thanatéros, Quinze pas vers l’étrange et Vers le pays rouge), deux pour Fusée/Dimension (Dimension TRASH, Dimension Violences) et un hors-série (Noir sur blanc).

 

Les deux prochains ouvrages que j’ai eu la chance de diriger paraîtront le 1er juin 2019, et d’autres sont en développement (l’un d’entre eux est déjà programmé). Une fois que tous ces futurs projets se seront concrétisés, je rédigerai sans doute un nouvel article récapitulatif afin de vous les présenter plus en détail. Mais en attendant, voilà déjà pour mon bilan personnel chez Rivière Blanche en 2017-2018. Six livres, donc. Ce qui tombe plutôt pas mal. En effet :

 

 

Promotion Exceptionnelle 2019 !

 


Un livre gratuit (de 25 euros ou moins) pour tout achat de 5 livres, 2 livres gratuits pour tout achat de 10 livres, etc, plus port gratuit (sans suivi, pour la France métropolitaine et la Belgique seulement). Offre non cumulable avec nos autres offres. BD non éligibles. Envoyez-nous un e-mail avec la liste des titres que vous désirez acheter et nous vous enverrons en retour une facture paypal par e-mail. (Règlement par chèque possible.)

 

Bonne chasse – et bonnes lectures.

 

http://www.riviereblanche.com/

 

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