La saga de Mme Atomos # chapitre 3

Publié le par Léonox

 

Opération peur : La saga de Mme Atomos, chapitre 3.

 

Madame Atomos n'est pas de celles qui renoncent facilement. Après six revers lourds en pertes techniques et humaines, d'autres qu'elle se seraient découragés. Heureusement pour les lecteurs, et malheureusement pour le reste de l’humanité, Kanoto Yoshimuta n’ayant rien d’une jeune fille en fleurs, elle ne se retranche dans son jardin secret que pour mieux y cultiver les plantes les plus vénéneuses… C'est ainsi que dans le premier roman de ce troisième recueil édité par Rivière Blanche, L’erreur de Mme Atomos, l’enlèvement du toujours fringant Yosho Akamatsu va lui permettre de détourner l’attention pour préparer au mieux une nouvelle offensive, toujours fondée sur de perverses manipulations collectives…

Imaginez un peu combien de temps vous pourriez supporter d’être entièrement privé de sommeil par un bruit permanent et surpuissant… Aidé par la « Force dragon vert » nouvellement créée (un ramassis d’anciens truands aussi sympathiques que dévoués à la lutte anti-Atomos) l’agent Smith Beffort va devoir faire preuve d’une grande pugnacité pour délivrer son ami et reprendre l’avantage dans une partie qui semblait mal engagée. L’issue dépassera même ses espérances, puisque la Cité Atomos, merveille de haute technologie sous-marine à la fois repaire, base arrière et laboratoire de Kanoto Yoshimuta, sera anéantie par des chapelets de mines. Une belle victoire, mais la guerre est loin d’être gagnée pour autant…

En effet, la Japonaise ne tarde guère à riposter, ainsi que le prouve le très ironique Mme Atomos prolonge la vie. Non contente d’avoir survécu à la destruction de sa cité, elle a décidé de transformer l’état du Rhode Island en un îlot préservé de la maladie et du vieillissement ! Curieuse stratégie, dont le but véritable est proprement diabolique : spéculant sur des vagues de migration massive, Mme Atomos vise ici l’implosion des États-Unis par la surpopulation, puis par la pénurie d’emplois, de logements et de vivres qui ne manqueront pas de survenir ! En parallèle, elle n’hésite pas à s’en prendre à la famille de Smith Beffort et, pire encore, se permettra même d’exercer un odieux chantage auquel il était exclu de ne pas donner suite…

Le troisième roman de cet omnibus constitue par conséquent une sorte d’apothéose : la menace qui pèse sur les Etats-Unis ayant pris une tournure plus « intime », il est impossible de ne pas s’impliquer dans la lutte acharnée que mène l'agent du FBI pour retrouver les siens. Et c’est ici qu’il faut rappeler tout le talent de l’auteur qui, en artisan avisé, savait pertinemment qu’une bonne histoire ne fonctionne pas si elle n’est pas servie pas de bons personnages. Alors oui il serait possible, selon le bon vieux principe de la chronique « de genre », de vanter Les monstres de Mme Atomos en insistant sur un quota d’action, d’armes, de morts, de monstres et de bijoux technologiques dont James Cameron serait jaloux. Et ?

Vous qui lisez ces lignes vous doutez déjà de tout cela. En revanche, on ne vous a peut-être pas assez dit tout le bien qu’il faut penser d’André Caroff, dont le style puissamment cinématographique, les découpages et le sens du rythme sont autant de belles leçons aujourd’hui encore. On ne vous a peut-être pas suffisamment vanté les qualités d’un écrivain qui, loin de se contenter d’aligner les archétypes et les clichés, a réussi à faire évoluer ses personnages sans jamais perdre le fil d’une série riche de dix-huit épisodes. Alors j’insiste. Certains artisans ressemblent diablement à des artistes. Et ce volume compilant les numéros 136, 140, et 143 de la collection « Angoisse » s’impose comme un nouvel opus magnum.

Commenter cet article

Z
À la hauteur ? Aucune crainte pour cela mon ami. Le contraire serait surprenant de ta part.
Répondre
Z
Belle chronique mon ami. Tu fais honneur à ce blog.
Répondre
L
Merci beaucoup.
Tu m'as gratifié d'une tribune privilégiée, et je suis heureux de ne pas te décevoir.
J'espère que tu jugeras les prochains billets à la hauteur.