Les filles mortes se ramassent au scalpel - Gudule

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les filles mortes se ramassent au scalpel - Gudule

Contes cruels de la jeunesse : Les filles mortes se ramassent au scalpel, de Gudule.

Faux jumeau du Club des petites filles mortes précédemment paru chez le même éditeur, cet autre recueil des romans fantastiques de Gudule enfonce le clou dans les paumes d’un lecteur-victime qui n’en demandait pas tant. Je ne serais d’ailleurs pas surpris d’apprendre que l’inventive génitrice de ces textes terribles a éprouvé le même type de délicieuses douleurs au moment où elle les a mis au monde…

Poison, le premier roman de cet opulent volume de 700 pages, est un inédit. Doté d’un bodycount impressionnant, le récit présente une galerie de personnages tous plus ou moins menés par leurs instincts, dont est manifestement exclu celui que l’on dit « de conservation »… Multipliant les fausses pistes, l’auteur promène ainsi le lecteur de jeu de la séduction/déduction en jeu de massacre et entretient le suspense avec une bonne humeur communicative. Cerise sur le gâteau, l’héroïne de ce joli conte se prénomme… Shéhérazade ! Changement de registre avec L’innocence du papillon, qui esquisse la peinture d’une petite famille a priori unie et équilibrée… Hélas, les apparences sont souvent trompeuses, et rarement l’expression « d’une jalousie maladive » aura été plus justifiée. Pas de héros dans cette histoire hallucinée, sinon le spectre d’un passé coupable et avide qui reviendra graver son nom en lettres de sang dans un pauvre cerveau calciné.

À roman extraordinaire, destinée extraordinaire : l’avant-propos des Filles mortes… révèle l’incroyable odyssée d’Un amour aveuglant, superbe texte obsessionnel qui faillit bien ne jamais voir le jour… Grâce à une subtile narration alternée, l’auteur y dépeint l’amour fanatique que porte la petite Nina au dessinateur Raphaël Gautier, lequel vécut jadis en Équateur un terrible épisode qui a changé sa vie. Des séquences effroyables menant à une double psychose dont personne, à commencer par le lecteur, ne sortira indemne. L’asile de la mariée n’est guère plus optimiste, et le petit Julien, prêt à tout pour retrouver sa « vraie » maman, a bien du mal à distinguer cauchemars et réalité, pas forcément aidé par un curieux « ami imaginaire ». Qu’importe : dans le doute il ne s’abstiendra pas et dans le vif il tranchera, justifiant par l’absurde son statut d’ « enfant assassin, ange aux mains tachées de sang, crachat à la face du Ciel ».

Changement de point de vue avec Bloody Mary’s baby, puisque Gudule aborde ici le thème hautement sulfureux de la pédophilie. Traité sans complaisance mais sans voyeurisme, ce roman douloureux met en scène une star du rock recluse en proie à ses démons. Tel un Dorian Gray du Glam, Black est atteint d’une maladie dégénérative et vit désormais entouré de mannequins à l’effigie de ses « conquêtes » passées. Et Jonathan, qui, poussé par sa curiosité, va pénétrer dans la propriété de l’ex-rocker, découvrira à ses dépends ce qui se cache derrière le masque… Petit théâtre de brouillard narre quant à lui l’enfance hautement perturbée et perturbante de la petite Emma, aujourd’hui une vieille femme de 88 ans réduite à une vie semi-végétative. Si son physique est défaillant, la mémoire de la grand-mère fonctionne cependant très bien, et les souvenirs d’actes cachés monstrueux créent un savoureux paradoxe avec la manière très positive dont continue à la percevoir sa famille.

Autres temps, mêmes mœurs déviantes, Geronima Hopkins attend le Père Noël retrace le parcours pathétique d’une « vieille petite fille » auteur de romans à l’eau de rose perdue dans l’abîme de ses fantasmes. Sous l’influence d’un traumatisme mal refoulé, Geronima se réserve depuis trop longtemps, et n’hésitera pas à se servir de l’infortuné Nono pour un jeu de rôle bien plus pervers qu’il ne l’imaginait… Enfin, Les transfuges de l’enfer est une vraie curiosité. Ce texte assez bref met en scène neuf personnages, tous souffrant de lourdes pathologies, qu’un « infirmier sensuel » regarde se débattre dans l’enfer de leurs souvenirs. Chaque cobaye se livrera ainsi à un monologue de plus en plus frénétique à mesure que l’expérience se poursuivra, prenant directement le lecteur à témoin et à la gorge…

Radical et transgressif, ce recueil n’est pas pour autant dénué de tendresse et de poésie. Et c’est précisément cet alliage précieux qui fait toute sa valeur : que la « faible femme » se transforme en « femme fatale » ou que la naïveté désarmante s’avère armée jusqu’aux dents, Dame Gudule a beau changer son fusil d’épaule, elle touche toujours sa cible au cœur. À ne pas mettre entre toutes les mains quand même (et qu’on ne vienne pas me parler d’innocents les mains pleines, parce que l’innocence, ici, est une hydre dont les sept têtes sont coupées et ne repoussent pas), car ces courts romans, s’ils sont bien des contes avec des enfants, n’en sont pas pour autant des contes pour enfants…

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Trash à ImaJn'ère - 25 et 26 avril 2015

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Trash à ImaJn'ère - 25 et 26 avril 2015

Le salon ImaJn'ère à Angers (salon de la science-fiction et du policier) se tiendra les 25 et 26 avril dans les salons Curnonsky. Ce sera l'occasion pour Trash de dévoiler à ses millions de lecteurs les trois romans de la première fournée de l'année. On en rappelle les titres : "Lumpen" de Janus, "Seppuku" de Romain d'Huissier et "Gore Story" de Gilles Bergal.

Des auteurs Trashiens seront présents : Robert Darvel, Romain d'Huissier, Julien Heylbroeck, Schweinhund, Christophe Siébert, Brice Tarvel et Zaroff. Un agent fédéral nous a signalé que Zaroff ne viendra que le samedi, entre 10h00 et 19h00. Pour cause de mammographie mammaire, Nelly Chadour se déplacera uniquement dimanche.

Trash tient à rappeler certaines règles pour les visiteurs. Un cordon de sécurité sera installé par les CRS d'Angers pour empêcher les nymphomanes de violer les auteurs de Trash. Il est fortement conseillé aux hommes de venir sans leurs épouses. Il se peut qu'en apercevant les physiques hollywoodiens de Zaroff et Schweinhund, les femmes faibles renient les fondamentaux du mariage en jetant leurs alliances, tout en beuglant : "Salaud ! Ça existe de tels mecs. Je retourne chez ma mère." Pour les furies qui attendront notre venue depuis dix jours, la mairie fournira des tentes et des provisions afin d'éviter une famine et des scènes de cannibalisme.

Il sera permis aux visiteuses les plus vertueuses (un certificat de première communion sera exigé à l'entrée) de toucher la main des auteurs et de prendre des selfies. Les plus riches d'entre elles pourront demander des dédicaces personnalisées.

En attendant, nous avons hâte de rencontrer nos lecteurs, de partager avec d'autres écrivains de renom (Thomas Geha, David Khara, Ayerdhal, Laurent Whale...) et de passer un excellent moment avec vous. Nous comptons sur votre soutien. Vive la République, vive Trash, vive Angers.

Le site d'ImaJn'ère

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Bloodfist vu par Naëlle

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Naëlle est administratrice du forum L’Écritoire Des Ombres. Ceux qui suivent l’aventure TRASH depuis ses débuts savent que nous bénéficions en ces lieux d’un espace privilégié. Espace où chacun de nos livres est présenté en détail, ce qui a fini par intriguer certain(e)s. La preuve avec cette belle chronique qui dresse des parallèles pour le moins… inattendus.

"Je vais donner mon petit avis qui vaut ce qu'il vaut vu ma connaissance inexistante du gore, du trash et autres joyeusetés sur Bloodfist.

C'était vachement bien. Je vous jure. Je m'attendais pas du tout à une écriture de ce genre. Elle est très littéraire, assez spéciale. Si vous voulez une comparaison, c'est assez proche de Marguerite Duras ou de Chloé Delaume (beaucoup moins connue). J'ai lu Bloodfist comme j'ai lu L'Amant : d'une traite, sans me poser de questions. Y a des moments où il faudrait s'arrêter sur les réflexions assez philosophiques qui parsèment le texte, les jeux de mots, mais il y a un rythme dans ce bouquin qui t'emporte. Alors, après, tu te retrouves un peu bête, parce que t'es pas capable d'expliquer ce qui t'a plu dans ce livre, mais je trouve que dire qu'un livre t'a tellement emporté que t'en restes bouche bée, bah c'est déjà un sacré bon point. Parce que je sais pas vous, mais moi ça m'arrive pas souvent.

Bonne écriture et bon rythme, donc, mais pas que. Bah ouais, parce que sinon ça sert à rien. J'ai adoré tout le début, le récit de l'enfance du héros. À partir du moment où il rencontre la fille, L., l'histoire part en vrille (et c'est là que le rythme part en vrille aussi), au point que, vers la fin, on sait plus trop ce qui se passe: où on est, qui est qui (les personnages n'ont pas de nom. Quelques-uns ont une initiale, mais pas plus)... Pour ma part, ça m'a un peu déstabilisée, mais ça fait partie du truc, et de toute façon j'ai bien suivi tout le long.

Niveau tripaille, je m'attendais à pire. Et en fait, à part deux ou trois scènes bien dégueu, y a rien de follement révulsant. Alors foncez, les amis, ça envoie des boyaux !"

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Un été pourri - Maud Tabachnik

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Un été pourri - Maud Tabachnik

Premier volet (paru en 1994) des huit romans consacrés à la série du lieutenant-détective de première classe à la Police criminelle de Boston, l'élégant Sam Goodman, et de la journaliste lesbienne Sandra Khan. Tabachnik est une auteure qui a démarré sur le tard, passé cinquante ans, et qui évolue principalement dans le thriller et romans historiques.

L'intrigue se déroule dans la ville de Boston plongée dans la canicule. Un meurtrier assassine des pervers en les égorgeant et émasculant. Goodman, fils d'une mère juive possessive, enquête et patauge à travers les méandres politiques, judiciaires et journalistiques. Pas d'indices probants à se foutre sous la dent.

Je suis assez partagé sur le style de Tabachnik. L'intrigue n'est guère originale et les personnages sont légèrement brossés en surface. Néanmoins, la prose est fluide malgré son aspect caricatural. Chapitres courts et rythmique enlevée font de ces bouquins un excellent divertissement. Certes ils n'ont pas la puissance de feu de Chester Himes, Hammett, Chandler et consorts, mais ça se lit bien et ça repose l'esprit. Je vais donc continuer l'aventure avec Goodman. De toute façon, je n'ai pas le choix car je possède les huit bouquins. Ben oui, je suis un sanguin, moi ! Et pour les langues de pute, "Un été pourri" ne se passe pas en Bretagne.

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Cauchemar à louer - Serge Brussolo

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

 

Cauchemar à louer est le premier tome des dix romans de la Collection Serge Brussolo chez GDV Hachette, au rythme d'un livre tous les deux mois (entre février 90 et janvier 92) ! Cette participation durera deux ans et prendra fin en 1993 par une décision de l'auteur pour de multiples raisons : il a fait le tour des thèmes et il est harcelé par des satanistes qui voient en lui un grand prêtre !

Mais revenons sur ce récit dont le thème est la lycanthropie. Un couple avec un jeune garçon louent une maison en haut d'une colline. Le garçon dénommé David est vite intrigué par l'atmosphère glauque du village et l'accueil sinistre des villageois. Toutes les portes sont blindées, des pièges à loups gigantesques parsèment la forêt. Peu de temps après, David assiste à une lente métamorphose de ses parents.

La maison fut construite avec des pierres dont l'origine est un aérolithe découvert par la tribu des Yanatos. David trouve au sein de la forêt une décharge jonchée de meubles lacérés, de jouets, de vêtements. Il se rend vite compte qu'ils proviennent du mobilier des anciens locataires. Que sont-ils devenus ? Les radiations des murs transforment les sécrétions hormonales des adultes. David est épargné car c'est encore un enfant. Lui seul doit abattre ses parents. Ce sont des loups-garous. Un excellent Brussolo. Cauchemar à louer est un roman d'épouvante traditionnel. Pas de temps morts ni fioritures. On tranche dans le vif sur 300 pages ! Pas de psychologie mièvre et inutile, on assiste à de l'horreur pure et c'est ce qu'on aime !

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Jérôme Leroy

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Jérôme Leroy

Noir, cruel et tendre : La grâce efficace/Une si douce apocalypse, de Jérôme Leroy.

Jérôme Leroy est aujourd’hui un auteur qui compte, et je suis de ceux qui s’en réjouissent. Car rien ne me fait plus plaisir que de voir les libres penseurs de talent connaître le succès qu’ils méritent après les avoir vu poser leur empreinte personnelle sur mes genres littéraires de prédilection. Mais commençons par le commencement, puisque ma découverte de cet écrivain passionnant remonte déjà à une dizaine d’années. À la sortie, chez Les Belles Lettres, du double recueil de nouvelles La grâce efficace/Une si douce apocalypse, complété pour l’occasion de l’inédit Travaux pratiques, pour être précis.

« Double recueil », puisque ce volume rassemble deux livres parus en 1999 individuellement chez le même éditeur, dans la collection de poche « Le Cabinet noir », dirigée par Hélène et Pierre-Jean Oswald, dont les amateurs des mythiques éditions NéO se souviennent avec émotion. Car NéO n’était pas qu’un éditeur, c’était un symbole. La preuve que l’on pouvait développer deux catalogues distincts mais merveilleusement complémentaires. Avec de l’Épouvante, du Fantastique et de l’Aventure d’un côté, et du Noir de l’autre. Genres que nous retrouvons en alternance au sein du « Cabinet noir », car Hélène et Pierre-Jean Oswald décident grâce à cette nouvelle structure de tenter un pari fou : celui de la mixité.

Et Jérôme Leroy incarne à lui seul cette louable volonté de décloisonnement. Car la plupart de ses textes doivent autant au Polar qu’à une rude et réaliste Anticipation. Loin de se contenter en effet de n’offrir qu’un reflet du présent, l’auteur a pour coutume d’examiner nos sociétés contemporaines pour mieux imaginer ce qu’elles deviendront demain. Cette démarche, que l’on pourrait qualifier de dystopique, n’exclut pas pour autant une vraie tendresse, rendant d’autant plus déchirants des récits aux issues souvent tragiques.

En effet, l’homme n’est pas un nihiliste, et il s’agit sans doute là d’une de ses plus belles qualités, dont témoigne la saisissante justesse de ton qui caractérise son travail. Tout en sachant conserver les aspects les plus engagés-enragés du Néo-Polar, Jérôme Leroy parvient à s’émanciper de cet héritage encombrant, en faisant entendre une voix singulière portant bien au-delà des voies sans issue du désespoir.

Une véritable valeur ajoutée, qui donne d’autant plus de force et de souffle à ce recueil constitué de quinze perles noires toutes plus ciselées les unes que les autres. Quinze manières de refuser la fatalité, l’ignorance, l’homme-marchandise, la folie des expérimentations génétiques et le délire sécuritaire. Quinze manières de redonner à l’homme la place qui devrait toujours être la sienne : centrale. Et quinze manières de dire pourquoi la femme ne peut qu’être fatale, car sans elle l’homme n’est qu’une coquille vide.

Alors certes, les fenêtres sont ici brisées, comme celles de toutes les maisons peintes en Noir. Sauf que l’auteur les ouvre en grand, ces fenêtres, au lieu d’essayer de les colmater. Et ça fait une énorme différence. L’air peut entrer à l’intérieur, et même s’il est vicié, surtout s’il est vicié, ce n’est pas une raison pour aller se terrer dans la cave. Alors balancez vos combinaisons ignifugées et vos masques à gaz à la poubelle, sortez de chez vous et confrontez-vous au monde. Quel que soit le prix à payer, allez lire Jérôme Leroy dans un bar.

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Avis de Françoise Grenier Droesch

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Avis de Françoise Grenier Droesch

"Ma curiosité a été grandement satisfaite avec ce roman inspiré par l’errance et les actes démentiels de Richard Ramirez (lui-même adorant Satan et la musique d’ACDC) qui sévissaient dans les années 80 en Californie.
Déballage gore beaucoup moins cruel que ceux de Bloodfist (le premier de cette collection Trash que j’ai lu) car le tueur en série mentionné dès le départ pose déjà des limites. La barbarie même la plus monstrueuse peut trouver une explication dans un délire de toute puissance.Tout l’art de Zaroff a été de se mettre dans la peau de ce personnage hors norme et d’imaginer ce qui pouvait se passer dans sa tête : très fort !
Du gore, oui mais pas que : une vraie histoire policière en plus. Les passages salaces (sexe) et les meurtres (gore) sont contrebalancés par les répliques des enquêteurs savoureuses montrant que les rapports humains ne sont pas basés sur la compassion, plutôt l’immoralité. Il n’y a que Darden, le profileur qui tire son épingle du jeu (Sherman aussi mais il est un peu trop sous contrôle du maire).
Tous les personnages vivent sous la plume de Zaroff comme s’il les avait rencontrés, ce qui est admirable. On pourrait croire qu’il les connaît personnellement, c’est assez étonnant. Le Willy, adjoint et acolyte du policier Sherman vaut son pesant de chips Lay’s !
Du coup, l’écriture disparaît au profit de l’intrigue et d’une plongée dans ce quartier de Glendale, banlieue de Los Angeles des années 80. J’ai vécu, tout du long du livre, au rythme des futures victimes ainsi que de ce pauvre Sherman obligé de se coltiner un obsédé sexuel incompétent, pistonné par son oncle de maire du Comté de Glendale. Confrontée à ce tueur incontrôlable qui me terrifiait mais qui m’interrogeait : est-ce ainsi que le vrai s’y prenait ? Peu importe les excès allant crescendo : ces crimes ne font que renforcer l’idée que l’âme humaine peut être vraiment noire ! Le passage où le tueur se fait agresser par la foule puis dépecer est un beau morceau ! J’aime aussi beaucoup l’ironie sous-jacente comme la rencontre avec Nécrorian.
Pour conclure, un roman à lire d’urgence pour ceux qui hésitent."

Le blog de Françoise !

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Interview de Schweinhund par Zaroff # Part 1

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Interview de Schweinhund par Zaroff # Part 1

Qui est Schweinhund et pourquoi ce nom ?

Schweinhund, c’est une créature aberrante issue du cerveau détraqué d’un type qui sévit par ailleurs sous les pseudonymes d’Artikel Unbekannt ou Léonox. Elle a été créée de toutes pièces pour TRASH. Quant à la signification de ce terme, c’est tout simplement la contraction des mots « porc » et « chien », en allemand. Et bien sûr, quand on qualifie quelqu’un de « Schweinhund », il ne s’agit pas vraiment d’un compliment. C’était pour moi une manière d’annoncer franchement la couleur au lecteur. Genre « fais gaffe, ça va pas être confortable ».

Bloodfist : pourquoi ce titre ?

Il y a quatre raisons, à la fois distinctes et complémentaires. La première, et la plus importante, tient au fait que la scène du « poing sanglant » est une des plus cruciales et, je crois, extrêmes, du bouquin. Ensuite Bloodfist, à l’oral, ça sonne comme Blood feast, le fameux film de l’inventeur du Gore Herschell Gordon Lewis. Et ça me permettait aussi de faire un clin d’œil au Blood-Sex de Nécrorian. Enfin, Bloodfist est le titre d’un film de tape produit par le pape du bis Roger Corman, qui a connu un nombre incalculable de séquelles. Et moi j’aime bien les films de tape. Surtout ceux qui laissent des séquelles.

Tu as mentionné deux autres pseudos. À quoi correspondent-ils ? Et quelles sont les différences entre tes trois identités ?

En fait, à l’origine, il n’y avait qu’Artikel Unbekannt. J’ai d’abord utilisé ce pseudonyme pour signer des chroniques dans un fanzine. Puis, quand mes premières nouvelles ont été publiées, je l’ai conservé, parce qu’il me plaisait bien. Ensuite, j’ai eu envie d’une nouvelle identité pour TRASH, parce que Bloodfist était très différent de tout ce que j’avais pu écrire jusqu’alors. Quant à Léonox, je ne m’en sers que sur Internet. En résumé, je dirais qu’Artikel Unbekannt reflète mon goût pour l’anonymat, tandis que Schweinhund cherche plutôt la merde confrontation. Et Léonox peut être considéré comme une synthèse des deux. C’est une sorte d’hybride écartelé entre les collections Angoisse et GORE.

Je crois savoir que tu as un rôle important chez TRASH ÉDITIONS. Quelle est l’origine de ce projet ?

Je suis « président » de la société TRASH Éditions, mais c’est juste parce qu’on ne pouvait mentionner qu’un seul nom. En réalité, notre boucherie compte deux hommes à tout faire : mon camarade Julien Heylbroeck et moi. Nous avons décidé de créer cette structure pour promouvoir une forme de littérature qui autorise, voire encourage, les débordements. Avec des bouquins courts et nerveux qui prendraient les lecteurs aux tripes. Or c’était là quelque chose qui d’après nous avait disparu depuis la fin de la collection GORE. Le seul cadre auquel nous tenions était le format poche, car populaire et à la portée de toutes les bourses.

TRASH est aussi un hommage assumé à la mythique et défunte collection GORE. Quels sont tes souvenirs émus de ces bouquins ? Tes auteurs cultes ?

Il est clair que TRASH doit beaucoup à GORE : on n’a jamais cherché à avancer masqués, même si ce serait très prétentieux de notre part de prétendre à un quelconque héritage. Ceci dit, on n’est pas là pour servir du réchauffé. Les hommages serviles et passéistes, c’est pas notre truc. Voilà pourquoi l’appellation les « bâtards de GORE » nous convient très bien. Quant à mes auteurs préférés, il s’agit exclusivement de Français, à l’exception de Shaun Hutson. Julien a une position un peu différente, mais de mon point de vue les bouquins les plus radicaux et intransigeants (et les mieux écrits, aussi) de la collection GORE sont l’œuvre d’auteurs français. Au premier rang desquels figurent pour moi Corsélien et Nécrorian.

Comme moi, tu admires l’œuvre de Charles Nécrorian, notamment pour BLOOD-SEX. As-tu déjà rencontré ce grand bonhomme en vrai ?

En effet, j’éprouve beaucoup d’admiration à l’égard de Jean Mazarin/Nécrorian. Et oui, j’ai eu la chance de le rencontrer. C’était en juin 2013, à l’occasion de la troisième convention organisée par l’association ImaJn’ère à Angers. Événement qui correspondait à la présentation officielle de la collection TRASH, avec nos trois premiers romans. Une journée inoubliable. Par la suite, nous sommes restés liés, et entretenons depuis lors une correspondance par mail. Mais pour en savoir plus à ce sujet, mieux vaut acquérir La mort en partage, qui vient de paraître chez Rivière Blanche. Car selon mes sources, ce copieux volume contiendrait, outre deux excellents romans, quelques informations exclusives…

Quelles furent tes influences, littéraires et autres, pour la rédaction de Bloodfist ?

Mes influences littéraires, je les ai déjà évoquées dans l’article intitulé « Pourquoi tant de haine », posté dans cette catégorie le 23 février, alors je ne vais pas y revenir. Mais j’ai d’autres sources d’inspiration, même si elles sont sans doute moins perceptibles dans ce que j’écris. La musique (je suis un Electro-Industrial Freak) et le cinéma de genre occupent notamment une grande place dans ma vie depuis très longtemps. Je pense donc que ces deux axes ont dû influer sur le rythme et l’ambiance de Bloodfist. Mais c’est de l’ordre de l’inconscient, et j’aurais du mal à étayer ce ressenti d’exemples précis.

Comment écris-tu ?

Dans la douleur. Et c’est pas une façon de se poser en artiste tourmenté, hein, pas du tout. Je veux juste dire par là que j’ai une relation à l’écriture assez compliquée. En fait, je ne me considère ni comme un écrivain, ni comme un auteur. Mes textes ne représentent pour moi qu’une série d’accidents. Et à chaque fois, c’est retour à la case départ. Pour moi, la notion d’ « acquis » n’existe pas. De plus, l’écriture est une forme de communication. Car que je sache, on écrit toujours pour être lu. Or je ne trouve pas cette manière de communiquer très naturelle. D’où des questions à la con, du genre « qu’est-ce que j’ai vraiment à dire ? », « et à qui ? ». Et puis, j’ai aussi une conscience très aigüe de mes influences. Certaines sont « digérées », d’autres moins. D’où le fait que j’avais purement et simplement cessé d’écrire pendant cinq ans. Rien. Pas une ligne. Et même depuis que j’ai repris, je dois toujours plus ou moins lutter contre ça. Enfin, je ne suis pas capable de cracher du signe au kilomètre. J’admire, et parfois j’envie, ceux qui en sont capables, mais en ce qui me concerne c’est impossible. Pour toutes ces raisons, l’écriture représente pour moi un processus complexe. Mais les choses trop simples ont tendance à m’ennuyer très vite. Donc…

Un livre marquant ?

Les chants de Maldoror.

Un film marquant ?

Der Todesking, de Jörg Buttgereit.

... Seconde partie de l’interview en ligne le lundi 04 mai...

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TRASH récidive !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

TRASH récidive !

Vous pensiez en avoir fini avec TRASH et leurs couvertures cradingues et auteurs dégénérés ? Que nenni les amis. Avec l'aval du FBI et du Conseil Général de la Creuse, cette mythique collection dédiée au gore remet le couvert fin avril. Trois titres irréprochables à découvrir de toute urgence. Trois romans qui s'ajoutent aux douze opus précédents. Plutôt que d'acheter des actions et obligations chez Carglass, procurez-vous ces trois bouquins pour le prix d'une biographie de Nabilla ou la trilogie des Mémoires d'un paysan djihadiste.

NUMÉRO 13 : "LUMPEN" de Janus :

"Tu chasses le cauchemar dans lequel tu te débattais. Le DRH, celui que tu as buté, celui qui est marié, deux enfants aux dents blanches impeccables, ce DRH-là était en train de te sodomiser avec son moignon. Le lieu était incertain, tout était blanc, pourtant tu penses qu'il s'agissait de l'atelier noir et malodorant de l'usine. Toujours est-il que ton anus se dilatait et saignait sous les coups de boutoir de sa main tranchée."

***

Grandir dans la frustration, la misère sociale, et vouloir tout détruire sur son passage.
Se venger. Gagner.
Grandir dans l'altruisme, la valeur travail, et vouloir tout détruire sur son passage.
Se venger. Gagner.
Accepter la compétitivité ou devenir néo-fasciste. Seule alternative offerte au monde occidental en ce début de XXIe siècle ? Choisir entre la peste et le choléra ?

NUMÉRO 14 : "SEPPUKU" de Romain d'Huissier :

"En une parodie de fellation, le tentacule s’activa entre ses lèvres déformées, brisant les dents et fracassant le palais. Yeux grands ouverts, la prêtresse ne vit son calvaire prendre fin qu’avec l’éjaculation : la quantité de sperme et la force de cette immonde jouissance lui firent exploser le bas de la figure, projetant des débris de mâchoire inférieure tout autour d’elle."

***
Le Japon des samurai.
Des démons aux tentacules fouisseurs souillent les lieux saints, profanent les vierges et écartèlent les paysans.
Seul un homme comme Kurogane peut se dresser sur leur route et tenter de contrecarrer leurs funestes plans.
Mais Kurogane est-il encore un homme ?

NUMERO 15 : "GORE STORY" de Gilles Bergal :

"Il se pencha sur le cadavre sanglant, l'attrapa par les cheveux, trancha la gorge. Pratiquement pas de sang. Le cœur avait cessé de battre, et rien ne venait propulser le liquide de vie dans les artères pour asperger les murs. Il le regrettait un peu. Il avait rêvé de ce jet puissant capable d'arroser un mur à plusieurs mètres de distance."

***

Dur de tuer quelqu’un, même un personnage de roman. Fabien, auteur à succès de la sanglante série « Bloody Marie » en fait l’expérience lorsqu’il décide de se débarrasser de son encombrante héroïne. Parmi ses fans, tous ne l’entendent pas de cette oreille. Et bientôt quelqu’un se met à trucider ses proches en copiant ses romans, dans l’espoir de le faire revenir sur sa décision. Mais Fabien est têtu et n’a pas peur du sang… tant que ce n’est pas le sien.

C'est du lourd les gars ! Vous en bavez, hein ? Et attendez de voir les illustrations. Elles feront l'objet d'une prochaine chronique comme il se doit.

Infos complémentaires sur le blog de TRASH, notamment sur les auteurs concernés.

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