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Revue de presse

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens : revue de presse

 

 

Voici donc, comme son titre l’indique, un article un peu spécial. Avec un peu de corps, mais surtout beaucoup de liens. Des liens grâce auxquels vous pourrez vérifier que ces deux volumes ont été accueillis de façon unanime avec tout l’enthousiasme qu’ils méritaient.

 

L’émission de radio Culture Prohibée a été la première à se manifester :

 

http://culture-prohibee.blogspot.ch/2016/09/telechargez-lemission-de-la-semaine_16.html

 

Puis Fantasio a posté son avis sur certain réseau social bien connu :

 

L'ÉTAT DES PLAIES : Le mythe de la Bête du Gévaudan revisité, polar bien mystérieux mais que – tout au moins au début – l'on pourrait qualifier de classique s'il n'était pas si sanglant. Ensuite le lecteur pourra lui-même choisir entre l'explication de la démence ou celle du fantastique pour tenter un éclaircissement de l'énigme. Une tension permanente rend le récit passionnant de bout en bout.

 

BRUIT CRISSANT DU RASOIR SUR LES OS : Comme dans le roman précédent, Christophe, le héros, se comporte d'une façon étrange comme s'il était fasciné par celui qui le tourmente. Sacrifices humains, confusion des sexes, on nage dans le malsain et le mystérieux. C'est réellement éprouvant. Quand au final, il est très beau et... épouvantable.

 

RETOUR AU BAL, À DALSTEIN : Encore un beau polar aux connotations fantastiques. Et, encore une fois, le personnage principal – ici, Romain, un jeune prof – se conduit d'étrange façon en cachant des faits et des preuves qui pouvaient pourtant aider à le sortir de l'imbroglio dans lequel il se dépêtre. Romain payera cher ses états d'âmes en trouvant une mort atroce…

 

Le point commun de ces trois excellents romans, outre une pesante atmosphère de démence permanente et de religiosité pervertie, est bien l'étrange complicité entre les victimes et les bourreaux, au point que les premières peuvent rejoindre les seconds. Trois romans, trois beaux exemples de ce que peut offrir de meilleur cette branche particulière de la littérature de terreur qu'est le « gore », genre souvent méprisé (parfois avec raison) mais qui recèle de véritables réussites. Ce livre en présente trois. J'attends le tome deux avec impatience…

 

Ensuite vint le tour de Christophe Bier, sur France Culture s'il vous plaît (dans l'émission de radio Mauvais Genres, à partir de 54 mn 37) :

 

http://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres/la-reine-des-ombres-centenaire-de-shirley-jackson-1916-2016

 

Sans oublier la chronique publiée sur le site Daily Passions :

 

http://www.daily-passions.com/corps-liens-1

 

Notons encore le superbe article de Julien Heylbroeck pour la revue L’Indic :

 

https://i37.servimg.com/u/f37/19/05/67/35/p1080710.jpg

 

Autre chroniqueur de renom, l’excellent Paul Maugendre a quant à lui évoqué le tome 2 :

 

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2016/12/kaa/corselien-corps-et-liens.volume-2.html

 

Et Julien Heylbroeck a remis le couvert, toujours dans la revue L’Indic :

 

https://i58.servimg.com/u/f58/19/05/67/35/p1090110.jpg

 

Soit sept chroniques et articles pour l’instant. Sans compter les textes de mon cru, déjà postés dans cette rubrique dédiée. Sept textes pour une confirmation : décidément, ces rééditions s’imposaient. À votre tour de le vérifier en cliquant sur les deux liens ci-dessous :

 

http://www.riviereblanche.com/collection-noire-n89-corps-et-liens-1.html

 

http://www.riviereblanche.com/collection-noire-n93-corps-et-liens-2.html

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Kââ (un serpent en enfer) - Dossier par Julien Dupré et Jean-Paul Labouré

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Un serpent en enfer

 

Voici, pour vous permettre de faire plus ample connaissance avec l’œuvre ô combien singulière de Kââ / Corsélien, un dossier auquel cette rubrique dédiée doit beaucoup. Précisons que ce fichier très complet est disponible gratuitement sur Internet, mais ce n’est pas une raison pour ne pas rendre à César ce qui appartient à César. Par conséquent, Zaroff et Léonox remercient très chaleureusement messieurs Julien Dupré et Jean-Paul Labouré pour leur travail passionnant. En espérant que la lecture de ce dossier vous donnera envie de vous immerger dans l’univers glacé d’un auteur comme il en existe peu.

 

Accéder au dossier PDF (33 pages).

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Corps et liens, tome 2 - Kââ/Corsélien

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens, tome 2, de Kââ/Corsélien.

 

« Tome 2 », oui. Car un seul volume ne suffisait pas. Ce projet a donc dès le début été conçu comme un tout. Une somme qui comprendrait l’intégralité des six romans d’horreur que Pascal Marignac destinait à l’origine aux collections Gore et Maniac. Or si pour les trois premiers, le plan s’est déroulé sans accroc, la suite a hélas été beaucoup moins simple. Entre changements d’éditeurs et de pseudonymes, cessation d’activité et interruption de collections, Dîner de têtes faillit bien ne jamais voir le jour. Mais cette histoire, je l’ai déjà racontée.

 

Ce que je n’ai pas encore dit, en revanche, c’est à quel point ma première lecture de Voyage au bout du jour a été déterminante. À l’époque où j’ai découvert ce roman, j’avais déjà lu les Gore de Corsélien. J’avais rencontré les loups-cerviers de L’État des plaies, les moines fous de Bruit crissant du rasoir sur les os et le lance-flammes de Retour au bal, à Dalstein. Je savais donc déjà que Pascal Marignac avait quelque chose que les autres auteurs n’avaient pas. Notamment cette faculté stupéfiante de présenter des personnages ordinaires qui, confrontés au Mal, vont peu à peu sombrer dans la folie pure pour faire corps avec lui.

 

Mais à l’époque où j’ai découvert le troisième titre de la collection Maniac, j’ignorais que Béhémoth était Corsélien. De même que je n’avais pas encore fait le lien avec Kââ. Et quand un an après avoir survécu au cauchemar tentaculaire de Béhémoth, j’ai réalisé en lisant mon premier Kââ que l’auteur de tous ces livres était un seul et même homme, je me souviens avoir pensé quelque chose comme : « Ouf. S’ils ne sont qu’un, ça devrait aller ». Parce qu’avec trois loups de ce – gros – calibre dans mon poulailler mental, je ne me serais pas senti de taille à lutter. Avec Corsélien, Béhémoth et Kââ, la lune était tombée trois fois de suite dans le caniveau, et la bougresse en avait foutu partout. Trois pseudonymes pour mieux laisser bronzer les cadavres et les éparpiller façon puzzle : je n’en menais pas large.

 

Aujourd’hui, après avoir relu une nouvelle fois les six romans d’horreur de Pascal Marignac, mon état s’est amélioré. Je suis un peu plus calme. « Calme », face à une œuvre aussi épouvantable, ça peut paraître curieux. Mais comme il s’agit là d’un des adjectifs favoris de l’auteur, son usage ici me semble assez justifié. Surtout que pour moi, ce n’est pas « le calme avant la tempête », mais après. La tempête, c’était le décès prématuré de Pascal, le long vide noir ensuite, et tous ses livres presque introuvables. Désormais, j’y vois plus clair.

 

J’ai l’impression de mieux connaître la personne dissimulée derrière les pseudonymes. Deux phrases extraites de Lésions irréparables me paraissent notamment très éclairantes. Quand, chapitre 8, Naïk s’adresse à Markus et lui demande : « Vous sondez l’horreur, n’est-ce pas ? Avec la volonté de l’extraire ? C’est cela ? » puis, chapitre 10, quand elle lui confesse : « Je suis une cicatrice ». Là se trouve la signature de Corsélien. À ce moment précis, l’auteur regarde son lecteur dans les yeux. Il s’incarne dans son personnage, le marque de son empreinte. Une véritable valeur ajoutée, qui prouve s’il en était besoin que ce n’est pas parce qu’on œuvre dans des genres dits « populaires » qu’on doit produire de la littérature au rabais. Une valeur ajoutée parmi beaucoup d’autres, que vous pouvez retrouver dans le deuxième tome de Corps et liens, disponible depuis le 1er décembre 2016 chez Rivière Blanche.

 

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 183, novembre / décembre 2016.

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Dîner de têtes - Kââ

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

À gore et à cris : Dîner de têtes, de Kââ.

Prévu à l’origine pour devenir le neuvième roman de la collection MANIAC (dans laquelle Pascal Marignac avait déjà fait paraître, sous le pseudonyme de Béhémoth, le terrifiant Voyage au bout du jour), Dîner de têtes connut une destinée singulière. MANIAC s’arrêta en effet au numéro huit, non sans avoir annoncé un Béhémoth supplémentaire intitulé Lésions irréparables. Or curieusement, si ce dernier trouva refuge dans la collection GORE dès 1990, l’auteur récupérant pour l’occasion son pseudonyme de Corsélien, Dîner de têtes dut attendre trois ans de plus pour voir le jour.

Ce roman ne fut donc publié qu’en 1993 au sein de la collection ANGOISSES, dirigée par Juliette Raabe, bien connue des amateurs de GORE, dont elle s’occupa à partir du numéro 89 jusqu'à son interruption en 1990. Hélas, ANGOISSES eut une durée de vie aussi éphémère que MANIAC, avec seulement neuf titres parus entre 1993 et 1994. Dont ce fameux et tant attendu Dîner de têtes, que Pascal Marignac décida finalement de signer… Kââ. Kââ le serpent noir et rouge, dont la langue d’une implacable précision avait déjà infligé à l’époque d’irréparables lésions à ce qui restait du Néo-Polar français.

Kââ qui, tel un assassin revenant sur les lieux de son crime, définit ici à lui seul ce qu’on peut attendre d’une collection intitulée ANGOISSES. Le vieil homme aux grandes dents jaunes roule en Bentley. Il sillonne les routes de campagne à la recherche de proies. Des proies qu’il emmène dans sa propriété décrépite. Et qu’il décapite à l’aide d’une guillotine cachée dans sa cave. Une nuit, le vieux rencontre Khader. Khader lui plaît. C’est un garçon perdu et sensible. Et sans doute un peu fou, aussi. Alors les têtes continuent à tomber de plus belle. Puis sont envoyées dans un carton à chapeau au juge d’instruction Renaud Klodarec.

Pendant que la police cherche, le tueur trouve. Et Khader l’accompagne, à la fois fasciné et horrifié par sa propre descente en enfer. Jusqu’au jour où le vieux décide de le récompenser. La récompense s’appelle Carole. Carole est ce genre de fille qu’on paye. Cher. Si cher que les marges dégagées par son travail permettent de lui offrir un ange gardien. Sentant l’étau se resserrer, l’homme aux dents jaunes abandonne ses cadavres étêtés. Puis prend la fuite avec Khader, et Carole qu’il a décidé d’épargner. Leur périple les mènera dans un port battu par la pluie et les vents. Et bien sûr l’histoire se terminera très mal.

Dîner de têtes est donc le roman idéal pour découvrir l’univers de Pascal Marignac. On y retrouve le nihilisme glacé de ses Polars, ainsi que les effroyables excès de ses romans les plus sanglants. Sans compter ce style unique, saisissant mélange d’élégance et de brutalité pour mieux dire l’indicible. Les charognards ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : il suffit de regarder la cote qu’atteint désormais ce livre sur les sites d’occasion. Hélas, il ne s’agit pas d’un cas isolé, car la plupart des Kââ/Corsélien sont presque introuvables.

Voilà pourquoi je conclurai cette chronique par un message que j’ai adressé aux rédacteurs de La Tête En Noir : « Puisque nous en sommes à former des vœux, en voici un, lancé comme une bouteille à la mer. J'aimerais qu'un éditeur avisé (il me semble qu'il y en a encore quelques-uns) aille profaner la tombe du Fleuve Noir et en extirpe les restes du regretté Pascal Marignac. Les œuvres complètes de cet homme-là réunies en de beaux omnibus rouge sang, voilà mon rêve. » C’était en janvier 2015. Et aujourd’hui, je persiste et s(a)igne.

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 177, novembre / décembre 2015.

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Corps et liens, tome II

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Artikel Unbekannt und Schweinhund proudly present, part 2 :

Kââ/Corsélien
Noire 93. Corps et liens (Tome 2)
ISBN-13: 978-1-61227-573-4
380 pages - 25 euros

Illustration: Mandy

Trois classiques de l’horreur publiés entre 1988 et 1993 et réédités pour la première fois depuis lors :
 
Voyage au Bout du Jour
Expert-comptable au bout du rouleau, Philippe Ackermann part se ressourcer à Ouessant et rencontre une mystérieuse jeune femme, Liane. Peu après leur arrivée, l’île est la proie de monstrueuses attaques : y a-t-il un lien avec cet étrange yacht noir, l'Octopus ?
 
Lésions irréparables
Autriche. Le jeune prince Markus vit en reclus dans son château, torturant puis assassinant des vieillards kidnappés. Deux policiers, dont le commissaire Hübelein, sont mis sur l’affaire. Ils découvrent bientôt que les victimes sont toutes d’anciens tortionnaires nazis…
 
Dîner de Têtes
Petit juge d'instruction, Renaud Klodarec est dépêché sur une drôle d'affaire : quelqu’un coupe des têtes et les embaume dans la province de Saint-Jean-Le-Haut ! Le comte de Mouriès, vieux noble excentrique, serait-il ce tueur que recherchent les autorités ?
 
 Plus une préface et une présentation des trois romans par David Didelot, une nouvelle de Corsélien et une autre de Schweinhund.

Commander ce livre chez Rivière Blanche...

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Corps et liens, tome 1 - Kââ/Corsélien

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens, tome 1, de Kââ/Corsélien

Ceci n’est pas une chronique. La présentation de cet ouvrage a beaucoup plus à voir avec un rêve devenu réalité. Un rêve que je caressais depuis de longues années, et qui s’est transformé en un véritable projet l’hiver dernier. En l’occurrence la réédition des romans d’horreur de Pascal Marignac, alias Kââ pour le Polar et Corsélien pour la collection Gore. Mais ce projet n'aurait jamais pu se concrétiser sans la ferveur et l'implication personnelle de madame Elisabeth Marignac, la veuve de l'auteur, qui a patiemment scanné page par page les trois romans composant ce volume. Je me dois aussi de remercier Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward, qui m'ont fait confiance au point de me donner une absolue carte blanche.

Une carte blanche pour l’exhumation d’une œuvre rouge. Et noire. Car quand Kââ s’est transformé en Corsélien pour rejoindre la collection Gore en 1987, il avait déjà signé une demi-douzaine de Polars pour Spécial Police. Or l’homme n’était pas du genre à abandonner ses thèmes de prédilection ni sa manière de les traiter sous prétexte qu’il répondait à un travail « de commande ». Bien au contraire. Encenser les Noirs de Docteur Kââ en méprisant les Rouges de Mister Corsélien relève donc de la fainéantise intellectuelle. Dîner de têtes, écrit pour la collection Maniac mais paru en 1993 sous le pseudonyme de Kââ, le prouve à lui seul.

C’est pourquoi ce livre intitulé Corps et liens, publié début août chez Rivière Blanche, porte la double signature Kââ/Corsélien. Et je suis d’autant plus heureux de le présenter aujourd’hui qu’il s’agit de la première réédition des œuvres de Pascal Marignac depuis son décès prématuré en 2002. Serge Brussolo, alors directeur de collection aux éditions du Masque, s’était à l’époque chargé de la remise en lumière de trois romans noirs signés Kââ. Silhouettes de mort sous la lune blanche, Il ne faut pas déclencher les puissances nocturnes et Petit renard avaient ainsi pu connaître une deuxième vie grâce à l’auteur de Conan Lord. Quinze ans plus tard, il était grand temps de déclencher à nouveau les puissances nocturnes…

Car si Brussolo estimait que « Kââ était LE meilleur auteur de roman noir de ces vingt dernières années », je considère pour ma part que sans son avatar horrifique Corsélien, mon parcours littéraire aurait été très différent Il était donc indispensable à mes yeux de rendre tôt ou tard au Serpent ce qui appartenait au Serpent. Simple question de cohérence. Mais les choses ne sont pas si simples. Depuis la mort du Fleuve Noir, il n’existe plus en France aucun « gros » éditeur capable et désireux de valoriser notre patrimoine littéraire populaire. C’est une honte absolue, mais un anonyme tel que moi ne pourra rien y changer. Heureusement, tout n’est pas perdu, puisque depuis 2004 « Fleuve Noir » se prononce « Rivière Blanche ».

Et chez Rivière Blanche, quand on évoque des romans comme L’État des plaies, Bruit crissant du rasoir sur les os ou Retour au bal, à Dalstein, on sait ce que ça veut dire. On sait à quel point ces romans sont importants, et pourquoi il convient de leur offrir une cure de jouvence. Ces trois livres ont permis à Pascal Marignac de « passer la limite » en questionnant « le statut du Mal ». Et ils ont contribué à prouver que la frontière entre le Noir (Kââ) et le Rouge (Corsélien) n’était pas si nette qu’on pouvait le croire. Du reste, les frontières ne sont-elles pas faites pour être franchies, de même que les tabous n’existent que pour être brisés ?

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 182, septembre / octobre 2016.

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Silhouettes de mort sous la lune blanche - Kââ

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Silhouettes de mort sous la lune blanche - Kââ

Sur la trace du serpent : Silhouettes de mort sous la lune blanche, de Kââ.

Trente ans se sont écoulés depuis la parution de ce roman. Et douze depuis la disparition de son auteur. Cet auteur, c’était Pascal Marignac, professeur de philosophie et écrivain noir et rouge. Pascal Marignac, alias Kââ, aussi connu sous les pseudonymes de Corsélien et Béhémoth, pour cinq romans effroyables et hallucinés publiés dans les collections Gore et Maniac entre 1987 et 1990. Assez pour laisser une empreinte indélébile dans l’esprit des amateurs. Assez pour que certains, comme votre serviteur, considèrent ces brûlots comme autant de pépites, et celui qui les a écrits comme l’un des tout meilleurs contributeurs du genre. Et comme un très grand écrivain tout court.

En effet, Pascal Marignac, avant d’accepter de se dédoubler pour servir la cause de la littérature qui tache comme nombre d’auteurs du Fleuve Noir (Jean Mazarin/Nécrorian, Eric Verteuil, Joël Houssin, G.J. Arnaud), avait déjà signé une demi-douzaine de romans noirs. Silhouettes de mort sous la lune blanche fut ainsi le premier d’une série de quinze livres parus en l’espace d’autant d’années. Et d’emblée il posait les bases de ce qui allait devenir une véritable marque de fabrique. La fosse était creusée, il n’y avait plus qu’à y balancer les corps.

Un anti-héros, une fuite en avant marquée par la violence et les tueries, une société pourrie de l’intérieur, un climat de méfiance obsessionnelle (chez Kââ, personne n’est dupe), l’ombre de la trahison qui rôde et le poids d’un implacable destin qui toujours viendra écraser indistinctement coupables et victimes – à supposer que le statut de victime existe dans les romans de Pascal Marignac, ce qui n’est pas certain. Avec un style tout en ruptures, des phrases courtes et sèches, et de loin en loin un zeste d’ironie afin de pimenter l’angoisse.

Car malgré tout, Kââ aura quand même épargné un de ses personnages durant son parcours semé de cadavres littéraires. Le tueur dandy et anonyme « Monsieur Cinquante » interviendra dans sept de ses romans. Mais il ne faut pas y voir une volonté de se raccrocher à la notion de « héros récurrent ». La figure de « Monsieur cinquante » n’est pas là pour rassurer ni pour faciliter l’identification. L’homme est un mercenaire, et il exécute ses contrats avec talent mais sans états d’âme. Tout comme son créateur écrit ses livres.

En fait, Kââ pourrait presque ressembler à un chaînon manquant entre Manchette et Ellroy. La même sécheresse, la même âpreté, la même plume affûtée comme un scalpel pour produire ce doux Bruit crissant du rasoir sur les os, la même justesse de ton, la même rigueur impitoyable, mais… Sans la conscience politique du premier, et avec les cauchemars nihilistes du second. Kââ, c’est la terrible acuité d’une intelligence farouche percutée de plein fouet par l’individualisme désespéré des années 80. Kââ, c’est ce qui reste quand il n’y a plus rien. Le froid baiser du serpent. Le regard noir d’un .357 Magnum pointé sur vous.

Bien sûr, rien ne vous oblige à me faire confiance. Voilà pourquoi je me permets de conclure cette chronique par les propos d’un certain Serge Brussolo. L’année où Pascal Marignac a disparu, l’auteur du Chien de minuit et de Conan Lord occupait les fonctions de directeur de collection aux éditions du Masque. Et il avait pris la décision de rééditer Petit renard, de Kââ. Voici la dernière phrase de sa préface au roman : « Saisissez aujourd’hui la chance qui vous est offerte, loin des battages médiatiques, découvrez enfin LE meilleur auteur de roman noir de ces vingt dernières années. »

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 172, janvier / février 2015.

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Corps et liens, tome 1

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens, tome 1

Artikel Unbekannt und Schweinhund proudly present :

Kââ/Corsélien
Noire 89. Corps et liens (Tome 1)
ISBN-13: 978-1-61227-550-5
392 pages - 25 euros

Illustration: Mandy

Trois classiques de l'horreur réédités en version intégrale pour la première fois depuis 1988 :

L'ÉTAT DES PLAIES
Adjudant de gendarmerie, Eric Le Hideux enquête sur une série d'assassinats perpétrés dans la campagne de l'Aubrac. Deux femmes et un homme en seraient les coupables. Et ils sont accompagnés de loups-cerviers...

BRUIT CRISSANT DU RASOIR SUR LES OS
Un jeune médecin de campagne, Christophe, se trouve aux prises avec un groupe de séminaristes fous. Dans le même temps, un maniaque s'amuse à massacrer des femmes en leur arrachant les organes génitaux...

RETOUR AU BAL, À DALSTEIN
Professeur dans un collège de Metz, Romain Kuansky tombe sous le charme trouble d'une élève de quatorze ans. En parallèle, des meurtres atroces sont commis dans la nature lorraine. L'arme des crimes : un lance-flammes...

Plus une préface de Artikel Unbekannt, une présentation des trois romans par David Didelot, une interview de Corsélien et une nouvelle de Schweinhund.

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