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Night Stalker vu par Stéphane Erbisti (Horreur.com)

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Night Stalker vu par Stéphane Erbisti (Horreur.com)

"Premièrement : je rédige cette chronique en écoutant via mon ordinateur l’album « Highway to Hell » d’AC/DC. Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous raconte ça, vous allez le comprendre par la suite.

Deuxièmement : j’ai un problème avec ce sixième roman paru chez Trash éditions. Problème parce que nulle part, que ce soit sur les pages de garde ou en annotation, il n’est fait référence à Richard Ramirez. Pour peu qu’on s’intéresse au genre horrifique, que ce soit en littérature ou au cinéma, il y a forcément un moment où l’on va s’intéresser un peu aux tueurs en série. Richard Ramirez est un « cas » qu’on ne peut oublier : zonard de troisième zone, né à El Paso au Texas en 1960, avec une enfance difficile, il s’intéresse dès son adolescence au satanisme et à la musique heavy métal, et principalement au groupe AC/DC. Le titre « Night Prowler », présent sur l’album « Highway to Hell » (d’où mon “premièrement » ) lui « envoie un message » : il doit devenir le « traqueur de la nuit ». Son mode opératoire était simple : il se déplaçait en voiture, l’autoradio diffusant sa cassette de l’album d’AC/DC. Il s’introduisait ensuite dans les maisons de ses victimes (souvent composées de deux étages), leur demandait s’ils aimaient Satan, abattait généralement d’une balle les hommes et violait, frappait et massacrer les femmes et les enfants. Il était la « main du Diable ». Vêtu de noir et portant une casquette de base-ball avec le logo d’AC/DC, la folie de Richard Ramirez atteignit des proportions assez hallucinantes et la police, dont le shérif Sherman Block et le profiler Frank Salerno, eut bien du mal à le capturer car il tuait n’importe qui, qu’il fut blanc, noir, jaune, homme, femme, enfant, jeune ou vieux. Il fut accusé de plus de 14 meurtres mais aussi de tentatives de meurtres, de vol et de cambriolage, de viol et d’agression sexuelle. Il fût condamné à mort, épousa une « fan »en prison et décéda de causes naturelles le 7 juin 2013.

De très nombreux éléments issus de la véritable vie de Richard Ramirez se retrouve ainsi dans le roman de Zaroff : son look, sa passion pour AC/DC et le satanisme, son prénom (il devient Richard Munoz dans le roman), le prénom du shérif et de l’agent du FBI (Sherman Dumont et Frank Darden dans le roman), son mode opératoire, la scène dans laquelle il prélève des yeux à la petite cuillère, la possibilité de dresser son portrait-robot grâce au système des empreintes digitales et même son arrestation et son quasi-lynchage par la foule. Tout ça sans jamais évoquer la provenance de ces éléments. Le lecteur ne connaissant rien de Richard Ramirez peut donc croire que tout provient de l’esprit de l’auteur du livre, qu’il a inventé lui-même ce serial killer adepte d’AC/DC. Et ça, ça me dérange un peu. Un simple « basé sur les méfaits de Richard Ramirez » ou « ce roman est une variation libre de la vie de Richard Ramirez » et le tour était joué. Je ne ferais aucun procès d’intention à l’auteur, qui cite Richard Ramirez comme étant la source principale de son roman sur divers forums littéraire et qui a sûrement pensé que les lecteurs achetant ce type de littérature feraient immédiatement le rapprochement, ce qui a été mon cas à la simple vision de la couverture et lecture du titre.

Troisièmement : la réserve émise dans le paragraphe précédent n’empêche nullement « Night Stalker » d’être un très bon roman ! Zaroff a parfaitement intégré les faits réels dans les parties inventées ou romancées et son livre se révèle être un thriller implacable, doté d’un rythme haletant, d’une sexualité débridée et d’une cruauté effroyable. La violence dont fait preuve le tueur en série, couplée à sa démence, fait froid dans le dos et ses excès de barbarie, même sur de simples enfants (viol, sodomie, éventration, énucléation…) mettront à rude épreuve la sensibilité des néophytes en littérature trash. Si la majeure partie du livre se consacre aux massacres effectués par le tueur en série sataniste, de nombreux chapitres mettent en vedette le shérif, son associé et le profiler du FBI. Ces passages sont passionnants, on participe avec les protagonistes à la phase de profilage, de traque du tueur et on se dit que « Night Stalker » aurait mérité plus de pages, pour mieux développer cette course-poursuite contre la mort. Avec un style percutant, simple mais très efficace, Zaroff nous prend par la main et nous entraîne dans ce récit avec une facilité déconcertante. Pas de fioriture concernant le sexe et la violence, ça tape fort et cru et les amateurs seront comblés. Il en va de même pour les « fans » de Richard Ramirez, qui prendront un réel plaisir à voir revisiter les « exploits » sordides de ce garçon complètement timbré, qui déclarera : « J’adore tuer les gens. J’adore les voir mourir. Je leur tire dans la tête et ils se tortillent et s’agitent partout, et puis, tout d’un coup, ils s’arrêtent. Ou alors, je les coupe avec un couteau et je regarde leur visage devenir tout blanc. J’adore tout ce sang".

Lu d’une traite alors qu’il était déjà tard et que je me levais tôt le lendemain, « Night Stalker » vous accroche dès la première page et ne vous lâche plus par la suite. Je n’arrivais pas à me dire « allez, je termine ce chapitre et je finirai demain ». Preuve de la réussite formelle de ce roman prenant pour base des événements réels. Encore une fois, il est dommage que cela n’ait pas été précisé mais ça ne retire en rien l’efficience du récit, qui aurait pu être écrit par un Stéphane Bourgouin sous acide, l'humour étant omniprésent dans le récit, et notamment avec des clins d'oeil faits à Necrorian ou à l'agent Clarice Starling !

Je ne mets donc pas la note maximale à cause de ce point qui m’a posé un problème moral mais aussi pour une autre raison : comment peut-on préférer Ginger Lynn à Traci Lords ???? Ok, Ginger est super mignonne mais bon, Traci quoi, THE BEST !!!!!!! (rires)"

Merci à Stéphane pour cette critique constructive. Je peux comprendre son désarroi pour la non-référence explicite envers Richard Ramirez, mais je n'ai pas trouvé cet aspect essentiel à l'intrigue. Pour moi, il me semblait évident que le lecteur accro au gore aurait fait le parallèle aussitôt en parcourant le titre et l'illustration. Richard Munoz fut également un pseudo utilisé par le tueur californien. Et "Night Stalker" apparaît aussi en lien sur la page Wikipédia de Ramirez. Il ne faut pas non plus mâcher tout le travail pour le lecteur ! En tout cas, merci à Stéphane pour cette belle chronique.

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Night Stalker par Laëtitia

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Un jour un ami m'a offert son roman... Malheureusement, le temps passe trop vite et on remet ses lectures au lendemain. Puis il y a deux jours, je me suis dit : "Raaaaah je n'ai toujours pas lu son roman !!!" et je m'y suis attelée...

Et dès les premières pages ça a été : "Non ? Pas possible ! Zaroff a écrit ça ? Mais non...pas lui ! Pas cet homme si calme et si adorable, si réservé et si attentionné ! Non, ça ne peut être celui que j'ai rencontré au détour d'un café à Quimper, avec qui le contact est passé rapidement et avec qui mon conjoint et moi-même avons passé l'après- midi à papoter ! Non, pas celui qui erre dans les méandres du forum L'Écritoire des Ombres ( voir le forum cliquez : ICI ) ?!"... Et bien si ! C'est celui-là même !!!

Zaroff m'a fait prendre conscience de deux choses : la suite sur le blog "Des Mondes Imaginaires" de Laëtitia.

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Avis de Françoise Grenier Droesch

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Avis de Françoise Grenier Droesch

"Ma curiosité a été grandement satisfaite avec ce roman inspiré par l’errance et les actes démentiels de Richard Ramirez (lui-même adorant Satan et la musique d’ACDC) qui sévissaient dans les années 80 en Californie.
Déballage gore beaucoup moins cruel que ceux de Bloodfist (le premier de cette collection Trash que j’ai lu) car le tueur en série mentionné dès le départ pose déjà des limites. La barbarie même la plus monstrueuse peut trouver une explication dans un délire de toute puissance.Tout l’art de Zaroff a été de se mettre dans la peau de ce personnage hors norme et d’imaginer ce qui pouvait se passer dans sa tête : très fort !
Du gore, oui mais pas que : une vraie histoire policière en plus. Les passages salaces (sexe) et les meurtres (gore) sont contrebalancés par les répliques des enquêteurs savoureuses montrant que les rapports humains ne sont pas basés sur la compassion, plutôt l’immoralité. Il n’y a que Darden, le profileur qui tire son épingle du jeu (Sherman aussi mais il est un peu trop sous contrôle du maire).
Tous les personnages vivent sous la plume de Zaroff comme s’il les avait rencontrés, ce qui est admirable. On pourrait croire qu’il les connaît personnellement, c’est assez étonnant. Le Willy, adjoint et acolyte du policier Sherman vaut son pesant de chips Lay’s !
Du coup, l’écriture disparaît au profit de l’intrigue et d’une plongée dans ce quartier de Glendale, banlieue de Los Angeles des années 80. J’ai vécu, tout du long du livre, au rythme des futures victimes ainsi que de ce pauvre Sherman obligé de se coltiner un obsédé sexuel incompétent, pistonné par son oncle de maire du Comté de Glendale. Confrontée à ce tueur incontrôlable qui me terrifiait mais qui m’interrogeait : est-ce ainsi que le vrai s’y prenait ? Peu importe les excès allant crescendo : ces crimes ne font que renforcer l’idée que l’âme humaine peut être vraiment noire ! Le passage où le tueur se fait agresser par la foule puis dépecer est un beau morceau ! J’aime aussi beaucoup l’ironie sous-jacente comme la rencontre avec Nécrorian.
Pour conclure, un roman à lire d’urgence pour ceux qui hésitent."

Le blog de Françoise !

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Ahom, Blahom !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ahom, Blahom !

Une sympathique chronique de NIGHT STALKER par Blahom. Merci à lui :

Un récit se déroulant dans l'Amérique des années 80 et baignant dans une atmosphère poisseuse et délétère de cauchemar urbain, finalement assez proche de celle de certains romans de la défunte collection Gore. On retrouve, ici et là, le côté délirant des films de Herschell Gordon Lewis. Les flics, bien qu'assistés par un soi-disant spécialiste du FBI, sont d'ailleurs à peine moins ridicules que ceux de Blood Feast, ce qui nous vaut quelques moments très amusants. Le gore est bien présent, parfois mêlé à des scènes de cul bien gratinées. Normal (?) puisque Night Stalker nous conte la traque d'un tueur en série adepte de la sodomie. Un flashback, réminiscent de certains passages de Dragon rouge (?) nous renvoie fugacement à l'enfance tourmentée de Richard. D'autres passages du même type auraient été les bienvenus. On aurait aimé en savoir davantage sur la genèse – et la psychologie - de ce meurtrier.
Quelques pages plus centrées sur l'ambiance que sur l'action proprement dite permettent à Zaroff de nous faire la démonstration de son grand talent d'écrivain, je pense notamment aux souvenirs d'enfance de l'une des victimes, et à l'art de préparer les cuisses de grenouilles, ainsi qu'à la découverte de l'antre de Richard par le journaliste d'origine bretonne, dont on ne peut que déplorer la disparition brutale, dans la mesure où l'on tenait sans doute là le personnage le plus intéressant du roman, et que je l'aurais bien vu réapparaître dans d'autres histoires du même type.
Bref, un roman rythmé par le Night Prowler d'AC/DC ne saurait décevoir et l'auteur nous entraîne, sans gants et sans vaseline, vers une conclusion abrupte et nihiliste, quasi-punk... «Night Prowler, and I am telling this to you There ain't nothing you can do ».

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Damn Murphy !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Damn Murphy !

Alors ? Basé sur les faits d’un tueur réel – Richard Ramirez – ce livre aussi court qu’immersif nous plonge dans un univers totalement sombre, désœuvré et dérangeant. Le gore pur et visuel est finalement un simple détail tant l’ambiance prend aux tripes ; le tueur n’épargne personne, l’auteur n’hésite pas à s’en prendre à des nouveau-nés et mêmes les enquêteurs dévoilent certaines pratiques douteuses. Au final, c’est toute la société qui est décrite comme crade, crue, désenchantée et brutale. En bref, on se demande à chaque chapitre comment la prochaine scène pourra être plus choquante que la précédente, et on n’est jamais déçu. Aucun doute que ces meurtres deviendraient vite cultes si on les incluait dans un film...

Vous voulez connaître la suite de cette généreuse chronique ? Je vous encourage d'aller visiter le blog littéraire de Murphy, un auteur passionné, critique avisé de bouquins, films, extraits de ses histoires : cliquez sur l'image en haut de page !

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Commentaires écritoiriens

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Je vous colle quelques commentaires laissés par nos écritoiriens. Merci à eux.

Catherine Robert : "Donc,... c'est du Zaroff. Précis, direct, trash et gore. On suit le taré avec plaisir jusqu'au bout de son périple, témoin de ses crimes plus sanglants les uns que les autres pour terminer sur un faux happy-end de très bonne facture."

Frederic Gynsterblom : "Un bon psycho killer aux scènes frontales comme je les aime. Ramirez est abjecte au possible et on se demande ou s'arrêtera sa course sanglante. Bref, j'adore et on sent bien l'hommage à Nécrorian."

Amaranth : "Encore un trash qui mérite bien son nom. Le découpage selon les personnages amène un rythme entraînant. Les pages tournent toutes seules.
Certains passages sont vraiment dérangeants. Il n'y a pas de distanciation, on vit les horreurs que commet le Night Stalker en même temps que lui, ce qui provoque un certain malaise. Bien que le roman soit court, j'ai trouvé les personnages assez fouillés et consistants. Le shérif et le profiler sont d'ailleurs tout de suite attachants. Le maire et son neveu sont particulièrement agaçants. L'irlandais est vraiment drôle.
Les scènes de meurtres, souvent présentées du point de vue de la nouvelle victime, m'ont fait penser dans leur construction à du James Herbert. L'ambiance, elle, m'a vraiment rappelé un livre de Shaun Hutson (come the night). D'ailleurs, on ressent vraiment bien cette Californie des années 80 (comme quoi, wikipédia et google map, c'est pas si mal).
Certaines références m'ont vraiment fait sourire (le passage avec Nécrorian, l'agent Clarice Starling). Le final est à la hauteur du reste du livre. Une parfaite conclusion.
Bref, une vraie réussite. J'ai adoré !"

Paulux : "Pour être honnête, je ne connais pas trop le gore... donc c'est plutôt une découverte. Au final, on découvre une approche très réaliste, crue et pourtant bien écrite. J'ai apprécié de retourner dans les années 80 (étant né en 77, c'était ma jeunesse), et de découvrir une Amérique méconnue, réaliste et concrète, qui donne l'impression d'y avoir vécu !!! L'histoire est bien menée. On est entraîné dans une sorte de descente aux enfers, ou de surenchère du fameux Night Stalker. Les éléments que j'ai le plus apprécié sont: les passages avec le journaliste, parce qu'il flirte avec le danger, et cherche à profiter de la situation (ce qui est... exaltant); et le passage avec la dernière victime. Son histoire de grenouilles est peut-être la perle du roman (selon moi), ainsi que sa réaction face au criminel, que l'on aurait peut-être souhaitée plus approfondie, voire dérangeante. Le final est vraiment bien trouvé... Il conclut en "beauté" ce roman, avec beaucoup d'ironie je trouve.

Brice Tarvel : "Conte Zaroff, conte... " Night Stalker ", c'est du tout bon. J'ai lu ton roman avec plaisir et je suis ébloui par votre qualité d'écriture à tous chez Trash. Les petits débutants, ils décapent dur tout en ciselant, y a de quoi laisser les vieux sur le cul."

Naëlle : "Y a pas à dire, c'est du violent. L'histoire de la femme avec son bébé sur le dos, c'était déjà hard core, mais alors le gamin et le manche à balai, je m'en suis toujours pas remise! Night Stalker m'a appris la signification du mot "trash"! Bon, moi, je suis une jeunette, alors je connaissais pas Richard Ramirez, et je suis passée au-dessus de toutes les références. Mais ça m'a pas empêchée d'aimer ce petit bouquin. Les personnages sont tous plus ou moins ravagés, on a envie de savoir comment les deux flics (je compte pas l'inutile Willy Hunt) vont réussir à coincer ce salopard de Richard Munoz, si bien que les pages se tournent sans qu'on s'en rende vraiment compte, et qu'on arrive tout naturellement à la fin... assez inattendue. J'aime assez cette conclusion fataliste et un peu triste. Après un déluge de violence et de perversion, on s'attend à ce que la fin remette les choses à plat: que nenni! On se prend en pleine poire "le triomphe émouvant de l'incompétence absolue" (comme disait Jack). Cette fin n'est pas sans me rappeler celle de Madame Bovary de Flaubert, dans lequel le pharmacien médiocre remporte une médaille.
Bref, Night Stalker, c'est bien. Petite question annexe: je comprends pas l'emploi de l'italique. Si je me souviens bien, il y a un chapitre avec Richard Ramirez, deux avec le journaliste (qui m'a furieusement fait penser à un certain Zaroff!), et celui avec Donna à propos de la pêche aux grenouilles avec son grand-père. Autant pour le Night Stalker et Donna, je comprends, parce que c'est des souvenirs, autant pour le journaliste, je nage en eaux troubles. Petite anecdote annexe: la scène avec Nécrorian m'a fait hurler de rire."

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Dédicaces, nouvelle formule

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Dédicaces, nouvelle formule

Salut les amis. J'ai décidé de dessiner des petits trucs pour ornementer mes dédicaces. C'est pas grand chose mais si ça peut contenter l'acheteur, c'est que du bonus. Amaranth fut donc la première à recevoir mon élan artistique. C'est avec joie que je vous poste son scan.

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Chronique de Lekarr (SF EMOI)

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Merci à Lekarr pour cette chronique avisée (blog SF EMOI) :

"Précisons-le tout de suite, je ne suis pas amateur de romans gores. Ce n'est pas que les passages ultra-violents ou les descriptions bien cracra me posent problème mais j'avoue ne les apprécier que s'ils sont mis au service d'une intrigue digne de ce nom. Or, mes quelques expériences en la matière m'ont laissés le souvenir d'histoires qui n'étaient que prétexte à un étalage de violence et d'hémoglobine.

Dans ces conditions, pourquoi lire un bouquin de ces éditions Trash qui ne se cachent pas de marcher dans les pas de la célèbre collection Gore du Fleuve Noir ? Pourquoi ? Parce que Zaroff. J'avais déjà pu apprécier sa prose sur ses différents blogs et dans quelques unes de ses nouvelles postées sur le site de L'écritoire des ombres. Je connaissais donc déjà son style : imagé, puissant, souvent provocateur et parfois même vulgaire et j'étais curieux de voir ce que tout cela pouvait donner à l'échelle d'un roman. Et je n'ai pas été déçu.

Une chose est en tout cas certaine, il a respecté le cahier des charges de son éditeur parce que, côté gore, on est servi. Et copieusement ! Zaroff ne respecte rien. Ni les vieux, ni les enfants, pas même les handicapés. Ses personnages sont poignardés, égorgées, étripés, embrochés ou plus modestement, abattus. Son roman est gorgé de sang, de merde, de bouts de cervelles et de viscères. Et de foutre aussi ! Parce que dans Night Stalker, il y a presque autant de sexe que de violence. Et du bien hard, du genre à passer à la télé le samedi soir.

Heureusement, l'humour n'est jamais bien loin et aide grandement à supporter l'accumulation de scènes immondes. Il se niche dans certaines répliques ("je vais t'arracher la tête et te chier dans le cou"), dans quelques scènes (la vie sexuelle de l'adjoint Hunt, les bavures de Winkins), mais surtout dans les rapports entre le Sherriff Dumont et la tripotée d'imbéciles ou d'arrivistes qu'il côtoie.

Tous ces personnages constituent d'ailleurs le meilleur atout du roman. Entre le shérif désabusé qui attend la retraite, l'ancien du vietnam complètement frappadingue et le maire occupé par sa réélection, on a un peu l'impression d'être dans une série B américaine. Mais c'est à l'évidence le but recherché. Zaroff se joue de ces stéréotypes. Ils les caricature à l'excès pour en faire les figures loufoques d'un polar totalement décalé. Même ses scènes de meurtres prêtent à rire. Pourtant, selon un procédé assez classique, elles sont toutes précédées d'une petite présentation des futures victimes, des instantanés de la vie de ces américains moyens qui permettent au lecteur de pénétrer un peu de leur intimité et de les connaître juste ce qu'il faut pour ne plus être indifférent à la mort ignominieuse qui les attend.Mais l'outrance est telle que là encore, c'est l'humour qui domine... avec un arrière goût de nausée tout de même.

Côté style, on signalera quelques petit tics d'écriture et notamment des expressions qui reviennent un peu trop souvent comme ces femmes qui "ne cachent rien de leur nudité" ou la "matière cervicale" répandue à tout bout de champs. Mais je chipote parce que, globalement, ça tient carrément la route. Les dialogues surtout sont particulièrement bien menés, avec des répliques qui claquent, cinglantes et savoureuses.Quant à sa description de la Californie, elle m'a semblé assez juste, en tout cas conforme à l'idée que je m'en fait.

Un mot tout de même de l'histoire. Zaroff s'est inspiré de celle de Richard Ramirez, un tueur en série qui sévit dans la Californie des eighties. Le personnage est effectivement intéressant mais l'enquête qui doit mener à son interpellation manque un peu de punch et de rebondissements. Cela n'est toutefois pas très grave car, comme je l'ai dit plus haut, le point fort du roman réside dans son ton drôle et percutant qui culmine dans un final absolument immoral mais terriblement jouisif.

Au final, si Night Stalker est indéniablement un roman gore, il a aussi un petit côté parodique qui lui va plutôt bien. Je me suis en tout cas bien poilé en le lisant. Sans doute autant que Zaroff en l'écrivant."

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Ramirez vs Davidoff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Encore une belle chronique de David Coulon. Merci à lui !

"Bon, ah y est, j'ai fini "Night Stalker ! Alors, amateurs de Marc Lévy, passez votre chemin. Il y a des meurtres bien crades, des branlettes dans des paquets de céréales, des bébés morts, et plein d'autres images bien réjouissantes. Le camarade Zaroff signe là son premier roman chez TRASH Editions les bien nommées ! Nous voilà plongé dans une bonne série B, avec un tueur en série s'inspirant de la vie et l'oeuvre de Richard Ramirez, qui trucide et sodomise à peu près tout ce qu'il croise sous fond d'ACDC. Ajoutez des flics bien nazes, mélangez, préparez votre sac à vomi, et ouvrez la première page !
Voilà un bon petit thriller, fichtrement bien troussé, qui se lit d'une traite sans que l'on arrive à lâcher le bouquin. Et pourtant, Zaroff ne nous épargne aucun détail. La distanciation n'existe pas dans le bouquin, le tueur franchit des paliers dans l'horreur, et on les franchit avec lui. Le pire est que, lors de ces moments-là, on n'a qu'une envie : continuer à lire et plonger encore plus dans l'abîme. Zaroff crée un nouvel effet "page turner", qui n'est pas seulement bâti sur le suspense, mais sur la fascination porno-gore qu'il arrive à nous procurer. Car ce n'est pas l'enquête en elle-même qui est intéressante (elle aurait d'ailleurs gagnée à être plus approfondie de mon point de vue), mais bel et bien cette description clinique, et pourtant chaleureuse (!!!) des tréfonds tordus des esprits humains (tueur en série et flics confondus). Et cette description-là est fichtrement bien fichue. De même que la scène finale qui est une tuerie dans tous les sens du terme ! A quand le prochain, Zaroff ?"

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Scan Rise Tattoo

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Scan Rise Tattoo

Encore un grand merci à Samy Nasty !

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