Emmett Coogan - Gilles Bergal

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

J'ai envie de vous parler d'un personnage dont j'affectionne les aventures : Emmett Coogan. Créé par Gilles Bergal, sa première apparition intervient dans Cauchemar à Staten Island, collection Gore n°36, en décembre 1986. Sa seconde aventure devait être publiée chez Maniac sous le titre La nuit des hommes-loups, mais cette collection s'arrêta au huitième numéro. Et Rivière Blanche eut la brillante idée d'éditer l'intégralité des deux ouvrages dans ce recueil éponyme en 2008 (avec toutes les nouvelles parues dans Créatures des Ténèbres et une interview de l'auteur par Fantastinet).

 

Coogan a trente-sept ans, ancien inspecteur de police viré après quinze ans de service pour avoir causé un accident sous ivresse. Depuis, sa fille de huit ans est dans le coma. Pour payer les frais d'hospitalisation, Coogan est forcé de faire tous les boulots merdiques qu'on lui propose. Il est engagé par la Slake and Co pour être gardien de nuit afin de surveiller les entrepôts alimentaires de la société. Des vols réguliers surviennent sur les docks de Staten Island, New-York. Cinq gardiens ont disparu. Étaient-ils des complices des cambrioleurs ou des victimes ? Le gérant a confiance en l'ex-flic. Et il ne risquera pas de s'envoler car sa fille est intransportable. Coogan accepte le marché, surtout qu'une prime de 5000 dollars est offerte si il attrape les voleurs. Coogan remarque que les vols ont lieu de nuit, qu'il pleuvait dans chaque cas et que les montants des larcins et leurs fréquences sont irréguliers. Pourquoi dérober des boîtes de ravioli en délaissant le caviar ? Et pourquoi les armes retrouvées vides n'ont pas été emportées ? Elles se monnaient plus que des conserves. Cette enquête est truffée d'incertitudes et la logique des truands n'est pas respectée selon l'instinct et l'expérience de l'ancien flic. Coogan va devoir affronter des créatures hybrides peuplant les égouts new-yorkais avec d'autres flics incrédules. Ce roman n'est pas un plagiat du film C.H.U.D et l'auteur rappelle dans sa préface qu'il avait été écrit bien avant.

 

 

Dans La nuit des hommes-loups, on apprend que Coogan a perdu aussi sa femme dans l'accident. Une amie de sa défunte épouse lui demande de retrouver son jeune fils, sans doute enlevé par son ex-mari. Au fil de ses recherches, Coogan découvre qu'une espèce de secte est établie dans une forêt près de New Haven. Des sacrifices humains sont nécessaires pour la Mutation où des hommes se transformeront en loups après avoir livré un de leurs proches. Secondé par trois mercenaires, Coogan s'enfonce dans la forêt, armé jusqu'aux dents, les chargeurs pleins de balles d'argent. Son unique but est de sauver l'enfant des griffes de la confrérie.

 

Et voilà, Coogan c'est fini. Plus rien. Sa fille va-t-elle survivre ? Coogan combattra-t-il d'autres créatures ? Lançons une pétition, les amis. On veut son retour. Sinon je boude.

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Revue de presse

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens : revue de presse

 

 

Voici donc, comme son titre l’indique, un article un peu spécial. Avec un peu de corps, mais surtout beaucoup de liens. Des liens grâce auxquels vous pourrez vérifier que ces deux volumes ont été accueillis de façon unanime avec tout l’enthousiasme qu’ils méritaient.

 

L’émission de radio Culture Prohibée a été la première à se manifester :

 

http://culture-prohibee.blogspot.ch/2016/09/telechargez-lemission-de-la-semaine_16.html

 

Puis Fantasio a posté son avis sur certain réseau social bien connu :

 

L'ÉTAT DES PLAIES : Le mythe de la Bête du Gévaudan revisité, polar bien mystérieux mais que – tout au moins au début – l'on pourrait qualifier de classique s'il n'était pas si sanglant. Ensuite le lecteur pourra lui-même choisir entre l'explication de la démence ou celle du fantastique pour tenter un éclaircissement de l'énigme. Une tension permanente rend le récit passionnant de bout en bout.

 

BRUIT CRISSANT DU RASOIR SUR LES OS : Comme dans le roman précédent, Christophe, le héros, se comporte d'une façon étrange comme s'il était fasciné par celui qui le tourmente. Sacrifices humains, confusion des sexes, on nage dans le malsain et le mystérieux. C'est réellement éprouvant. Quand au final, il est très beau et... épouvantable.

 

RETOUR AU BAL, À DALSTEIN : Encore un beau polar aux connotations fantastiques. Et, encore une fois, le personnage principal – ici, Romain, un jeune prof – se conduit d'étrange façon en cachant des faits et des preuves qui pouvaient pourtant aider à le sortir de l'imbroglio dans lequel il se dépêtre. Romain payera cher ses états d'âmes en trouvant une mort atroce…

 

Le point commun de ces trois excellents romans, outre une pesante atmosphère de démence permanente et de religiosité pervertie, est bien l'étrange complicité entre les victimes et les bourreaux, au point que les premières peuvent rejoindre les seconds. Trois romans, trois beaux exemples de ce que peut offrir de meilleur cette branche particulière de la littérature de terreur qu'est le « gore », genre souvent méprisé (parfois avec raison) mais qui recèle de véritables réussites. Ce livre en présente trois. J'attends le tome deux avec impatience…

 

Ensuite vint le tour de Christophe Bier, sur France Culture s'il vous plaît (dans l'émission de radio Mauvais Genres, à partir de 54 mn 37) :

 

http://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres/la-reine-des-ombres-centenaire-de-shirley-jackson-1916-2016

 

Sans oublier la chronique publiée sur le site Daily Passions :

 

http://www.daily-passions.com/corps-liens-1

 

Notons encore le superbe article de Julien Heylbroeck pour la revue L’Indic :

 

https://i37.servimg.com/u/f37/19/05/67/35/p1080710.jpg

 

Autre chroniqueur de renom, l’excellent Paul Maugendre a quant à lui évoqué le tome 2 :

 

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2016/12/kaa/corselien-corps-et-liens.volume-2.html

 

Et Julien Heylbroeck a remis le couvert, toujours dans la revue L’Indic :

 

https://i58.servimg.com/u/f58/19/05/67/35/p1090110.jpg

 

Soit sept chroniques et articles pour l’instant. Sans compter les textes de mon cru, déjà postés dans cette rubrique dédiée. Sept textes pour une confirmation : décidément, ces rééditions s’imposaient. À votre tour de le vérifier en cliquant sur les deux liens ci-dessous :

 

http://www.riviereblanche.com/collection-noire-n89-corps-et-liens-1.html

 

http://www.riviereblanche.com/collection-noire-n93-corps-et-liens-2.html

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Culture Prohibée : interview

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Nos amis de Culture Prohibée ont mis en ligne leur dernière émission consacrée à Heca-Tomb. Interview de Nasty samy et de votre serviteur Zaroff.

Bonne écoute, j'espère que ça vous plaira.

Lien du blog.

Lien du podcast (59 mn)...

Merci à eux.

 

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Paris Zombies et Les épouvantails - Philippe Morin

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les épouvantails sont une métaphore, l'image du malaise des paysans, la solitude des campagnes et le rejet de certains envers les citadins, les femmes pécheresses, le matérialisme. D'autres ruminent et d'autres ruminent et passent à l'acte. C'est le cas des frères Neumance. Une jalousie sourde qui amène la vengeance et la barbarie. Ce récit qui s'apparente plus à une novella par son format est terrifiant. Non par la description facile d'actes odieux que des auteurs utilisent aisément dans le gore. Ici, tout est parsemé d'un trouble latent à la manière d'un Corsélien au meilleur de sa forme. Le renoncement et la folie. Un gendarme qui se cherche dans une vie insipide. Solitude et frustration. Puis on bascule dans une ambiance digne d'un Jack Ketchum. La scène de l'étable donne froid dans le dos, un long cauchemar où l'auteur exprime tout son talent. Et c'est également une fin abrupte aux multiples questions (le rôle du garagiste par exemple) et le sort réservé aux suppliciés. On pourrait qualifier ce court roman de survival rural, mais c'est plus complexe. Il comble les trous d'existences artificielles par des réactions sordides et primitives où la famille ne représente que des valeurs solitaires entre l'adultère, la convoitise, l'affirmation de soi et la vanité. Et les frères Neumance ne le supportent plus. Et ils vont nous le faire savoir.

Cet ouvrage comporte aussi quelques nouvelles tendance post-apo (je pense à ce vieux qui retourne mourir chez lui en parcourant des terres dévastées...), zombis, SF, polar, guerre d'Algérie et une longue novella pour parachever le tout.

 

Paris Zombies est un recueil regroupant trente-neuf récits. Les textes peuvent se lire séparément. Malgré tout, ils forment un ensemble cohérent. Paris subit une vague d'épidémie. On distingue deux sortes de morts-vivants : les contaminés et les cadavres revenus à la vie (les revenants). C'est un grand théâtre de scènes macabres et il est intéressant de voir les diverses réactions face à la survie de chacun. Certains se regroupent pour combattre ce fléau, d'autres en profitent pour assouvir leurs pulsions les plus viles : viols, pillages, domination sur les faibles. La cruauté n'a plus de visage, que ce soit envers les morts-vivants ou les rescapés. On y trouve aussi de la solidarité, de l'entraide. D'autres se réfugient dans la solitude, certains optent pour le suicide. Ce livre est un formidable kaléidoscope des sentiments et réactions face à l'innommable. L'auteur explore et dépeint l'humanité mourante dans un style vif, percutant et presque poétique. Une horreur protéiforme et obsessionnelle. Le tout dans des décors multiples : des avions, des caves, des ruelles, des parkings souterrains, des appartements vides, des magasins, des bistrots, des cimetières, des hôpitaux...

 

Lire notre interview de l'auteur.

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Ceux qui grattent la terre - Patrick Eris

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Le fardeau de l’homme noir : Ceux qui grattent la terre, de Patrick Eris.

 

Patrick Eris est une sorte de phénomène. Romancier, nouvelliste, éditeur, traducteur, l’homme est présent depuis déjà longtemps sur tous les fronts de la littérature populaire. Après avoir utilisé le pseudonyme de Samuel Dharma pour faire ses armes dans les collections Espionnage et Anticipation du Fleuve Noir, il dirige aujourd’hui sous son vrai nom – Thomas Bauduret – les exigeantes éditions Malpertuis en compagnie de Christophe Thill. Entretemps, il aura signé de nombreux romans – dont un Poulpe –, un recueil de nouvelles – Docteur Jeep – et travaillé avec Nemo Sandman sur la fameuse série Blade jusqu’à sa conclusion en 2011.

 

Un parcours d’exception, et bien trop riche pour en donner ici davantage que ce léger aperçu. D’autant que la bibliographie de l’auteur vient encore de s’étoffer. Ceux qui grattent la terre est paru tout récemment aux Éditions du Riez. Un superbe titre, inquiétant à souhait, dont l’impact se trouve encore amplifié par la remarquable illustration de couverture réalisée par Philippe Jozelon. Ceux qui grattent la terre, ou le grand retour de Patrick Eris au Thriller.

 

Karin Frémont est une jeune femme aussi attachante que fragile. Fragilisée, même, car elle se trouve sans emploi depuis deux ans, et cette situation lui pèse de plus en plus. À tel point que son embauche par le célèbre Harald Schöringen, expert ès occultisme, lui paraît trop belle pour être vraie. Le riche intellectuel, reclus dans son gigantesque appartement à Montmartre, la met aussitôt en confiance en lui donnant des responsabilités. Sous des dehors austères, il se révèle en définitive assez amical et prévenant. Bref, Karin semble enfin voir le bout du tunnel. Hélas, d’autres ombres déjà se profilent. Il y a ces rêves effroyables. Ces bruits derrière les murs. Et une vision, terrible. Celle d’un « homme noir » paraissant surgi de nulle part…

 

Suite à divers incidents, Schöringen décide de quitter la ville. Il charge Karin de leur trouver une maison à la campagne. Celle-ci s’acquitte de sa tâche avec célérité, espérant ainsi laisser derrière elle les légendes urbaines qui la hantent. Las, c’est justement le moment que choisit Patrick Eris pour appuyer sur l’accélérateur. Après avoir patiemment tissé sa toile, l’auteur-araignée va fondre sur sa proie, non sans avoir semé au préalable nombre d’indices en forme de chausse-trappes pour mieux bousculer les étiquettes tout en faisant basculer le réel.

 

Ceux qui grattent la terre, c’est un peu comme une rencontre entre Serge Brussolo et G.J. Arnaud. L’œuvre du premier est d’ailleurs citée de façon allusive à plusieurs reprises au fil du récit. Quant au second, il signa jadis pour la collection Spécial-Police un roman intitulé… L’homme noir. Grâce au talent de Patrick Eris, nous retrouvons le meilleur des deux écrivains précités dans ce Thriller Fantastique convoquant aussi certains des codes les plus frappants du Giallo (fétichisme du costume, Whodunit, agression à l'arme blanche, etc). Un mélange à la fois détonnant et harmonieux, qui culminera dans un final délicieusement épouvantable.

 

J’ai débuté cette chronique en mentionnant les collections du Fleuve Noir au sein desquelles furent publiés les premiers romans de l’auteur. Afin de boucler la boucle, un autre parallèle s’impose. Car nul doute qu’en d’autres temps, Patrick Eris aurait eu toute sa place entre Marc Agapit et Kurt Steiner. Tout comme ses illustres prédécesseurs, l’homme démontre ici avec brio que la littérature de genre n’exclut ni les styles soignés ni les intrigues ciselées. Bien au contraire. Ce qui permet à Ceux qui grattent la terre de prouver que certains romans contemporains sont à même de (res)susciter de façon troublante… Les frissons de l’angoisse.

 

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 180, mai / juin 2016.

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Série Mike Rowland - Frank Harding

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

En sus de son personnage Johnny Metal, Léo Malet a écrit deux romans policiers (sous le pseudo de Frank Harding) consacrés au détective privé Mike Rowland, de la Michael Agency. Le premier opus, "Recherché pour meurtre" fut publié chez Ventillard le 4ème trimestre 1948, dans la collection MINUIT numéro 23. Ce flic est plus coriace et vindicatif que son prédécesseur Metal. Accusé du meurtre d'un journaliste et de la découverte du cadavre de son associé Adams, Rowland doit fuir pour résoudre l'enquête. Au fil de ses investigations, il découvre que son ancien collègue était un maître-chanteur. Intrigue classique mais plus incisive que les romans dédiés à Johnny Metal. Le ton est plus direct et croche-dedans. Rowland n'hésite pas à castagner et à tuer si ça s'avère nécessaire pour sa survie. Léo Malet utilise le schéma habituel : flic accusé à tort, journalistes et flics officiels à sa traque, confrontations avec des truands, cavale et dénouement heureux.

Même cas de figure pour le second opus, "Cité interdite", paru aux Éditions et Revues Françaises le 1er trimestre 1950 dans la collection "Ici Police". Rowland, fauché comme les blés, décide de quitter momentanément New York pour se mettre au vert dans une station balnéaire. Il demande du travail à un flic privé qui lui refuse son aide par télégramme. Intrigué, il se rend sur place et se rend vite compte qu'on l'empêche, par tous les moyens, de retrouver son confrère. Un vagabond se fait tuer à sa place (il venait de piquer la bagnole de Rowland) et les truands sont à ses trousses ainsi qu'un agent fédéral. Bientôt, il se trouve embourbé dans une sordide histoire de trafic de faux billets. Les quiproquos s'enchaînent mais Rowland rétablira la vérité et une virginité toute relative lui permettant de se remettre à flots.

J'ai vraiment apprécié les mésaventures de Mike Rowland. Il n'est qu'une pâle copie américaine de Burma, mais la lecture est plaisante car on s'attache vite à ce personnage fonceur.

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