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La mort invisible - Richard Laymon

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Même si Richard Laymon est un auteur phare dans le gore et l'horreur, je n'ai jamais été convaincu par son style que je trouve souvent ennuyeux. Et c'est encore le cas sur ce thème précis de l'homme invisible qui n'a pas grand chose à voir avec l’œuvre mondialement connue de Wells. Certes, le mythe de l'homme invisible est surtout un prétexte pour les fantasmes et les perversions, notamment le voyeurisme et le viol. Et Laymon en profite pour développer son intrigue dans ce roman paru en 1988, version originale sortie en 1985 sous le titre Beware !

Nous suivons les tribulations d'une journaliste, Lacey Allen, qui enquête sur les meurtres sauvages commis dans la petite ville d'Oasis. Elle va subir les foudres du criminel et, à sa grande surprise, constater que le violeur est indétectable. En parallèle, l'aventurier Dukane kidnappe une jeune fille sous l'emprise d'une secte dans le bayou. La terrifiante Laveda est une prêtresse aux pouvoirs maléfiques et envoie ses sbires traquer le duo. Ces deux parcours vont se rejoindre et la recherche du détective va s'organiser au fil de nombreux massacres. Les péripéties sanglantes se déroulent dans un grand capharnaüm sans logique apparente ni approfondissement des personnages. L'intrigue se laisse lire sans enthousiasme certain.

L'ensemble prête à rire. On ne saisit pas totalement les motivations du tueur invisible, les scènes sexuelles sont quasiment décrites à l'identique et rien ne parvient à surprendre ni à satisfaire nos envies d'en savoir plus ! Bref, un roman insipide qui n'apporte pas grand chose. Décidément, Laymon n'est pas ma tasse de scotch malgré une carrière prolifique et reconnue. Les moyens dont les protagonistes se servent pour détecter le meurtrier sont assez grotesques, entre la bombe de peinture, le fond de teint et les menottes. Ce n'est pas la mort qui est invisible dans ce livre, c'est notre intérêt !

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Canyon rouge - Michel Honaker

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Dans le domaine du gore, on ne peut occulter un maître en la matière : Michel Honaker. Son premier roman Planeta non Grata fut directement publié chez Fleuve Noir Anticipation, excusez du peu ! L'homme excelle dans tous les genres avec une aisance déconcertante. Moi, je l'ai connu principalement avec sa série du Commandeur chez Media 1000. Sans oublier, bien évidemment, son second gore Terminus sanglant qu'il faudra que je chronique un jour prochain.

 

On va s'intéresser à son premier méfait édité en 1987, numéro 40. Canyon rouge est un roman qui n'est pas trash du tout si on le compare à d'autres camarades de la collection. C'est plutôt une intrigue qui prime par son atmosphère, sa chaleur étouffante et ses rites indiens ancestraux. Un mystérieux canyon aux grottes insondables où se terrent des créatures aquatiques nommées Kachinas. Des offrandes sont offertes tous les ans lors d'une fête par les amérindiens locaux qui vivent dans une réserve. Hélas, un flic va foutre le bordel en détruisant un panier plongé dans la rivière. Les meurtres vont surgir peu après. Forcément, les policiers vont incriminer les indiens lors du premier massacre découvert dans une ruelle. Le chef indien, Stone Face, petit-fils de chaman, pressent la cruelle vérité mais n'ose l'affirmer face à des Blancs provocateurs et racistes. Il convoque un avocat pour aider la réserve à se défendre des accusations menées contre son peuple.

 

Stone Face a perdu la foi et l'apprentissage des rituels anciens. Son peuple brimé depuis des années ne possède plus le code et le savoir des anciens. Seul Stone Face peut retrouver la voie des ancêtres et combattre les Kachinas. Lors d'un rêve, il va affronter son double maléfique et reprendre les connaissances enfouies dans sa mémoire. Je peux vous assurer que ce passage est un morceau d'anthologie par sa puissance évocatrice.

 

C'est un excellent roman empreint de mysticisme, de force morale et d'abnégation. Dans ces temps tourmentés de communautarisme et de discrimination, il est bon de se rappeler que toutes les races sont complémentaires pour vivre, espérer et gagner l'estime. L'espoir n'est pas toujours contemporain. Il se trouve aussi dans nos racines et ce roman le prouve à juste titre.

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La cervelle contre les murs - Brain Splash

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Ce gore a été écrit par le plus jeune auteur édité au Fleuve Noir. En effet, ce bouquin fut rédigé par Brain Splash, alias Laurent Fétis, à seulement 18 ans ! Puis survinrent d'autres romans, comme « Magna Mater » en 1994 (collection Angoisses), deux Série Noire, un épisode du Poulpe et des œuvres mélangeant horreur, polar et SF entre 1995 et 2013.

 

En relisant l'interview de Laurent Fétis par David Didelot en août 2013 (Gore, Dissection d'une collection), on s'aperçoit que ce premier livre gore fut inspiré par « Basket Case », de même que le catalogue Castorama fut employé « pour la variété des armes utilisées. »

 

L'auteur avait en réserve d'autres projets au moment où la Collection a cessé de paraître, notamment un certain « Gnome Bloody Home », qu'on aimerait beaucoup pouvoir lire un jour ! Pour en revenir au bouquin qui nous intéresse (paru en octobre 1989, numéro 100), on peut affirmer qu'il est original, voire complètement barré. Guyngton's Fall, comté de Los Angeles. Alex, un géant blond, débarque avec son jeune frère Slim dans un motel sinistrement nommé « le motel de la Dernière Chance » tenu par la vieille Mary Buddle et sa jeune fille adoptive Lona qui a la particularité d'être aveugle. Jusqu'ici, tout semble normal. Mais Alex et Slim sont des sortes de cobayes à l'intelligence extraordinaire. Pour régénérer leurs neurones, ils doivent manger de la cervelle fraîche provenant, si possible, de gens cultivés (bibliothécaire, étudiants...). Dans leurs valises, on y trouve le reste de la fratrie : Petit Frère, horreur fœtale qui vit dans un bocal et Petite Sœur... qui est invisible !

 

Tout ce beau petit monde va foutre la zone dans le patelin et les meurtres vont s'enchaîner dans un déferlement macabre. La Défense Nationale va secourir les flics englués dans ce bourbier. Le rythme est très efficace malgré l'aspect burlesque de l'intrigue. La jeunesse n'empêchant pas le talent, l'auteur parvient à tisser un roman vif et atypique. Le final est un peu trop rapide et nous laisse sur notre faim. C'est un gore honnête, lisible et qui change des productions habituelles des années 80. Mention spéciale à l'illustration de Dugévoy qui retranscrit parfaitement l'atmosphère du livre.

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Tu enfanteras dans la terreur - Thomas Altman

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Thomas Altman est un auteur écossais décédé en 2013. On le connaît pour quelques romans policiers, des novélisations de scénarios et il a fait paraître une série de romans d'horreur dans les années 80. « The True Bride » sorti en 1982 sera son seul gore traduit chez Fleuve Noir en octobre 1985. En lisant cet opus, j'ai surtout pensé à l'atmosphère diabolique de « Rosemary's Baby » mais, au final, on s'en éloigne un peu. Rien de gore dans ce roman, plutôt un récit fantasmé, longue angoisse d'une future mère dont on suit les deux derniers mois de grossesse.

 

Ellen Campbell est tourmentée, s'imagine plein de choses sur la fidélité de son mari (le moindre retard de celui-ci est l'occasion de doutes, de craintes et de disputes), pense que son appartement a été nettoyé de fond en comble par un cambrioleur... Ellen est-elle folle ou est-ce sa solitude qui la rend si psychotique ? Son mari semble assez distant envers les troubles que présentent Ellen. Celle-ci s'aperçoit que Éric s'entretient avec un psychiatre et elle vole son dossier pour découvrir un atroce constat.

 

Ce bouquin aux attraits psychologiques indéniables possède aussi une belle écriture digne d'un scénario de Cassavetes dans « Une femme sous influence » avec le regretté Peter Falk et la sublime Gena Rowlands. Nous suivons une lente agonie mentale jusqu'au dénouement et la naissance du bébé. Certes, on dénote des invraisemblances (le pourquoi et le comment des apparitions), mais l'ensemble reste cohérent sur le fil conducteur. On peut regretter le rôle du flic peu exploité, sans doute dû aux coupures faites lors de la traduction française. L'édition originale doit valoir son pesant de cacahuètes ! Un livre de 153 pages d'une rare efficacité malgré le manque de scènes sanguinolentes. Je préfère la traduction du titre car l'original donne un indice capital ! Bon sang que ce « Tu enfanteras dans la terreur » est vachement bien trouvé.

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Érèbe ou les noirs pâturages - Shaun Hutson

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Ce bouquin est un inédit dans la collection GORE : c'est l'unique roman paru en grand format. Ce fut un échec commercial pour deux principales raisons, le prix et une distribution mal boutiquée. Et on comprend mieux pourquoi Hutson gagnait à être coupé et remanié. Dieu que ces 254 pages sont longues ! Autant le premier quart est bien foutu (notamment la scène du carnage dans les abattoirs), mais après ça ronronne jusqu'au final.

Une entreprise fournit un aliment révolutionnaire pour le bétail dans la petite ville de Wakely. Bientôt les fermiers sont étonnés par la croissance phénoménale de leurs cochons, truies, porcelets, veaux, poulains, juments. Les animaux deviennent hargneux et sont attirés par le sang. La protéine artificielle agit comme un virus sur les consommateurs également. Se métamorphosant peu à peu, ils craignent la lumière, des poils poussent sur leurs paumes, les canines s'allongent, la peau devient translucide... en somme, ils se muent en vampires pour ceux qui n'auraient pas compris cette incroyable énigme. On se marre en suivant les deux principaux protagonistes (un fermier et une journaliste) qui mettent trois plombes à faire le lien entre l'alimentation des bovins et la mutation des habitants, alors que le lecteur lobotomisé le devine dès le deuxième chapitre.

Le récit ressemble vite à un truc fade de zombies qui n'étonne personne. On sait que l'auteur aime le thème des mutations, ici c'est la porphyrie, mais il en rajoute des caisses jusqu'à la conclusion qui ne surprend guère par son originalité. Hutson, c'est idéal sur un format de 150 pages. Ensuite, ça devient besogneux. Difficile de faire mieux après le fabuleux "Les larvoïdes" !

Je signale que c'est mon dernier bouquin de Shaun Hutson. Sera-t-il encore traduit un jour ? On croise les doigts. Malgré ses nombreux défauts, l'auteur anglais reste un pilier du genre.

Rappel de tous les titres de Hutson chroniqués ici...

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Le démon des âges troubles - Igor Watkins

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Je ne vais pas vous mentir, j'ai trouvé ce bouquin guère fameux. Pourtant, le cadre est idéal : un village perdu dans les montagnes du Pays de Galles, une centrale hydro-électrique, une tempête qui s'abat sur l'Europe... et un démon qui s'échappe des entrailles de la terre. Le personnage principal est John Casson, ingénieur chargé de contrôler cette centrale électrique et d'en surveiller le barrage.

Toute la région se retrouve inondée, des prisonniers s'échappent d'une prison... bref, c'est la merde. Ajoutons à tout ce bordel un nommé Dewi qui a le pouvoir de déchaîner les éléments et qui s'en sert pour tuer ceux qui ne se rangent pas à sa cause religieuse, aidé d'une prédicatrice faisant office de pasteur. Cette femme peut diriger le démon pour assouvir ses fantasmes mystiques.

Hormis cette trame, le texte est plat et sans relief. Ce n'est pas un véritable gory à la Shaun Hutson. Je ne sais pas si ce récit a souffert à la traduction, mais tout est survolé malgré de nombreuses pistes pertinentes. Les descriptions des meurtres ne feraient pas frémir un gosse de primaire, ça manque cruellement de sexe (même si un viol est rapidement brossé où trois frangins s'occupent de la prêtresse sur un canapé miteux au fond d'une taverne) et le démon est vaguement esquissé. On se surprend à rire en constatant qu'il a la fâcheuse habitude d'emprunter les ascenseurs plutôt que de traverser les murs !

Un bouquin à éviter, sauf pour les lecteurs d'une horreur plus classique et d'atmosphère.

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GORE : Best Of des volumes français

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Je vous partage une vidéo postée par David Didelot pour vous familiariser avec les meilleurs romans gore français. Nécrorian, Corsélien, Andrevon, Houssin... avec du Iron Maiden pour rythmer le tout. Bref, c'est du bon. Merci David. On en redemande.

 

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La mort putride - Fétidus

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Ce bouquin est un paradoxe. Il peut sembler très mauvais et rédigé avec les pieds... et une excellente base de travail pour un jeune auteur qui désire se lancer dans le gore. Pour ma part, je me suis plongé dans l'histoire avec délectation, malgré ses faiblesses évidentes. D'abord pour le décor : désert de l'Arizona et ses monts Growler. Puis ses personnages loufoques et risibles. Une journaliste qui passe le plus clair de son temps à poil (faut avouer qu'il fait chaud), une sorte de sorcier-démon nommé Wükkztôxqs qui dirige la confrérie de la Putréfaction Rénovatrice, des adeptes complètement azimutés du bulbe, un shérif, des mexicains migrants...

L'atmosphère est digne d'un Nécrorian sous ectasy. Délires nécrophages, chairs putréfiées... on peut dire que, dès le premier chapitre, c'est franchement dégueulasse. On ne saisit pas toutes les subtilités (origine de la secte, ses buts précis...), mais on s'en fout un peu. Le lecteur avide de cul et de sang en aura pour son pognon. C'est donc un bon petit bouquin qui joue son rôle et qui contentera le lecteur par son style direct au premier degré. Idéal pour se vider la tête en deux heures. Je tiens à rappeler, pour la énième fois, que Fétidus n'est pas un pseudo de Laurent Fétis (Brain Splash, "La cervelle contre les murs"), mais celui d'Yves Bulteau.

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Décharges - Jean Viluber

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Ouh la claque ! L'atmosphère de ce roman est formidable. Du G.J Arnaud sous ectasy. Le style de l'auteur est parfait, presque académique. Winburg, petite ville allemande nichée entre le fleuve Elver et les usines chimiques. Dans ce trou, deux personnages survivent à leur façon. Maus, un jeune homme à faciès de rat, croupit dans une décharge. Pas loin des détritus, une vieille habite dans une baraque où s'entasse tout un bordel dans des pièces closes et labyrinthiques. C'est Mémé Poubelles, Salomé de son prénom. Dans cet univers glauque et poisseux, un gamin nommé Peter est confronté à la violence familiale, entre un beau-père taré et un demi-frère violeur. Sa mère se fait tabasser et épiler les poils du cul tandis que le demi-frère aime racoler des gonzesses jeunes et timides pour les menotter au radiateur. Tout ceci sent le foutre et la vinasse.

Il ne faut pas oublier le gardien de la décharge (qui devient un zombie psychopathe), la patronne perverse et bourgeoise de la boulangerie (dont la principale activité est de de faire trimer la mère de Peter), les services sociaux qui tentent de mettre Salomé dans un hospice pour récupérer son terrain et d'en faire un parking et le fantôme du mari de Salomé.

Tout ce beau monde va mêler ces existences perdues et décomposées dans un climat social misérable et désespéré. À travers les séquences macabres, l'amitié entre Salomé et Peter est une bouffée d'espoir. Ce bouquin est remarquablement écrit et l'illustration de couverture est de haute volée. Je peux affirmer, sans me tromper, que Viluber fut le Balzac du Gore.

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Le retour des morts-vivants - John Russo

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Assurément, mon préféré de la trilogie. D'un ton plus gory et moins vieillot que les deux précédents opus, l'atmosphère se rapproche d'un "Street Trash" et il me tarde de visionner la version ciné de O'Bannon.

Toute l'intrigue se déroule en une seule nuit. La galerie de personnages est stéréotypée, mais elle fonctionne à merveille. Pour son deuxième jour de travail, Freddy est manutentionnaire chez Uneeda Medical Supply, un entrepôt stockant des squelettes, des animaux empaillés, fournitures médicales pour les universités et facultés. Son chef Frank Nello lui montre de curieux containers entreposés au sous-sol. Ils contiennent des cadavres baignés dans un liquide, de la Trioxine, cachés par l'Armée depuis le Vietnam. Forcément, ils font tomber un container et un gaz se répand. Avec l'aide d'un collègue embaumeur, ils brûlent le cadavre revenu à la vie dans un incinérateur. La fumée se dissipe dans les nuages et une pluie acide ranime les morts du cimetière...

Ici, le traitement est totalement différent et original. Impossible de tuer ces zombies. Même décapités ou mutilés, ils continuent à bouger ! Ils ont aussi le don de la parole, sont plus rapides et violents. On se paye une bonne tranche de rigolade lorsqu'une fillette morte-vivante appelle les secours à la radio. En parallèle, les amis de Freddy forment une bande de zonards, des punks à la recherche d'amusements crapuleux et de fornication sauvage. Tout ce microcosme va batailler dur contre la horde de cannibales et l'espoir de survivre sera vain. Le final conclut les événements dans un grand déluge de feu. Pour les fans de séries Z ambiance eighties, ce bouquin est vital et se dévore en quelques heures.

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