Noir et rouge : en guise d’apéritif

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Noir et rouge est composé de trente nouvelles. Parmi ces textes, un certain nombre est accessible en un simple clic sur le site de Rivière Blanche. Alors puisque quelques liens valent mieux qu’un long discours, voilà un peu de lecture gratuite :

 

Rouge

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=noirrougechapitre01.pdf

 

La tension de la stratégie

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimsuperheros2nouvelle.pdf

 

White trash

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimtrashnouvelle.pdf

 

Précisions : Rouge fut ma première nouvelle publiée. Elle a été revue et révisée à l’occasion de la sortie de mon recueil. La tension de la stratégie a été mon premier récit publié chez Rivière Blanche. Le lien ci-dessus permet de découvrir les deux tiers de cette nouvelle. Quant à White trash, le fichier disponible donne accès aux huit textes courts parus à l’origine dans Dimension TRASH. Cet ensemble a été augmenté de sept récits supplémentaires, pour devenir le quatrième et dernier chapitre de Noir et Rouge.

Bonnes lectures j’espère.

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Érèbe ou les noirs pâturages - Shaun Hutson

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ce bouquin est un inédit dans la collection GORE : c'est l'unique roman paru en grand format. Ce fut un échec commercial pour deux principales raisons, le prix et une distribution mal boutiquée. Et on comprend mieux pourquoi Hutson gagnait à être coupé et remanié. Dieu que ces 254 pages sont longues ! Autant le premier quart est bien foutu (notamment la scène du carnage dans les abattoirs), mais après ça ronronne jusqu'au final.

Une entreprise fournit un aliment révolutionnaire pour le bétail dans la petite ville de Wakely. Bientôt les fermiers sont étonnés par la croissance phénoménale de leurs cochons, truies, porcelets, veaux, poulains, juments. Les animaux deviennent hargneux et sont attirés par le sang. La protéine artificielle agit comme un virus sur les consommateurs également. Se métamorphosant peu à peu, ils craignent la lumière, des poils poussent sur leurs paumes, les canines s'allongent, la peau devient translucide... en somme, ils se muent en vampires pour ceux qui n'auraient pas compris cette incroyable énigme. On se marre en suivant les deux principaux protagonistes (un fermier et une journaliste) qui mettent trois plombes à faire le lien entre l'alimentation des bovins et la mutation des habitants, alors que le lecteur lobotomisé le devine dès le deuxième chapitre.

Le récit ressemble vite à un truc fade de zombies qui n'étonne personne. On sait que l'auteur aime le thème des mutations, ici c'est la porphyrie, mais il en rajoute des caisses jusqu'à la conclusion qui ne surprend guère par son originalité. Hutson, c'est idéal sur un format de 150 pages. Ensuite, ça devient besogneux. Difficile de faire mieux après le fabuleux "Les larvoïdes" !

Je signale que c'est mon dernier bouquin de Shaun Hutson. Sera-t-il encore traduit un jour ? On croise les doigts. Malgré ses nombreux défauts, l'auteur anglais reste un pilier du genre.

Rappel de tous les titres de Hutson chroniqués ici...

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Corps et liens, tome 1 - Kââ/Corsélien

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens, tome 1, de Kââ/Corsélien

Ceci n’est pas une chronique. La présentation de cet ouvrage a beaucoup plus à voir avec un rêve devenu réalité. Un rêve que je caressais depuis de longues années, et qui s’est transformé en un véritable projet l’hiver dernier. En l’occurrence la réédition des romans d’horreur de Pascal Marignac, alias Kââ pour le Polar et Corsélien pour la collection Gore. Mais ce projet n'aurait jamais pu se concrétiser sans la ferveur et l'implication personnelle de madame Elisabeth Marignac, la veuve de l'auteur, qui a patiemment scanné page par page les trois romans composant ce volume. Je me dois aussi de remercier Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward, qui m'ont fait confiance au point de me donner une absolue carte blanche.

Une carte blanche pour l’exhumation d’une œuvre rouge. Et noire. Car quand Kââ s’est transformé en Corsélien pour rejoindre la collection Gore en 1987, il avait déjà signé une demi-douzaine de Polars pour Spécial Police. Or l’homme n’était pas du genre à abandonner ses thèmes de prédilection ni sa manière de les traiter sous prétexte qu’il répondait à un travail « de commande ». Bien au contraire. Encenser les Noirs de Docteur Kââ en méprisant les Rouges de Mister Corsélien relève donc de la fainéantise intellectuelle. Dîner de têtes, écrit pour la collection Maniac mais paru en 1993 sous le pseudonyme de Kââ, le prouve à lui seul.

C’est pourquoi ce livre intitulé Corps et liens, publié début août chez Rivière Blanche, porte la double signature Kââ/Corsélien. Et je suis d’autant plus heureux de le présenter aujourd’hui qu’il s’agit de la première réédition des œuvres de Pascal Marignac depuis son décès prématuré en 2002. Serge Brussolo, alors directeur de collection aux éditions du Masque, s’était à l’époque chargé de la remise en lumière de trois romans noirs signés Kââ. Silhouettes de mort sous la lune blanche, Il ne faut pas déclencher les puissances nocturnes et Petit renard avaient ainsi pu connaître une deuxième vie grâce à l’auteur de Conan Lord. Quinze ans plus tard, il était grand temps de déclencher à nouveau les puissances nocturnes…

Car si Brussolo estimait que « Kââ était LE meilleur auteur de roman noir de ces vingt dernières années », je considère pour ma part que sans son avatar horrifique Corsélien, mon parcours littéraire aurait été très différent Il était donc indispensable à mes yeux de rendre tôt ou tard au Serpent ce qui appartenait au Serpent. Simple question de cohérence. Mais les choses ne sont pas si simples. Depuis la mort du Fleuve Noir, il n’existe plus en France aucun « gros » éditeur capable et désireux de valoriser notre patrimoine littéraire populaire. C’est une honte absolue, mais un anonyme tel que moi ne pourra rien y changer. Heureusement, tout n’est pas perdu, puisque depuis 2004 « Fleuve Noir » se prononce « Rivière Blanche ».

Et chez Rivière Blanche, quand on évoque des romans comme L’État des plaies, Bruit crissant du rasoir sur les os ou Retour au bal, à Dalstein, on sait ce que ça veut dire. On sait à quel point ces romans sont importants, et pourquoi il convient de leur offrir une cure de jouvence. Ces trois livres ont permis à Pascal Marignac de « passer la limite » en questionnant « le statut du Mal ». Et ils ont contribué à prouver que la frontière entre le Noir (Kââ) et le Rouge (Corsélien) n’était pas si nette qu’on pouvait le croire. Du reste, les frontières ne sont-elles pas faites pour être franchies, de même que les tabous n’existent que pour être brisés ?

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 182, septembre / octobre 2016.

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Paranoïa - Christophe Siébert

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Paranoïa - Christophe Siébert

Je vous préviens de suite, ce bouquin est une chienlit à résumer ! Siébert n'a jamais été aussi loin dans le nihilisme social et autant repoussé les frontières de la réalité crue. Et on sent que l'auteur aime perdre son lecteur en lui balançant de nombreux personnages avec leurs destins inéluctables. On chute vite dans un marigot halluciné où folie et fatalisme composent un opéra post-apo agrémenté d'une ambiance « Soleil Vert » (révisez vos classiques, les amis) et d'un soupçon de « Invasion Los Angeles ».

Siébert va au bout de sa pensée en décrivant des protagonistes que la vie a meurtri, aux instincts reptiliens sous fond de complot mondial et de disparitions de corps. Ajoutons à toute cette dégueulasserie, un fanatisme empreint de pestilence lovecraftienne, de miasmes de mort (encore un indice...) et d'entomologie urbaine omnisciente. Car les insectes deviennent le miroir de notre désarroi à fuir un quotidien perverti par le doute, l'absence et l’écœurement.

C'est un bouquin sombre, dérangeant, labyrinthique et universel. Mais ses fondations et influences ne plairont pas au vulgum pecus. Siébert n'est pas là pour plaire, ni pour déranger. Uniquement pour nous confronter à nous-mêmes. Il faut lire ce bouquin dans son ensemble pour en saisir toutes les subtilités, l'effroi et le vide de nos existences. Lire Siébert, c'est livrer un combat individuel dans le tourbillon de notre passage sur Terre. C'est du Céline forniquant avec K. Dick.

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Noir et rouge - Artikel Unbekannt et Schweinhund

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Noir et rouge - Artikel Unbekannt et Schweinhund

Artikel Unbekannt/Schweinhund
Noire 91. Noir et Rouge
ISBN-13: 978-1-61227-567-3
224 pages - 20 euros

illustration: Hari Wald

Rouge. La terre est rouge comme une orange sanguine. Rouge tuerie, rouge boucherie, la bave aux lèvres annonce le repas du guerrier. Rouge sanglant, rouge telle une éternité en fusion, tel un lac de lave dans lequel je me baigne et me brûle.

Il pleut au fond de moi. Ce cœur que j’ai donné, cette âme que j’ai vendue. L’oubli est impossible, et la mémoire insupportable. Le cyclope darde sur moi son regard de serpent. Je lui roule une pelle. Cette pelle qui va creuser ma tombe.

Deux extraits. Deux pseudonymes. Mais un unique auteur. Car Artikel Unbekannt et Schweinhund sont une seule et même personne. L’individu qui utilise ces noms de plume aberrants a commis depuis 2011 un (in)certain nombre de nouvelles publiées dans une douzaine d’anthologies, et un roman intitulé Bloodfist, paru chez TRASH Éditions en 2013. Le présent recueil rassemble l’intégralité de ces textes, agrémentée de plusieurs inédits. De l’Italie des années de plomb au Summer of Sam américain, en passant par l’Allemagne année zéro et le Japon après les bombes. Avec Alien, Batman, Wampus, Léonox, Méphista et Mme Atomos en invités surprises et les collections Gore et Angoisse en filigrane.

Du Fantastique au Trash en passant par l’Épouvante et le Thriller, voici donc toutes les raisons pour lesquelles Artikel Unbekannt et Schweinhund ont choisi d’avancer masqués. Et comme l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime, un entretien avec l’auteur vient enfoncer le clou. On ne pourra pas dire que vous n’avez pas été prévenu-e-s.

TABLE DES MATIÈRES :
1. SLICES OF DEATH
À mourir de rire
Rouge
Passé décomposé
Jaune
Retour aux sources
À feu et à sang
2. PULP IS NOT DEAD
Dark night
La tension de la stratégie
Alienation
Le masque et la marque
Le péril jaune
Travaux forcés
3. NO FUTURE
Japon, année zéro
Angst
Caïn et la belle
4. WHITE TRASH
1985-1990
La chambre noire
Légion
Quinze minutes
Bon sang ne saurait mentir
Löwenacht
Profondo nero
2013-2016
Contre-nature
S.O.S.
Confrontation
L’altro inferno
Blutwurst
L’œil du serpent
Corps et liens
Artikel Unbekannt et Schweinhund soumis à la question par Zaroff

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