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Les abysses du temps - Maxime Chattam

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La réputation de Maxime Chattam n'est plus à prouver, mais je lui trouve un défaut récurrent : il faut qu'il en rajoute des tonnes et ça en devient souvent indigeste. Ses romans seraient meilleurs sans ce tripatouillage psychologique encerclant les personnages. Nous n'avons guère besoin d'éclaircissements psychiatriques toutes les dix lignes pour comprendre la personnalité des protagonistes. Ce volume regroupe les deux romans « Léviatemps » et « Le Requiem des abysses » pour un prix raisonnable. Pas moins de 1150 pages à se contenter. L'ambiance ? Le Paris des années 1900, lors de l'Exposition universelle. Des prostituées décimées, des disparitions mystérieuses étouffées par la Préfecture de Police, un monstre dans les égouts, un étrange Cénacle des Séraphins. Le héros principal est Guy de Timée, un écrivain à succès ayant fui sa femme et sa fille pour diverses raisons que je vous laisse découvrir. Il se terre dans les combles d'une maison close, le Boudoir de soi. Assisté de Faustine et d'un jeune inspecteur, il va se lancer dans une enquête inductive, à la manière d'un Sherlock Holmes. Son but inavoué est aussi d'approcher et de ressentir les racines du Mal et de s'en approprier les fondements pour un prochain roman. La révélation finale est un peu abracadabrantesque, mais elle tient la route.

La suite se déroule dans la campagne du Vexin, quatre mois après les meurtres. Guy se reconstruit avec Faustine dans le château d'un comte, chasseur et romancier de son état. Ce second roman est plus abouti, plus agressif et l'auteur parvient à nous embarquer où il veut avec une atmosphère à la Adèle Blanc-Sec. Spiritisme, momies... le final arrive à surprendre et termine l'intrigue de fort belle manière. Même si l'ensemble ne m'a pas cueilli au foie, on ne peut qu'approuver le travail riche et documenté de cette intégrale. Chattam est un laborieux, un écrivain convaincu et il ne se fout pas de la gueule du lecteur.

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Lettres mortes - Shaun Hutson

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Je vous préviens les gars, je ne vais pas avoir un avis objectif. Je suis un addict de Shaun depuis longtemps. Son roman "Les larvoïdes" m'avait laissé sur le cul. La preuve, c'est que j'ai chroniqué ce gusse de nombreuses fois : ici. On peut déplorer qu'il ne soit guère publié chez nous. Pourtant, son œuvre est diverse. Hormis ses romans gore, cet auteur anglais a novélisé des films de la Hammer (Twins of Evil, The revenge of Frankenstein, X The Unknow), des bouquins de guerre sous le pseudo de Wolf Kruger ( Blood & Honour, Sledgehammer, Convoy of Steel, Forged in Fire...), des westerns sous le nom de Samuel P. Bishop, des histoires d'extra-terrestres sous la patronyme de Frank Taylor, des audio books, livres de jeunesse (Midnight Library).

Bragelonne a eu le mérite de publier des traductions intégrales et, comme le regretté Daniel Riche, je préfère de loin les versions écourtées de la collection GORE. "Lettres mortes" est d'un ton assez caricatural. Les personnages sont esquissés, comme ce lieutenant de New Scotland Yard chargé d'enquêter sur des crimes atroces perpétrés dans le milieu de l'édition. On se croirait presque dans "Le mystère de la chambre jaune" car les meurtres ont lieu dans des pièces fermées de l'intérieur. Contrairement à Gaston Leroux, Hutson ajoute sa signature fantastique. Une auteure, Megan hunter, publie un livre sur le mentor de Dante dont sa théorie sur la création lui apporta les foudres de l'Église. En gros, un artiste serait capable d'évoluer et d'exister dans les univers imaginés et de concrétiser le fictif. D'une enquête parsemée de scène trashy, on tombe dans un final digne d'un Stephen King. C'est un bouquin sympatoche qui se lit vite, malgré ses 88 chapitres et on ne lui demande rien de plus. Hutson procure du divertissement et c'est tout à son honneur.

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Les enfants du néant - Olivier Descosse

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Premier bouquin que je lis de cet auteur, écrivain et avocat. Ma foi, j'ai été agréablement surpris. Moins lourd qu'un Bernard Minier et moins fouillé qu'un Maxime Chattam. En gros, c'est un bon compromis pour s'assurer la lecture d'un thriller vif et divertissant. Point de vue des personnages, on reste dans les codes : flic au passé trouble, jeune femme policière pour l'aider. On navigue entre Grenoble, Paris et Avignon où des ados sont massacrés.

L'enquête démontre que les victimes ont des personnalités obscures (prostitution, drogue, satanisme...) et que les meurtres sont liés à certains films. Il est marrant de voir que l'auteur parle explicitement du site Horreur.com où certains protagonistes surfaient pour assouvir leurs pulsions meurtrières. Je peux vous assurer qu'un adepte du gore va sur des sites plus "pertinents" que celui-ci. Là-dessus, je pense que l'auteur s'est planté. Il ne faut jamais évoquer un domaine qu'on ne maîtrise pas totalement. Ok, je fais mon chieur, mais je tenais à le dire. Hormis ce problème de fond, ce thriller est un bon page-turner. Les rebondissements sont nombreux, on navigue dans la petite bourgeoisie de province, le satanisme (le personnage de Bafamal est trop vite brossé par contre), la religion, les zonards... Le flic est un ancien psychanalyste et se tortille dans de fumeuses théories pour démasquer ce cross killer (tueur en série mobile) jusqu'au dénouement qui parvient à nous surprendre.

Un thriller bien brossé, une écriture fluide et concise, des scènes horribles soft, un peu de sexe (juste une fin de chapitre) ; c'est un roman qui pourra convenir à un lectorat large et qui fait le boulot. Je vais encore lire du Descosse pour voir si mon impression optimiste se confirme.

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Némésis - Shaun Hutson

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Tandis qu'un prof couche avec sa maîtresse et que sa femme est au chevet de son père mourant, des cambrioleurs s'infiltrent dans la maison du couple et tuent la baby-sitter et la petite fille. Rien n'est épargné. Les sévices sexuels sur la gamine et les tortures diverses. Ceci après un prologue se passant en 1940, dans le métro londonien, et un curieux projet Génésis.

Forcément, la femme apprend (le jour de l'enterrement de leur fillette adorée) que son mari a une liaison. Et qu'il aurait pu éviter ce drame en étant à la maison au lieu de niquer sa poulette. Elle décide de partir chez sa sœur à Hinkston, une petite bourgade à une heure de route de Londres. John tente de reconstruire son couple et accepte un poste de professeur vacant à Hinkston (ça tombe bien, n'empêche). Sauf que le tueur pédophile décide de se venger de la mort de son pote (il a chu sur les rails du métro, poursuivi par John). Connaissant ce bougre de Hutson, il ne comptait pas s'arrêter là. Il ajoute sa touche récurrente de mutations génétiques, de savants tarés, de meurtres horribles, de viols, de cannibalisme, de désirs enfouis, de regrets, de remords et de rédemption.

On devine rapidement les tenants et aboutissants de l'intrigue, mais on se laisse happer par l'atmosphère sordide. Ce n'est pas le meilleur bouquin de Hutson, mais on ne va pas mépriser cette édition intégrale parue chez Milady. Elle a au moins le mérite d'exister et c'est mieux que rien.

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Le rituel - Adam Nevill

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Assez mitigé sur ce bouquin. On présente cet auteur comme le nouveau maître de l'horreur en Angleterre. Bon, faut pas déconner non plus. Il n'a pas la puissance de feu d'un Clive Barker ou d'un James Herbert. Pourtant ça démarrait fort. Quatre amis (qui se connaissent depuis la fac) se retrouvent au fin fond de la Suède pour une randonnée. Vu que deux d'entre eux sont des boulets (manque de sport, ventre bedonnant, genou flingué...), le chef de la bande (Hutch) décide de prendre un raccourci à travers une forêt immense. C'est à ce moment que leur calvaire commence. Animaux éventrés pendus dans les arbres, ruines séculaires, ossuaire... et surtout une étrange créature tapie dans la forêt et qui traque le groupe. La première partie de cette équipée sauvage est remarquable. Tout est formidablement décrit, l'angoisse nous prend aux tripes, l'atmosphère, légendes païennes.

C'est à la seconde partie que ça part en couilles. On tombe dans un truc foireux. Black métal, dieux anciens... ça traîne en longueur et terminer ce livre demande un effort certain. Les fans de The Wicker Man devraient s'y retrouver... un peu. C'est bien écrit, mais l'ensemble manque de cohérence. Sans doute que ce bouquin est trop long. Le côté fantastique ne fonctionne pas. Il aurait fallu garder l'aspect Blair Witch de la première partie uniquement. Déçu.

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Les contes rouges - Les Artistes Fous Associés

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Diantre, voilà un bon petit recueil de sept nouvelles pour un petit prix. L'éditeur nous promet "du sang, de la viande et de la violence !" C'est le cas. En préambule, TRASH ÉDITIONS rappelle les liens forts qui existent entre les deux partenaires, un libre échangisme d'auteurs. Avant de commencer cette chronique, je tiens à féliciter Maniak, l'illustrateur de cette remarquable couverture. Elle envoie du lourd.

Faut dire que je me suis avalé cette anthologie en une journée. D'ailleurs, je fus ferré dès le premier récit d'un certain Julien Heylbroeck. C'est l'écrivain dont je me sens le plus proche au niveau du style, de l'intrigue et de l'atmosphère série B. Les damnés de la puer est un parfait hommage Hutsonien vs Hooper. Fermes isolées parmi les champs de maïs, gnomes mutants, savant fou... tout se termine dans un carnage délirant façon Braindead. Ça gicle dans tous les sens et c'est bon ! J'ai apprécié l'environnement des lieux que les lecteurs de Midget Rampage reconnaîtront aisément. Murabito de Gallinacé Ardent surprendra par le thème choisi. Nous ne sommes pas loin de "Erèbe ou les noirs pâturages", puissance dix. Texte court mais violent. Et l'écriture est tout simplement remarquable d'aisance et d'efficacité.

Le goût du sang de Lila V. est une micro-nouvelle d'une seule page. L'auteure revisite le thème du vampire chez le gynéco ! Grossesse et folie sont traitées avec génie dans Au nom de la mère de Marie Latour et Contre-nature de mon pote Schweinhund. C'est poisseux, psychotique, glauque et dérangeant. Écritures fiévreuses et hallucinées. Du grand art.

Chose rare, Corvis nous développe, en quelques opus, des sonnets et alexandrins apocalyptiques et mystico-religieux. Crise de foi, ou Un bon coup de rouge écarte Verlaine et Rimbaud d'une gifle violente. "Jésus mordit ses fils et dévora ses ouailles. L'armée des morts grossit sur le champ de bataille. Et au sein des agneaux grandit le désespoir". Putain que c'est beau ! Et on termine ce recueil avec Wolf Rock de Diane en entrant dans la tête d'un serial-killer complètement ravagé. C'est franchement gore et pervers, à la manière d'un Christophe Siébert dans ses meilleurs jours.

Pour un ridicule petit billet de cinq euros, achetez ce condensé d'horreur de 120 pages. C'est une friandise pour les amateurs du genre. Une sucrerie pour vos caries. Ah merde, j'oubliais ! Mention spéciale aux illustrations intérieures de Stef-W. Vous voyez, rien à jeter dans ce bouquin. Sauf peut-être quelques entrailles pourrissantes laissées sur un coin de table. Bon appétit les amis...

Lien d'achat.

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Green Tiburon

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Connaissant l'auteur, je savais déjà qu'il possédait un imaginaire incroyable, subtil, fourni, atypique et diversifié (au fait Julien, j'ai bien reçu ton chèque pour cette chronique). Mais avec les aventures de Green Tiburon, je me suis régalé comme jamais. Ça ne m'étonne pas que Julien Heylbroeck soit un des piliers du Carnoplaste, de TRASH sans oublier les diverses anthologies et autres éditions où cet écrivain parvient à faire éclater son style flamboyant.

Je ne connaissais pas l'univers des luchadores, catcheurs mexicains luttant contre d'abominables méchants. Je vous invite donc à découvrir les deux opus consacrés à ce catcheur charismatique, drôle, charmant (et charmeur), sorte de James Bond avec des muscles.

Les fans du genre apprécieront forcément toutes les trouvailles de l'auteur : archipel perdu, savants fous, antres secrets, disparitions étranges, créatures mutantes, sectes maudites, complots communistes, invasion martienne... Mais Heylbroeck ne s'arrête pas là, il faut qu'il en rajoute. Des louves-garous du KGB par exemple ! Il faut le lire pour le croire. Tout est cohérent, endiablé, puissant. Je n'oublie pas non plus les combats de catch qui parsèment l'intrigue pour notre plus grand plaisir. Ce sera avec une impatience de lecteur fidèle que la future sortie du troisième épisode est espérée. Et les adorateurs de Lovecraft se retrouveront dans cette atmosphère sud-américaine.

Toutes les infos sur le site du Carnoplaste.

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L'instinct de mort - Jacques Mesrine

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À la Santé, Mesrine rédige ses mémoires de truand, ennemi public numéro un en France et au Canada. Enfance à l'éducation scolaire chaotique, la rue et le Milieu, les putes, les copains puis la guerre d'Algérie où il revient décoré. Certaines scènes sont choquantes, à la limite du supportable : notamment l'assassinat d'Ahmed la salope, proxénète tué à la dague italienne et enterré aussitôt après. Premiers cambriolages, naissance d'une fille avec Solédad rencontrée en Espagne. Règlement de compte sanglant à Milan en compagnie de Guido et retour à Gênes. Mesrine prend de l'assurance et de l'ampleur. Il devient un être violent et ne s'en cache pas. Il connaît les règles du jeu depuis le début et aborde son "métier" avec sincérité et froideur. Malgré son union avec Solédad et la naissance de Sabrina, il continue les coups avec ses copains, attaque un comptable et se fait arrêter avant de braquer un Crédit Populaire. Direction la prison d'Évreux, puis Fresnes et Orléans pour une peine de six mois. En sortant de taule il tente de se réinsérer en exerçant un emploi de maquettiste, par amour de sa fille et de sa femme. Seize mois après il est licencié et se retrouve au chômage, malgré une réhabilitation réussie. C'est sans doute à cet instant que Mesrine s'écartera à jamais du droit chemin.

Guido le met sur un gros coup : simuler un cambriolage dans la villa du gouverneur militaire de l'île de palma de Mallorca en Espagne pour y trouver un carnet et obtenir des informations. Il se fait attraper et Mesrine est pris pour un agent secret ! Son couple bat de l'aile avec Solédad, il la quitte sans prévenir et ouvre une auberge avec Janou, une femme rencontrée dans un bar. Après des ennuis avec une bande locale, Mesrine repart avec Janou malgré des affaires florissantes avec son auberge. Etant recherchés par la police, ils décident de s'envoler vers le Canada. Ses futures actions criminelles lui vaudront le titre peu enviable "d'ennemi public numéro un", un milliardaire sera enlevé, accusation et acquittement d'un meurtre, évasion d'un pénitencier, évasions multiples, braquages de banques, fusillades, attaque d'un pénitencier fédéral, meurtres de gardes nationaux... le séjour canadien sera mouvementé ! Pour anecdote, Mesrine assistera au lancement du premier homme sur la Lune le 16 juillet 1969 à Cap Kennedy... avant d'être incarcéré le soir même à la prison de Texarcana !

Mesrine jette sa vérité à la face de la société. C'est d'une autre époque mais le problème de l'incarcération en France est toujours d'actualité ! On ressent la haine de Mesrine envers les flics, les QHS, les détentions castratrices de liberté, les conditions inhumaines pour casser du détenu... c'est un livre violent où Mesrine juge son "métier" avec sincérité et franchise. Ce qui m'a beaucoup surpris sur ce personnage notoire fut son talent d'écriture. Sa prose est vive, nuancée et agréable à lire. Les tensions alternent avec des moments d'émotion par un vocabulaire simple et précis. Un livre qui ne laisse pas indifférent.

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L'homme des morts - V.M Zito

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Quoi, encore des zombies ! Je sais que vous saturez et je m'en excuse. Mais ce bouquin m'a été conseillé alors je m'y suis collé. 370 pages à me fader. Eh ben, c'était pas mal du tout. Une épidémie coupe les USA en deux : Zone Libre à l'est et Zone Occupée à l'ouest. Personne n'entre et ne sort de la zone non infestée. Sauf un gugusse qui est resté délibérément chez lui, en Arizona, pour retrouver sa femme... et la flinguer.

Henry Marco est un neurologue qui chasse des zombies pour respecter des contrats avec les familles. Il doit leur tirer une balle dans la tronche et rapporter une preuve de leur mort définitive, comme une alliance ou un bijou. Un jour, un mystérieux responsable de la Sécurité Intérieure, lui donne une mission : retrouver son ancien collègue qui, semble-t-il, a été attaqué et tué dans une prison en Californie.

Un agent secret chinois est aussi sur les trousses du médecin, ainsi que des mercenaires en quad. Marco part dans le désert, parcourt des montagnes, traverse des villes dévastées où les pièges sont nombreux. C'est un jeu de chat et de souris entre les deux hommes. Ils affrontent les monstres ensemble malgré les manipulations du chinetoque.

L'ensemble est cohérent, structuré et l'auteur parsème son intrigue de combats violents, de scènes puissantes et accrocheuses, au suspense terrible. Il révèle aussi la source de l'épidémie et le moyen d'enrayer l'épidémie. Il aborde également les enjeux géo-politiques, la géographie émotionnelle des zombies et certains combats se rapprochent de l'ambiance d'un Mad Max III, bien speed.

Je ne regrette pas cette énième histoire de morts-vivants car ça tient la route. C'est intelligent, gore, sanglant, addictif et l'écriture est largement au-dessus de la moyenne. Bref, une belle découverte qui devrait être adaptée au cinoche prochainement. On peut reprocher quelques faux raccords comme un pare-brise qui vole en éclats à une page et qui redevient intact au paragraphe suivant. On ne va pas faire la fine bouche, Zito est un sacré auteur dans ce genre initié par Russo, Romero et Matheson.

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Ravageuse - Irène Maubreuil

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Le Carnoplaste possède des atouts indéniables, l'assurance de lire des récits originaux, surréalistes et d'une qualité littéraire très supérieure à la moyenne des bouses peuplant les rayons des librairies. Après avoir lu "Midget Rampage", premier opus de ce double fascicule, ce western subaquatique de la mystérieuse Irène Maubreuil ne déroge pas à la règle. C'est du lourd et du très très lourd !

Le style est remarquable d'efficacité. Vocabulaire riche, prose parfaite, intrigue ciselée, personnages atypiques font de ce western un moment de lecture inoubliable. Passionnant de bout en bout, on suit avec délectation la vengeance d'une prostituée mutilée, Lady Godiva, dans la ville crasseuse et pervertie de Rain Bluff. Aidée par des ATA (Asiates Troglodytes Amphibies), elle traque des flingueurs sanguinaires et déjoue le complot fomenté par la confrérie du Cercle Pourpre.

Irène Maubreuil, et son imagination exponentielle, installe le décor. Océan vertical, dôme aquatique surplombant les contrées de Desert Tide, créatures mutantes, accessoires marins (armes, mobilier, vêtements, poudre de ver-de-vase, faune, flore...) forment un ensemble cohérent et inspirant.

J'ai été subjugué par ce récit incroyable aux accents lovecraftiens. On sent l'influence du Maître de Providence. Je suis certain que ce cher H.P.L aurait adoré et approuvé ce western en tapant des mains. Il y avait Derleth et Bloch pour prolonger l’œuvre des Grands Anciens, on peut affirmer que Maubreuil a la carrure et les épaules pour suivre cette voie. Si elle veut m'épouser, mon billet pour Las Vegas est déjà pris !

Article complémentaire sur le blog de TRASH, reprenant les deux romans.

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