Xavier Dollo et Sébastien Gayraud parlent de Noir sur blanc

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Noir sur blanc fêtera ses deux ans dans deux jours. De façon assez logique, mon recueil n’avait plus suscité d’écho depuis longtemps – d’où le fait que cette rubrique était « abandonnée » depuis juin 2019. Néanmoins, j’ai eu la chance de recevoir cet été deux retours de lecture très enthousiastes. Deux retours émanant d’auteurs que j’apprécie beaucoup, ce qui ne gâche rien.

 

 

Le premier est dû à Xavier Dollo, alias Thomas Geha, auteur – entre autres – des excellents recueils de nouvelles Les créateurs et Chuchoteurs du dragon et autres murmures, que j’ai tous deux chroniqués sur ce blog. Xavier étant par ailleurs un libraire averti et un lecteur aussi gourmand que gourmet, vous comprendrez sans peine à quel point ses mots m’ont touché :

« Voilà un très chouette livre paru chez Rivière Blanche, qui donne pas mal de très bonnes pistes de lecture, en fantastique, en horreur, voire en polar. C'est diversifié, argumenté, bien écrit. De la belle ouvrage. »

 

 

Quant au second retour, il s’agit d’une chronique rédigée par Sébastien Gayraud. Sébastien, dont j’avais chroniqué l’extraordinaire premier roman, Camera Obscura, sur ce blog en 2017, avant de faire publier le deuxième, Galerie Noir, chez Rivière Blanche l’an dernier. Là encore, un sacré client, qui m’a gratifié d’un superbe texte dont voici la conclusion :

« Artikel Unbekannt et les auteurs qu’il publie sont le contre-feu, l’antidote à l’uniformisation ambiante. Ils apportent la chair et le sang dans un domaine devenu plastifié. Noir et rouge, Noir sur blanc. Deux livres, deux manifestes du noir qui appliquent à la lettre la déclaration définitive du défunt Maurice G. Dantec : « Le noir n’est pas une couleur, c’est une valeur. » »

 

Vous trouvez que Sébastien exagère ? Moi aussi. Mais que ça ne vous empêche pas de découvrir comment il est parvenu à de telles conclusions en lisant sa chronique sur le site Superflux :

 

https://superflux-webzine.fr/lire/noir-sur-blanc-de-artikel-unbekannt

 

Si cette affaire vous intrigue, je rappelle qu’un extrait de Noir sur blanc est en lecture libre ici :

 

https://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=noirblancchapitre01.pdf

 

Quant au recueil en lui-même, il reste bien entendu disponible sur le site de Rivière Blanche :

 

https://www.riviereblanche.com/hors-series-hs55-noir-sur-blanc.html

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Cacesthesia - Guy Kermen

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Cacesthesia, de Guy Kermen, est un excellent recueil de récits fantastiques dont je vous recommande vivement la lecture. En une phrase tout est dit et je pourrais presque m'arrêter là... mais ce ne serait pas faire honneur à l'auteur, ni à son talent.

 

Rentrons donc dans le détail : Guy Kermen est l'autre face, disons plus « abordable » (mais pas moins respectable) de l'entité Zaroff. Son côté Dr. Jekyll, là où les écrits du trasheur Zaroff pourraient représenter son Mr. Hyde. Mais surtout, des deux personnages, Guy Kermen est le plus ancien, celui qui a en quelque sorte pavé la voie pour toutes les exactions à venir. L'ignorer serait donc passer sous silence tout un pan de cet étonnant auteur multi-facettes, qui en ses jeunes années, publiait déjà d'excellents récits dans des genres aussi variés que la SF, le Fantastique « classique », le Polar (oui, déjà) ou l'Horreur pure inspirée par les grands maîtres du genre.

 

Et c'est là l'un des aspects les plus notables de ce délectable Cacesthesia (superbe titre, au passage) : ici, Guy Kermen rend hommage à ses maîtres à penser, à ses influences plus ou moins directes et à ses héros de jeunesse. Si la présence en préambule d'un récit nous mettant dans la peau du monstrueux Ed Gein n'a pas de quoi nous surprendre au vu des inspirations du bonhomme, on sera en revanche plus étonné de croiser l'auteur en territoire SF pur avec le très bon GeriaQuarter (que je ne connaissais pas), dans un registre Post-Apo noir de chez noir avec l'excellent Chroniques de Roslaw ou plus loin avec le tout aussi savoureux Le Grand Bordel, payant son tribut au grand Malevil de Robert Merle. Ici, une petite « friandise » lovecraftienne ou là un coup de boule bien senti nous rappelant les mauvaises inclinaisons à venir du sale gosse Zaroff (le truculent Toxic Garbage) ; il y a à boire et à manger ici, mais toujours par le biais de cette plume nerveuse, sèche comme un coup de Trique (autre très bon récit) et qui ne s'embarrasse d'aucune fioriture superflue pour aller droit à l'essentiel.

 

Mais c'est dans la seconde partie du recueil que l'on retrouve le Guy Kermen le plus « classique », car il expose ici ses influences au grand jour, tout en gardant son style si personnel. C'est ainsi que Le Chat de Combourg marche dans les pas de Chateaubriand, tout en nous rappelant le Stephen King corrosif des débuts (auteur qui marquera de sa patte une partie des récits ici présents, même si parfaitement assimilé), tandis qu'un peu plus loin, Sherlock et la Révélation et Mrs. Hellridge témoignent de l'amour de l'auteur pour les grandes figures policières et populaires du XIXe.

 

Les souvenirs de Jean Ray et Céline sont également convoqués à un moment, tandis que le Survival-Horror étouffant du monstrueux Enez Dizesper revient à une forme de polar bruineux et glauque nous rappelant l'importance de sa région natale pour ce breton pur souche et revendiqué. Région qui se taille d'ailleurs une belle part dans la matière inspiratrice du gars Kermen : le crachin, les falaises vertigineuses et la force des éléments sont souvent des personnages à part entière de ses récits, qui en appellent autant à la matière grise du lecteur qu'à ses sens, approche qui n'est pas pour me déplaire. Si on ajoute à tout ça un format souvent très court et resserré et un sens du rythme imparable, il devient difficile de bouder son plaisir.

 

Qu'ajouter de plus ? Si vous aimez la gouaille et l'horreur crasseuse contemporaine du lascar Zaroff, il vous sera difficile de passer votre chemin, mais si vous appréciez aussi les ambiances fortes et prenantes, la littérature SFFF « classique », le Polar ou les écarts tendancieux entre ces différents genres, nul doute que Cacesthesia saura également vous enthousiasmer, comme ça a été mon cas. Des atmosphères, des thèmes, des personnages bien trempés à travers une plume au cordeau sont au rendez-vous et bien plus encore !

 

Notons aussi au passage l'excellent travail des Ombres d'Elyranthe, qui nous délivrent cette matière composite et homogène à la fois dans un très bel écrin, par le biais d'en-tête explicatifs forts intéressants et la traditionnelle interview en fin de recueil qui donne envie d'en découvrir plus sur l'auteur, tout en nous offrant quelques clés de compréhension. Magnifique couverture et travail éditorial soigné : rien à redire, c'est du très bon boulot.

 

Bref, j'ai passé un excellent moment à la lecture de Cacesthesia et j'espère que ces quelques mots sauront éveiller votre intérêt, car il y a ici tout ce qu'on aime. À lire ou à découvrir d'urgence, messieurs, dames !

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Nouvelles de la Zone 52

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Un recueil de nouvelles aux éditions... « Zone 52 » !

 

 

 

J'aime les nouvelles ! Alors, quand j'ai l'occasion de lire un gros recueil au titre mystérieux, c'est vous dire si je me réjouis ! Et quand, en guise de cerise sur le gâteau, ce recueil m'est remis en main propre, assorti d'une belle dédicace par un auteur ami que j'apprécie beaucoup, ladite cerise devient un bigarreau format maousse !

 

Il s'agit donc d'une collection de vingt nouvelles autour d'un thème central assez vaste pour permettre une grande diversité de styles, de regards et d'approches, ce qui se révèle, à mon sens, très divertissant de par la variété de l'ensemble. On passe ainsi du policier au gore, de la SF à la poésie, du fantastique à l'inclassable, tout en tournant autour de la mystérieuse « Zone 52 ».

 

Comme d'habitude, je ne ferai pas la recension et la critique de chacune des histoires, le but de mes chroniques restant de donner envie de découvrir (ou pas!), et non pas de gâcher le plaisir de la découverte en divulguant la substantifique moelle de chaque récit.

 

Il vous suffira donc de savoir que la Zone 52 se définit comme une sorte d'espace ouvert à tout l'imaginaire de ce collectif d'auteur, encore plus intrigant que la fameuse Zone 51, où, comme chacun sait, les émules de Sculler et Muldy passent leurs vacances à disséquer des cadavres d'ITI ou à déjouer les conspirations d'agences encore plus douteuses que secrètes.

 

Comme dans tout recueil de nouvelles, chaque lecteur préférera tel ou tel texte, selon ses goûts personnels et ses propres choix. Certes, certaines histoires manquent peut-être un peu de maturité dans le style, mais c'est une très bonne chose de publier de jeunes talents et ainsi de donner leur chance à des plumes qui ne demandent qu'à s'affirmer. Dans l'ensemble, il s'agit d'une anthologie de bonne tenue, avec des histoires de bon niveau, et surtout ce recueil donne envie de découvrir certains des auteurs peu connus.

 

Je retiendrai cependant quelques textes que je juge particulièrement marquants : d'abord, « Quarantine », de notre camarade Zaroff. Il ne s'agit pas ici de vil copinage, mais ce petit texte consiste en un avant-propos (au cinéma, on parlerait de « préquel ») à son court roman gore chez le même éditeur : « Héca-Tomb », et se révèle particulièrement éclairant sur les goûts et la démarche de cet auteur. En lisant ce court récit, on comprend que Zaroff développe son univers bien à lui, et reste fidèle à son style direct et épuré, et aussi qu'il en a encore sous le pied !

 

Une belle découverte, maintenant, avec « Pour nous d'abord » de Christophe Siébert. Cette nouvelle est extraite de son recueil « Images de la fin du monde », et m'a réellement donné envie d'appréhender ce monde bien particulier, dans un style très personnel que j'ai trouvé passionnant.

 

Enfin, j'attribue la mention spéciale à David Didelot, qui m'a autant amusé qu'inquiété avec sa « Dénonciation positive N°16984-270549 ». En quelques pages d'un réalisme glaçant, cet auteur livre une critique acerbe et criante de vérité de notre époque et de ses dérives, faisant encore une fois la preuve que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et que « 1984 », c'est déjà demain...

 

En conclusion, « Nouvelles de la Zone 52 » s'avère un excellent recueil, et un souffle d'air frais montrant que la nouvelle reste un art à part entière, qu'on aimerait trouver plus souvent sur les tables des libraires.

 

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Les zombies de la Nouvelle-Orléans - Jean-Marc Lofficier

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Crépuscule vaudou : Les zombies de la Nouvelle-Orléans, de Jean-Marc Lofficier.

 

 

 

 

Publié très (trop ?) discrètement sous forme de hors-série chez Rivière Blanche en septembre 2017, ce roman aurait sans aucun problème pu figurer dans la collection « Noire », du même éditeur. Seulement voilà : Jean-Marc Lofficier est aussi le fondateur de Rivière Blanche, et il préférait ne pas « prendre la place » de quelqu’un d’autre – ce qui est tout à son honneur –, a fortiori avec un livre qui avait déjà connu une première vie. De fait, Les zombies de la Nouvelle-Orléans est une réédition revue et corrigée de Crépuscule vaudou, paru à l’origine en 2008 dans la collection Club Van Helsing, aux éditions La Baleine.

 

En raison des changements effectués par l’auteur, il était bien sûr délicat de conserver le titre d’origine ; néanmoins, j’avoue une petite préférence pour ce Crépuscule vaudou sans doute plus fidèle à l’ambiance du roman. En effet, même si Jean-Marc Lofficier situe son intrigue au moment du passage de l’ouragan Katrina, il évolue dans un registre plus proche du Vaudou de Jacques Tourneur que de la fameuse saga « zombiesque » de George A. Romero. Mais ce n’est là qu’un détail, et surtout pas un défaut : de toute façon, j’aime autant le fantastique psychologique que l’horreur frontale, et les deux cohabitent ici harmonieusement.

 

Cette louable volonté de décloisonnement se retrouve aussi dans l’un des partis pris les plus radicaux de l’auteur : en attribuant à l’ouragan Katrina des causes surnaturelles, il imbrique si étroitement réel et imaginaire qu’on en vient à ne plus très bien les distinguer. C’est d’ailleurs à partir du moment où les éléments commencent à se déchaîner, sous l’impulsion du maléfique Legendre, que le roman se transforme en véritable page-turner. Dès lors, le lecteur se trouve happé dans un tourbillon irrésistible, et tout le savoir ésotérique de Jean-Marc de Marigny ne sera pas superflu pour résister aux puissances occultes déployées.

 

Intimement liée à son contexte culturel et cultuel, l’histoire n’en apparaît que plus enracinée – voire indéracinable. De fait, assez nombreux sont les livres dont la trame ne souffrirait en rien d’une délocalisation. Mais avec Les zombies de la Nouvelle-Orléans, ce serait hors de question : le roman se viderait aussitôt de sa substance. Pourtant, nous nous trouvons a priori en terrain connu, avec dans le fond une nouvelle illustration de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal, et dans la forme une horreur pulp de bon aloi. Et c’est ce que nous avons, car Jean-Marc Lofficier n’a pas l’habitude de tromper sur la marchandise.

 

C’est ce que nous avons, mais ce n’est pas tout, car l’auteur ne se contente pas de respecter le cahier des charges. Au contraire, il aligne des scènes si visuelles et explosives qu’on se prend à rêver de les voir illustrées par le regretté Bernie Wrightson ou Richard Corben dans les pages de Creepy ou Eerie… À peu près tout sauf un hasard quand on songe que le fondateur de Rivière Blanche est réputé pour sa connaissance encyclopédique de la bande dessinée et a longtemps travaillé comme scénariste au sein de la mythique Marvel…

 

En conclusion, les zombies de Jean-Marc Lofficier s’avèrent on ne peut plus fréquentables. Alors si vous goûtez une littérature populaire épicée aux sortilèges vaudous, aux meurtres rituels, à la (sur)vie après la mort et au déchaînement tous azimuts d’éléments naturels transformés en autant d’armes de destruction massive, ne vous privez pas d’un roman pulp aussi trépidant que bien documenté s(o)igné par un expert en la matière.

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Ira Melanox, la colère des ténèbres - Serge Brussolo

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Je suis toujours admiratif envers l'imaginaire inouï de Brussolo ainsi que ses descriptions d'accroche, notamment pour poser les intrigues. Et ce bouquin ne déroge pas à la règle : un autocar constellé de graffiti parcourant une mauvaise route. À l'intérieur, David, un jeune infirmier stagiaire se rendant à une étrange station de curistes : Saint-Alex. Dès son arrivée, il est surpris de voir des infirmes se dorant la pilule sur une plage peuplée de parasols et d'infirmiers musculeux. Tous sont plâtrés et leurs gestes sont ralentis comme des automates « au ressort dévidé ». En se restaurant, il rencontre une serveuse. Le patron de la taverne pèse des cuillères et des tasses et indique les grammages sur des étiquettes. Le décor est posé en quelques chapitres ! Soudain, un homme s'écroule, victime d'une fracture spontanée. Sa tête implose et le crâne s'effondre comme un soufflé. Une épidémie décalcifiante frappe la population et une « psychose de la fragilité » s'est emparée des patients dont la fortune et l'aigreur ont fait fermer les établissements et négoces susceptibles d'accroître leur dépression, notamment un centre de musculation dont les culturistes se cachent dans une grotte enfouie sous un dolmen pour soulever de la fonte.

 

David, collectionneur-kleptomane, est au chômage depuis une petite formation d'infirmier auxiliaire. Il a été retenu sur dossier par Julie, une infirmière rousse potelée aux courbes érotiques. Pourquoi lui ? Il est juste bon à nettoyer les sols carrelés et vider les poches d'urine. Il se rend à l'Institut Minsky, bâtiments de brique rouge juchés au bord des falaises et giflés par des vents érosifs. Pour y parvenir, il faut traverser une lande désolée dont les rumeurs locales évoquent un mystérieux monstre à la silhouette simiesque. D'ailleurs, le terrain bosselé et marécageux est parsemé d'ossements d'animaux. Les os sont blanchis, presque cirés. L'institut médical donne le cafard : les salles sont abandonnées et souillées par du sable et de la poussière, les rares patients ont des traitements hypnotiques pour dépressions profondes et sont uniquement nourris par des perfusions et sondes.

 

Selon ses habitudes, Brussolo éparpille son récit de multiples idées surréalistes : arbres à foudre, musique qui rend fou grâce à l'enregistrement sur sillons d'électroencéphalogrammes de meurtriers psychopathes, greffes de cornes sur des patients névrosés, corps enfermés dans des cocons ivoirins, insectes-projectiles guidés par des effluves olfactifs... tout en évoquant certains romans parmi les souvenirs paranoïdes de David : Funnyway, Docteur Squelette, les Soldats de goudron ou encore Hurlemort. Impossible également de se projeter dans une temporalité car le récit flirte avec la science-fiction. D'ailleurs une planète nommée Desder 3 est relatée par le professeur Minsky dans le but de ses recherches secrètes. Le centre médical n'est qu'une façade et les deux infirmiers y perçoivent des avantages futurs pour s'enrichir. L'esprit troublé de Julie parvient à embarquer le naïf David dans une sinistre entreprise. Le final est jouissif lors du blocus policier organisé par les escouades de cuir à Saint-Euphrate. Les femmes fortunées de la Jet Set tombent, fauchées par des tireurs invisibles. La population pense à une invasion extra-terrestre et la cité devient une forteresse où les émeutes sont légion. La vengeance de Julie est implacable et le stratagème utilisé est irrationnel pour les spécialistes des attentats. Quel sera le destin de ces deux personnages au passif équivoque et qui est Ira Melanox ? Vous le saurez en lisant ce bouquin idéal pour appréhender le vaste univers fiévreux de Brussolo.

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