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La burlesque équipée du cycliste - H.G Wells

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Wells fut un précurseur. Il prédira les batailles aéronavales, les destructions au laser, l'apesanteur et les manipulations génétiques... mais peu de gens connaissent ses satires sociales empreintes d'une touche de poésie comique et désenchantée.

"La burlesque équipée du cycliste" (The Wheels of the Chance) est un roman que je porte dans mon cœur depuis tout gamin. Hoopdriver est un respectable commis dans le magasin de nouveautés de M.M. Antrobus et Cie et s'empresse de satisfaire les moindres désirs de la clientèle. On peut d'ailleurs sourire envers ce patronyme car "Hoop" signifie cerceaux ou, en argot de Dublin, une personne en arrière ; ce qui correspond bien à la nature de notre personnage. Un peu naïf et épris de rêves littéraires puisés dans la lecture de romans d'aventures.

L'histoire débute le 14 août 1895. Hoopdriver présente de nombreuses éraflures et contusions car il s'adonne à une dangereuse passion : la bicyclette ! Notre héros apprend à pédaler sur un vieux biclou capricieux et avide de chutes. Une semaine de congés lui est octroyée. Il met donc à profit ces courtes vacances pour partir en excursion le long de la côte sud anglaise, malgré les railleries de ses collègues. Le premier jour de congé est féérique et débute par une matinée radieuse. Hoopdriver a revêtu son complet de cycliste et prend la route. Les gamelles commencent sur le bord du chemin. Le maniement de l'engin, notamment le freinage, est d'une rare complexité et demande des réflexes, inconnus de notre héros ! Malgré l'enthousiasme enfantin de notre ami à dévaler les routes de Kingston Vale et Kingston Hill, un mal insidieux s'impose, lentement et impitoyablement, autour des genoux et des mollets : les crampes.

Vers Surbiton, il croise la Jeune Dame en Gris, elle aussi montant une bicyclette. Voulant la dépasser (plus par fierté que par exploit sportif) il rencontre une palissade en planches avant de s'écrouler au sol. La jeune femme s'arrête et s'inquiète de l'état du malheureux cycliste avant de filer à son tour. Orgueilleux, il reprend son clou (le vélo est une antiquaille) et décide de la rattraper. D'ailleurs un gamin le croise et lâche une somptueuse réplique non dénuée de raison : "Tiens, un singe sur un gril !"

Arrivé à Esher, il déjeune à l'auberge du Marquis de Granby. Il discute avec un tourbillonnant personnage (dont les théories sur les goûts contemplatifs et les tempéraments actifs sont savoureuses de pertinence) avant de poursuivre son périple sur la route de Ripley. Après un malentendu, notre homme est pris pour un détective par celui qui accompagne la Jeune Dame en Gris. C'est un homme marié épris de la jeune fille. Celle-ci n'est pas amoureuse et cherche à s'enfuir. Hoopdriver l'aide à fuir dans la nuit et fauche les deux bicyclettes neuves du couple. Des nouveaux sentiments apparaissent et le grotesque et absurde Hoopdriver se métamorphose. La jeune femme se nomme Jessie et a dix-huit ans. Hoopdriver s'affuble d'un faux nom et se fait passer pour son frère. Hoopdriver fait désormais dans le chevaleresque et l'onirique. Sauver la damoiselle en détresse au péril de sa vie est devenue sa ligne directrice. Son destrier n'est point un cheval ou une mule mais un simple vélo.

Au réveil, devant sa glace, Hoopdriver fait le bilan de sa vie. Éducation modeste, instruction moyenne, pas de talents particuliers, un physique qu'il décrit comme "un poireau monté en graine et des épaules étroites". Hoopdriver est amer en contemplant son complet de camelote ; ce n'est pas dans ses moyens de jouer les amoureux ! C'est un roman tendre et cruel qui rend Hoopdriver attachant sur le final. Malgré ses espoirs, il retrouve son travail insipide et les portes se referment sur lui.

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Sang pour sang, le réveil des vampires - Jean Marigny

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Le vampire est né de fantasmes liés au sang. La première trace tangible d'une croyance sur le symbolisme du liquide vital remonte à la préhistoire. Un vase découvert en Perse dont le motif représente un homme aux prises avec un monstre tentant de lui sucer le sang. La tradition de Lilitû, entité babylonienne, est multimillénaire. Le vampire, au sens strict du terme, est un produit de la civilisation européenne, notamment dans la Grèce antique et dans la tradition judéo-chrétienne.

Les stryges, lamies et empuses sont des divinités grecques d'apparence féminine qui sucent le sang de leurs victimes endormies. À l'ère chrétienne, elles deviendront les succubes. Lilith, démon féminin, aspirait le sang des nourrissons dans leur berceau. Lilith était issue d'un mythe assyro-babylonien et rattachée à la Genèse par une tradition rabbinique. C'est à partir du XIème siècle que commencent à se répandre des rumeurs relatives à des défunts dont le corps est retrouvé intact à l'extérieur de la tombe. C'est surtout au XIVème siècle que le vampirisme devient endémique, principalement en Prusse Orientale, en Silésie et en Bohême.

Le XIVème siècle est superstitieux. La peste a fortement favorisé la croyance aux vampires. La première manifestation vampiriste en France est associée au procès de Gilles de Rais en 1440, le plus grand tortionnaire d'enfants que l'Histoire ait connu (plus de trois cents enfants furent torturés).

Le héros national roumain, Vlad IV a contribué à libérer son pays des envahisseurs ottomans. Mais Vlad Tepes l'empaleur, voïvode  de Valachie fut surtout réputé pour sa cruauté légendaire. Il fera empaler des milliers de personnes pour son seul plaisir et mettait un point d'honneur à imaginer les pires tortures. Bram Stoker s'en inspirera, quatre siècles plus tard, pour créer le mythe fondateur : « Dracula ».

En 1484, l'Eglise (et son pape Innocent VIII) reconnaît officiellement les morts-vivants en approuvant la publication du « Malleus Maleficarum » de Jakob Sprenger et Heinrich Kramer.

On ne peut parler de vampirisme sans occulter le cas singulier de la comtesse Erzsébet Bathory (surnommée « La comtesse sanglante »). En 1600, après la mort de son mari le comte Ferencz Nadasdy, la comtesse trompe son ennui en s'initiant à la magie noire. Son serviteur Thorko enlèvera de nombreuses paysannes pour satisfaire les sanglants caprices de la châtelaine. Enchaînées dans les cachots du château, elles seront torturées et saignées à mort sur une période de dix ans. Le 30 décembre 1610, le comte Gyorgy Thurso (cousin d'Erzsébet) investit le château avec des soldats.

La comtesse sera gardée en captivité jusqu'à sa mort dans une chambre murée. Ses complices, dont la nourrice Ilona Joo, le majordome Johannes Ujvary et une sorcière nommée Darvula seront tous exécutés. Le château de Csejthe sera laissé à l'abandon. Les ruines serviront, très probablement, de modèle à Bram Stoker, du fait de murailles imposantes et d'un sinistre donjon, le tout sur un éperon rocheux qui domine le paysage. Le vampire légendaire est capable de se transformer en toutes sortes d'animaux, comme les araignées ou les papillons, mais aussi en brouillard ou en fétu de paille. Le cinéma lui ajoutera des crocs et des chauve-souris !

Le vampire entre dans la littérature en prose par une nouvelle intitulée « The Vampyre » de John William Polidori (1795-1821). Cette nouvelle est inspirée d'un récit inachevé de Lord Byron. Le vampire Darvell devient Lord Ruthven. Le conte sera publié en avril 1819 dans le New Monthly Magazine. Le premier chef-d’œuvre du genre est « La morte amoureuse » de Théophile Gautier. Charles Nodier reprendra le flambeau dans ses Contes ainsi qu'Alexandre Dumas qui écrit, à son tour, un « Vampire » en cinq actes et joué en 1851.

Le thème du vampire finit par lasser le public jusqu'en 1871 où « Carmilla » de Joseph Sheridan Le Fanu renoue avec le mythe et annonce le « Dracula » de Stoker. La première adaptation cinématographique est le cultissime « Nosferatu » de Friedrich Murnau dont la sortie en 1922 passe inaperçue. Le premier film parlant est le « Dracula » de Tod Browning en 1931 avec Bela Lugosi qui impose l'image collective du vampire. En 1957, il se fera enterrer avec le costume qui avait fait sa gloire. Le second plus grand interprète sera Christopher Lee, notamment dans « Le Cauchemar de Dracula » de Terence Fisher, premier film en couleur de 1958.

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Les jardins de l'apocalypse - F. Richard-Bessière

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Même si je ne suis pas un grand adepte de science-fiction, j'ai toujours apprécié ce court roman qui, en à peine 190 pages, me semble complet, bien construit et très dynamique. Un siècle après la troisième guerre mondiale, la Terre est dévastée. Des humains se terrent dans des galeries, les jeunes sont séparés des adultes. Impossible de sortir à l'air libre car des « choses » veillent dehors. Des gros ballons de membrane fine qui se déforment et se divisent sans cesse. Elles peuvent aspirer et dissoudre un organisme vivant en quelques secondes. Par un heureux stratagème permettant de se dissimuler des terribles rôdeurs visqueux, un groupe de jeunes (encadré par le leader nommé Pat) va se révolter contre les adultes et prendre la fuite à la recherche d'une mystérieuse cité secrète, échappée miraculeusement à la catastrophe d'origine extra-terrestre.

 

Et c'est un paysage maudit qui s'offre à eux. Une faune redoutable peuplée de plantes mutantes et télépathes, des animaux monstrueux, des symbiotes, des minéraux liquéfiés, des lagunes ensorcelantes. Mais les auteurs ne s'arrêtent pas en de simples descriptions, ils modèlent leur intrigue de lieux maléfiques comme le Temple de l'Avenir, la Vallée des Voraces où les périls sont nombreux : le Bruit de Vie, cimetière de fusées, gardiens robots, entités, panse gigantesque en forme de grotte pour attirer les proies et les digérer, cariatides du Temple, créatures à tête de chien...

 

On pourrait croire que ce bouquin est bordélique avec des thèmes brussoliens sortis d'un cerveau fiévreux ! Car on peut également évoquer les aspects religieux et philosophiques qui animent le groupe et orientent leurs choix dans cette épopée homérique. Mais c'est sans compter le talent de ce duo d'auteurs, François Richard et Henri Bessière. Tout est cohérent, limpide et d'une logique concrète. On prend vraiment plaisir à suivre les aventures de Pat, Karen, Peggy, Moustache, Furet, Mira, Doc et Fats.

 

Livre initialement paru chez Fleuve Noir en 1963, cette réédition Marabout est de 1974. C'est un roman qui ne cesse de me surprendre par son efficacité et son incroyable richesse. À conseiller pour tous les auteurs amateurs de SF cherchant l'inspiration et la manière de rendre une histoire crédible en peu de pages. C'est un vrai métier et ce bouquin le prouve. Une merveille à mes yeux.

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Hannibal - Thomas Harris

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Impossible de se lasser de la tétralogie de Thomas Harris consacrée au plus célèbre criminel cannibale de la littérature : Hannibal Lecter, magnifié par Hopkins au cinéma. Le silence des agneaux et Dragon rouge sont remarquables d'efficacité et j'émets de fortes réserves sur Hannibal Lecter, les origines du mal qui est aussi poussif et chiant que le dernier roman de l'auteur, Cari Mora paru en 2019 après douze ans d'absence. Il est regrettable de constater que Thomas Harris possède un talent indéniable avec une œuvre inégale à défaut d'être inégalée ! Sauf qu'on ne pourra jamais lui retirer la paternité d'un personnage iconique du thriller tant il aura marqué les esprits depuis des décennies.

 

Je relis régulièrement ce troisième opus de 1999 qui reste mon préféré de l'univers Lecterien. Ce roman possède une force, une culture historique et gastronomique et son adaptation cinématographique de 2001 n'a pas grand chose à voir avec ce récit aux multiples miroirs, hormis la beauté sombre et médiévale de la ville de Florence bien reflétée par le réalisateur. L'intrigue d'Hannibal débute sept ans après l'évasion de Lecter. Il réside à Florence sous l'identité d'un conservateur, le docteur Fell. Il a subi quelques changements physiques, dont l'ablation de son sixième doigt de la main gauche. Clarice Starling est dans la disgrâce publique suite à une opération complètement foirée avec les services de la police et du FBI. Elle tue une dealeuse portant un bébé et un photographe la prend en photo. C'est un véritable acharnement médiatique qui se met en branle. Elle tombe dans les tracas judiciaires et tous les coups sont permis, par l'entremise de Krendler et de Mason Verger, pour la faire chuter. Mason est un milliardaire et la quatrième victime de Lecter. Il a survécu mais dans quel état ! Il respire grâce à un poumon artificiel et son visage mutilé est à l'image d'un homme puissant, sadique, pervers et pédophile. À l'aide de sa fortune, il tire les ficelles parmi les membres éminents des autorités fédérales et gouvernementales pour assouvir une vengeance organisée avec des Sardes : offrir un Lecter vivant à des cochons sauvages et affamés.

 

La partie florentine est cohérente dans le film avec l'apparition du flic Pazzi dont son ancêtre fut pendu et éviscéré cinq cents ans auparavant. Il parvient à découvrir la véritable identité du conservateur et engage une procédure avec les avocats de Verger pour toucher la récompense de trois millions de dollars pour sa capture. Le film a l'énorme défaut de montrer des éléments inexacts et différents du récit originel. La sœur de Mason est occultée malgré un rôle majeur dans l'histoire, notamment dans la mort de Mason Verger qui n'est pas bouffé par les sangliers... mais par une murène ! Et ce final où Lecter se coupe le poignet pour échapper à Clarice est grotesque et incompréhensible. Rien à voir avec la sublime conclusion du roman où les liens entre le tueur et l'agent spécial du FBI prennent une ampleur sensuelle et érotique. On peut presque évoquer un tissage incestueux entre les deux adversaires qui se respectent. Le père défunt de Clarice remplacé par Lecter et la petite sœur (Mischa) de Lecter dont Clarice prend la place. C'est résumé naïvement mais on discerne des côtés plus humains, plus « chevaleresques » dans la personnalité du cannibale gastronome.

 

Ce qui m'intrigue vraiment, c'est ce concept de « palais de la mémoire » où Lecter se réfugie depuis l'enfance pour ne plus subir des tourments physiques et mentaux. Il y répertorie des souvenirs enfouis, des instants sensoriels, des documents... sa mémoire est prodigieuse et libérée dans un espace mental gigantesque où l'Art trône dans les pièces et recoins de son âme. C'est un très grand roman et je suis toujours troublé par l'érudition du personnage, les tracas administratifs, les complots, des hommes infects et maudits, des actes de cruauté, la méfiance, les diverses stratégies des protagonistes... Une vaste comédie balzacienne aux accents maléfiques dont on ne sort jamais indemne.

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Les Aux', tome 1 : Le Faucheur - David Gunn

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En règle générale, je suis assez hermétique à la SF (comme la Fantasy). Mais pour un truc bourrin écrit à l'arrache, je suis preneur. Et ça faisait un bout de temps que la trilogie « Les Aux' » me titillait par son résumé. L'auteur est discret et on raconte plein de choses sur lui. Qu'il est un agent ayant effectué des missions secrètes (notamment en Amérique centrale et ex-URSS) et qu'il a passé son adolescence à s'exercer au combat et a grimper des montagnes avec un sac rempli de briques. Aussi qu'il ne dort jamais trop longtemps au même endroit, un shotgun sous l'oreiller ! Est-ce vrai, on s'en branle un peu. Mais ça a le mérite de poser le personnage. L'origine de ce bouquin est décrite par David Gunn en ces termes : « Le personnage de Sven me trotte dans la tête depuis des années. Un grand type avec un bras de métal, taillant son chemin dans les décombres d’une cité en feu alors que la bataille fait rage. Je ne sais pas d’où cette idée m’est venue ni pourquoi. Un jour, je me suis retrouvé terrassé par la fièvre dans une chambre d’hôtel miteuse en Amérique centrale, hallucinant, vomissant et rampant vers les toilettes. Il y a une scène du livre dans laquelle Sven, en proie à la fièvre, nettoie les vomissures de son matelas déjà douteux avec la lame de son couteau. C’est du vécu. Je suis resté des jours dans cette chambre à marteler un portable bon marché. J’ai peut-être écrit cinq mille mots par jour. La femme de ménage ouvrait la porte, jetait un œil, fronçait le nez et repartait. Je ne mangeais quasiment rien, buvais du Pepto Bismol à même la bouteille et travaillais sans relâche. Quand j’ai eu terminé j’étais fourbu, mais j’avais un livre. Et Sven était sorti de ma tête pour se retrouver sur les pages. »

 

Death's Head sort en 2007 et édition française en 2008 chez Bragelonne. Sven est un ex-sergent dégradé de la Légion Étrangère de 28 ans. Après avoir été recueilli par un lieutenant à ses 12 ans (sa famille étant massacrée), on suppose qu'il a trimballé sa carcasse dans de multiples missions suicidaires au fin fond de la galaxie. Une vieille prothèse à la place d'un bras, on le retrouve enfermé dans une cage à Fort Libidad, un désert caniculaire étendant sa fournaise sur les hommes. Se faisant fouetter à mort, il échappe au carnage des soldats. Les ferox sont des créatures mortelles, rapides et silencieuses. Curieusement, il n'est pas tué par ces monstres cruels et se retrouve dans leur repaire. Confronté à la douleur, il s'aperçoit que les ferox sont télépathes et intelligents. Une pluie de feu intervient après quelques semaines. C'est à dire une attaque programmée des Faucheurs, la troupe d'élite d'Octo V, l'Empereur de la Spirale galactique. Secouru par les hommes du Général Indigo Jaxx, il rejoint le vaisseau impérial en orbite et passe son temps à baiser une pute. Avant d'être transféré sur une planète de glace avec quelques prisonniers. Trois semaines après, il a tué les caïds et a formé une troupe de guerriers pour défendre leur territoire. C'était un test. Le colonel Nuevo l'embarque et le voici de retour dans le vaisseau où on lui fournit une nouvelle prothèse et un uniforme. Sans grade ni identification. Quel est ce nouveau traquenard ? Sven, qui n'est pas un poète, retrouve sa pute et la sodomise entre deux roupillons et trois douches.

 

Gunn développe également une galaxie étatique. L'Union Libre contrôle 80 % des planètes et les adversaires ont différents visages : la technologie Exarche, les Exaltés et les Octoviens. Les complots et magouilles politiques se multiplient au fil de l'histoire. Après une mission à Farlight, Sven devient lieutenant chez les Faucheurs (avec leurs uniformes rappelant l'Ordre des SS : galons argentés et tête de mort sur la casquette, croix d'obsidienne et fourragères, dague...). Lors du siège épique de Ilseville, Sven va former une petite unité de miliciens. Ce seront les Faucheurs auxiliaires, les Aux'. Franc, Haze, Shil et Neen. Rachel intégrera le groupe peu après. On se marre face à l'insubordination constante de Sven et sa stratégie fonce-dans-le-tas. Mais le guerrier est un formidable tacticien et meneur d'hommes...

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Trouble passager - David Coulon

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David Coulon ne cesse de me surprendre. Ses romans noirs nihilistes mettent toujours ses personnages à nu, sur le fil du rasoir, englués dans des situations inextricables. Par un style tranchant, c'est une tornade qui emporte les lecteurs dans l’œil du cyclone, un twister au souffle puissant. Rémi Hutchinson est un auteur gore qui n'écrit plus, inspiration en panne sèche. Il tente néanmoins de pondre un roman d'amour, récit mièvre et puant la guimauve, pour en tirer un best-seller, quitte à renier ses influences propres. L'homme ne croit plus en lui ni en son couple. Surtout depuis la disparition de sa fille Mélissa, cinq ans auparavant. Cinq années à se morfondre sous des apparences factices, donner l'image d'un couple aimant, faire semblant de s'intéresser aux autres. Lors d'une soirée, il est approché par une très belle jeune fille, conquise par son roman gore « L'invasion des crapauds des profondeurs » et son étrange « code du premier mot ». Rémi ne baise plus (ou mal) et il éprouve un léger trouble en conversant avec cette Sofia. Un trouble passager qui va transformer sa vie en cauchemar, un engrenage pervers où toutes ses convictions seront anéanties.

 

Sofia lui glisse un papier dans la poche. Rémi doit s'inscrire sur un jeu médiéval en ligne, choisir un personnage et la rejoindre dans une taverne pour discuter. Il tchatte avec elle dans une messagerie privée. Ils parlent de littérature et on pressent que Rémi est partagé sur cet émoi naissant. Un piège se met en place après avoir pris connaissance d'un autre message posté par une certaine Monica 15 ans qui lui donne rendez-vous à vingt minutes de chez lui. Doit-il s'y rendre ? Un mec de quarante balais doit-il rejoindre une gamine sans savoir ce qu'elle désire ? Rémi laisse ses pulsions l'envahir au détriment de la raison. Et la frontière du raisonnable peut être vite franchie sans conscience. Et c'est là que David Coulon est fort (comme à son habitude) car il démontre que l'humain peut avoir des réactions contraires à son éducation selon le mode de vie social où il est confronté.

 

Rémi ramène cette Monica chez elle. Drogué, il est séquestré dans une vieille bâtisse nichée au cœur de la forêt normande. La perversité du roman s'imbrique dans une dualité « victime/bourreau », fil conducteur du récit. Moins glauque que son précédent Je serai le dernier homme..., l'intrigue est principalement psychologique. Père absent qui s'est barré au Canada (c'est du moins ce que pense Rémi), l'écrivain est miné aussi par les souvenirs d'une colonie de vacances où des hommes masqués le violèrent à maintes reprises. C'est donc, une fois encore, du pur David Coulon avec ses thèmes chers : dualité des sentiments, abandon de soi, prédateurs à visages couverts, phobies sociales et structurelles, complexe d'infériorité, vengeance, tortures mentales et physiques... Avec tout ce que va subir Rémi, on a de la compassion pour lui... même si l'écrivain gore n'est pas blanc comme neige. Sa séquestration a-t-elle un lien avec l'enlèvement de sa fille ? Est-il un pédophile refoulé ? Pourquoi accepter les avances d'une gamine ? Ce bouquin est une véritable réussite digne d'un Thierry Jonquet dont j'aime associer David Coulon qui n'a pas encore tout dit ni écrit ! Un sacré gaillard au potentiel immense.

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R - Pascal Forbes

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Très ardu de chroniquer un livre aussi oppressant, complexe, qui ne délivre pas tous les aboutissants. Dystopie tendance anticipation, l'intrigue se déroule dans un univers clos où de nombreuses machines (demi-sphères) distribuent des fluides nourriciers (on imagine le décor de Matrix). Les femmes sont utilisées pour la fécondation lors de processus basiques, déshumanisés. Chacun est identifié par un matricule et la caste supérieure par des numéros. Tout est divisé selon des normes fonctionnelles : les procréatrices, les enfants, les adolescents, les hommes, les vieux qui ont le rôle de gardiens (les Veilles), l'élite, les savants, les chirurgiens... Nous suivons deux personnages aux volontés bien distinctes : la femme veut fuir et voir ce qu'il y a dehors et l'adolescent (qui obtient un poste d'assistant-chirurgien) veut savoir et connaître les fondements et finalités pensés par ces êtres supérieurs dont le numéro 1 est aliéné.

 

C'est un texte très intelligent qui ne conviendra pas à tous car il faut vraiment entrer dans le récit pour en apprécier l'épaisseur. Même la narration est fluctuante selon les personnages. D'après l'auteur, elle est « tantôt intra, tantôt extra-diégétique. » Les influences sont multiples : on devine « Huxley pour la sélection humaine » (et le principe de vie accélérée pour ceux qui ne respectent pas les règles), « Orwell pour la surveillance constante, la déification du chef, le modelage de la réalité selon les besoins. » L'auteur cite également Asimov, Bukowski, Palahniuk, Queneau, Jarry, Pérec dans ses références. Côté cinéma, on peut envisager « Le bunker de la dernière rafale » de Jeunet et Caro (ou encore « Moloch » de Sokourov pour l'autocratie suicidaire) selon moi et un autre film que je nommerai plus tard.

 

Pascal Forbes m'a précisé sa vision des choses (par mail) en ces termes : « … le trait commun entre tous ces auteurs, c'est leur aspect engagé dans le démontage systématique de leurs sociétés, qui même dans des périodes assez espacées dans le temps, restent semblables : des systèmes pyramidaux où ceux qui sont en tête restent en tête, ne partagent pas le pouvoir, ont des connaissances – assez limitées et théoriques – sur un maximum de sujets ; et surtout, peuvent disjoncter du jour au lendemain et faire péter le Monde. En fait, c'est du social, des luttes sociales, des personnes réduites à un boulot ingrat, droguées pour plus de docilité et gavées de bouffe de merde issue de la sueur d'autres travailleurs (NDLR : nous sommes proches de « Soleil Vert »). La trame, elle est aussi simple que ça, c'est une large parabole de la société actuelle, savamment déguisée – non pas parce que je me pense plus savant qu'un autre, mais parce qu'elle est justement abordée sous un angle savant, avec toutes ces opérations et ce mal qui ronge la colonie... »

 

En parallèle, une encéphalopathie spongiforme décime la population et des expériences sont tentées pour en trouver l'origine. Ces médecins maudits sont bouffis de vanité et leur machiavélisme est similaire à leur cruauté. En sus, on se demande si cette micro-société cloisonnée n'est pas une sorte de bulle intemporelle alimentée par des machines et qu'il doit en exister des milliers d'autres. J'extrapole car il est difficile de s'orienter dans un tel récit tentaculaire. La domination pyramidale est-elle un concept adopté par des protocoles communs par les éventuelles autres colonies ? C'est donc un ouvrage qui m'a conquis avec ses fins ouvertes et c'est un des rares romans qu'il faut relire deux ou trois fois pour sortir du brouillard et extirper tous les indices.

 

Je vous laisse découvrir où se trouve cette colonie, qui ajoute un désarroi complet sur notre lecture antérieure des premiers chapitres. Tout notre raisonnement s'effondre, totale manipulation de l'auteur à occulter les repères matériels, visuels et terrestres. L'impression générale du roman m'a fait songer à « Metropolis » de Fritz Lang et sa dualité classe dirigeante versus sous-hommes. Mais je maintiens mon opinion : « R » est anxiogène et en déroutera plus d'un. Pascal Forbes le dit mieux que moi à ce sujet : «... je trouve que la poésie passe par une certaine forme d'incompréhension, ou du moins par le fait que chacun puisse trouver un sens personnel à quelque chose qui n'est pas forcément saisissable de prime abord. » Pour certains, ce roman sera insondable et énigmatique pour d'autres. Les avis seront partagés, controversés, engagés, contestataires... et ce sera rendre honneur à ce livre atypique et non consensuel. Du Tarkovski scriptural.

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Replay - David Didelot

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REPLAY : un univers lointain, une autre galaxie où l'imagination primait sur le reste. La curiosité remplaçait l'éjaculation précoce actuelle. Tout est accéléré et on se contente de trucs téléchargés, vite vus et lus, tout en justifiant son impulsivité en likes et posts narcissiques. Cette autobiographie de David a été émouvante à lire. Je me suis replongé dans des souvenirs ancestraux que je pensais oubliés. Une époque bénie pour de nombreux quadras que nous sommes devenus. Mais la passion reste intacte dans nos cocons personnels. Ce qui est étrange, c'est le parcours différent que j'ai emprunté avant de me diriger vers l'écriture d'horreur. Je n'ai rien partagé de commun avec David Didelot malgré nos avis similaires sur la culture bis. Ce qui prouve que les chemins sont variés et les orientations diverses. Dans mon patelin, je n'avais pas de vidéo-clubs ni de librairies spécifiques à ce genre qui nous attire. Cinéma non plus. Ma culture cinéphile vient de ma défunte mère et des dizaines de VHS comprenant des films enregistrés à la télé. J'ai été élevé dans le noir et blanc, plus particulièrement les films de Chaplin, Fritz Lang et une approche polar et hard-boiled avec mon père (Belmondo, Ventura, Audiard, Bogart...). De mémoire, l'horreur n'avait pas de raison d'être dans ma maison. Sauf dans les bouquins. Mon premier souvenir horrifique fut un livre noir illustré de photographies : Amityville. J'en garde des nuits peuplées de cauchemars. Plus grand, je me souviens de quelques VHS d'horreur comme Fog, Les griffes de la nuit, Halloween. Mais ce ne sont que des miettes face au savoir immense de David Didelot dans ce domaine.

 

On ne peut dissocier les films et les livres en évoquant la quête de l'introuvable, les insatiables recherches dans des rayonnages poussiéreux. Pour quelques francs, on trouvait des merveilles et notre cœur bondissait à la vue d'une couverture tapageuse. Mes influences proviennent de la Bibliothèque Marabout (Jean Ray, Owen, Ghederode, Maupassant, Stoker, Bloch...), des tueurs en série (Psychose, M le maudit...), des enquêteurs (Sherlock Holmes, Lupin, Rouletabille...) et principalement par des films sombres où la psychologie surpasse le sanglant. Je ne connais presque rien de l'importante filmographie évoquée par David même si je partage la même ivresse... par d'autres biais. Stephen King et son célèbre Creepshow (j'ai la BD de l'époque), Ramsey Campbell, Barker, Herbert, Doyle, Leblanc... Beaucoup de mes ouvrages me suivent depuis plus de trente ans. Impossible de m'en séparer. Ce livre de David m'a rappelé mes posters de Maiden (au grand désarroi de ma mère lorsqu'elle venait passer l'aspirateur dans ma chambre) et la musique ambiante qui résonnait dans la maison : Mike Oldfield, The Alan Parsons Project, Michael Jackson, Abba et tant d'autres. La nostalgie est nécessaire pour être équilibré. Je le crois dur comme fer. Il ne faut jamais renier ses racines culturelles. Pour bien se mettre dans l'ambiance de REPLAY, faut avoir connu cette époque incroyable où on se démerdait avec les moyens du bord : une mobylette (meule ou charrette) pétaradante, conduire une FIAT Panda avec un vieux magnéto à grosses piles (une cassette de Piece of Mind à l'intérieur) sur les genoux, la clope au bec et des lunettes à la Rick Hunter pour faire beau ! Je pense aussi à la pochette de BLACKOUT dessinée au marqueur sur un tee-shirt car j'avais pas de pognon pour acheter des fringues de hardos. Je bavais sur un pote qui possédait une veste en jean (les manches découpées à l'épaule) dépareillée de dizaines d'écussons de Maiden, de Trust et d'ACDC et endossée sur un blouson cuir. On se paluchait sur des catalogues Trois Suisses ou La redoute et c'était rare de voir des nichons à la téloche. Alors je comprends aisément que les films de Joe d'Amato appâtaient les ados en délivrant de l'horreur et des femmes dénudées. Dès lors, on avait encore le goût de l'interdit qui émoustillait nos sens primitifs. Aujourd'hui, tout est factice et on se perd dans un cinéma abreuvé de remakes, d'intrigues éculées... sans bouger le cul de son canapé. Heureusement, je sais que beaucoup de jeunes cherchent à retrouver ce climat vintage dans leurs inspirations littéraires, artistiques et cinématographiques et je crois que tout n'est pas perdu. Mais bon Dieu que c'était bon d'avoir un sac U.S (avec des pin's vulgaires) bourré de poches dénichés dans une bouquinerie de quartier !

 

David nous brosse un large horizon de 1970 à nos jours avec sincérité et franchise. Ses doutes, ses peines, ses premières impressions, ses deuils, ses multiples déménagements, ses amours, ses pornos du début, le giallo, Fulci, Bava, d'Amato, la Hammer, ses rencontres, le fanzinat, ses études chaotiques, ses beuveries... avec toujours le fantastique en toile de fond. On frémit à l'épisode spirite durant une colonie de vacances, on pleure lors du décès de ce père d'une autre génération, on rigole sur des anecdotes savoureuses... c'est un livre poignant et passionné qui démontre que les passions fictionnelles et la vie ne font qu'un. Sur certains passages, on se rend compte également que le constat de David est amer quelquefois, que la foi n'y est plus, que beaucoup de temps fut perdu au détriment de la famille et des amis. Mais les vestiges d'antan seront toujours ancrés en nous comme une tumeur. On n'y peut rien, nous sommes faits ainsi. Merci David pour cette belle promenade enténébrée. Un livre que je garderai bien au chaud dans ma bibliothèque et que je relirai un jour. Un livre, que dis-je ? Une relique sacrée. Un part de moi, de nous. Une famille de l'horreur aux destins entrelacés. Un clan sans compromis.

 

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Si t'as peur, jappe - Marie & Joseph

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« Le jour où Christian Tarsier avait rencontré le Si t'as peur, jappe, qui se présentait comme « le meilleur groupe de blues, et le seul, de Lévigny-sur-Cher », il devait y avoir, dans son ciel astral une méchante conjonction de Saturne en trigone, de couilles en barre et de Charybde en Scylla ; parce que des groupes de tarés, depuis le temps qu'il promenait sa batterie dans toutes les galères musicales de la région Centre, il en avait déjà connu un certain nombre ; mais comme celui-là, jamais. Que le pianiste fût obsessionnel, le bassiste alcoolique et le guitariste-parolier complètement zinzin dans différentes catégories non homologuées, c'était dans l'ordre, et Christian Tarsier ne songeait pas à s'en étonner : il était bien kleptomane, lui — même si telle n'était pas l'opinion du juge qui l'avait condamné à deux mois de prison ferme, sous le fumeux prétexte que les kleptomanes honnêtes n'opéraient point avec une pince-monseigneur et un rossignol. Mais ces musiciens-là... ben c'était pas des tarés normaux. »

 

Ainsi débute ce deuxième roman paru en 1984, mettant en scène Philippe, Alain, Lazare, Gian Battista et Christian, membres du groupe de Blues minable nommé Si t'as peur, jappe, vivant dans une vieille ferme berrichonne « transformée en kolkhoze musical avec deux litres de bière » dont la principale occupation est de retaper le vieux Ford déglingué afin de reprendre la route. Lors d'un différend de mille balles les opposant à Frillon-Gapier, un fils à papa gérant un magasin de musique, ils vident son camion pour rentrer dans leurs frais. Ils embarquent une caisse à outils sans savoir qu'elle contient un objet mystérieux convoité par une autre bande de loubards. Aussi ridicules, ceux-ci travaillent pour Frillon-Gapier père, un antiquaire. La bande se compose de Valvo (le chef), Frite, Sylvette (la maîtresse de Valvo et comptable chez Frillon-Gapier fils), Sartago (le gorille) et Tatou toujours accompagné de son rat Gégène. De Bourges, le groupe part vers les Cévennes. Les péripéties seront nombreuses, les situations burlesques et les dialogues savoureux. Quel est ce mystérieux trésor que convoitent les voleurs ? Dans le final cévenol, deux autres sbires vont se mêler à cette affaire sordide : Paludes et Sorbonne le Katangais. C'est un polar jouissif où la grande culture des auteurs suinte à chaque page. Les personnages ne sont guère avisés, ce qui décuple l'intérêt des lecteurs. Vive le polar socio-rural dont Marie & Joseph sont les histrions.

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Chaudes bises - Marie & Joseph

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Premier polar de Marie & Joseph sorti en 83, sous le numéro 1917. Ce ton burlesque change des policiers habituels avec les sempiternels crimes sordides, les énigmes ressassées mille fois et les personnages caricaturés à l'extrême. Rien de tel chez Marie & Joseph. On se marre en découvrant un microcosme de ringards qui passent leur temps à philosopher sur l'art et la culture. « L'art est mort » comme le répète Paul, le directeur de la M.J.C de la place Tarabat à Bourges. Ses adjoints s'en foutent, vivotant de la table de ping-pong au bar des Arapahos, quartier général de toute l'équipe.

 

En toile de fond, le festival Aurore Rock organisé par le Complexe néo-culturel géré par Gondolier qui se bourre au Southern Comfort. C'est surtout l'occasion pour tous les minables de chanter leurs merdes, de poétiser leurs révoltes avec des pamphlets larmoyants et risibles. Et un mystérieux groupuscule nommé le Service de nettoyage ne le supporte pas et tente d'annuler le festival. Ça commence par la mort de deux chancres, overdose et électrocution, le tabassage d'un artiste adepte de la muscu, un autre retrouvé vêtu d'une peau de singe dans la cage d'un zoo, les menaces de mort au téléphone, l'explosion d'une bagnole...

 

Dans tout ce merdier, le commissaire Bongrain avale de l'aspirine, la migraine vrillant ses tempes, et interroge ces zonards imbus d'eux-mêmes qui se prennent pour le centre du monde dans des tergiversations artistiques. Tout passe à la moulinette : radio locale, F.R 3, journaux, théâtre, centres sociaux-culturels et si l'art est effectivement mort, la connerie est immortelle. Le commissaire parviendra-t-il à démasquer ces étranges terroristes ? Et je ne vous parle pas d'un final à se pisser dessus où le ketchup remplace le sang. Du coup, c'est la sono qui trinque, chapiteau noyé sous un flot excrémentiel. Le festival a lieu, mais pas comme prévu. Tout est de la faute d'un lama en plus.

 

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