Les proies de l'ombre - Charles L. Grant

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les proies de l'ombre - Charles L. Grant

Onze contes fantastiques modernes par celui que Stephen King considère comme « un des meilleurs écrivains de sa génération, ou de n'importe laquelle ». Né en 1942. Charles L. Grant est une des figures de premier plan du fantastique moderne anglo-saxon II a écrit dans ce domaine plus d'une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, sans parler de ses oeuvres sous pseudonymes, le plus souvent humoristiques.

Il est également l'anthologiste le plus important du genre et a déjà fait paraître dix volumes de la série Shadows. ainsi qu'une dizaine d'autres anthologies comme Nightmares, Terrors, Horrors, etc.. où l'on trouve les meilleurs auteurs de fantastique. Charles L. Grant a reçu deux fois le Nebula Award pour ses oeuvres de science-fiction et il a été couronné par trois fois du World Fantasy Award pour ses nou­velles et ses anthologies dans le domaine du fantastique.

En France, ses nouvelles ne figurent que dans quelques anthologies (dont, chez NéO, « Trois saigneurs de la nuit » de Jacques Finné). Ce volume constitue donc une première à ne pas manquer.

Agréablement surpris pour l'ensemble des récits proposés dans ce recueil. Une originalité de l'intrigue se développe à chaque conte et les thèmes de prédilection de l'horreur sont bien remaniés. Un parc pour enfants avec une faille vers un nulle part, le vampirisme dans une mégalopole... le tout est de bonne facture !

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Envoyez la soudure ! - Carter Brown

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Envoyez la soudure ! - Carter Brown

Un bon polar d'Alan Geoffrey Yates (alias Carter Brown) ne fait jamais de mal à personne... sauf à ses personnages. Auteur très prolifique, il publiera sous des pseudos divers : A.G Yates, Tex Conrad, Caroline Farr, Tom Conway... en fonction des genres proposés aux éditeurs (western, horreur, SF...). Parmi ses romans noirs, on peut distinguer la série d'une cinquantaine de polars consacrée au Lieutenant Al Wheeler, personnage créé en 1955 par Carter Brown. Ce lieutenant, héros d'une cinquantaine de romans, travaille dans la ville imaginaire de Pin City, aux environs de Los Angeles. La série se terminera en 1983. Envoyez la soudure est le septième opus et date de 1959.

Carter Brown est un auteur à ne pas méconnaître pour son style brut sans fioritures. Moins technique que James Hadley Chase, il écrit néanmoins de bonnes intrigues teintées d'humour et de rebondissements permanents. Le lieutenant Wheeler est un sacré phénomène à la gouaille sévère. Certes les nombreux calembours et jeux de mots peuvent rebuter lors des dialogues mais cela reste très plaisant à lire. Le rythme est soutenu, les femmes sont belles et peu timides, les collègues flicards sont véreux ou idiots, le whisky coule à flots et les flingues crachent ! On n'en demande pas plus. Dans ce polar, le thème principal est une arnaque sur une assurance vie. Wheeler s'incruste dans le milieu des collecteurs, drague toutes les minettes qu'l croise sur son chemin, fréquente les bars, pratique de nombreux adultères toujours pour le bien de l'enquête au détriment d'un shériff (son supérieur) qui le couvre par défaut.

Brown se s'emmerde pas avec des descriptions ou du temps qu'il fait. Seule l'intrigue compte. Place aux dialogues et au rythme. Vous dévorez ce bouquin en quelques heures et c'est cela, à mon sens , le but d'un polar. Il doit être divertissant avant tout et Brown fait du bon boulot en la matière.

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La chambre dans la tour - E.F Benson

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La chambre dans la tour - E.F Benson

Edward Frederic Benson (1867-1940) descendait d'une lignée unissant religion et fantastique. Son ancêtre Edward White Benson, archevêque de Canterbury, aurait raconté à Henry James l'histoire de possession dont l'écrivain allait tirer Le Tour d'Ecrou. Suivirent Arthur Christopher Benson et Robert Hugh, auteurs oubliés du genre (ghost stories, livre des morts...). E.F Benson sort de Cambridge "bardé de diplômes" en 1889. Fouilles en Egypte en 1895 avant de finir ses jours paisiblement comme maire de Rye où avait vécu Henry James. Les deux hommes ne furent d'ailleurs jamais mariés ! Premier recueil en 1912 et le dernier en 1934. Lovecraft appréciait Benson.

Benson nous délivre un recueil horrifique découpé en trois parties. Les récits sont extraits des The EF- Benson Room in the Tower, Visible and invisible, Spook stories et More spook stories.

Variations sur un vampire présente "La chambre dans la Tour", "Mrs Amworth" ainsi que "Et nul oiseau ne chante". La nouvelle éponyme relate l'effroyable révélation d'un rêve prémonitoire qui le poursuit depuis quinze années tandis que le deuxième récit se déroule dans le paisible village de Maxley, Sussex. Le narrateur est l'un des habitants. Son voisin se consacre à l'étude des phénomènes étranges de la nature humaine. Une veuve d'un fonctionnaire des Indes vient s'installer : c'est Mrs Amworth. Tout le monde aime aussitôt sa sociabilité sauf Francis Urcombe, le voisin du narrateur. "Et nul oiseau ne chante" est un des vers de La Belle Dame sans merci de Keats. Chose curieuse, la créature qui hante le bois est nommée : "Cela" par un personnage. Comme quoi Stephen King s'en est peut-être inspiré ! Rien que pour ce court récit, ce livre doit être compulsé. Tous les textes sont narratifs et à la première personne. Cela donne de l'action à l'histoire.

Les monstres du dehors est un chapitre ne comportant qu'un seul titre : "Negotium Perambulans...". A l'extrême pointe de la Cornouaille se trouve un village isolé de pêcheurs, Polearn. L'ambiance rappelle "Dagon" de notre cher Lovecraft mais, hélas, la chose ressemble beaucoup à celle du récit précédent ! On a souvent reproché la pauvreté thématique de Benson.

Les monstres du dedans est la plus grosse partie (et la meilleure !) du recueil car on y trouve six récits... de qualités inégales. "Home sweet home" est une mélodie pianotée par le fantôme d'une femme assassinée. "Le sanctuaire" ne m'a guère convenu par contre. Je fus dans l'impossibilité de plonger dedans avec délice ! "Les chenilles" est sans doute le meilleur texte de Benson. Très court — il fait douze pages — c'est à nouveau une ghost story dont le cadre est la Villa Cascana en Italie... peuplée de maudites chenilles. "La maison du coin" est habitée par un couple dont un petit homme est terrifié par une femme monstrueuse lui bavant des injures continuellement.

Un des meilleurs récits de ce recueil. "Le visage" est une nouvelle banale et éculée tandis que "Les singes" rappelle le métier de Benson car le récit traite de malédictions égyptiennes, de momies et conclut, d'honorable manière, cette anthologie.

Malgré des thèmes récurrents et des trames répétitives, Benson est néanmoins un auteur à découvrir pour parfaire sa culture de l'étrange. La prose est belle, les effets de scène sont de bonne facture ; ce qui rend un ensemble cohérent et plaisant à lire. De Benson, j'apprécie surtout les descriptions de lieux et les atmosphères climatiques. Le style "Jean Ray" n'est pas loin !

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Chroniques martiennes - Ray Bradbury

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Chroniques martiennes - Ray Bradbury

Ce recueil de 26 nouvelles est une pure merveille. L'introduction de Bradbury en début de roman, intitulée "Green Town, quelque part sur Mars ; Mars, quelque part en Egypte" est savoureuse. Nous apprenons beaucoup sur le mystère de la création chez Bradbury : "Plus jeune, au temps où je poursuivais mes études ou vendais des journaux à la criée, je faisais ce que la plupart des écrivains font à leurs débuts : je rivalisais avec mes aînés, imitais mes pairs, m'interdisant du même coup toute possibilité de découvrir des vérités sous ma peau et derrière mes yeux." et surtout l'origine des Chroniques. L'auteur rappelle principalement que, contrairement à l'idée reçue, cette œuvre n'est pas de la science-fiction mais de la mythologie à l'état pur.

Ceux qui ont pour habitude de ranger les écrivains dans des catégories sournoises et rétrogrades diront certainement que c'est un auteur du même genre que Richard Matheson... mais ils se trompent... gravement. Les Chroniques Martiennes (parues à la fin du printemps 1950 et encensées par Heard, Isherwood et Huxley) sont, à mes yeux, une mélancolie colorée. Par la magie de sa prose si particulière, Bradbury nous fait humer l'atmosphère de Mars. Nous suons avec lui sous l'immense ciel bleuté de Mars. Mais attention !... sous des travers ou déguisements sensoriels, le tragique guette parfois ! C'est le destin d'une planète qui se meurt avant une renaissance.

En ce sens la nouvelle "Les Hommes de la Terre" qui relate la deuxième expédition de quatre Terriens en août 2030 est exceptionnelle ! Nous y retrouvons un humour remarquable de concision dans les dialogues mais la chute est cruelle. L'équipage sonne à la porte de Mrs Ttt et attend des effusions, des hourras car c'est la première fois qu'une expédition humaine arrive sur Mars. Ils éprouvent un besoin de reconnaissance officielle, des félicitations du peuple martien... mais leur déception est grande !... Personne ne s'intéresse à eux. C'est du Kafka sidéral ! D'une drôlerie géniale.

Que feriez-vous si, en arrivant sur Mars, vous rencontriez des amis, des parents, des frères... disparus depuis les années 50 alors que vous êtes de la troisième expédition d'avril 2031 ! Ce récit est un joyau de l'horreur... non de l'horreur brute et facile... une terreur simple qui s'immisce dans le raisonnement du lecteur et qui s'épanouit dans les dernières lignes. C'est la terreur la plus difficile à retranscrire et Bradbury a relevé le défi brillamment.

"...Et la lune qui luit" est une nouvelle capitale, fondamentale. Elle relate la quatrième expédition en juin 2032... mais Bradbury y dévoile surtout une critique virulente de la société américaine et de l'association tronquée de l'art à la vie... "Pour les Américains, ça a toujours été une chose à part. Quelque chose qu'on relègue dans la chambre du haut, celle de l'idiot de la famille. Dont on prend une dose le dimanche, avec éventuellement un petit coup de religion. Chez les Martiens, tout coexiste, art, religion et le reste." Mais c'est principalement le constat amer d'une humanité désespérée et avide de puissance, castratrice de libertés individuelles, qu'énonce le soldat Spender et qu'il transmet, après sa mort, au capitaine Wilder. C'est à partir de ce moment que les chroniques démontrent une intensité nouvelle et visionnaire et c'est à ça que Bradbury se démarque des auteurs contemporains... sa prose est d'une poésie et d'une féerie rares.

"Tout là-haut dans le ciel" est un pamphlet contre le racisme américain envers les noirs. Ce court récit est incroyable de sensibilité et de pertinence. La dernière réplique cédée par le quincailler Teece est d'un ridicule rare et, sur ce coup, Bradbury prend une autre dimension. Il est grand ! Après s'être remis de cette merveille, nous arrivons à un hommage envers Edgar Allan Poe... il s'agit évidemment de "Usher II". C'est une douce vengeance qui ravira les admirateurs des œuvres fantastiques, de Chaney, de Karloff et de l'Imaginaire en général. Cette nouvelle est primordiale : on y devine les prémices de Fahrenheit 451 : "L'ignorance est fatale"...

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L'ange du foyer - Charles Williams

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

L'ange du foyer - Charles Williams

En matière de polars, je tourne principalement avec cinq auteurs : Dashiell Hammett (Sam Spade), Raymond Chandler (Marlowe), Simenon (Maigret), Jim Thompson (Le démon dans ma peau) et Charles Williams, l’auteur du renommé Fantasia chez les ploucs. Le hard-boiled est magnifiquement illustré chez Williams, sans fioritures ni intrigues à la Christie ou Narcejac. C’est du pur et dur !

Quelques personnages, un décor à la Erskine Caldwell et de l’action. Dans ce bouquin, l’action se déroule dans une ferme durant les années 50. Le vieux Cass Neely est sénile, le fiston Sewell est recherché par toutes les polices (surtout après s’être enfui en découpant la main menotté du flic avec un canif après lui avoir tiré une balle dans la tête), le second fils Mitch qui scrute avec misère la montée de la rivière qui risque de ruiner la production de coton, Jessie la jeune sœur complètement sous l’emprise de Joy, la femme de Sewell, une vipère sans âme et obnubilée par ses attraits physiques envers les hommes.

Vous mélangez le tout et vous obtiendrez un polar rude comme un whisky sec (mais moins psychotique qu’un Jim Thompson) où, forcément, le final sera pessimiste et cruel. Mais la vie est cruelle les amis. Et Williams l’avait bien compris depuis plus de soixante ans.

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Le boucher de Chicago - Robert Bloch

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le boucher de Chicago - Robert Bloch

Robert Bloch, fidèle à lui-même, romance à merveille et avec une certaine légèreté l'histoire du Boucher de Chicago, tueur en série assez méconnu malgré l'originalité de ses crimes. Ce meurtrier nommé Herman W. Mudgett est plus connu sous le pseudonyme de H.H Holmes (1860-1896) et Bloch le nomme G.G Gregg dans ce polar. Cet homme était un génie du crime, une sorte de Landru américain qui se fit construire un château à l'angle de la 63ème Rue et de Wallace Avenue en 1893 lors de l'ouverture de l'Exposition Universelle.

Médecin douteux qui fera un trafic de cadavres durant ses études de jeunesse, il va séduire de nombreuses femmes et s'en débarrasser après avoir transféré des fonds importants pour ses affaires, notamment sa pharmacie et son hôtel meublé dont il louera des chambres aux touristes venant à la Foire. Mais l'ingéniosité de cet homme sera diabolique : "Le "Château" de Holmes fut terminée en 1892 et l'Exposition de Chicago ouvre le 1er mai 1893. Pendant cette période de six mois ,l'usine de mort de Holmes tourne à plein régime.L' hôtel est complet et le bourreau choisit ses «clients» avec prudence. Elles doivent être riches, jeunes, belles, être seule et ne pas recevoir de visites à l'improviste d'amis ou de parents. Le rez de chaussée relativement normal , outre l'accueil est composé de boutiques comme la pharmacie ou une bijouterie , mais Holmes installa au sous-sol et dans les étages supérieurs des centaines de pièges, des escaliers qui ne mènent nulle part, des chambres secrètes, des portes coulissantes, des labyrinthes et des passages secrets à partir desquels il épie ses clients.
C'est un labyrinthe de plus d'une centaine de salles sans fenêtres avec des portes qui s'ouvrent sur des murs de brique et ou qui ne peuvent être ouvertes de l'extérieur. Caché sous le plancher, un système ingénieux électrique permet grâce à un tableau d'affichage caché dans le bureau de Holmes, de détecter le moindre mouvement de ses futures victimes. La simple ouverture d'un robinet de gaz peut asphyxier les occupants de quelques chambres."

Bloch ne va pas entrer dans les détails sordides et macabres mais va plutôt orienter son récit dans un style plus noir et de suspense. À la lecture de cette intrigue, G.G Gregg ne semble pas aussi démoniaque que son modèle qui, on ne le saura sans doute jamais, est responsable de la mort de 20 à 230 personnes selon les disparitions recensées dans le quartier en 1893.

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Consécration !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Consécration !

Sur la page officielle Wikipedia consacrée à la bio de Richard Ramirez, mon roman est cité dans la partie bibliographie ! Je pense que ça sent la réédition à plein nez ! Je sens que TRASH va entrer en bourse grâce à moi et qu'une statue de mon auguste personne sera déposée devant le parking du siège social de TRASH !

Les dirigeants de TRASH baiseront mes pieds de bronze et feront des offrandes sacrificielles avec du sang de jeunes vierges dédiées à la cause du gore. Des chants rauques seront psalmodiés à la gloire de mon immense génie. Je deviendrais le Wicker Man d'Angers.

Putain que c'est bon d'être vénéré.

Tout ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Ramirez

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Emoragie - Brain Salad

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Emoragie - Brain Salad

Lorsque la nuit tombe sur Londres, les monstres sortent… Car, de nos jours, la magie existe. Ni balai volant ni baguette magique : les sorciers dégénérés sont les mutants de l'underground. Face à eux, ceux qui les nettoient car personne ne doit savoir…

Extrait :
L’appartement s’apparentait à un énorme abattoir aux faïences ébréchées. Tranchées dans le sens de la longueur et emballées sous plastique, des carcasses humaines pendaient aux crochets rouillés. Le cadavre d’une gamine nue reposait sur un plan de travail ; un géant à tête de taureau la fendit en deux d’un coup de hachoir.

Ce premier roman de Brain Salad (connu aussi sous le nom de Willy Favre) est une réelle réussite. Je ne suis pas ici pour brosser le dos des copains dans le sens du derme et ce blog est fait pour rendre des modestes avis éclairés et ressentis de mes lectures. Donc, ce roman atypique est une réussite. Réussite visuelle, réussite intemporelle, réussite de genre et réussite de fond. Ce fatras underground londonien est un savoureux cocktail de multiples influences. C'est comme si vous mixiez du Paul Féval, du Clive Barker, du Gaiman, du Dickens, du Koja, du Powers, du Cybersix, du Brown (Fred et pas Carter... suivez un peu, bordel !) et que ce mélange volatile serait destiné à faire vomir Harry Potter !

Donc, ce roman est une réussite. De l'émo-punk vengeresse, des créatures lovecraftiennes, des ambiances hardcore, des trouvailles incroyables et des destins qui se croisent dans le sang et la magie. Si je ne me retenais pas, je crois bien que ce Emoragie est mon préféré de la collection. Pourquoi ? Parce que ce bouquin n'est pas dans mes habitudes et que j'ai été surpris. Et j'aime être surpris dans ce monde vil et fade. Du coup, je veux une suite. Vite. Pitié !

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Le triomphe de la mécanique - K.H Strobl

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le triomphe de la mécanique - K.H Strobl

Voilà un exemple de littérature fantastique allemande à ne pas méconnaître. Ce recueil n'est pas une découverte car c'est ma seconde lecture de cet ouvrage passionnant paru chez Le Masque Fantastique, célèbre collection où je possède quelques bons auteurs.

Cet écrivain autrichien est né en 1877 à Iglau et décédé en 1946. Venu très tôt à la littérature, il fera paraître ses premiers textes dès le début du siècle. Ses contemporains du genre se nomment H.H Ewers, Meyrink ou encore Perutz. Son recueil le plus célèbre est Lemuria, publié en 1921. Cette édition du Masque Fantastique reprend sept nouvelles extraites de Lemuria. Les obsessions de Strobl se tournent vers l'attrait de la mort, le sang, le morbide et le macabre dans un style remarquable et ciselé.

Mon séjour au Père Lachaise inaugure ce recueil de bien belle façon. Pour gagner la somme de deux cent mille francs, un jeune homme accepte de résider dans le caveau d'une aristocrate russe durant une année pleine. Le serviteur Yvan de la défunte livre deux repas gastronomiques par jour à ce scientifique qui étudie le déclin de la matière. Au fil des jours, il constate que la luminosité nocturne a des effets secondaires sur le marbre de la sépulture.

Mon aventure avec Jonas Trom rappelle le ton et l'ambiance du Club du Suicide de R.L Stevenson. Un club des insouciants encense les jeux, les fêtes et la générosité. L'arrivée d'un curieux personnage nommé Jonas va faire bousculer l'osmose du groupe en les invitant dans une soirée orgiaque et montrer ainsi son véritable visage.

Un étudiant taciturne vient de perdre sa compagne dans Danse macabre. Ses amis le forcent à venir à une fête pour se changer les idées. On devine l'intrigue très vite mais la manière dont est amenée l'histoire permet une lecture fascinante du thème la bien-aimée qui revient hanter son amour terrestre.

La tête est sans doute mon récit préféré de ce recueil car il nous plonge durant la Révolution Française. Le corps d'un supplicié décapité garde une conscience après sa mise en terre. La tête garde une âme propre et raisonnée des évènements qui secouent la france. Il parvient à rejoindre un corps sans tête et se scinde au cou d'une femme mutilée.

Les fans de Shakespeare et de Hamlet en particulier adoreront Laërtes qui relate la vengeance d'un homme envers un comédien à la réputation magistrale dans sa façon de jouer Hamlet. Le châtiment est inéluctable et se jouera sur scène devant des spectateurs conquis.

Le petit homme qui faisait des saignées est un récit classique où le Diable s'invite dans un couvent à la place d'un médecin-chef. Même le tableau du Christ sera horrifié par sa présence.

Le triomphe de la mécanique termine ce recueil de façon parodique et humoristique. Un génial inventeur de jouets mécaniques fait l'objet d'un complot du maire pour l'empêcher d'acquérir un terrain pour la construction d'une usine. Sa vengeance sera de libérer un milliard de lapins mécaniques dans la ville pour obtenir gain de cause. La chute est une pure merveille d'inventivité dans sa simplicité.

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La crypte de l'horreur - Robert Bloch

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La crypte de l'horreur - Robert Bloch

Cette anthologie est préfacée avant chaque récit par Bloch lui-même ! Ce livre est donc indispensable pour les amateurs d'épouvante. Je préfère les nouvelles de Bloch plutôt que ses romans. La couverture est d'enfer et j'ai eu ce bouquin pour seulement huit euros.
Le Totem maudit figure parmi les histoires favorites de Bloch. Récit adapté en 1968 pour la télévision anglaise dans une série intitulée "Journey Into The Unknown". Thème classique d'un gardien de musée épouvanté par un totem indien d'Alaska, aux six têtes sculptées.

La crypte de l'horreur fut écrite sous l'influence de son ami Lovecraft et appartient au cycle du mythe de Cthulhu. Bon récit d'une cave maudite où se terre une créature derrière une porte de fer. Hélas la chute est grotesque ! Dommage, dommage.

Bloch regrette d'être souvent catalogué dans le macabre et la terreur. Il se fait plaisir à écrire quelques nouvelles d'humour noir pour ses lecteurs. C'est le cas pour Le squelette vivant où un héritier découvre le squelette de son défunt oncle dans une armoire ! Le tas d'os parle et boit avec son neveu ! Il désire se venger de son assassin.

La malédiction de la maison est un procédé inversé par Bloch. Irrité par les nombreux récits de maisons hantées, il détourne le concept et offre ici la narration d'un homme hanté par le fantôme d'une maison.

Le corps et l'esprit est la seconde collaboration de Bloch avec son ami Henry Kuttner. Le thème du sérum de vie utilisé par un homme fait irrésistiblement penser à Re-Animator.

Le diable et ses pompes est un pacte avec le Diable. Tête-à-tête relate l'enquête d'un détective qui découvre un cadavre sans tête. Le stratagème utilisé pour confondre le meurtrier sera théâtral. A dire vrai reprend le thème du génie qui exauce tous vos vœux. Hélas, l'heureux bénéficiaire va tout foirer par une étourderie.

Le savant fou est une confrontation entre un savant expert en cultures hydroponiques et un écrivain de science-fiction. Entre-eux se dresse un problème : l'épouse du scientifique.

La réception est un récit banal de fin du monde.

Recueil plaisant à parcourir malgré des nouvelles assez inégales. Ne parvient pas à surpasser le remarquable Contes de Terreur du même auteur.

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