Noir et rouge, vu par Amaranth

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J’attendais avec impatience et grand plaisir ce recueil de nouvelles. Enfin les nouvelles de Schweinhund réunies. Mais pas que : celles d’Artikel Unbekannt aussi. Si je connaissais moins cet aspect de l’auteur, j’ai pu le découvrir à travers ce livre. Et je n’ai pas été déçue. Noir et Rouge réunit une variété de textes. Des textes de toutes les couleurs. Noirs et Rouges, mais pas seulement. Car on trouve également, au fil de ces pages, du post-apocalyptique, du fantastique, des hommages à la collection Angoisse, à Gore, à TRASH mais aussi à des personnages de Comics. Un recueil marqué par sa diversité, donc, mais parcourut par certains thèmes récurrents : l’obsession, la folie, et une certaine solitude des personnages également.

Il est découpé en 4 parties : Slices of death, Pulp is not dead, No future et White trash.

 

1. Slices of death :

À mourir de rire : j'ai beaucoup aimé ce texte qui tourne autour d'une obsession. La description de ce rire, de la gorge du personnage, de sa bouche, et de son meurtre ensuite, est très visuelle (la comparaison avec une tranche de viande fait bien son effet). Les émotions du personnage, ambivalentes à certains moments, et envahissantes, sont bien transposées. Le personnage a réussi à m'embarquer avec lui dans son obsession, qui confine pourtant parfois au délire. Dans ce texte, on ressent déjà bien la patte de Schweinhund, je trouve, avec un style très précis et maitrisé, parsemé d'images où fantasmagorie et réalité s'entremêlent. Le passage sur le bateau m'a un peu rappelé Bloodfist, sûrement à cause de la scène dans la mer.

C'est un texte original, bien maitrisé, qui donne le ton du recueil. J'aurais bien dit la couleur, mais ça, c'est plutôt la deuxième nouvelle qui s'en charge.

Avec Rouge on plonge encore un peu plus profondément dans les visions, les images, la folie… j'associe le Chien-Porc à ces thèmes, bien entendu, mais aussi à un style particulier, qui là s'expose dans toute sa complexité et sa force. Dans ce texte, je pourrais presque qualifier l'écriture d'épileptique, avec ces phrases courtes, ces images qui se superposent plus qu'elles ne s'enchaînent. Mais l'épilepsie se caractérise par une perte de contrôle, ce qui n'est pas l'impression que j'ai eu, puisqu'il y a toujours un soin particulier, une précision dans le choix des mots qui renvoie plutôt à de la maîtrise. Et en même temps, la folie s'exprime, se ressent et donc il y a quelque chose d'un peu "décousu", avec justement ces images qui s'imposent et auxquelles il faut donner du sens, ce qui n'est pas forcément évident au début de la lecture. C'est bien pour ça que j'ai parlé de "complexité" donc. Difficile de parler d'un texte comme celui-là. J'ai en tout cas apprécié la direction prise par rapport au thème de la possession, même si à la fin de la lecture je ne pourrais donner une explication certaine. Il y a un flou qui subsiste. Ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Ce texte est très évocateur et pour moi, s'inscrit dans la lignée de Scheinwhund.

Passé décomposé : j'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour tragique. Le personnage est très seul, sa vie semble défiler sans qu'il n'y prenne vraiment part, comme s'il était dans une sorte de bulle, à l'écart des autres. Une bulle remplit de vide, qu'il ne perce pas, entraîné un peu malgré lui dans le cours de sa vie. Cette profonde solitude que j'ai ressentie, cette impression de "vide" qui entoure le personnage, c'est quelque chose que j'ai déjà perçu chez d'autres personnages des nouvelles de ce recueil, notamment dans "à mourir de rire", même si dans celle-ci le personnage prend une part beaucoup plus active. Je pense que c'est lié au fait qu'on suit le personnage, ses pensées, de manière "intime", mais que sa vie et les autres personnes qui y prennent part n'apparaissent pas dans le récit ou de manière assez lointaine. Ça participe à l'ambiance sombre du texte.

Jaune : j'ai apprécié le découpage et le flou maintenu tout au long du récit, avec des pièces disséminées et des images qui surgissent, ce qui rappelle à nouveau un procédé un peu Schweinhundien.

Retour aux sources : agréable à lire, mais j'ai un peu moins aimé, car elle est un peu plus classique. L'ambiance est toujours assez lourde, avec un personnage à nouveau très seul.

À feu et à sang : déjà découverte dans l'Almanach des vampires. Il s'agit d'une nouvelle plus "douce", avec un style encore différent, mais toujours fluide et travaillé. Il y a quelque chose d'assez sensoriel. On retrouve la part "sombre" avec un personnage à nouveau coupé du monde, plongé dans la solitude et surtout dans une obsession, même si cette fois elle est plus extérieure qu'intérieure. Donc on y retrouve certains thèmes, mais en même temps, elle est vraiment différente. On ne pourrait pas dire "positive" en soi, mais l'amour est réellement présent, une certaine tendresse aussi, et la fin irait plutôt dans le sens du don. Il y a un partage entre les protagonistes, et même une certaine affection.

 

2. Pulp is not dead : six récits hommages qui m’ont moins embarquée, bien que le style reste de très bonne qualité.

Dark night : une rencontre de deux personnages de comics. C’est bien fait, on ne sait pas à quoi s’attendre au début de la nouvelle, mais peut-être un poil un peu trop court.

La tension de la stratégie : j’ai y découvert Wampus, personnage d’Hexagon Comics. J’ai préféré cette nouvelle-ci, avec des personnages intéressants et une intrigue qui tient en haleine.

Aliénation : ma préférée de cette partie, avec une ambiance oppressante et un androïde qui se retrouve bien seul dans son voyage dans l’espace. Ou au contraire, peut-être pas suffisamment…

Le masque et la marque et Le Péril Jaune sont deux hommages aux Fleuve Noir Angoisse. Ces nouvelles sont bien écrites, mais je pense qu’on est forcément plus touché par ce qu’elles racontent lorsqu’on connaît bien les personnages mis en scène. Sauf Mme Atomos, ils ne m’étaient que connus que de noms, donc je n’ai pas été très embarquée par l’histoire.

Travaux forcés : courte mise en scène de l’auteur de la série Panthera, Orloff, amusante et plaisante à lire.

 

3. No future :

Japon, année zéro : trois destins qui se croisent et s’entremêlent. J’ai aimé le développement des personnages, l’un après l’autre, avec des vies qui au départ s’éloignent pour mieux se rejoindre ensuite. Et ce n’est pas celui qui apparaît le plus sympathique qui au final l’est. D’ailleurs, sympathique n’est pas vraiment un terme qui convient à ces personnages. Le contexte ne s’y prête pas non plus. Le Japon sous les bombes à la lumière de trois personnes bien particulières. C’est très beau.

Angst : période similaire mais autre lieu, on accompagne cette fois des nazis dans l’après-guerre de Berlin. Un texte qui sonne très juste, très « réaliste »… enfin jusqu’à un certain point. Celui où le fantastique peut se mêler à la réalité.

Caïn et la belle : j’ai adoré cette nouvelle. Le début est très efficace et j’ai directement été plongée dans l’ambiance sombre, désespérée et le calvaire de cet homme. La fin nous emmène sur un rivage plus inattendu. Est originale. Un sans faute.

 

4. White Trash : ma partie préférée, même si chacune possède des textes forts. Celle-ci en assène à la pelletée. Des textes courts, mais percutants. Et toujours avec ce style inimitable qui joue avec les mots, les choisit avec une précision chirurgicale mais n’hésite pas étaler les tripes et la crasse pour salir un peu tout ça quand il le faut.

1985-1990 : un bel hommage à la collection Gore, avec toujours les thèmes de l’obsession et de la folie sous-jacents. J’ai beaucoup aimé la construction. Et la fin.

La chambre noire : un combat contre une entité qui semble bien l’incarnation de sa propre folie. Une nouvelle obsession. Dans le noir. Les mots s’enchaînent et se percutent, et nous percutent. Beaux comme cette maladie à figure d’amazone.

Légion : invocation au rythme envoûtant, où l’auteur joue avec les mots. On ne comprend pas tout et on s’en fout.

Quinze minutes : efficace, percutant, plus ancré dans le réel et la violence frontale.

Bon sang ne saurait mentir : approche plus directe à nouveau, brutale. Avec une chute efficace. Et une pointe d’humour. Juste ce qu’il faut.

Löwenacht : une sorte de pamphlet, comme l’a très bien dit Catherine. Contre le consumérisme. Contre les croyances aveugles et aveuglantes. Toujours avec ce style si particulier, aux images fortes et percutantes.

Profondo nero : celle-ci tient une place spéciale dans mon coeur. C’est celle qui m’a fait découvrir et adoré les textes courts de Schweinhund. Un vrai petit bijou, qui représente parfaitement les thèmes et l’écriture ciselée de l’auteur. Un délire visuel, prenant. Perturbant. Le sens se dévoile dans les détails. Des images fantasmagoriques qui révèlent pourtant toute la réalité. Une réalité bien crue. Horrible. Il y a du Lynch, là-dedans.

2013-2016 : un joli hommage aux auteurs de TRASH. Nouvelle miroir à 1985-1990. Plus personnelle, encore. On y découvre la maison de l’auteur, et de drôles de choses s’y déroulent…

Contre-nature : le récit d’une vengeance un peu particulière. Un fœtus, ce n’est pas aussi inoffensif qu’on pourrait le croire. Un texte qui cristallise les angoisses liées à la grossesse, et toute l’étrangeté qui accompagne ce processus. C’est glauque. Et c’est flippant.

S.O.S. : une promenade hallucinée dans un New York oppressant.

Confrontation : la violence est dans la tension qui parcourt le récit. Trois personnages un peu cabossés, qui se comprennent à demi-mot et partagent une tranche de vie. Quelques heures dans une nuit. Qui changent tout ? Ou rien ? Et est-ce que ça a de l’importance ?

L'altro inferno : la même force d’évocation que pour Profondo Nero, avec un rythme envoûtant, les clés du mystère qui se dévoilent peu à peu et des images fortes qui se modifient au fil de la compréhension. Un texte puissant, qui saisit, prend aux tripes. Et qui pourtant envoûte.

Blutwurst : un texte très sensoriel. Fantasmagorique. Les scènes se mélangent dans une violence visuelle et sonore.

L'oeil du serpent et Corps et liens : hommages à Kââ/Corsélien. Dans le premier, j’y ai vu le personnage de « Silhouettes de mort… », mais ça, c’est peut-être parce qu’il s’agit du seul Kââ à mon actif.

Le deuxième texte m’a encore plus plu. Il est d’une poésie folle (et les deux termes s’y marient vraiment très bien). Il termine même sur un poème, que j’ai adoré. Macabre et beau. Ce qu’un poème devrait être.

Les textes de Schweinhund sont plus ou moins facilement compréhensibles, plus ou moins sombres et malsains, jouent plus ou moins avec les mots. Certains sont plus hermétiques, difficiles d’accès, même si tous valent qu’on prenne la peine d’y pénétrer. « Corps et liens » est de ceux qui atteignent un équilibre parfait. Entre la beauté des mots et l’intrigue sombre.

Le recueil se termine sur une interview de l’auteur par Zaroff, qui a écrit « Night Stalker » et « Bayou ».

 

Pour conclure, Noir et Rouge est un recueil qu’il faut aborder comme un aventurier. À la découverte d’un univers à part. D’un style unique. D’histoires qui peuvent plonger loin dans l’obscurité. Certaines nouvelles seront conquises facilement, d’autres mériteront d’y retourner encore et encore. Parfois, leurs paysages ne s’ouvriront pas totalement à vous, et il faudra accepter de se laisser porter par les mots, sur des rivages inconnus où le réel est flou.

 

Chaque mot est choisi avec attention, chaque phrase est ciselée. Vous serez touché. Mais difficile de dire par quel texte précisément : la sensibilité y est si forte qu’en fonction de la vôtre, le résultat peut être surprenant.

Dans tous les cas, c’est un voyage qui vaut la peine d’être fait. Et bonne nouvelle, il sera facile d’y retourner. À portée de votre main.

 

Rappel du lien d'achat chez Rivière Blanche.

Lien vers la chronique d'origine.

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Aux mains des réducteurs de têtes - Frank Harding (série Johnny Metal # 2)

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

 

Petit roman de sept chapitres paru dans un fascicule, le premier trimestre 1945, aux Éditions et Revues Françaises, collection "As de Carreau". Little Bob (dit le Barbichu), rédacteur en chef du New York World, envoie Johnny Metal faire un papier sur une star hollywoodienne, Dora Frecher. Sur place, il tombe par hasard sur une étrange conversation dans un salon de thé, notamment un chantage sur un changement de scénario.

Peu après, il sauve une femme attaquée dans sa voiture. Comme par hasard, il s'agit de la starlette. Se faisant passer pour un artiste-peintre, il entre dans l'intimité de l'actrice en lui proposant de faire son portrait. Au fil des jours, leur amitié permet au journaliste de la suivre dans un studio de tournage. Et voilà toute l'équipe qui doit partir en Équateur car le scénario a changé. Sur le bateau, il reconnaît la voix des deux hommes rencontrés dans le bar. Dans une taverne à Guayaquil, Metal rencontre un Indien Jivaro qui lui propose de passer deux jours dans sa tribu. En repartant, il se retrouve seul car son guide meurt, foudroyé par la morsure d'un serpent-minute ! C'est alors qu'il croise la starlette, inanimée et ligotée sur le garrot d'un mulet. La vedette est entre les mains des réducteurs de têtes et un sacrifice se prépare sous le son lancinant d'un roulement de tam-tam. C'est par un astucieux stratagème que Johnny Metal pense sauver la malheureuse...

Okay, c'est écrit à l'emporte-pièce et les hasards sont faciles pour animer l'intrigue. Vu le format du fascicule vendu quatre francs, on peut supposer que Malet n'avait pas le temps de fignoler. Mais on retrouve le célèbre reporter de Manhattan avec grand plaisir. 

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Sang futur - Kriss Vilà

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Punks not dead : Sang futur, de Kriss Vilà.

 

Il est des auteurs dont on ne parle pas assez. C’est curieux, parce qu’ils ont beaucoup plus de talent que la plupart de leurs petits camarades. Mais peut-être que c’est justement à cause de ça qu’on ne parle pas assez d’eux, allez donc savoir. Ou alors parce qu’il est impossible de les ranger dans les jolies petites cases bien polies-policées du roman policier. Christian Vilà est de ceux-là. Certes, l’homme n’a pas sévi que dans le Polar, loin s’en faut. Seulement il a écrit Sang futur. Et ce livre aurait dû tout changer. Comme Tueurs de flics et Dobermann ont tout changé pour Fajardie et Houssin. Ce même Houssin en compagnie duquel Christian Vilà dirigeait l’anthologie Banlieues rouges en 1976. Comme par hasard…

 

Sang futur, resurgi chez l’éditeur Moisson Rouge en 2008, a été balancé à l’origine tel un pavé dans la mare en 1977. Ça ne s’invente pas. Mais l’image du pavé n’est pas bonne. Pas assez forte. Car ce roman, c’est une grenade. Dégoupillée. 150 pages de nihilisme, d’ultraviolence, de libertés formelles et de transgressions tous azimuts. Comme si Burroughs et Sid Vicious avaient décidé d’écrire un Polar à quatre mains. Une absence totale de concession érigée en profession d’anti-foi. La horde sauvage passée à la moulinette punk.

 

Le White Spirit Flash Club : Dickkie La Hyène le tueur de flics. El Coco Kid l’écrivain punk. Sarah le trave et sa croix gammée tatouée entre les jambes. Et Skinny, Momort, Kitty, Totenkopf. Tous des PUNKS. En face, la Punaise. Le flic. Au milieu, la Rage. Et la neige, partout. Dans les rues et dans les veines. Une neige qui va se teinter de rouge.

 

Vous en avez marre des Polars à papa embourgeoisés, servis tièdes après le cigare et le pousse-café ? Des Thrillers à quota de violence domestiquée, tout juste bons à faire frissonner les ménagères ménopausées ? Alors Sang futur est fait pour vous. Kriss Vilà a su y saisir toute l’urgence du Punk, et il l’a restituée telle quelle. Sans l’aseptiser, sans l’embellir, dans toute son outrance et sa flamboyance suicidaires. Toute l’essence d’une contre-culture concentrée dans un roman aux allures de cocktail Molotov. Plus qu’à craquer l’allumette…

 

Parce que si ce brûlot peut être considéré comme un témoignage, presque un reportage pris sur le vif, il n’a aujourd’hui rien perdu de sa force. Il se dit d’un certain Poulpe que « pour l’attendrir, faut taper dessus ». Le White Spirit Flash Club, c’est pareil, mais en pire. On n’abat pas des enragés avec des balles en caoutchouc.

 

Des romans Noirs, il se trouve que j’en ai lu quelques-uns. Mais rares sont ceux qui m’ont autant marqué que ce livre de Kriss Vilà. Quand j’ai découvert Sang futur il y a vingt ans, j’ai eu l’impression d’un shoot, d’un électrochoc. Mais en me replongeant dedans en 2016, je réalise que l’empreinte qu’il avait laissée était plus profonde. Et définitive. Comme un tatouage, ou une scarification. La marque était celle du fer rouge.

 

En 1977, Sang futur ressemblait à une déclaration de guerre. Presque quarante ans plus tard, c’est toujours le cas. Bizarrement, ce roman n’a pas été condamné à l’Enfer de la bibliothèque nationale. Même les inquisiteurs du politikement korrekt n’ont pas osé y toucher. Alors profitez-en et mangez pendant que c’est chaud.

 

Stephen King a eu un jour ces mots : « J’ai vu le futur de l’horreur : son nom est Clive Barker ». Pour ma part, je dirai « J’ai vu le (no) futur du Polar : son nom est Kriss Vilà ».

 

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 179, mars / avril 2016.

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La dernière tombe - John Lange

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Peu de gens le savent, Michael Crichton (Jurassic Park, La sphère...) a publié des romans sous pseudonyme, entre 1966 et 1972, pour financer ses études à Harvard. On va surtout s'intéresser à celui de John Lange et la bonne idée de Robert Laffont de publier deux bouquins traduits avec couverture d'origine (collection Pulp Fiction).

Je ne vais pas vous mentir, l'illustration est accrocheuse mais n'a rien à voir avec l'intrigue. Barnaby, un égyptologue, découvre l'existence de la tombe d'un pharaon, en traduisant des hiéroglyphes. Demeurée inviolée depuis trois mille ans, il imagine le somptueux trésor qui doit se trouver dans la chambre funéraire. Il s'entoure d'une petite équipe (dont le journaliste Pierce qui devient le cerveau de la bande) et établit un plan d'action. Ils dressent un campement dans le désert et cherchent le lieu du tombeau durant des mois, tout en menant des fouilles officielles en parallèle pour tromper les autorités égyptiennes.

C'est bien écrit, la documentation remarquable et les personnages sont savoureux. Seul bémol, ça manque de vivacité et d'action. Ce livre de 1968 a la saveur d'un roman d'espionnage à l'ancienne sans les épices et le piquant. Néanmoins, on ne s'ennuie pas une seconde car le style intelligent de l'auteur parvient à embarquer le lecteur. Lange prend le temps de poser ses effets, surtout lors de la période de recherches. Pourtant, je préfère largement la gouaille d'un Charles Williams et la noirceur d'un Jim Thompson. John Lange, c'est plutôt pour le dessert.

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