La montagne morte de la vie - Michel Bernanos

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La montagne morte de la vie - Michel Bernanos

Michel Bernanos fut un des trois fils du célèbre Georges Bernanos. La personnalité et le génie de son père furent sans doute des éléments néfastes pour cet homme dévoré par des tourments qui l'amèneront à se suicider à l'âge de 41 ans. Malgré tout, il écrira quelques romans (dont le Cycle de La montagne morte de la vie) et des poèmes la plupart inachevés. Ce court roman de 150 pages se compose de deux parties bien distinctes. La première est maritime et rappelle les atmosphères propres à W.H Hodgson ou encore Jean Ray tandis que la seconde plonge dans un univers lovecraftien. Mais ne brûlons pas les étapes !

Après une soirée bien arrosée, un jeune homme se retrouve embarqué sur un galion en route vers le Pérou. A son réveil, il fait l'objet de brimades par l'équipage composé d'hommes cruels. Le vieux cuisinier Toine prend soin de lui. Peu après, le navire reste bloqué en plein milieu de l'océan par manque de vent. Les semaines se passent et les provisions viennent à manquer. Les hommes se mutinent et on assiste à des scènes de cannibalisme. Une grosse tempête fait couler le galion et Toine et son protégé deviennent les uniques survivants. Ils dérivent longuement avant d'accoster sur une île étrange aux montagnes immenses.

Si la couleur prédominante de Lovecraft est le verdâtre, celle employée par Bernanos est le rouge pourpre, la rouille et des ciels rougeoyants. Tout est enfer sur cette île, les plantes sont carnivores, l'eau ressemble à du sang et des statues humaines pétrifiées forment d'innombrables grappes d'hommes, de femmes et d'enfants aux yeux figés vers le sommet des montagnes cyclopéennes.

Roman simpliste dans le fond et la forme, écriture lisible et non alambiquée, Bernanos parvient à envoûter littéralement le lecteur par des effets croissants et intenses. C'est un roman visuel avant tout. Vous partagez le parcours initiatique de deux hommes dans un univers intemporel, allégorie des Enfers, vous souffrez avec eux dans cette lente déambulation surréaliste. Ce roman est un bijou sensoriel et vous seriez de fieffés imbéciles de passer à côté de cette petite merveille.

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La maison aux mille étages - Jan Weiss

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La maison aux mille étages - Jan Weiss

Ce roman représente le point central de l'œuvre de Jan Weiss. Roman fiévreux et surréaliste dans sa construction d'un lyrisme envoûtant et surnaturel. Vision fantasmagorique d'une société étagée par castes et dominée par un être omniscient : Oshiver Muller. Le héros principal est un détective dont les investigations sont invisibles car son corps nepeut être visible car en état de dispersion ! Ses missions sont diverses : traverser Mullertown (la cité aux mille étages et aux milliers de pièces), pénétrer les régions emmurées, trouver Oshiver Muller le bienfaiteur de l'Humanité, retrouver la Princesse Tamara, découvrir les insurgés qui complotent contre l'hégémonie planétaire de Muller...

Ce roman devient précurseur au moment où Weiss anticipe l'horreur nazie dix années avant l'holocauste. Terribles visions d'une station interplanétaire qui se transforme en station de sélection, vision d'une chambre à gaz, crématoires aux étages supérieurs. A cette optique de rêve correspond des chapitres vifs et heurtés. Les procédés graphiques réinventent les formes traditionnelles du roman fantasmagorique. Muller, dieu d'un monde clos, rappelle les folies mégalomanes de Joh Fredersen, le maître de Metropolis, les intrigues dessinées par Schuiten dans sa série des Cités Obscures.

Jan Weiss est une réelle découverte, un auteur marquant et pourtant oublié de tous. Je place son roman au sommet de la pyramide des écrivains du genre. Aux côtés de Kafka dont il est le digne confrère.

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Promo des Ombres

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Promo des Ombres

Une belle promo, pour le forum que j'administre avec Paladin, au dos de mon bouquin.

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Days - James Lovegrove

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Days - James Lovegrove

Frank Hubble est un Fantôme à la sécurité Tactique de Days. Un Fantôme est un vigile qui se fond dans la masse, surveille les clients en effaçant sa personnalité. Il devient anonyme dans la foule, impersonnel et invisible, et traque les voleurs. Days, sept étages, sept millions de mètres carrés, 666 rayons est le plus grand centre commercial du monde et est régi par sept frères reclus au septième et dernier étage du magasin.

Nous suivons Frank Hubble qui a décidé de démissionner puis un couple qui vient d’obtenir une carte Silver au prix d’économies énormes durant des années. La couleur de la carte définit votre statut social. Le rêve de chacun est de pouvoir entrer chez Days et de participer aux ventes flashs et d’acheter tout ce qui est possible. Les exclus errent devant les vitrines extérieures comme des âmes en peine. Toute l’intrigue se déroule sur une journée.

James Lovegrove est « au XXIème siècle ce que Ballard fut au Xxème » ; c’est marqué au dos du bouquin paru chez Bragelonne. Faut pas déconner non plus ! Certes ce bouquin est intéressant mais il dispense une intrigue qui ne révolutionne pas le genre et n’aura jamais la puissance évocatrice et politique d’un 1984 d’Orwell ou d’Un bonheur insoutenable d’Ira Levin. C’est bien écrit, on passe un bon moment de lecture mais guère plus. A lire pour la curiosité.

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L'ogresse - Marc Agapit

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

L'ogresse - Marc Agapit

Le jeune homme aux yeux verts qui écrivait une lettre enjôleuse pour se faire inviter chez la sœur de sa mère, dans son château sei­gneurial près de Londres, ne savait pas que des évènements tragiques étaient en train de se dérouler dans ce même château.
Et, quand il y alla, il se trouva mêlé à un mystère étrange et à des scènes d'horreur faites pour frap­per d'épouvante le cœur d'un jeune homme qui, jusque-là, avait mené une existence démunie d'aventures. Après quoi, il fut mis en prison et jugé, bien qu'il n'eût rien, ou presque rien, à se reprocher. Ce n'était pas sa faute, évidem­ment, si la tante qu'il chérissait s'était transformée... en og
resse.

Dans ce roman , Agapit nous concocte un huis-clos malsain parsemé de rares scènes horribles (dont un bébé retiré du ventre de sa mère morte et dévoré ensuite !) dans un décor de château anglais, près de Londres. On y découvre un comte jaloux et sanguinaire, une comtesse emprisonnée dans un cachot avec le fils du comte (issu d'une première union) avec qui elle a eu des relations sexuelles malgré la différence d'âge, une gouvernante assoiffée de pouvoir, un intendant lâche et tiraillé entre l'incompréhension et le mutisme, un neveu parisien avide d'argent.

Les manigances s'ajoutent aux tortures sur fond de cannibalisme et de folie. 236 pages qui se lisent d'un trait. Le ton est monotone mais il a le mérite de s'accorder quelques moments intenses et horrifiques. Par contre, il ne faut pas faire cas des réparties en anglais car le niveau est très scolaire et prête à rire.

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Chair à supplices - Dominique Brotot

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Chair à supplices - Dominique Brotot

"Michel, Marie-France, Noëlle, Georges, Armand St Hubert... Ils étaient cinq plus leur guide, Vittorio, et tous avaient une bonne raison de séjourner à Praraye, "le trou le plus perdu d'Europe". Chacun espérait y trouver le rêve, le repos, l'aventure, le salut... Et puis, il y eut cette excursion. Et l'avalanche qui faillit les engloutir. Sans doute eût-il mieux valu qu'ils périssent ainsi. Car ce qui les attendait, tapi sous cette montagne où ils croyaient avoir trouvé refuge, devait leur faire à jamais regretter d'avoir échappé à une mort brutale."

Quel bon bouquin ! Sans doute le meilleur de la série, à mon humble avis. Le vocabulaire est judicieux, notamment tout ce qui touche au décor alpestre et les personnages sont passionnants. On y trouve un réalisateur raté, un médecin pédant, une chaudasse, une femme désabusée, un excité du boulot... tous se retrouvent coincés lors d'une excursion dans les Alpes italiennes. Ont-ils une chance ?

Évidemment que non ! Ils sont piégés par le Comte Skirnof et l'insatiable servante Minochka. L'aristo se terre dans une grotte souterraine aux multiples galeries. Certains celliers regorgent de victuailles innommables. J'en dis pas plus. Faut lire ce monument de littérature de gare. Y a un peu de cul, du gore, du cannibalisme à outrance, des nibards bombés, de la cervelle à la louche... un pur bonheur pour les amateurs !

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Blue - Joël Houssin

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Blue - Joël Houssin

Un court roman post-apocalyptique à découvrir. Une Cité en ruines entourée d'un vaste Mur. Des clans se déchirent des territoires. Blue est le chef des Patineurs et conclut une alliance avec les Youves, Saignants, Skins et les Bouleurs. Chaque tribu a une spécialité dans l'art de tuer (les Bouleurs ont des plaques de métal greffées au front). Ça complote, les intrigues se jouent pour un but ultime : franchir le Mur ! Espace inexploré car gardé par les féroces Néons. Des hommes farouches et télépathes. Un signe particulier : un crâne humain posé sur leurs têtes (voir couverture).

L'histoire est un peu bâclée (la bataille finale est trop courte) mais la conclusion nous laisse une bonne impression néanmoins. Par l'auteur des Dobermann... un mélange violent et futuriste (un cocktail de Mad Max et de Rollerball)... la peur de l'inconnu ! Que trouve-t-on derrière ce rempart inaccessible ?

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22/11/63 - Stephen King

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22/11/63 - Stephen King

Histoire d'alimenter régulièrement ce merveilleux blog indispensable et vital, je vais y poster des lectures "hors GORE" dans un topic "fourre-tout." Après de mûres réflexions, cette catégorie se nommera : "Fourre-tout hors Gore." Ne me demandez pas d'où me vient ce génie, je n'en sais foutre rien.

Je commence donc cette série avec mon dernier Stephen King lu : 22/11/63.

Ce roman de King est une réelle prouesse, une immersion dans l'Amérique des années 1958 à 1963. King s'inscrit dans le thème du voyage dans le temps avec efficacité et on peut affirmer que ce roman deviendra un classique du genre au même titre qu'un H.G Wells ou Poul Anderson.
En 2011, Jake Epping (un prof d'anglais) se trouve confronté à une faille temporelle découverte par un ami restaurateur atteint d'un cancer. Se sachant perdu, il demande à Jake de poursuivre une mission précise : empêcher l'assassinat de Kennedy en 1963. Mais chaque traversée dans le temps est une remise à zéro des évènements changés. Epping est donc forcé de passer cinq années dans le passé car chaque passage débute systématiquement le 09 septembre 1958 à 11h58.

King va émailler son intrigue de multiples rebondissements : paris sportifs en connaissance des résultats, tuerie d'une famille, passage par Derry (et rencontre avec deux protagonistes de ÇA) et surtout une histoire d'amour intense avec une bibliothécaire. Peu à peu, Jake va entrer dans l'univers de Lee Harvey Oswald, suivre ses déplacements dans des quartiers miteux à Dallas, en tentant de savoir si l'homme va agir seul. Mais le passé est tenace et ne se laissera pas dompter. Jake va subir des souffrances physiques, morales et psychologiques irréversibles.

Sur 935 pages, King envoûte le lecteur par un suspense incroyable et documenté. Pour anecdote, c'est Joe Hill (le fils de Stephen King) qui a trouvé une fin autre que celle choisie par son père à l'origine. La conclusion est simplement terrifiante et prouve qu'on ne change pas impunément le passé sans briser certaines harmonies. En résumé, 22/11/63 est un chef-d’œuvre !

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Présentation de Zaroff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Présentation de Zaroff

En attendant les trois prochaines sorties trashiennes vers la mi-novembre, voici ma présentation affichée chez TRASH :

"Zaroff est le fils caché de l'Inspecteur Harry Callahan (qui l'a nourri au sein). Recueilli par John J. Rambo lors du massacre de My Lai en 1968, il a entrepris des études universitaires à Quantico. Après une relation fusionnelle avec Clarice Starling, Zaroff est devenu instituteur stagiaire à l'école de Beslan. Les Tchétchènes ont mis un terme à son contrat. Depuis, il ronge son frein en écrivant pour TRASH EDITIONS en attendant une prochaine affectation à l'école primaire de Fukushima."

Toute l'équipe des auteurs !

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Kainsmal ou la marque de Caïn

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Kainsmal ou la marque de Caïn

Lien pour télécharger !

Et si Hitler n'était pas mort ? Un suicidaire est sauvé par un clochard. Ensemble, ils vont arpenter les quartiers désaffectés d'un port. Une terrible vérité va les forcer à une bien étrange mission.

Nouvelle écrite pour le concours "Légendes urbaines" organisé par l'Écritoire des Ombres. J'ai fini quatrième, battu par l'excellent récit "De glace" de SILENCE. Bravo à lui.

Nouvelle vendue 0.99 cents sur Amazon.

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