Bayou par Amaranth

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Merci à Amaranth. Son blog est dans nos liens, à droite.

"Un roman poisseux, crade. Dans son ambiance collante, tenace, malsaine, et ses personnages dégénérés, ce livre se rapproche beaucoup de Blood Sex, de Nécrorian. Et dans cette veine, Zaroff n’a pas à rougir, il est à la hauteur de la comparaison. C’est un livre qui laisse beaucoup de place au sexe, un peu trop pour ma part. Mais il n’y a pas à dire, Zaroff est imaginatif. Certains passages valent les chips lays de Night Stalker, pourtant une scène d’anthologie. Mis à part ce « défaut », en lien avec mes préférences, c’est du Zaroff : sans concession, direct et percutant dans le style ; drôle et ironique dans les dialogues.

Plus que l’intrigue, c’est l’ambiance, qui donne sa part belle au Bayou, mais qui regroupe aussi le KKK et le vaudou, qui vaut le détour. C’est un roman riche, dense. Mais la fin est un peu rapide. Tous les éléments se rencontrent, mais cela se résolve assez vite une fois que tout prend sa place. Les personnages sont assez particuliers, puisque bon « bouseux », ce qui participe à l’ambiance. Donc il est difficile de s’attacher à l’un d’entre eux, mais en même temps, ça a un certain cachet. J’ai tout de même apprécié l’adjointe Milly, avec son caractère affirmé et sa répartie.

J’ai une petite préférence pour Night Stalker, mais avec Bayou, zaroff va encore plus loin et livre un roman encore plus crade et nauséabond, à l’image de ces marécages putrides qui accompagnent tout le récit."

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Midget Rampage / Ravageuse - Partie 2

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Midget Rampage / Ravageuse - Partie 2

Ravageuse/ Midget rampage : Patron, un autre !

Comme je l’indiquais lors de ma chronique de Midget Rampage, il arrive que Le Carnoplaste mette les bouchées doubles, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs gourmands – et inconscients. Parce que je rappellerai quand même au passage que « Carnoplaste » signifie « sculpteur de chair »… Alors si jamais en ouvrant ce beau fascicule vous entendez la voix de Robert Darvel vous murmurer à l’oreille un suave : « Et maintenant je vais vous injecter une double dose, ne vous inquiétez pas, au début ça fait un peu mal mais c’est bon pour ce que vous avez », ne venez pas vous plaindre.

Nullement intimidée par son voisinage avec le tumultueux Julian C. Hellbroke, l’énigmatique Irène Maubreuil délivre quant à elle avec Ravageuse rien moins qu’un « Western subaquatique » ! Un cadre original et haut en couleur, planté de façon spectaculaire à l’aide de force descriptions baroques, dans lequel s’épanouissent Asiates Troglodytes Amphibies, pistoleros crasseux et autres filles de joie au nez davantage poudré à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mais le mal rôde autour de Rain Bluff, et les étranges créatures mutantes peuplant l’océan vertical aux confins du Desert Tide ne sont pas forcément les plus dangereuses.

Une sombre confrérie d’encagoulés semble exercer une maléfique emprise sur les habitants de la petite ville, et la plantureuse Lady Godiva, un peu trop à l’écoute des fidèles clients qui défilent dans son lit chaque soir, va en faire l’amère et terrible expérience…Car c’est bel et bien de Rape and revenge qu’il s’agit ici, avec toute la barbare cruauté que ce terme induit, et si l’on apprécie le talent de l’auteur pour croquer une galerie de personnages tout droit sortis d’un film de Sergio Corbucci, c’est pour mieux être estomaqué par l’effroyable violence dont certains d’entre eux se rendent coupables.

Un peu comme si les « acteurs » d’Irène Maubreuil, après avoir tourné dans le crépusculaire Retour de Ringo, avaient directement enchaîné avec le tétanisant Day of the woman, de Meir Zarchi ! Un mélange des genres particulièrement efficace et explosif, culminant à la fin du premier acte par une scène déchirante – et c’est vraiment le cas de l’écrire – mettant sans vergogne le lecteur face à son seuil de tolérance…

Ne cherchez pas pour autant dans Ravageuse une réponse à l’épineuse question « le Rape and revenge est-il un genre crapuleux ou féministe ? ». Irène Maubreuil n’est pas là pour donner une leçon, mais pour raconter une histoire divertissante, et elle le fait avec une verve si pétillante que, sans jamais oublier de traiter son sujet avec un sérieux imperturbable, elle parvient à maintenir le cap sur son objectif principal. La deuxième partie de l’ouvrage, consacrée au thème de la vengeance, offre d’ailleurs le salutaire exutoire de rigueur en pareilles circonstances, car Lady Godiva y revient d’entre les morts pour un « Et on tuera tous les affreux » pétulant et inventif. En effet, transcendant son sujet, l’auteur convoque en un feu d’artifice réjouissant tout un bestiaire bigarré de créatures mutantes donnant à son récit une couleur fantastique bienvenue.

Voilà donc deux récits passionnants de bout en bout, à la fois différents et complémentaires, qui prouvent une nouvelle fois l’extraordinaire vitalité du catalogue de Robert Darvel. Reste à espérer que ce cover to cover en appellera d’autres, car le format du fascicule – équivalent, non pas à une longue nouvelle, mais à un court roman – se prête à merveille à cet exercice. Dans l’immédiat, si vous avez aimé Garbage Rampage, mais aussi la trilogie de la vengeance de l’excellent Park Chan-Wook, je ne saurais trop vous conseiller de découvrir les sanglantes odyssées du nain Nelson et de la prostituée mutilée Lady Godiva. Chez TRASH tout comme au Carnoplaste, les minorités sont bien représentées et, qu’on se le dise, elles ne sont pas venues pour gonfler les quotas ou faire de la figuration !

Lire la chronique de Zaroff pour Ravageuse !

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Bayou par Sangore

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Chronique de Sangore, postée sur le forum ULTRAGORE. Merci à lui.

"Avec Bayou, nous retrouvons Zaroff, l’auteur de Night Stalker (TRASH n° 6). L’histoire est toujours située aux USA, mais après la Californie, place à la Louisiane.Burt, un policier de La Nouvelle Orléans, est envoyé à Crooked Bayou, bled isolé cerné par les marais, afin d’y remplacer le shérif local qui a été retrouvé assassiné. Il va se rendre compte qu’il s’y trame de sales choses…

Zaroff nous plonge dans un univers décadent qui sent le sperme, le sang et les émanations putrides des marais. Dans cette atmosphère poisseuse, se côtoient magie vaudou, Ku Klux Klan et pratiques sexuelles déviantes allant de l’inceste à la zoophilie. Avec sa galerie de personnages truculents, comme la peu farouche adjointe du shérif, Milly « Handjob » Jammes, un cul-de-jatte chasseur de crocodiles, une prêtresse vaudou aveugle, un nain Black aimant copuler avec sa maman, un braconnier enculeur de ratons laveurs,… On sent que la haine raciale, qui y est vive, est comme une poudrière sur le point de tout faire exploser. Le bayou est un excellent choix de décor pour servir de toile de fond à ces passions exacerbées, à ces antagonismes, à ces mystères. Isolé de la civilisation, l’endroit constitue une planque idéale pour tous ceux qui ont quelque chose à se reprocher, pour les dégénérés de toutes sortes. C’est crasseux, moite, dangereux. Le bayou avale les âmes…

Le début est archétypal du récit d’aventure : un héros solitaire survole un paysage « hostile » à bord d’un vieux coucou en bout de vie piloté par un baroudeur pas très net. La suite sera, on l’aura compris, beaucoup plus trash qu’une classique histoire d’aventure. Le métier du personnage principal laisse à penser qu’on aura une dimension « enquête », donc policière, importante. Or, c’est là qu’intervient une certaine frustration : l’enquête espérée ne démarre jamais vraiment de manière systématique ; le nouveau shérif a trop de longueurs de retard. Par ailleurs, quelques rebondissements/révélations nous ont un peu déçu. Ce qui fait qu’entre les deux Zaroff, on a une légère préférence pour Night Stalker. Ceci dit, Bayou possède plus d’un atout pour séduire l’amateur du genre, entre son décor principal, ses personnages et ses moments trash d’anthologie (dont l’enculage ritualisé de raton laveur, décrit minutieusement…).

Pour terminer sur une note définitivement rouge sang, on ne résiste pas à l’envie de partager la belle vision gore suivante :
« En entrant dans la chambre, Hawkins eut la nausée. Du sol au plafond, la pièce était baignée de sang et une chose difforme allongée en tas sur le lit ressemblait à une termitière putride. Le flic se recula et vomit sur la moquette. Il n’avait jamais rien vu d’aussi horrible durant sa longue carrière à la Criminelle de New Orléans. Ce qui ressemblait à un corps avait été tailladé à la machette et celle-ci était plantée sur l’amas de chairs sanguinolentes, comme un vestige d’Excalibur » (p. 133)."

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Carnage - Crazy Farmer

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Carnage - Crazy Farmer

Si vous aviez aimé "Pleine lune" (de Yvo, numéro 16), ce livre est fait pour vous. Un survival champêtre bien speed, cradingue et nauséeux, mélange de Wolf Creek et I Spit On Your Grave. Toute l'intrigue se déroule sur une journée, ce qui permet une lecture vive, rapide et enjouée. Deux lesbiennes citadines fraîchement mariées achètent une ruine au fond des Ardennes, pour une bouchée de pain. Profitant de l'esprit salace de l'agent immobilier, elles jouent de leurs charmes naturels pour gratter une ristourne sur le prix de vente. Mais le jeu de séduction vire au cauchemar car le commercial s'écroule, victime d'un arrêt cardiaque. Affolées (et l'esprit un peu tordu, forcément), elles décident de découper le cadavre encore chaud et de l'enterrer dans le champ.

C'est alors qu'un agent venu raccorder le réseau électrique vient pointer le bout de son nez. Et tout s'enchaîne dans une suite morbide. Les deux gonzesses ne sont plus à un meurtre près. C'est sans compter sur trois frangins dégénérés aussi puants que leurs porcs. L'auteur part dans un délire complet, jouissif à lire. Les scènes visuelles délirantes (je pense au sexe tranché) se mélangent aux actes violents et sordides. Tout le monde va en prendre pour son grade, animaux compris.

C'est donc sans réserve que je vous conseille ce dix-neuvième opus de la collection TRASH. Perso, je l'ai lu en deux séances. Et encore, je me suis forcé à ne pas le dévorer d'une seule traite. Sans doute à cause de mon esprit vicelard.

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Midget Rampage / Ravageuse - Partie 1

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Midget Rampage / Ravageuse - Partie 1

Midget Rampage/ Ravageuse : Patron, un double !

Selon mes sources, il existerait encore en France des gens qui ne connaissent pas Le Carnoplaste. C’est très surprenant. Car cette remarquable maison d’édition dirigée de main de maître par le tueur de pintades Robert Darvel est spécialisée dans les fascicules à l’ancienne. Un format inhabituel, qui pourrait suffire à la distinguer du reste de la production hexagonale. Mais ce n’est pas tout. Car il n’y a pas que la taille qui compte.

Il y a la qualité, aussi, comme le prouve un catalogue riche d’une quarantaine de titres, dont se distingue ce volume deux fois plus dodu que ses petits camarades. Et pour cause. Il s’agit en effet d’un cover to cover conçu selon le principe du double programme cher aux salles de cinéma d’exploitation et autres drive-in américains. Deux auteurs mystérieux, deux récits indépendants unis par un thème commun (ici celui du Rape and revenge) pour un seul et même ouvrage paré de deux magnifiques couvertures réalisées par Francisco Varon et Christophe Swal : en résumé, deux fois plus de tout, et s’il y en a un peu plus, Le Carnoplaste vous le met quand même.

Honneur aux hommes (le sexisme ne passera pas par moi), commençons par examiner Midget Rampage, dû au désormais fameux… Julian C. Hellbroke. Oui, le Julian C. Hellbroke auteur de Garbage Rampage chez TRASH Éditions. Nous y voilà. Midget Rampage, le nain au costume de sang narre donc par le menu (hmm…) et comme son titre complet le suggère les trépidantes aventures d’un sympathique avorton, mascotte d’une équipe de football américain qui, non content d’avoir découvert l’ampleur de la corruption gangrénant sa ville, va se mettre en tête de la combattre. Bien entendu, notre mini-héros va avoir affaire à forte partie, sinon ce ne serait pas drôle, et son parcours ô combien accidenté le verra souffrir mille morts, infligées par médecin nazi argentin et autres tueurs à gages cannibales…

Rythmé par des séquences d’action au découpage exemplaire et à l’enthousiasme communicatif, Midget Rampage ressemble ainsi à un catalogue de tout ce qui fait le piment du cinéma de mauvais genre : ultraviolence de bon aloi, méchants sadiques et charismatiques, héros iconique et, en guise de cerise sur ce gâteau déjà bien appétissant, une pincée d’érotisme, grâce à quelques jolies scènes d’une délicieuse gratuité. Dans une ambiance de Slasher mâtiné de polar urbain judicieusement typée 80’s, l’auteur développe avec générosité un « Betrayal, torture and revenge » plus grand que nature, et rend un hommage sincère aux acteurs nains Weng Weng et Nelson de la Rosa (inoubliable interprète de Ratman), allant jusqu’à donner le doux prénom de ce dernier à sa mascotte justicière.

Si la tonalité d’ensemble reste délibérément généreuse, festive et gore, ces outrances n’empêchent en rien le lecteur de s’attacher à l’infortuné Nelson. Le parti pris « Mon nain, ce héros » était risqué, mais Julian C. Hellbroke relève le défi haut la main en trouvant un judicieux équilibre entre trash (déjà) et émotion. En effet, l’auteur réussit la prouesse de réaliser un pur bouquin d’exploitation jonglant avec les codes populaires les plus tapageurs, sans jamais se vautrer dans le voyeurisme condescendant ni dans le cynisme post-moderne.

Le tout étant rédigé d’une manière extrêmement visuelle et dynamique, qui n’est pas sans rappeler le style enlevé des deux Green Tiburon déjà parus chez le même éditeur, on ne peut que souscrire à cette vibrante déclaration d’amour à l’égard du cinéma d’exploitation, doublée d’un pertinent plaidoyer pour la différence. Précisons enfin que Midget Rampage, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, n’est pas une préquelle de Garbage Rampage. Ce sont deux récits bien distincts, même s’ils ont pour point commun de restituer avec brio l’ambiance des vidéoclubs d’antan. En termes clairs, les « Rampage » de Julian C. Hellbroke, c’est du vrai Pulp dans le texte. Ni plus, ni moins. Mais c’est déjà beaucoup.

Lire la chronique de Zaroff pour Midget Rampage !

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Puzzle - Franck Thilliez

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Puzzle - Franck Thilliez

Un bouquin vraiment bien foutu. Un scénario incroyable qui rappelle le film "The game" par son aspect tortueux et labyrinthique sous fond d'enfer de Dante. Deux joueurs de jeux de rôle se retrouvent immergés dans Paranoïa, une mission aux multiples indices dont le gagnant recevra 300 000 euros. Après des tests et des énigmes, Ilan et Chloé sont sélectionnés pour entrer dans le jeu, parmi six autres candidats.

Ils se retrouvent enfermés dans un hôpital psychiatrique désaffecté au cœur des montagnes. Chacun reçoit des consignes pour progresser ou bouffer. Les règles machiavéliques rendent une atmosphère pesante parmi les joueurs, suspicion, manipulation... tout est bon pour écraser l'autre. Bientôt des troubles mentaux apparaissent parmi eux, qui est qui ? Le scénario est impitoyable et on dévore ce bouquin en quelques heures.

Vu que je suis un enfoiré de première, je peux émettre des réserves. Malgré ses indéniables qualités, le lecteur averti jugera la trame, un sourire aux lèvres. Il n'a pas la force d'un "Cube" de Vincenzo Natali et encore moins la puissance de feu d'un "Shutter Island" de Dennis Lehane. On entrevoit assez vite les tenants et aboutissements de l'intrigue, même si les nombreuses pistes désorientent le lecteur avec aisance. En gros, c'est un excellent livre qui peut marquer les esprits, mais qui ne tient pas la palme du genre.

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