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Érèbe ou les noirs pâturages - Shaun Hutson

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ce bouquin est un inédit dans la collection GORE : c'est l'unique roman paru en grand format. Ce fut un échec commercial pour deux principales raisons, le prix et une distribution mal boutiquée. Et on comprend mieux pourquoi Hutson gagnait à être coupé et remanié. Dieu que ces 254 pages sont longues ! Autant le premier quart est bien foutu (notamment la scène du carnage dans les abattoirs), mais après ça ronronne jusqu'au final.

Une entreprise fournit un aliment révolutionnaire pour le bétail dans la petite ville de Wakely. Bientôt les fermiers sont étonnés par la croissance phénoménale de leurs cochons, truies, porcelets, veaux, poulains, juments. Les animaux deviennent hargneux et sont attirés par le sang. La protéine artificielle agit comme un virus sur les consommateurs également. Se métamorphosant peu à peu, ils craignent la lumière, des poils poussent sur leurs paumes, les canines s'allongent, la peau devient translucide... en somme, ils se muent en vampires pour ceux qui n'auraient pas compris cette incroyable énigme. On se marre en suivant les deux principaux protagonistes (un fermier et une journaliste) qui mettent trois plombes à faire le lien entre l'alimentation des bovins et la mutation des habitants, alors que le lecteur lobotomisé le devine dès le deuxième chapitre.

Le récit ressemble vite à un truc fade de zombies qui n'étonne personne. On sait que l'auteur aime le thème des mutations, ici c'est la porphyrie, mais il en rajoute des caisses jusqu'à la conclusion qui ne surprend guère par son originalité. Hutson, c'est idéal sur un format de 150 pages. Ensuite, ça devient besogneux. Difficile de faire mieux après le fabuleux "Les larvoïdes" !

Je signale que c'est mon dernier bouquin de Shaun Hutson. Sera-t-il encore traduit un jour ? On croise les doigts. Malgré ses nombreux défauts, l'auteur anglais reste un pilier du genre.

Rappel de tous les titres de Hutson chroniqués ici...

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Le démon des âges troubles - Igor Watkins

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le démon des âges troubles - Igor Watkins

Je ne vais pas vous mentir, j'ai trouvé ce bouquin guère fameux. Pourtant, le cadre est idéal : un village perdu dans les montagnes du Pays de Galles, une centrale hydro-électrique, une tempête qui s'abat sur l'Europe... et un démon qui s'échappe des entrailles de la terre. Le personnage principal est John Casson, ingénieur chargé de contrôler cette centrale électrique et d'en surveiller le barrage.

Toute la région se retrouve inondée, des prisonniers s'échappent d'une prison... bref, c'est la merde. Ajoutons à tout ce bordel un nommé Dewi qui a le pouvoir de déchaîner les éléments et qui s'en sert pour tuer ceux qui ne se rangent pas à sa cause religieuse, aidé d'une prédicatrice faisant office de pasteur. Cette femme peut diriger le démon pour assouvir ses fantasmes mystiques.

Hormis cette trame, le texte est plat et sans relief. Ce n'est pas un véritable gory à la Shaun Hutson. Je ne sais pas si ce récit a souffert à la traduction, mais tout est survolé malgré de nombreuses pistes pertinentes. Les descriptions des meurtres ne feraient pas frémir un gosse de primaire, ça manque cruellement de sexe (même si un viol est rapidement brossé où trois frangins s'occupent de la prêtresse sur un canapé miteux au fond d'une taverne) et le démon est vaguement esquissé. On se surprend à rire en constatant qu'il a la fâcheuse habitude d'emprunter les ascenseurs plutôt que de traverser les murs !

Un bouquin à éviter, sauf pour les lecteurs d'une horreur plus classique et d'atmosphère.

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GORE : Best Of des volumes français

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Je vous partage une vidéo postée par David Didelot pour vous familiariser avec les meilleurs romans gore français. Nécrorian, Corsélien, Andrevon, Houssin... avec du Iron Maiden pour rythmer le tout. Bref, c'est du bon. Merci David. On en redemande.

 

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La mort putride - Fétidus

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ce bouquin est un paradoxe. Il peut sembler très mauvais et rédigé avec les pieds... et une excellente base de travail pour un jeune auteur qui désire se lancer dans le gore. Pour ma part, je me suis plongé dans l'histoire avec délectation, malgré ses faiblesses évidentes. D'abord pour le décor : désert de l'Arizona et ses monts Growler. Puis ses personnages loufoques et risibles. Une journaliste qui passe le plus clair de son temps à poil (faut avouer qu'il fait chaud), une sorte de sorcier-démon nommé Wükkztôxqs qui dirige la confrérie de la Putréfaction Rénovatrice, des adeptes complètement azimutés du bulbe, un shérif, des mexicains migrants...

L'atmosphère est digne d'un Nécrorian sous ectasy. Délires nécrophages, chairs putréfiées... on peut dire que, dès le premier chapitre, c'est franchement dégueulasse. On ne saisit pas toutes les subtilités (origine de la secte, ses buts précis...), mais on s'en fout un peu. Le lecteur avide de cul et de sang en aura pour son pognon. C'est donc un bon petit bouquin qui joue son rôle et qui contentera le lecteur par son style direct au premier degré. Idéal pour se vider la tête en deux heures. Je tiens à rappeler, pour la énième fois, que Fétidus n'est pas un pseudo de Laurent Fétis (Brain Splash, "La cervelle contre les murs"), mais celui d'Yves Bulteau.

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Décharges - Jean Viluber

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Décharges - Jean Viluber

Ouh la claque ! L'atmosphère de ce roman est formidable. Du G.J Arnaud sous ectasy. Le style de l'auteur est parfait, presque académique. Winburg, petite ville allemande nichée entre le fleuve Elver et les usines chimiques. Dans ce trou, deux personnages survivent à leur façon. Maus, un jeune homme à faciès de rat, croupit dans une décharge. Pas loin des détritus, une vieille habite dans une baraque où s'entasse tout un bordel dans des pièces closes et labyrinthiques. C'est Mémé Poubelles, Salomé de son prénom. Dans cet univers glauque et poisseux, un gamin nommé Peter est confronté à la violence familiale, entre un beau-père taré et un demi-frère violeur. Sa mère se fait tabasser et épiler les poils du cul tandis que le demi-frère aime racoler des gonzesses jeunes et timides pour les menotter au radiateur. Tout ceci sent le foutre et la vinasse.

Il ne faut pas oublier le gardien de la décharge (qui devient un zombie psychopathe), la patronne perverse et bourgeoise de la boulangerie (dont la principale activité est de de faire trimer la mère de Peter), les services sociaux qui tentent de mettre Salomé dans un hospice pour récupérer son terrain et d'en faire un parking et le fantôme du mari de Salomé.

Tout ce beau monde va mêler ces existences perdues et décomposées dans un climat social misérable et désespéré. À travers les séquences macabres, l'amitié entre Salomé et Peter est une bouffée d'espoir. Ce bouquin est remarquablement écrit et l'illustration de couverture est de haute volée. Je peux affirmer, sans me tromper, que Viluber fut le Balzac du Gore.

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Le retour des morts-vivants - John Russo

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le retour des morts-vivants - John Russo

Assurément, mon préféré de la trilogie. D'un ton plus gory et moins vieillot que les deux précédents opus, l'atmosphère se rapproche d'un "Street Trash" et il me tarde de visionner la version ciné de O'Bannon.

Toute l'intrigue se déroule en une seule nuit. La galerie de personnages est stéréotypée, mais elle fonctionne à merveille. Pour son deuxième jour de travail, Freddy est manutentionnaire chez Uneeda Medical Supply, un entrepôt stockant des squelettes, des animaux empaillés, fournitures médicales pour les universités et facultés. Son chef Frank Nello lui montre de curieux containers entreposés au sous-sol. Ils contiennent des cadavres baignés dans un liquide, de la Trioxine, cachés par l'Armée depuis le Vietnam. Forcément, ils font tomber un container et un gaz se répand. Avec l'aide d'un collègue embaumeur, ils brûlent le cadavre revenu à la vie dans un incinérateur. La fumée se dissipe dans les nuages et une pluie acide ranime les morts du cimetière...

Ici, le traitement est totalement différent et original. Impossible de tuer ces zombies. Même décapités ou mutilés, ils continuent à bouger ! Ils ont aussi le don de la parole, sont plus rapides et violents. On se paye une bonne tranche de rigolade lorsqu'une fillette morte-vivante appelle les secours à la radio. En parallèle, les amis de Freddy forment une bande de zonards, des punks à la recherche d'amusements crapuleux et de fornication sauvage. Tout ce microcosme va batailler dur contre la horde de cannibales et l'espoir de survivre sera vain. Le final conclut les événements dans un grand déluge de feu. Pour les fans de séries Z ambiance eighties, ce bouquin est vital et se dévore en quelques heures.

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Le réveil des morts-vivants - John Russo

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le réveil des morts-vivants - John Russo

À la base, Russo avait écrit "Le retour des morts-vivants" pour la suite cinématographique de "La nuit des morts-vivants" de Romero. Mais celui-ci décida de réaliser "Zombies" à la place en tant que suite officielle (en 1978). Du coup, en 1981, Tom Fox acheta les droits du roman de Russo, mais Romero ne voulait pas de confusion entre le scénario acquis par Fox et "Zombies". Vous suivez ou pas ? Je vais vous éviter les nombreuses péripéties entre les réalisateurs Romero, Fox et Dan O'Bannon (qui filmera "Le retour des morts-vivants" avec son propre scénario, mais dont Russo romancera le film éponyme). Vous voulez de l'aspirine ou pas ?

Bref, pour éviter une certaine confusion avec la novélisation du film de O'Bannon, la version traduite française deviendra "Le réveil des morts-vivants".

Tout ce bordel pour pas grand chose en fait. Cette suite de "La nuit des morts-vivants" (pour Russo et non Romero... c'est simple, merde !!!) est insipide. Je dois admettre que l'intrigue est un peu plus fouillée que la précédente, mais de nombreuses pistes ne sont pas exploitées à fond. Pourtant, le premier chapitre était convaincant. Le shérif Mac Clellan refait surface dix ans après les terribles événements, un révérend et son groupe de paroissiens, des pillards qui se font passer pour des flics, des jeunes femmes... Tout est survolé, les massacres s'enchaînent sans surprise, on ne retrouve le shérif qu'à la fin et ça se termine (quoi, encore ?) par un quiproquo identitaire. Pas de quoi fouetter un chat ce bouquin. Vu que je suis un teigneux, je vais tout de même lire le troisième opus (la novélisation du film de O'Bannon... si vous n'avez pas compris, relisez le début de cet article) et j'espère que ce sera mieux.

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La nuit des morts-vivants - John Russo

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La nuit des morts-vivants - John Russo

Ce bouquin a un mérite : il inaugure le premier titre de la collection GORE dès 1985. Paru en 1974, c'est une novélisation du film éponyme de Romero de 1968, dont Russo était le co-scénariste. On peut apprécier le remake de Savini sorti en 1990.

Ce roman est d'une facture basique, surtout à cause du tronçonnage effectué lors de la traduction. Je crois savoir qu'au moins 25 % du texte initial fut amputé pour respecter le calibrage de la collection. Milady a publié une version intégrale en poche. L'écriture est simple et directe. Ça se lit pépère et les codes du genre sont respectés. Un huis-clos étouffant, des personnages terrés dans une ferme et assiégés par des zombies. Ben, Harry, Tom, Helen, Karen, Judy et Barbara forment le noyau central. Ce sont surtout les rapports humains qui priment sur l'intrigue. Un homme couard et lâche se cachant dans une cave avec sa femme et sa fille, puis un garçon et sa copine. Ben est le leader qui mène de front les assauts.

Barbara est le personnage sans doute le plus grotesque. Son apathie durant toute l'histoire est d'une banalité affligeante. On se demande à quoi elle sert dans ce merdier. Des chapitres courts permettent de garder un rythme soutenu et le final vaut son pesant de cacahouètes. Un bon petit bouquin qui ne paye pas de mine, mais qui fait son boulot. On retrouvera avec plaisir le shérif Conan Mac Clellan dans l'opus suivant de la trilogie consacrée aux cadavres anthropophages ambulants.

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La galerie des horreurs - Patrice Lamare

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La galerie des horreurs - Patrice Lamare

Unique roman de Patrice Lamare, alias Patrice Herr Sang, dans la collection GORE. Cet "activiste culturel" (voir l'interview consacrée à cet auteur dans GORE, dissection d'une collection par Sam Guillerand) rend un bouquin puissant et formidablement addictif. Je le place direct dans les meilleurs gory de la collection.

Preuve que cet écrivain hors-circuits est talentueux, j'ai ressenti diverses influences stylistiques dans l'intrigue. Le premier paragraphe se passant dans un commissariat parisien est typiquement simenonien. Puis on frôle du G.J Arnaud avant de sombrer dans du H.G Lewis. On peut rapprocher l'intrigue à "Colore-moi rouge sang" même si l'auteur assure qu'il s'est inspiré de son entourage peuplé d'artistes délirants. J'ai également songé à Nécrorian pour le côté couple sanglant, comme le terrifiant duo Murderren de Blood-sex. Ici, nous avons affaire avec Ugo Lugosi et son chauffeur Bela Batori. Ugo est un artiste total bouffé par un délire psychotique et sanguinaire. Avec son complice, il attire des victimes dans une villa isolée. Le sous-sol cache des salles carrelées où l'artiste puise son inspiration criminelle.

Des jeunes femmes disparaissent, un aveugle, un couple échangiste... et tout un arsenal est déployé pour mutiler les corps : tronçonneuse, hache, explosifs, barres de fer. Les violences sont explicites et décrites avec un soin particulier. Le final nous offre un vernissage digne d'une atmosphère à la Kathe Koja et les dérives obsessionnelles au service de l'Art. C'est un bouquin magnifique, cruel, sordide et le détachement de l'artiste face à ses expérimentations fait froid dans le dos. La narration est parfaite, le scénario intraitable, les personnages brossés avec justesse et les bases du torture porn sont judicieusement esquissées. Merci M. Lamare pour ce beau moment de lecture.

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Fureur cannibale - Glenn Chandler

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Fureur cannibale - Glenn Chandler

Une heureuse surprise ce bouquin. Des meurtres cannibales en Angleterre ??? Des étudiants anthropologues sont associés à des crimes sauvages envers leurs proches. Le point commun : leur ancien professeur.

L'intrigue est assez linéaire mais l'ambiance est tout simplement géniale : un manoir perdu dans la campagne anglaise, un professeur machiavélique, des têtes réduites manipulatrices, une jungle artificielle, des abominations bien décrites, des chiens sanguinaires, des enfants rôtis au four, une tribu de Nouvelle-Guinée. Moi je me dis qu'un tel bouquin adapté par un Jacques Tourneur, cela aurait été du lourd.

Bref, je vous encourage à lire cette petite merveille aux saveurs de Cannibal Holocaust sauce english. Le style de l'auteur est simple et efficace et on regrette que cette version française ne soit pas plus longue car il y avait matière à en faire un festin. Un banquet de chair humaine bien évidemment !

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