Auteur versus littérature populaire ?

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Un de mes lecteurs a dit que Bloodfist lui semblait plus proche du « livre d’auteur » que du roman de gare. Si je comprends ce qu’il a voulu dire, je ne suis pas vraiment d’accord avec lui. En fait, il n’y a pas pour moi la littérature dite « populaire » d’un côté et les « auteurs » de l’autre. À mon avis, les deux expressions ne s’opposent pas forcément. Lovecraft, par exemple, n’a été édité de son vivant que dans des publications pulp bon marché. De même pour Clark Ashton Smith. Or tous les deux étaient des auteurs. Et des sacrément bons, en plus.

Même chose pour les regrettés Manchette et Fajardie dans le domaine du Polar. Autres exemples tout aussi frappants, Corsélien/Kââ et Marc Agapit n’ont écrit que des romans de genre. Du Gore et du Polar pour le premier, de l’Angoisse pour le second. Eux aussi étaient pourtant bel et bien des auteurs. Ce qui est d’ailleurs valable pour le cinéma : à mes yeux, Jess Franco, Jean Rollin et Dario Argento sont des « auteurs ».

Alors à quoi je reconnais un auteur ? Pour faire simple et rapide : à son style et à ses obsessions (ses thèmes récurrents, et sa façon de les traiter). Et il est très important selon moi qu’on puisse trouver des auteurs dans les collections populaires. Parce que c’est la meilleure assurance que les genres traités vont être bousculés et rénovés. Qu’ils vont évoluer de l’intérieur. Voilà ce qui m’intéresse. Les machines à mouliner du cliché, les livres vite (et souvent mal) écrits et vite oubliés, c’est pas ce qui me fait vibrer.

Des bouquins pulp, j’en ai lu beaucoup : de l’horreur, du Polar et du Gore, et les seuls qui m’ont vraiment frappé ont été écrits par des « auteurs ». Pas par les pisse-copies assermentés payés au feuillet par les éditeurs pour boucher les trous. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à dire qu’on se souvient des collections Angoisse et Gore surtout grâce à Agapit, Steiner, Corsélien et Nécrorian (dont la signature est à mon sens reconnaissable, malgré son style « blanc »).

D’autre part, je disais dans le deuxième article de cette série que j’avais essayé d’intégrer dans Bloodfist la plupart de mes influences. La collection « Désordres », dirigée par Laurence Viallet, en était une. Pas spécialement une collection populaire, mais des auteurs comme Peter Sotos et Kathy Acker m’ont beaucoup marqué. D’où, sans doute, le côté un peu « hybride » de mon bouquin. Certains ont même été jusqu’à le rapprocher de Nuit Noire pour cette raison, ce qui est évidemment un grand honneur pour moi. Il est vrai que j’ai des goûts communs avec Christophe (Manchette, Sotos) et qu’il dit lui-même être venu au Gore « par accident ».

Pour autant, si vraiment je devais effectuer une distinction entre les différentes tendances de la collection, je placerais d’abord MurderProd et Lumpen aux côtés de Nuit Noire. À eux trois (quatre, si on tient compte de Bloodfist), ces romans incarnent la ligne « dure » et « noire » de TRASH. En gros, avec ces bouquins-là, on n’est pas là pour rigoler. Et je trouve que le style de Kriss Vilà et Janus, de même que les thèmes qu’ils développent, font que leurs romans respectifs sont aussi « marqués » et personnels que celui de Christophe (et le mien, donc).

D’un autre côté, on trouve bel et bien dans notre catalogue des bouquins ouvertement pulp ou du Gore « old-school », ce qui permet de varier les plaisirs. Car la diversité est un élément capital pour continuer à surprendre et éviter de tomber dans le piège de l’uniformité. Ces sous-genres distincts sont donc aussi importants les uns que les autres. D’autant plus que les différences entre eux justifient autant que leurs points communs l’idée même d’une collection.

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La mort putride - Fétidus

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ce bouquin est un paradoxe. Il peut sembler très mauvais et rédigé avec les pieds... et une excellente base de travail pour un jeune auteur qui désire se lancer dans le gore. Pour ma part, je me suis plongé dans l'histoire avec délectation, malgré ses faiblesses évidentes. D'abord pour le décor : désert de l'Arizona et ses monts Growler. Puis ses personnages loufoques et risibles. Une journaliste qui passe le plus clair de son temps à poil (faut avouer qu'il fait chaud), une sorte de sorcier-démon nommé Wükkztôxqs qui dirige la confrérie de la Putréfaction Rénovatrice, des adeptes complètement azimutés du bulbe, un shérif, des mexicains migrants...

L'atmosphère est digne d'un Nécrorian sous ectasy. Délires nécrophages, chairs putréfiées... on peut dire que, dès le premier chapitre, c'est franchement dégueulasse. On ne saisit pas toutes les subtilités (origine de la secte, ses buts précis...), mais on s'en fout un peu. Le lecteur avide de cul et de sang en aura pour son pognon. C'est donc un bon petit bouquin qui joue son rôle et qui contentera le lecteur par son style direct au premier degré. Idéal pour se vider la tête en deux heures. Je tiens à rappeler, pour la énième fois, que Fétidus n'est pas un pseudo de Laurent Fétis (Brain Splash, "La cervelle contre les murs"), mais celui d'Yves Bulteau.

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Bayou par Davidoff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

"J'adore les deux dernières pages. Entre Usual Suspects, David Lynch et Julio Cortazar. Surtout Cortazar, d'ailleurs. Perso, c'est la fin que je préfère car elle rend hommage, revendique, assume, explicite l'onirisme (et non pas l'onanisme) dont Zaroff fait preuve dans son Bayou. Car il y a de l'onirisme (et pas de l'onanisme... quoi queue) là-dedans. Une première scène avec un crash d'anthologie, suivi de dizaines de pages poisseuses où l'on sent la moiteur du bayou, des sexes qui se rapprochent, des légendes locales, des groupuscules de dégénérés que seuls le soleil, l'humidité et la consanguinité latentes peuvent justifier.

À côté de cet étalage de cul, de débilité... le plaisir. Moins sombre, beaucoup moins sombre que son Night Stalker, on sent que Zaroff a laissé une large place à la déconne pour son Bayou. On est loin du noir urbain, on est loin de la psychopathie crade, on est dans le rêve et les légendes, on est écrasés de chaleur au-milieu de rien. Et ça fait du bien car le plaisir qu'a pris Zaroff a écrire ce récit est largement communicatif. Hommage à la littérature de genre, hommages aux gros nibards, hommage au Baron Samedi, ce Bayou est aussi bon qu'une branlette, et mérite bien une séance d'onanisme littéraire."

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Entretien avec Nelly Chadour # Part 2

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Entretien avec Nelly Chadour # Part 2

Quand y en a plus, y en a encore. C’est que dame Chadour a des choses à dire. Et les membres de L’Écritoire ne sont pas en reste. Mais notre Plumitive Punitive en a vu d’autres, et a vaillamment continué à faire front seule contre toutes et tous. Ça tombe bien, les restes, on aime bien ça, sur ce blog. Surtout quand il y en a assez pour rassasier nos lecteurs.

Eimelle :

Coucou Nelly ! Une femme de caractère avec plein de talent ! Moi aussi, j’ai des questions. La principale : comment fais-tu pour tenir le coup ? Je veux dire, moi, après 7 à 8h de boulot, je suis rincée, tellement crevée que je suis incapable d'écrire. Le week-end : pareil. Tellement rincée que je ne peux pas, et quand je veux, le temps de me mettre dans l'ambiance, de me lancer (peur de la page blanche), il me faut plusieurs jours d'affilée (que je n'ai pas !)

Ma deuxième question : comment tu corriges tes textes pour qu'ils soient bien propres ?

Ma troisième question : est-ce qu'à présent que tu as du réseau (trash, Rivière Blanche, Les Artistes Fous), tu vas aux projets ou les projets viennent à toi ? Je veux dire : est-ce qu'on t'appelle régulièrement pour te demander tel écrit sur tel sujet ? Si oui, au bout de combien de publications cela s'est-il produit ? Comment en es-tu arrivée à cette étape ?

Quatrième question : est-ce que tu écris toujours seule ou avec un éditeur qui te relis régulièrement et te guide (comme le très apprécié et sollicité Léonox) ?

Et cinquième question : combien de temps as-tu attendu avant de pouvoir publier régulièrement ? Outre tes essais chez Gallimard et autres, est-ce que tu as essuyé beaucoup de refus lors d'AT, ou tout est passé nickel dès le premier coup (un peu à la manière Bruno Pochesci) ?

Voilà. Ceci était un interrogatoire en règle.

Nelly C. :

Faut pas lancer des défis à Eimelle avec une épée en plastoc, elle revient aussitôt avec un tank. Meuh ! Le truc un peu ennuyeux, c'est que tu vas vite découvrir à travers mes réponses qu'il n'y a pas de cocktail magique ou de réponse-épiphanie, chaque auteur a un mode de fonctionnement qui lui est propre, une énergie intérieure qui n'appartient qu'à lui.

1. comment fais-tu pour tenir le coup ?

L'envie de raconter de me libérer des histoires qui encombrent mon esprit, peut-être ? Je ne tiens pas le coup à proprement parler, mais le fait d'avoir réussi à me libérer un peu de temps (je bosse 32h au lieu de 35 et depuis chez moi ce qui me libère une heure et demie supplémentaire que je perdais dans les transports) a été salutaire. Mais des fois, l'esprit et le corps ne suivent pas et je me traîne comme un golem en plomb. De toute façon, je vais bientôt voir une psy et je suis sous bêta bloquant car la fatigue me ruine un peu la vie. Si ça n'altère en rien mon travail en tant qu'auteure, je risque de sérieuses emmerdes dans mon couple et mon job alimentaire.

Et pour ce qui est se mettre dans l'ambiance, je suis toujours dans l'ambiance de mon récit, même au quotidien. Je dois être un peu autiste et de ce fait, je me force à sortir un peu, à voir des amis, sinon, je suis bien partie pour vivre en ermite.

2. comment corriges-tu tes textes pour qu'ils soient bien propres ?

Certains auteurs laissent un peu décanter après le premier jet, afin d'avoir du recul, de mon côté, je me lance tout de suite dans la correction. Le recul, je l'ai dès le début, l’avantage, peut-être, d'avoir un œil très critique et une estime de moi assez mauvaise ? Enfin bref, toujours est-il que je m'impose une correction très sévère (en tout bien tout honneur, rhooooo !)et que je repasse toujours trois fois sur mon texte. Même au bout de trois fois, cependant, je laisse passer des conneries, mais une connerie par page, aux yeux d'un éditeur, je pense que ça reste pardonnable. Ah et puis, je dois remercier Robert Darvel du Carnoplaste qui, à travers ses corrections du premier Diane, m'a montré comment fluidifier encore plus mon texte. Moi qui avais tendance à charger la mule de mots malmenés (huhu), j'ai appris à alléger un max en mémorisant un peu les notes de mon éditeur-correcteur.

3. est-ce qu'à présent que tu as du réseau, tu vas aux projets ou les projets viennent à toi ? Je veux dire : est-ce qu'on t'appelle régulièrement pour te demander tel écrit sur tel sujet ? Si oui, au bout de combien de publications cela s'est-il produit ? Comment en es-tu arrivée à cette étape ?

Je vais essayer de donner une réponse d'ensemble : les projets ont commencé à venir à moi après la publication de ma première nouvelle éditée chez Malpertuis. Je me suis constitué un réseau car j'ai eu du bol, il se trouve que Romain d'Huissier, Julien Heylbroeck et Robert Darvel avaient écrit une nouvelle dans cette même anthologie. J'ai vite sympathisé avec Romain qui fréquentait le même forum ciné que moi. Comme il cherchait des auteurs pour Dimension Super Héros chez Rivière Blanche, il m'a proposé une petite place. Ce que j'ai accepté, bien entendu. Et j'ai écrit la Disgrâce de Cagliostro. Robert Darvel, qui publiait un fascicule de Romain chez le Carnoplaste, a lu ma nouvelle et elle lui a plu. Le sujet était pile dans ce qu'il recherchait pour une série de fascicules façon Angélique et il a fait appel à mes services pour ce qui serait plus tard les Aventures de Diane d'Aventin. Ensuite, Julien m'a proposé d'écrire pour TRASH et les choses se sont enchaînées toutes seules. Même les Artistes Fous, c'était du réseau depuis le début car Maniak, leur dessinateur, est un vieil ami qui aimait bien les conneries que j'écrivais sur les forums. Ils ont donc spontanément fait appel à moi pour les Contes Roses et Marron. En revanche, les autres publications chez eux sont des réponses à leurs AT. Mais si on fait un bilan, en bref, la moitié de mes publications sont des commandes, donc oui, on fait régulièrement appel à ma plume.

4. est-ce que tu écris toujours seule ou avec un éditeur qui te relis régulièrement et te guide (comme le très apprécié et sollicité Léonox) ?

La première phase d'écriture et de relecture, je suis toujours seule. Puis quand j'ai bien corrigé mon texte, il peut m'arriver de faire appel à un bon ami qui a l’œil sur les trous de scénar pour lui proposer le boulot fini. Il aime beaucoup les Aventures de Diane donc, ça lui fait plaisir et ça m'aide beaucoup. Mais la plupart de mes travaux sont envoyés après un travail en solitaire. Sous la Peau, je l'ai envoyé sans autre point de vue que le mien à Léonox, qui m'a fait corriger deux trois trucs et coquilles et raccourcir le dernier chapitre trop long. Sinon, je ne sollicite personne pour trouver des idées, j'arrive à éviter les écueils de la page blanche et les conseils que je reçois après envoi sont souvent sur la forme. Même si le copain cité précédemment avait repéré pas mal de trucs qui ne marchaient pas sur le deuxième Diane. Ses conseils ont grandement amélioré le récit.

5. Naëlle a déjà posé le même genre de question. Alors pour simplifier, disons que j'ai attendu presque 20 ans avant d'être publiée et tout de suite, les choses se sont faites régulièrement. J'ai dû avoir deux-trois refus d'AT (Malpertuis, surtout) depuis 2011, mais ça va.

Similien :

Qu'en est-il du lectorat ? Des fidèles, des "fans" qui te suivent réellement (pas au sens propre, hein) ou surtout le lectorat habitué des différents éditeurs qui te publient ? Arrive-t-il que des lecteurs achètent un ouvrage collectif uniquement pour pouvoir lire ton texte ?

Schootswater :

C'est mon cas !

Nelly C. :

On le tient, on le tient, le lecteur fidèle ! Enfin ça fera deux avec un autre fidèle lecteur qui se fait appeler Phil le Poulpe et qui me suit depuis ma première nouvelle chez Malpertuis, c'est marrant. Ceux que mon boulot intéresse vraiment doivent se compter sur les doigts d'une main, pour l'instant, car je crois surtout qu'on me lit plus particulièrement par rapport aux éditeurs qui me publient. Mais si tu veux une vraie et bonne réponse précise et non à base de "je crois" et "je pense", je vais être obligée d'établir une fiche de chaque lecteur. D'ailleurs : Bonjour, M.Schootswater, c'est pour un sondage...

Françoise GRDR :

Je suis la troisième fan, si, je t'assure !!! Je regarde si ton nom figure dans un recueil avant de me décider à tourner les pages et à acheter (mais pour l'instant, je me calme sur les achats...)

Similien :

Fidéliser un lectorat est si difficile, pour les nouvellistes... Plus que pour les romanciers, j'imagine. C'est déjà très chouette que tu puisses compter sur des personnes comme Schootswater mais, tout de même, au regard de ta bibliographie, ce doit être frustrant...

Léonox :

(Nelly, je me permets)

Similien, Nelly éprouverait peut-être une vague frustration (et encore, pas sûr que ce soit bien le genre de la maison, mais bon) si elle n'écrivait que des nouvelles. Seulement c'est très loin d'être le cas. Entre ses deux fascicules au Carnoplaste, son roman chez TRASH et son recueil Sibilla chez Rivière Blanche, son nom figurera bientôt seul sur quatre volumes distincts.

Et en effet, miser sur le format long si on a l'ambition de "fidéliser un lectorat" est préférable. Parce que les gens comme Schootswater, Françoise et Phil le Poulpe sont des exceptions. A part eux, je ne connais personne qui achète une antho pour lire un seul texte. Personne. Avant de rencontrer ce fou furieux de Poulpe, je croyais même qu'il s'agissait d'une légende urbaine.

Géraldine BM :

Merci Nelly pour toutes ces infos. C'est sympa de partager ton parcours. C'est très instructif, et ça me fait me sentir moins à l'ouest, parce que c'est du vécu et que tu le racontes bien, avec beaucoup d'humour même si tu as des passes pas faciles.

Nelly C. :

Merci, Géraldine, c'est gentil. J'espère que ça reste instructif même si c'est très personnel.

Pour en revenir au lectorat, on prend peut-être le problème à l'envers. Sans sous-estimer l'importance des lecteurs bienveillants et fidèles, qui sont aussi essentiels au bouche à oreille, j'ai pour premier souci d'écrire un texte qui me plaise et susceptible de plaire à l'éditeur qui m'aura accordé sa confiance ou à qui j'envoie une soumission (coucou Catherine)

Se soucier de fidéliser un lectorat, ce serait vouloir satisfaire tout un groupe d'individus avec des attentes aussi variées que leur caractère, et les risques de tomber dans le fan service sont grands ! ("tiens, ce lecteur-ci et ce lecteur-là aimeraient une scène d'amour saphique à chaque chapitre pour les prochaines aventures de Diane. C'est partiiiiiiiiiiii !")

Quant à la frustration, j'estime déjà avoir fait un grand pas en avant en accrochant l’œil d'une jolie poignée d'éditeurs, je laisse les goûts de chacun et la chance amener leur moisson de curieux (j'ose pas encore dire "fans")

(D'ailleurs, ma page Facebook ouverte depuis 2 ans s'enrichit très lentement, mais il y a plein de "likers" que je ne connais absolument pas et qui ne sont même pas des amis d'amis. Je trouve que c'est un signe très encourageant)

Naëlle :

Nelly ! Je suis allée fouiner du côté de Facebook et j'ai trouvé ta page d'auteur. J'ai cru comprendre que tu fais partie d'une troupe de théâtre. Ma question est donc : est-ce que ça t'aide d'une quelconque façon dans l'écriture ? À faire des dialogues plus réalistes, ou bien à avoir une narration plus pêchue, ou que sais-je ? Est-ce que ça te donne envie d'écrire des pièces de théâtre orientées horreur, fantastique et tout le toutim ? Je suis sûre qu'on tient un filon !

Nelly C. :

Oups ! Naëlle qui poste pile poil quand je réponds !

Si le théâtre m'aide dans l'écriture, la réponse est oui, et c'est la même chose pour le cinéma, le musique, le dessin. Bref, le fait de goûter à plusieurs cultures m'est d'un grand secours ! Le dessin et le cinéma ont développé une imagination visuelle, la musique génère un rythme et des images, et le théâtre est nickel pour élaborer des dialogues qui sonnent juste, comme tu as dû le deviner, mais aussi pour retranscrire les émotions des personnages. En effet, on m'a souvent répété pendant les cours, et au sein de la troupe, qu'il fallait essayer de ressentir les émotions du personnage et non faire semblant (pourtant, j'ai pas encore réussi à pleurer sur scène, meeeerdeuh !)

Pour ce qui est d'écrire une pièce, une ancienne copine avait pour projet qu'on écrive un slasher en trois pièces-cuisine, mais l'idée et l'envie sont mortes avec notre amitié. Ça reviendra peut-être un jour, qui sait ? Pour essayer de ressusciter le Grand Guignol ? Mais je ne me sens pas encore prête à sauter le pas.

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Bayou par Catherine Robert

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Catherine est l'auteure de GRETA chez TRASH. En plus d'être une remarquable écrivaine (même si elle a l'énorme défaut d'être Belge), c'est aussi une chroniqueuse avisée et une sacrée bouquiniste. Merci à elle pour cette gentille critique de mon bouquin.

Zaroff, c'est le gore amusant, les répliques cocasses, les situations amusantes. Quand on le lit, on se marre. Bayou est donc très divertissant et, à mon avis, l'auteur fait plus fort qu'avec son premier opus, "Night stalker" (pourtant déjà bien bon), son style s'est encore amélioré, la structure du récit est plus solide, la plume plus décontractée, plus vive, et plus relâchée.

Zaroff s'est fait plaisir en écrivant, et ça se sent. De scènes improbables en scènes porno, il a pris son pied. Le résultat est jouissif, même si le cul est un peu trop présent (quoique ça ne m'ait pas dérangée, difficile à expliquer, mais ça va avec le récit), et si la fin me semble moins solide dans sa structure (des détails, mais qui enlèvent un peu du réalisme). J'ai aussi adoré les deux dernières pages du bouquin, fallait y penser.

Bref, du Zaroff, drôle, direct, imaginatif, et percutant. Une lecture qui devrait plaire à beaucoup.

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Le rituel - Adam Nevill

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le rituel - Adam Nevill

Assez mitigé sur ce bouquin. On présente cet auteur comme le nouveau maître de l'horreur en Angleterre. Bon, faut pas déconner non plus. Il n'a pas la puissance de feu d'un Clive Barker ou d'un James Herbert. Pourtant ça démarrait fort. Quatre amis (qui se connaissent depuis la fac) se retrouvent au fin fond de la Suède pour une randonnée. Vu que deux d'entre eux sont des boulets (manque de sport, ventre bedonnant, genou flingué...), le chef de la bande (Hutch) décide de prendre un raccourci à travers une forêt immense. C'est à ce moment que leur calvaire commence. Animaux éventrés pendus dans les arbres, ruines séculaires, ossuaire... et surtout une étrange créature tapie dans la forêt et qui traque le groupe. La première partie de cette équipée sauvage est remarquable. Tout est formidablement décrit, l'angoisse nous prend aux tripes, l'atmosphère, légendes païennes.

C'est à la seconde partie que ça part en couilles. On tombe dans un truc foireux. Black métal, dieux anciens... ça traîne en longueur et terminer ce livre demande un effort certain. Les fans de The Wicker Man devraient s'y retrouver... un peu. C'est bien écrit, mais l'ensemble manque de cohérence. Sans doute que ce bouquin est trop long. Le côté fantastique ne fonctionne pas. Il aurait fallu garder l'aspect Blair Witch de la première partie uniquement. Déçu.

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Bayou par Lekarr

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Je connais Lekarr depuis un bout de temps et c'est toujours un plaisir de lire ses chroniques sur son blog SF EMOI (lien à droite). Ses avis sont judicieux, pertinents et intelligents. Merci à lui.

Le seul reproche, bien timide, que j’avais adressé à Zaroff sur son premier roman tenait au manque de surprises de son intrigue. Et encore, cela était en partie dû au fait qu’il s’inspirait alors de faits réels - de l’itinéraire d’un tueur en série - ce qui réduisait d’autant le champ de ses possibilités.

Avec « Bayou » il a eu les coudées plus franches et ne s’en est pas privé. Ku Klux Klan, sorciers vaudou, zombies, braconniers zoophiles et jolie nymphomane, le bougre n’a pas lésiné sur les moyens. Mais avant de me répandre en louanges sur son chouette bouquin je vais tout de même lui faire quelques petites observations vicelardes, histoire de lui rabattre un peu de sa superbe.

Ma première observation est d’ordre stylistique. Zaroff s’est bien documenté, en particulier sur le Ku Klux Klan et le culte vaudou. Cela apporte une réelle plus-value à son roman, lui donne davantage de fond, du véridique. Mais la façon dont certains termes spécifiques sont introduits et parfois un peu maladroite. Un exemple : « La femme se releva et remua son açon, hochet sacré fait d’une calebasse recouverte d’une résille de grosses perles de couleur et de vertèbres de serpents. Elle le tenait d’une… ». L’explication du mot açon, ainsi présentée, a tout de la notice encyclopédique. Un simple renvoi en bas de page eut été plus efficace. Nous aurions ainsi bénéficié de la définition de ce terme inconnu et la lecture en eut été allégée.

Mon second bémol a trait au contenu. C’est une évidence, le sexe est une figure imposée du gore. Mais dans « Bayou », il est omniprésent, trop à mon goût. Presque tous les chapitres comportent une scène de cul et, contrairement à ce que prétend Rocco, trop de cul, tue le cul. Elles sont heureusement extrêmement variées. Zaroff connaît son kamasutra. Il a une imagination débordante et ses personnages ne se contentent pas toujours des trois orifices que les dieux ont donnés à la gent féminine (merci Gainsbarre). Les femmes sont d’ailleurs ravalées au rang d’objets sexuels sur lesquels les hommes assouvissent leurs fantasmes les plus crus. Et oui « Bayou », c’est pas un bouquin à mettre entre les mains d’une femen !

Mais qu’on se rassure, tout cela nous est heureusement conté avec un humour redoutablement efficace. Qu’il soit vulgaire ou plus fin, plein de sous-entendus et de private joke, il fait mouche à tous les coups. Les situations sont toujours extrêmement cocasses (la turlute dans les chiottes est un véritable morceau d’anthologie) et même les scènes les plus gores sont hilarantes tellement la violence en est outrancière.

Le choix des personnages y est aussi pour beaucoup. Comme dans « Night Stalker », l'auteur a opté pour les figures traditionnelles des séries B américaines. Un shérif qui traîne un lourd passif, une adjointe sexy et peu farouche, un maire autoritaire… rien de particulièrement original, mais les portraits sont soignés et les personnalités délicieusement poussées à l'extrême. Il y a également plein de seconds rôles qui n'influent en rien sur l'intrigue mais donnent à l'ensemble une touche "couleur locale" du plus bel effet. Je pense notamment au chasseur de ratons laveurs, ceux qui ont lu le livre comprendront !

Mais c’est surtout dans les dialogues que Zaroff donne le meilleur de lui-même. Son roman est un véritable festival de répliques désopilantes. Les conversations entre ses personnages sont absolument tordantes, parfois même presque surréalistes. Je me suis en tout cas régalé de bout en bout et le sourire n’a pas quitté un seul instant le coin de mes lèvres. Zaroff est décidément un grand maître du gore comique.

Pour ce qui est de l’intrigue, on n’est pas déçu non plus. Comme je l’ai dit plus haut, l’histoire est plus aboutie que celle de « Night Stalker ». Il y a cette fois une enquête originale, un vrai mystère à élucider. J’aurais sans doute préféré un peu plus d’investigations de la part de son shérif, qu’il agisse davantage et subissent moins les évènements, mais les 150 pages en vigueur chez Trash ne permettent pas forcément ce genre de développements. En l’état, elle est néanmoins tout à fait satisfaisante. Les chapitres très courts lui donnent un rythme endiablé et cette confrontation originale entre le KKK et la magie vaudou tient toutes ses promesses.

Alors si vous aimez le sang, les larmes, les glaires et les sécrétions séminales, ce livre est fait pour vous.

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Entretien avec Nelly Chadour # Part 1

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Entretien avec Nelly Chadour # Part 1

Naëlle, l’une des administratrices du forum L’Écritoire Des Ombres, a eu l’excellente idée d’initier un dialogue avec l’auteure de Sous la peau et des Aventures de Diane d’Aventin. Ni une ni deux, les autres membres du forum se sont aussitôt engouffrés dans la brèche, et non dans Nelly, afin de la soumettre à la question. Mais Nelly n’est pas de celles que l’on soumet.

Naëlle :

En regardant ta bibliographie, je remarque que tes premières publications remontent à quatre ans, et que depuis, pfiouuu ! ça s’enchaîne ! Alors dans un premier temps, les questions lambda : depuis combien de temps tu écris ? Et quand est-ce que tu as commencé à te dire que publier, ça serait une chouette idée, et que tu as envoyé des textes à des AT ? Combien de temps entre les premières soumissions et le premier « oui » ?

Nelly C. :

Depuis mes premières rédactions, à 8 ans. Je me suis rendu compte que ma plume n'était pas dégueu du tout quand mon institutrice a confié à ma mère qu'elle gardait toujours mes compositions pour la fin, car elle était sûre d'en apprécier la lecture. Du plus loin que je me souvienne, j'adorais créer des histoires, je dessinais des petites BD par paquet de cent (merci papa qui me ramenait des tonnes de ramettes de papier du boulot), et puis j'emmerdais ma mère quand elle me racontait des histoires car je ne les trouvais pas à mon goût et je voulais toujours ajouter mon grain de sel. Et finalement, voir qu'une grande personne autre que mes parents, trouvait de l'intérêt à ce que j'écrivais a été un déclic. J'allais être écrivaine et je n'en ai pas démordu.

Quant à l'envie d'être publiée, elle m’est venue au collège. Bon, ça va être moyen rigolo à révéler, mais j'étais très seule et suicidaire et je voulais laisser une trace de mon boulot. J'ai donc commencé un recueil de nouvelles, puis un roman de fantasy. J'ai lâché le premier et continué le second que j'ai terminé à 18 ans. La psyché allait un peu mieux mais j'étais toujours bien décidée à être publiée. J'ai donc envoyé le manuscrit un peu partout chez de gros éditeurs : Fleuve Noir, l'Atalante, etc. Mais, soyons honnête, je ne suis pas Rimbaud, ce roman était du grand n'importe quoi merdique et aurait-il été correct, même 20 ans auparavant, les gros éditeurs étaient assez élitistes.

Bref, comme Sœur Anne, je n'ai rien vu venir. Je n'ai pas baissé les bras, j'ai écrit un deuxième, puis un troisième roman qui ont suivi le même parcours et ont été refusés. A l'époque, je ne savais absolument pas qu'il y avait des petits éditeurs et je ne répondais donc à aucun appel à texte car je n'avais aucun écho, aucune idée de la façon de commencer à mettre un pied dans l'édition. Puis une copine à qui j'avais confié mes rêves irréalisables me parle de l'AT pour les éditions Malpertuis. C'était en 2010. Quelques mois après, j'apprenais que mon texte était accepté. Ah, ma deuxième réponse répond à ta troisième question.

Zaroff et Paladin :

Ça a l’air sympa comme tout, Sibilla. C’est adapté d’une BD, non ? Ça sort quand et ça parle de quoi exactement ?

Nelly C. :

Sibilla, c’est elle : http://www.hexagoncomics.com/sibilla.htm

Une héroïne de BD des années 70, remise au goût du jour par JM Lofficier de Rivière Blanche, et comme son background n'a pas encore été très étoffé, on m'a proposé d'écrire un recueil avec de nouvelles aventures. Les personnages ne m'appartiennent pas, mais les récits, ils sont inédits, ils sont made in bibi.

Donc très basiquement, ce sont des enquêtes surnaturelles à la X Files (je la fais évoluer sur le terrain flanquée son collègue et ami, le journaliste Leonardo Verga, un sceptique indécrottable et je m'attarde pas mal sur la relation liant ces deux-là) à base de fantôme thaïlandais dégueulasse, de sorciers malfaisants, de golems et autres protagonistes d'outre-tombe. C'est du pulp assez sage avec pour seule concession un peu trash mon fantôme thaï gluant et vicieux. Si tout va bien, le livre sortira en février.

Léonox :

Joli teaser. Mais moi je veux en savoir plus. Donc : combien de nouvelles contiendra le recueil (mes sources m'avaient parlé de cinq textes, mais sont-elles fiables ?) ? Peux-tu nous donner les titres des récits, ou c'est encore trop tôt ? As-tu déjà une idée du calibrage total ? Où en es-tu de cette couverture… problématique, disons ?

Par ailleurs, peux-tu nous présenter tes nouvelles pour Dimension TRASH et Bestiaire humain ? Enfin, la question à cent sous : quels sont tes projets post-Sibilla ?

Nelly C. :

Tes sources sont fiables ou à peu près, il y aura bel et bien cinq nouvelles dans ce recueil. Cependant, la première sera une version remaniée d'une histoire déjà publiée dans le premier Dimension Super-Héros. Il me semblait important de joindre ce récit non inédit car on retrouve un des personnages dans la nouvelle centrale qui, elle, est inédite.

Les titres seront :

  1. La disgrâce de Cagliostro

  2. Un admirateur

  3. Cercles mortels

  4. Histoire de Fantôme Thaïlandais (coucou, Tsui Hark et Ching Siu-Tung

  5. Lucia

Pour le nombre de signes, là, c'est encore un peu tôt car je n'ai pas fini les corrections qui consistent à enlever du gras. Pour l'instant, j'en suis à 488k après avoir terminé un premier jet de 531k. Concernant la couverture, j'ai contacté un copain très doué qui m'a proposé un dessin plus « comics », pile dans l'esprit BD que j'avais en tête. Cependant, je ne suis pas sûre d'avoir l'aval d'un des éditeurs, apparemment satisfait de la première couverture qui transforme cette pauvre Sibilla en gothopouffe... Mais on verra, j'attends que le dessin commandé soit terminé avant de proposer un changement.

À propos des nouvelles pour Dimension Trash et Bestiaire Humain, la première s'intitule Sacré Gril (oui, oui, c'est volontaire) et relate le martyre de Saint-Laurent, devenu depuis le saint patron des cuistots. Mais tout est raconté du point de vue du bourreau, un joyeux gaulois sadique versé dans les arts du supplice et le défonçage de culs masculins. Pour Bestiaire Humain, j'ai proposé un texte, d'Encre et de Regrets, qui suit dans le Texas des années 30, les pas d'une jeune institutrice endeuillée, traquée par une créature étrange. L'histoire s'inspire sans vergogne de la mort de Robert E. Howard. J'ai à peine changé les noms, et ceux qui ont vu le film the Whole Wide World avec Renee Zellweger et Vincent d'Onofrio seront en terrain familier.

Et après Sibilla ? Je vais reprendre les aventures de Diane d'Aventin pour un troisième fascicule et emmener mon infortunée héroïne dans un voyage de noce cauchemardesque. Puis je vais essayer de terminer deux nouvelles pour, respectivement, Rivière Blanche et les Artistes Fous et tenter un concours de nouvelles de SF pour les Utopiales de Nantes. Ensuite, suivant mon inspiration du moment, écrire la suite de Sous la Peau, ou développer deux de mes récits, Caraville et Narconir, en recueils complets, sans parler de deux projets de romans qui se sont fait une place dans ma liste des choses à écrire, et un très vieux récit d'heroic fantasy qui me fait du pied et me supplie de le remanier. Maso ! (Ah ! et j'oubliais une nouvelle pour un concours de l’Écritoire !)

Paladin :

Quelle énergie ! Tu te défonces aux amphets pour trouver l'inspiration et la pêche d'écrire tout ça ? Lire des gens comme toi me booste !

Nelly C. :

Haha, je me fais des cures de vitamine C, mais il m'arrive de m'effondrer (là, je suis en période un peu down, vite des kiwis !). Pour l'inspiration, la machine à créer marche toute seule, je régurgite enfin et en permanence des décennies de lectures et de visionnages de séries et de films. La pêche, par contre, beuh... elle est capricieuse, je suis feignasse, et ai tendance à tout remettre au lendemain, donc je me fais très souvent violence, d'une force...

Mais faut que je m'accroche aux compensations. Booster les gens, déjà, lecteurs ou auteurs, c'est gratifiant. Faire oublier à un lecteur qu'il est à l'hôpital à attendre que sa sœur sorte du bloc opératoire, ça donne carrément un sens nouveau à ce boulot, moi qui naguère n'écrivais que pour moi et j'essaie de garder en tête d'autres exemples. Donc, la pêche, j'ai vraiment besoin des autres pour l'alimenter, ce que tu viens de faire avec tes quelques mots et pour cela, je te remercie de tout mon cœur.

Léonox :

Merci pour tes réponses au sujet de Sibilla, Nelly.

Ainsi as-tu viré 43 000 signes. Ben dis donc, c'est quand même pas rien. Mais 488k, ça reste du musclé. Coïncidence amusante, tu auras donc égalé à toi toute seule le calibrage de Dimension TRASH. On devrait donc avoir droit à un beau bébé dodu d'à peu près 300 pages. Miam. Et pour la couv', je croise les doigts, parce que là c'est vraiment pas possible.

Sinon, ce passage m'a intrigué :

« Ensuite, suivant mon inspiration du moment, écrire la suite de Sous la Peau, ou développer deux de mes récits, Caraville et Narconir, en recueils complets »

La suite de Sous la peau, on en reparlera bien sûr en des lieux moins publics, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de recueils ? À ma grande honte, je n'ai pas lu les nouvelles que tu mentionnes (d'ailleurs, justement, si tu veux nous en parler, n'hésite pas), aussi je ne vois pas trop ce que tu envisages. Tu entends écrire d'autres textes dans le même univers ou transformer ces récits en romans ? Et dans la première hypothèse, à qui les soumettrais-tu ?

Parce que ce n'est pas à toi que je vais apprendre la difficulté de placer un recueil de nouvelles (Sibilla étant bien sûr une exception à plusieurs titres : d'une part il s'agit d'une commande, ensuite, elle a pour vocation d'étoffer le reboot de l'Hexagonverse développé par Jean-Marc, et enfin, je crois que ton recueil contiendra une novella en tête de gondole, ce qui est toujours aidant chez Rivière Blanche fin de la parenthèse). So what ?

Nelly C. :

Nous parlerons donc de la suite de Sous la Peau entre quatre z'yeux sans aucun souci, j'attendrai ton feu vert pour attaquer. Et pour répondre aux questions suivantes :

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire de recueils ? A ma grande honte, je n'ai pas lu les nouvelles que tu mentionnes (d'ailleurs, justement, si tu veux nous en parler, n'hésite pas), aussi je ne vois pas trop ce que tu envisages. Tu entends écrire d'autres textes dans le même univers ou transformer ces récits en romans ? Et dans la première hypothèse, à qui les soumettrais-tu ? »

Concernant les deux nouvelles suscitées, Narconir et Caraville sont respectivement publiées aux éditions numériques Astéroïdes, complètement laissées à l'abandon (et l'éditeur étant aux abonnés absents, je vais mettre la nouvelle en ligne gratuitement sur un autre site, ça lui fera les pieds) et chez les Artistes Fous Associés dans l'anthologie l'Homme de Demain. Dans les deux cas, les lecteurs qui ont aimé m'ont souvent demandé si je comptais développer les univers car, selon eux, il y a matière à en raconter plus. Et comme souvent chez moi, au moment de dire non, des idées ont germé dans tous les sens, un peu comme les fœtus monstrueux sur le corps de Samantha Eggar dans Chromosome 3.

Et pour présenter vite fait les deux nouvelles, Narconir est le nom d'un tranquillisant efficace contre les insomnies les plus tenaces, mais dont l'un des effets secondaires les plus notables est de matérialiser les rêves du dormeur. Le récit suit les mésaventures d'une petite famille dont le père a pris de ce médicament et ne veut se passer de ces rêves. Pour de très bonnes raisons. Des thématiques qui peuvent être sympas à développer comme les cauchemars matérialisés, le scandale pharmaceutique et les lobotomies forcées n'y sont qu'esquissées et j'aimerais en parler plus en détail. Quant à Caraville, c'est une variation involontaire du Transperceneige (le film était en tournage au moment où j'écrivais et je ne connaissais même pas la BD, la honte !) dans laquelle on suit Furette, une orpheline au cœur d'un conglomérat suffoquant de voitures et camions accolés pour former une ville en perpétuel mouvement.

Pour le format prévu, je ne sais pas encore, ce n'est qu'à la phase de projet. Je pourrais faire comme Bradbury dans l'Homme Illustré et construire des nouvelles autour d'un fil directeur (suivre des rêveurs à travers les enquêtes d'un employé d'entreprise pharmaceutique qui veut effacer les preuves, découvrir le parcours des différents habitants de Caraville, etc.). Et donc, si j'en reste au format recueil, je pense envoyer mes textes à Malpertuis, la Volte, Rivière Blanche et les Moutons Électriques car il me semble que ces quatre éditeurs publient des nouvelles et que mes récits peuvent correspondre à leur ligne éditoriale.

Catherine Robert :

Moi, je voudrais bien poser des questions, mais y a rien qui arrive dans mon cerveau vide. Parce que si je demande : es-tu plutôt grand blond bronzé et sportif ou petit brun intellectuel,
je suis pas sûre que ce soit bien le genre d'interrogations attendues dans cet entretien.

Françoise GRDR :

Étonnant, tu es un concentré de volonté, je suis admirative ! J'aimerais te remercier pour ta façon franche d'aborder ton travail et je garderai dans ma tête ton exemple à suivre. Pour les questions : tu tapes (sur un clavier) ou tu griffes (le papier) à la plume ? Tu préfères le jour ou la nuit ?

Cancereugène :

T'envoies du pâté, quand même ! C'est une interview qui énerve, un peu (non, je ne suis pas jaloux !) J'aime bien la question de Françoise : jour ou nuit ? À laquelle j'ajouterais : est-ce que tu « sens » quand un texte est publiable ou pas ?...

Raven :

Je peux t'embêter moi aussi ? Tu écris où ? Partout ou dans ta tanière secrète? Dans quelle ambiance ? Sur un bureau parfaitement ordonné et dans un silence monastique ou dans un joyeux capharnaüm ?

Nelly C. :

Ah hou ! Au secours ! Plouf, plouf ! Il en tombe de partout !!
*agite ses petits bras tatoués en faisant glouglouglou*

Répondons dans l'ordre, ce qui est contraire à ma nature bordélique (vous allez voir à quel point).

@Catherine : Du moment que le mec n'est pas trop dégueu, aime se cultiver, ne pète pas plus haut que son cul, n'est pas jaloux et ne me flique pas, peu m'importe s'il est blanc bidet, bronzé chocolat, blond brun, roux, chauve, etc.

@Françoise : Ooooh, bah merci à toi. Après, je ne sais pas si je suis un exemple à suivre, enfin, pour la persévérance, je suppose, oui, ça finit par payer. Et pour répondre à tes questions : :

Tu tapes (sur un clavier) ou tu griffes (le papier) à la plume ? Tu préfères le jour ou la nuit ?

J'écris principalement chez moi, surtout depuis que je bosse à domicile, mais il m'arrive d'écrire dans le train, sur un cahier, au bic ! Certains chapitres de mes deux Diane et tout le début de Sous la Peau ont été écrits dans le métro, sur un cahier.

Et principalement le jour, par malchance, je suis une grosse dormeuse.

@Cancereugène : Houhou, j'aime bien énerver les gens, mais vu qu'on se revoit très bientôt, j'espère que tu seras calmé d'ici décembre.

Est-ce que tu "sens" quand un texte est publiable ou pas ?...

Heu... Pfffffou ! J'ai toujours l'impression que c'est foiré même après avoir relu le texte plusieurs fois. Donc je n'ai aucune certitude, tout ce que j'essaie de faire, c'est rendre le boulot le plus propre possible pour mettre toutes les chances de mon côté. Léonox, ce gros sadique, me faisait des comptes-rendus de Sous la Peau, chapitre par chapitre et je me rongeais les ongles à attendre, persuadée qu'il allait détester la suite alors qu'il avait été emballé par les premiers chapitres.

@Raven : Certaines réponses à Françoise devraient t'éclairer sur le premier feu de tes questions, mais quand je suis dans ma tanière secrète, j'écoute de la musique au casque pour m'élaborer une petite bulle (souvent rompue par gros chat con qui veut bouffer mes dessins et gros mec con qui n'a toujours pas bité, en 10 ans de vie commune, que casque sur les oreilles = autisme passager d'écrivaine méchante, foutre la paix) et de préférence, seule. Dans les transports, bien installée, ça peut marcher aussi car nous sommes seuls dans la foule.

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