Trilogie "Les rats" - James Herbert

Publié le par Zaroff - Commenter cet article et avis postés :

 

 

Comment ne pas évoquer le grand James Herbert (décédé en 2013) sans parler de sa fabuleuse trilogie consacrée à des rongeurs mutants ? Des rats noirs géants dégueulasses envahissant les quartiers de l'East End londonien. Et porteurs d'une saloperie de virus qui vous fait trépasser en vingt-quatre heures en cas de morsures. On peut dire que l'auteur anglais tape fort dès son premier roman Les rats paru en 1973. Et la chair humaine contente largement leurs appétits féroces. On assiste à des scènes de massacres abominables : métro, cinéma, ruelles... et Herbert nous embarque dans son récit en nous proposant de courts instants de vie, histoire qu'on se prenne de passion pour un personnage avant qu'il ne se fasse bouffer par les bestioles mutantes. Représentant commercial homo et clochardisé, travailleurs dans le métro, passagers dans un véhicule, élèves dans une classe et confinés tandis que les rats peuplent la cour de l'école... Harris, un modeste professeur de dessin, est au centre de l'intrigue. Connaissant le quartier comme sa poche, il va aider les autorités à endiguer ce fléau qui dévaste la capitale anglaise.

 

Le repaire des rats (Lair en version originale) constitue le deuxième opus et date de 1979. J'imagine les lecteurs de l'époque : attendre six ans pour lire la suite ! Quelle cruauté. Et cinq ans de plus pour le troisième sorti en 1984. Herbert reprend les mêmes codes en déménageant le décor au nord-est de Londres : la forêt d'Epping. L'histoire est mieux structurée que le précédent roman. Pas d'attaques frontales cette fois. L'auteur décrit des signes insignifiants : cadavres d'animaux dans les fermes, bruissements suspects. Depuis la Peste noire, on doit signaler aux autorités la présence éventuelle de rats. Les hommes de Deratiz envoient donc un expert chargé de confirmer ou non si des rats mutants se terrent dans cette forêt gigantesque et de trouver leur repaire. Car ils savent qu'une sorte de rat primitif est à la base de tout. Une créature repoussante à deux têtes surveillée par des rats puissants et cruels. Et, effectivement, les rats sont de retour. Malgré les réticences des administrateurs de la forêt, l'expert sent que la vermine est proche. Comme à son habitude, Herbert décrit des actes individuels pour mieux introduire les massacres futurs : exhibitionniste, couple adultère, campeurs, soldats de garnison, fermiers... La Mort verte est déclenchée !

 

L'empire des rats (Domain) est une œuvre à part et se détache clairement des deux autres opus. Bouquin post-apocalyptique, Herbert retrouve un thème récurrent de ses productions à venir : l'arme chimique. Londres est dévastée par cinq bombes thermonucléaires. Le premier chapitre est une anthologie littéraire sur le genre. Nous sommes conquis par les descriptions et les réactions de la population face à l'innommable atomique. En sauvant un homme rendu aveugle, Culver (un pilote d'hélico) progresse dans un métro peuplé de cadavres. Le blessé qui l'accompagne est un agent gouvernemental. Leur but : rejoindre l'abri anti-nucléaire de Kingsway. Un mois après, Culver part en reconnaissance avec quelques hommes tandis que l'anarchie commence à pointer son nez dans l'abri. La plupart des survivants refusent une quelconque forme d'autorité étatique suite aux terribles événements. En apercevant de nombreux morts dévorés, la tête manquante, ils devinent que les rats mutants existent. À la suite d'une terrible inondation dans les égouts, l'abri est submergé et la vermine envahit l'endroit par le puits artésien. Seules sept personnes parviennent à s'enfuir par le tunnel de ventilation. Les périls seront nombreux tandis qu'ils recherchent un autre abri gouvernemental aux abords de la Tamise.

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