L'avis de Nécrorian sur TRASH

Publié le par Zaroff - Commenter cet article et avis postés :

La présentation est bonne, avec des couvertures plutôt bien illustrées et donnant un ton à la collection. Petit bémol, deux de ces couvertures sont un peu sombres et risquent peut-être d’être confondues sur un présentoir.

Rien de particulier à dire sur les textes qui sont, à mon avis, un peu trop littéraires pour ne pas dire « Trop bien écrits »… Le Gore répond à la définition du roman populaire édictée par Michel Lebrun dans ses almanachs du crime : « Vite lu, vite écrit »…

Ces trois textes entrent à des degrés divers dans les catégories l’Homme contre la maladie (Pestilence), l’Homme contre l’invasion de bestioles maléfiques (Necroporno), et l’Homme contre lui-même, mais d’une manière plus rêvée que réelle (Bloodfist)…

Personnellement je définirais plutôt le Gore par « L’homme contre l’homme » d’un point de vue exclusivement physique et je serais plus direct en écriture. En effet je trouve que les scènes Gore de ces romans sont souvent écrites avec un recul qui apporte une certaine distanciation. Il en est de même pour les scènes à caractère sexuel qui devraient elles aussi être plus crues. Tour cela ramène à la première constatation « Trop bien écrit ! »

Pestilence : L’idée est originale sans l’être trop. Mais si on découvre peu à peu avec horreur les dégâts occasionnés par l’avancée de la maladie dans la communauté de St-Ragondard, laquelle succède au bûcher sur lequel ont péri les Juifs du coin, doit-on y voir une allusion à l’holocauste ? La description des effets pestilentiels fait parfois plutôt songer à la lèpre, mais on chemine avec le héros vers le dénouement. C’est bien construit et avoir parsemé le récit d’expressions moyenâgeuses (réelles ou inventées ?) donnent une résonnance particulière à cette ode au pus !

Bloodfist : Que dire ? Très difficile à juger car ce roman n’est pas un roman Gore ou alors peut-être un gore « métaphysique », premier du genre, presque une thérapie en forme de roman. La longue confession (inventée ou pas), ne laisse cependant pas indifférent. Parfois, certaines pages font penser à un Boris Vian adorateur de la boue…

Necroporno : Excellente idée que d’appuyer la progression dramatique sur les arrivées successives des insectes mangeurs de cadavres, fait que la police scientifique utilise pour dater le décès des victimes. Ici, les insectes deviennent vite le métronome d’une histoire qui se court un peu après. Mais encore une fois, trop de distance entre les descriptions et le lecteur.

Si je peux me permettre un conseil général : La prochaine fois « Lâchez-vous !!!! » Tout ça n’est qu’une impression toute personnelle qui ne vaut que parce qu’elle existe car je ne suis pas un critique professionnel et il m’est difficile de dire aussi frontalement ce que je pense des écrits de confrères. Mais vous l’avez voulu…

L’homme qui a écrit ces lignes étant abonné à vie à la collection TRASH, il a lu depuis lors l’intégralité de notre deuxième vague de novembre. Et a eu la gentillesse de nous transmettre son opinion au sujet des romans 4, 5 et 6. La voici :

Je voulais parler des nouveaux "Trash", mais je me remets difficilement de la décharge de plombs (certainement du 12) que cet enfoiré de Zaroff m'a envoyée dans la jambe à la page 106 du "Night Stalker"… Merci pour le Mentor incontesté, mais tu pourras lui dire qu'il devient dès à présent une cible ! Il est certain que ce roman est un vrai Gore qui aurait eu sa place dans la défunte collection.

Le "Silence rouge" est issu de la (aussi) défunte collection "Angoisses" dirigée par Juliette Raabe, donc très porté vers le fantastique. Mon alter ego Mazarin y a sévi une fois dans le numéro 5 avec le titre " Le baigneur "… Pas gore mais pire !

L'Emoragie flirte aussi avec le fantastique mais pourquoi pas, celui-ci apporte au lecteur autre chose et lui demande certainement plus d'imagination que le Gore… Dans le fond, ça équilibre la collection parce que seulement du Gore ne marcherait pas aujourd'hui. Mais je vous fais confiance.

Amicalement

Nécrorian

Voir les commentaires

Oh oui, encore...

Publié le par Zaroff - Commenter cet article et avis postés :

Gentil billet de Schootswater :

"Night Stalker s’inspire de l’affaire Ramírez, un fait divers abject qui souilla la Californie des années 1980. Déposé en offrande sur l’autel du dieu Nécrorian, le roman de Zaroff se montre-t-il digne de son dédicataire ? La réponse est oui, mort de mes os ! Comme l’auteur de Blood-sex et Inquisition, Zaroff marie la fesse et le boyau avec maestria. Ultra-violent (euphémisme), Night Stalker n’épargne rien au lecteur, qui patauge dès les premières pages dans tous les fluides humains imaginables. Les crimes du rôdeur sataniste sont un concentré d’abomination, Trash a bien fait d’apposer la mention « Pour adultes consentants » sur ses couvertures. Faisons nôtre l’analyse de l’ami David Didelot : Night Stalker est un antidote à la nostalgie de ceux qui ont découvert les pépites Gore à leur parution. Merci, Zaroff. Grâce à toi, j’ai retrouvé mes 15 ans !"

Et l'avis d'un certain Nécrorian (quelqu'un le connait ?) :

"Je voulais parler des nouveaux "Trash", mais je me remets difficilement de la décharge de plombs (certainement du 12) que cet enfoiré de Zaroff m'a envoyée dans la jambe à la page 106 du "Night Stalker"… Merci pour le Mentor incontesté, mais tu pourras lui dire qu'il devient dès à présent une cible ! Il est certain que ce roman est un vrai Gore qui aurait eu sa place dans la défunte collection."

 

 

 

Voir les commentaires

Celui qui pourrissait - J.P Bours

Publié le par Zaroff - Commenter cet article et avis postés :

 

Prix Jean Ray 1977. La nouvelle éponyme relate un récit fait par un vieillard à un homme. Ils sont attablés devant un whisky. La narration ressemble forcément à Jean Ray, du moins le début car Jean-Pierre BOURS est un auteur à part, avec un style propre. Nous suivons la déchéance physique d'un jeune homme aux multiples maux (lèpre, erysipèle, eczéma, pemphigus...) en 1888. Le mythe de Jack l'Eventreur est renouvelé avec brio dans ce conte.

Procédure contradictoire est un récit très étrange. Un procès a lieu entre un magistrat et un prévenu condamné pour assassinat. Un duel mental s'installe entre les deux rivaux. Le final est époustouflant et surprend le lecteur incontestablement.

Histoire d'A (Essai d'érotisme lipogrammatique) est l'histoire d'un initié d'un Ordre secret aux rites étranges de soumission de femmes. Encore une fois, Bours nous berne sur la conclusion. Le peuple nu est une nouvelle remarquable et sans doute la plus réussie de ce recueil. Des corps écorchés vivants s'invitent à un bal masqué organisé par un anatomiste. Récit remarquable.

Par contre Le divin marquis est moins intéressant à lire. Une femme invite le Marquis de Sade à venir hanter ses nuits après une séance de spiritisme. Sans doute le récit le plus moyen du recueil. Le château des réminiscences est un conte onirique rêvé par un enfant. Récit chevaleresque et merveilleux qui rappelle le style de Seignolle.

La vérité sur la mort d'Aaron Golstein est une histoire d'apparition qui assouvit une vengeance à la place d'un autre. Évidemment le crime ne paie pas... pour le fantôme ! La mort du juste est une nouvelle fois le récit d'une vengeance terrible d'un enfant pur envers un juge sans pitié.

Entre Charybde et Scylla est une formidable épopée de sept jours d'un homme qui angoisse avant une trachéotomie. La métamorphose d'un homme en fantôme est révélée dans Aujourd'hui l'abîme.

Ce recueil unique de Jean-Pierre Bours (et quelle regrettable constatation) est un de mes préférés chez Marabout. Un choix idéal entre Thomas Owen et Jean Ray avant d'élargir sa vision du fantastique vers d'autres auteurs plus complexes. Il faut connaitre ces auteurs classifiés dans "l'école belge d'épouvante" dont Jean Ray était le chef de file incontestable.

Voir les commentaires

<< < 1 2