Bayou par Davidoff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

"J'adore les deux dernières pages. Entre Usual Suspects, David Lynch et Julio Cortazar. Surtout Cortazar, d'ailleurs. Perso, c'est la fin que je préfère car elle rend hommage, revendique, assume, explicite l'onirisme (et non pas l'onanisme) dont Zaroff fait preuve dans son Bayou. Car il y a de l'onirisme (et pas de l'onanisme... quoi queue) là-dedans. Une première scène avec un crash d'anthologie, suivi de dizaines de pages poisseuses où l'on sent la moiteur du bayou, des sexes qui se rapprochent, des légendes locales, des groupuscules de dégénérés que seuls le soleil, l'humidité et la consanguinité latentes peuvent justifier.

À côté de cet étalage de cul, de débilité... le plaisir. Moins sombre, beaucoup moins sombre que son Night Stalker, on sent que Zaroff a laissé une large place à la déconne pour son Bayou. On est loin du noir urbain, on est loin de la psychopathie crade, on est dans le rêve et les légendes, on est écrasés de chaleur au-milieu de rien. Et ça fait du bien car le plaisir qu'a pris Zaroff a écrire ce récit est largement communicatif. Hommage à la littérature de genre, hommages aux gros nibards, hommage au Baron Samedi, ce Bayou est aussi bon qu'une branlette, et mérite bien une séance d'onanisme littéraire."

Commenter cet article