La vague -Boyd Morrison

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Si vous recherchez un bon blockbuster à la 2012, ce livre est pour vous. Un astéroïde tombe dans l'océan Pacifique et déclenche un mega-tsunami dévastateur sur Hawaï. Il affole toutes les statistiques connues à ce jour car la réaction n'est pas comparable à un séisme, reléguant le tsunami de 2004 à un simple pet dans une baignoire. Le personnage principal est Kai Tanaka, le directeur du centre d'alerte Tsunami du Pacifique. En rôles secondaires, sa femme Rachel (directrice d'hôtel), sa fille unique et sa copine, une femme médecin et le frère de Kai.

Avant la première vague, toute cette intrigue nous prend aux tripes et c'est un phénoménal page-turner. Tanaka suit son instinct et déclenche une alerte pour tenter de sauver un million de personnes. On s'aperçoit vite que la plupart des habitants s'en cogne la nouille. Sauf que la vague atteint vingt-cinq mètres de haut ! Inutile de vous dire que votre bouée jaune fluo ne vous sauvera pas. Les immeubles s'écroulent tandis que des rescapés tentent de rejoindre les terres dans un embouteillage indescriptible.

Évidemment, trois autres vagues sont annoncées par les balises placées en haute mer. Et la dernière a des proportions inimaginables. À cet instant, le bouquin commence à devenir répétitif. Les survivants tentent tout pour échapper à un destin fatal. Des actes héroïques contrastent avec la bêtise humaine. Tout tombe dans le caricatural, mais ce type de bouquin est très visuel sans être original. Pourtant, c'est bien écrit et le lecteur y trouvera un plaisir certain en le lisant sur la plage. Tout en jetant un œil inquiet vers la mer. On ne sait jamais !

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Achetez Heca-Tomb. C'est un ordre. Obey !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Message de The Black Zombie Procession :

"Les romans Heca-Tomb, écrit par le fou Zaroff (auteur des monstrueux ("Night Stalker" et "Bayou"), viennent enfin d'arriver ! C'est du Gore de chez Gore qu'il nous a pondu : extrême, régressif, sans limite et sans concession, ambiance ultra eighties, crapoteux et craspec' à souhait, saupoudré de dérapages porn splatter déments ! Et je rappelle que le roman a un lien avec le nouveau disque de The Black Zombie Procession (IV : Heca-Tomb), la double peine, bam.

Les packs de précommandes vont pouvoir partir tranquillement ! Pour les autres, le pack est toujours disponible sur le www.nastymerch.com (nouveau mini album de BZP + le roman Heca-Tomb + 1 Poster deluxe + 1 Sticker).
Préface du livre par l'immense David Didelot et postface par moi-même pour ce beau p'tit bouquin édité chez Zone 52. Illustration signée Andrei Bouzikov (Toxic Holocaust, Ghoul, Municipal Waste...)."

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Corps et liens, tome 2 - Kââ/Corsélien

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens, tome 2, de Kââ/Corsélien.

 

« Tome 2 », oui. Car un seul volume ne suffisait pas. Ce projet a donc dès le début été conçu comme un tout. Une somme qui comprendrait l’intégralité des six romans d’horreur que Pascal Marignac destinait à l’origine aux collections Gore et Maniac. Or si pour les trois premiers, le plan s’est déroulé sans accroc, la suite a hélas été beaucoup moins simple. Entre changements d’éditeurs et de pseudonymes, cessation d’activité et interruption de collections, Dîner de têtes faillit bien ne jamais voir le jour. Mais cette histoire, je l’ai déjà racontée.

 

Ce que je n’ai pas encore dit, en revanche, c’est à quel point ma première lecture de Voyage au bout du jour a été déterminante. À l’époque où j’ai découvert ce roman, j’avais déjà lu les Gore de Corsélien. J’avais rencontré les loups-cerviers de L’État des plaies, les moines fous de Bruit crissant du rasoir sur les os et le lance-flammes de Retour au bal, à Dalstein. Je savais donc déjà que Pascal Marignac avait quelque chose que les autres auteurs n’avaient pas. Notamment cette faculté stupéfiante de présenter des personnages ordinaires qui, confrontés au Mal, vont peu à peu sombrer dans la folie pure pour faire corps avec lui.

 

Mais à l’époque où j’ai découvert le troisième titre de la collection Maniac, j’ignorais que Béhémoth était Corsélien. De même que je n’avais pas encore fait le lien avec Kââ. Et quand un an après avoir survécu au cauchemar tentaculaire de Béhémoth, j’ai réalisé en lisant mon premier Kââ que l’auteur de tous ces livres était un seul et même homme, je me souviens avoir pensé quelque chose comme : « Ouf. S’ils ne sont qu’un, ça devrait aller ». Parce qu’avec trois loups de ce – gros – calibre dans mon poulailler mental, je ne me serais pas senti de taille à lutter. Avec Corsélien, Béhémoth et Kââ, la lune était tombée trois fois de suite dans le caniveau, et la bougresse en avait foutu partout. Trois pseudonymes pour mieux laisser bronzer les cadavres et les éparpiller façon puzzle : je n’en menais pas large.

 

Aujourd’hui, après avoir relu une nouvelle fois les six romans d’horreur de Pascal Marignac, mon état s’est amélioré. Je suis un peu plus calme. « Calme », face à une œuvre aussi épouvantable, ça peut paraître curieux. Mais comme il s’agit là d’un des adjectifs favoris de l’auteur, son usage ici me semble assez justifié. Surtout que pour moi, ce n’est pas « le calme avant la tempête », mais après. La tempête, c’était le décès prématuré de Pascal, le long vide noir ensuite, et tous ses livres presque introuvables. Désormais, j’y vois plus clair.

 

J’ai l’impression de mieux connaître la personne dissimulée derrière les pseudonymes. Deux phrases extraites de Lésions irréparables me paraissent notamment très éclairantes. Quand, chapitre 8, Naïk s’adresse à Markus et lui demande : « Vous sondez l’horreur, n’est-ce pas ? Avec la volonté de l’extraire ? C’est cela ? » puis, chapitre 10, quand elle lui confesse : « Je suis une cicatrice ». Là se trouve la signature de Corsélien. À ce moment précis, l’auteur regarde son lecteur dans les yeux. Il s’incarne dans son personnage, le marque de son empreinte. Une véritable valeur ajoutée, qui prouve s’il en était besoin que ce n’est pas parce qu’on œuvre dans des genres dits « populaires » qu’on doit produire de la littérature au rabais. Une valeur ajoutée parmi beaucoup d’autres, que vous pouvez retrouver dans le deuxième tome de Corps et liens, disponible depuis le 1er décembre 2016 chez Rivière Blanche.

 

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 183, novembre / décembre 2016.

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Concours pour gagner un pack "Heca-Tomb" !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

 

Pour fêter la sortie du package Heca-Tomb, j'organise un jeu-concours pour faire gagner un pack CD et roman dédicacé par Samy Nasty (Black Zombie Procession) et Zaroff. Ce concours est uniquement réservé aux membres du forum de L'Écritoire des Ombres. Les invités désirant participer à ce concours devront impérativement s'inscrire sur notre forum.

Ce concours se tiendra du 15 au 31 janvier minuit. Vous devrez répondre à un questionnaire de dix questions. Parmi les bonnes réponses (10/10 bien évidemment), un tirage au sort sera effectué et le nom du gagnant sera révélé le 1er février. Ne comptez pas sur un favoritisme quelconque. Ma main sera vierge et impartiale.

Les participants devront m'adresser leurs réponses par message privé uniquement. Je souhaite bonne chance à tous. Prière de m'envoyer vos réponses à partir du 15 janvier et non avant !

Toutes les infos ici...

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Heca-Tomb : précommandes

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Les posters BZP viennent d'arriver, version deluxe, format A3, ils seront offerts dans le package CD+ Livre Heca-Tomb (et un sticker).

Les précommandes seront lancées le 16 janvier, elles comprennent le CD + le roman gore éponyme + 1 poster + 1 sticker (Everyday Is Like Sunday Records / Zone 51 Éditions). La version LP sera dispo début février, sans le roman (les Productions de l’Impossible Rds). Toutes les infos sur www.likesunday.com.

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Une camionnette qui servait de volière - Brice Tarvel

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Lire du Brice Tarvel est toujours un délice. Et encore plus lorsqu'il aborde le post-apo. Transposez Tchernobyl à Courpigny et vous obtiendrez un récit dense, burlesque et surréaliste. Du Brussolo avec de la poésie. Le Chaudron, une centrale nucléaire, a foutu la merde un beau jour. Les survivants se démerdent comme ils peuvent avec les moyens du bord. L'auteur brosse un décor misérable avec des personnages merdeux et attachants. La petite Zuzu dont les cheveux poussent plus vite d'un côté, le gros Gobe-Mouche vivant dans une péniche bancale, le vieux Kadou et sa camionnette déglinguée, les Xylolâtres adorateurs des arbres et des buissons, les Scruts qui surveillent ce monde en perdition à bord de dirigeables, Nanachina une droïde coupée en deux qui sert de vide-couilles à Kadou... et d'autres choses qui amènent de l'ampleur au récit : des insectes hallucinogènes, des roseaux qui sifflotent du Beatles, des hommes-taupes, des crève-béton.

 

C'est pourquoi je pense aussitôt à du Boris Vian qui se serait accouplé avec Brussolo ! Un merveilleux bouquin paru chez OVNI au style pouvant rappeler l'excellent « Dépression » d'un certain François Sarkel. On suppose que l'intrigue se passe en France, mais on ne sait pas où ni quand... et, croyez-moi, ça n'a guère d'importance tant l'histoire nous embarque comme jamais. Ce bouquin pourrait être adapté par un Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro pour son scénario très visuel et fantastico-rural. Et en bonus, l'auteur nous gratifie une nouvelle intitulée « Enfin L'Apocalypse », la cerise sur le gâteau pour ce bon petit bouquin. Mention spéciale pour la photographie de couverture par J.C Claeys qui illustre parfaitement l'atmosphère de ce roman.

 

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Jugan - Jérôme Leroy

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

La jeune fille et le monstre : Jugan, de Jérôme Leroy.

 

De l’art de varier les plaisirs en surprenant ses lecteurs. Après l’extraordinaire diptyque Le bloc-L’ange gardien, Jérôme Leroy était attendu de pied ferme, avec un sacré défi à relever s’il choisissait de persister dans un registre similaire. Mais l’homme n’a pas les deux pieds dans le même sabot et, tel le sniper du roman noir qu’il est, il aime changer son fusil d’épaule afin de mieux toucher sa cible au coeur. Ce qu’il prouve ici en s’inspirant d’un roman de Barbey d’Aurevilly, pour livrer une histoire d’amour/à mort aux allures de tragédie sociale.

 

Car Jugan dépasse le cadre du simple fait divers. Largement. Mieux, ce cadre, Jérôme Leroy le fait voler en éclats. Grâce à une alternance de violence et de douceur qui n’appartient qu’à lui, l’auteur convoque petite et grande histoire et les mêle de façon si intime qu’il devient presque impossible de les séparer. En tout cas, son narrateur n’en est pas capable. Il faut dire que cette histoire, grande ou petite, a changé sa vie. Au point qu’elle hante encore ses rêves des années plus tard. Au point que ces rêves lui manqueraient s’ils venaient à disparaître…

 

Mais Joël Jugan n’est pas de ceux que l’on oublie. Surtout après ce séjour en prison qui l’a transformé en monstre « d’un point de vue physique comme moral ». Aurait-il exercé une telle emprise sur la belle Assia à l’époque du groupe Action Rouge ? Difficile à dire. Cependant, une chose est certaine : leur relation n’aurait pas pris une telle tournure avant. Car Jugan a beaucoup changé. Certes, il n’a jamais été un tendre : partisan de la lutte armée, il a fait couler le sang sans hésiter. Celui de ses adversaires comme celui de ses partisans.

 

Or on lui a fait payer cette radicalité. Avec les intérêts. Son visage n’est plus qu’une plaie. Alors quand l’ancien terroriste revient à Noirbourg après sa libération, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Et chacun se demande quelles sont ses intentions. Entend-il réactiver Action Rouge ? A-t-il d’autres projets ? Parviendra-t-il à faire profil bas ? Ce que Joël Jugan veut à sa sortie de prison, sans doute ne le sait-il pas lui-même. Du moins pas encore. Car tout bascule à partir du moment où il croise la route d’Assia Rafa.

 

Assia la courageuse, qui aide son père Samir à tenir sa petite supérette tout en poursuivant ses études. Assia « l’intello », qui a eu son bac et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Assia la pure, qui n’a encore jamais cédé aux avances des garçons. Jusqu’au jour où elle rencontre « le monstre ». Monstre qui prend aussitôt un fantastique ascendant sur la jeune femme, et ne tarde guère à lui infliger souillures et humiliations, pour l’entraîner au bout de son infernale logique de destruction. Car Joël et Assia, c’est à la vie, mais surtout à la mort.

 

C’est en ça que Jugan est un roman aussi puissant que désespérant. Quand l’incarnation vivante d’une intégration réussie se trouve confrontée à un ex-militant d’extrême-gauche appliquant la politique de la terre brûlée de façon proprement diabolique (pour citer le titre d’un autre roman de Barbey d’Aurevilly), on peut même parler d’ironie effroyable. Et ce n’est pas le court chapitre final qui change quoi que ce soit. Si le narrateur a réussi à tourner la page en fondant une famille, celle d’Assia a fondu comme neige au soleil. Quant à Jugan, il est en enfer. D’où sans doute l’arrière-goût de cendres laissé par ce terrible roman.

 

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 178, janvier / février 2016.

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Noir et rouge, vu par Zaroff

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Quelle excellente idée d'avoir composé l'intégralité des nouvelles d'Artikel Unbekannt/Schweinhund (et plusieurs inédits) de la part de Rivière Blanche. C'est une palette large de genres, du récit noir au fantastique suranné. L'auteur commence fort en nous délivrant un À mourir de rire au charme angoissant, une lente phobie dont le rire est l'axe central. Publiée à l'origine dans la septième anthologie de Malpertuis, cette nouvelle a deux saveurs dignes d'un vieux Marabout Fantastique : la froideur d'un Maupassant et le retrait d'un Shelley. Folie et fuite. Mais on n'échappe jamais totalement à son destin. Surtout sous l'écho d'un rire rédempteur.

Rouge, couleur dominante d'un crime d'enfant. Couleur d'une névrose qui nécrose le narrateur. Rouge cardinal d'une religion expiatoire. Texte paru dans le recueil Histoires d'aulx en 2011.

Très beau conte inédit que nous propose Passé décomposé. Sous fond de sorcellerie, c'est une histoire d'amour digne d'un récit de Claude Seignolle. L'atmosphère m'a rappelé les intrigues que je lisais chez Marabout durant ma jeunesse. Très belle écriture, une véritable réussite.

En italien, Jaune se dit Giallo. Récit formant un diptyque coloré avec Rouge (chroniqué quelques lignes plus haut) dans l'anthologie Histoires d'aulx. Je ne veux pas dévoiler ce suspens à tiroirs, mais le vampirisme n'est pas loin et le thème de la possession est dévoilé par petites touches.

Les admirateurs de Lovecraft devraient se délecter de Retour aux sources tant ce petit récit fleure bon la vase. Avec un côté Hodgson non négligeable, j'ai littéralement adoré cette nouvelle inédite. Un curieux testament et un homme qui part à la recherche de son passé. Une maison maléfique et un secret monstrueux. De quoi en tirer un roman ! Chapeau l'artiste.

À feu et à sang est un clin d'oeil envers la comtesse noire et la comtesse Carody incarnées dans le film « Vampyros Lesbos » avec Linda Romay dans le rôle phare. Récit en forme d'hommage à Jess Franco, il fut publié en 2015 dans l'anthologie « L'almanach des vampires 2 » chez Rivière Blanche. Tout débute par une somptueuse fellation sur la plage par une belle inconnue. Un jeune homme va se retrouver dans les griffes de cette femme étrange qui ne survient qu'à la nuit tombée. Thème de la possession sexuelle rondement mené. Ce texte termine la première partie « Slices Of Death » regroupant les six histoires décrites ci-dessus.

La deuxième partie nommée « Pulp Is Not dead » contient six textes également. Dark night est une sorte de fanfiction, une préquelle de deux personnages de comics pour questionner le traumatisme subi par l'un d'entre eux. Texte paru dans l'anthologie « U-Chroniques » en 2012 par ImaJn'ère et Sous La Cape. Avec La tension de la stratégie, j'ai découvert l'univers Hexagon Comics et un de ses personnages : Wampus, entité diabolique métamorphe issue du cosmos. Vague d'attentats en Italie, deux inspecteurs sont chargés de trouver le criminel. Mais Wampus va prendre l'apparence de l'un d'entre eux. Seul l'ex-agent du contre-espionnage français Jean Stern connaît la véritable identité du malfaiteur de l'espace. Aventure publiée en 2013 dans l'anthologie « Dimension Super-Héros 2 » chez nos amis de Rivière Blanche.

Alienation possède un ton SF très Mathesonien. Un voyage vers Aenigma qui doit durer trente ans. L'équipage se compose de deux humains et d'une dizaine d'androïdes. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Surtout qu'une femme est enceinte. Nouvelle parue dans le recueil « Créatures 2 » chez Otherlands en 2015. Le masque et la marque et Le péril jaune sont deux pastiches assumés par l'auteur envers des Maîtres de la collection FN Angoisse. Particulièrement André Caroff, Paul Béra et Maurice Limat. Et également l'auteur des Bob Morane, Henri Vernes. Forcément on y retrouve Léonox affrontant Méphista, L'Ombre Jaune, Miss Ylang Ylang, Madame Atomos. Ces deux hommages ont parus respectivement dans les anthologies 13 et 19 des « Compagnons de l'Ombre » chez Rivière Blanche en 2014 et 2016.

Pourquoi Pierre-Alexis Orloff, l'auteur de la série Panthera, a-t-il mis trois ans pour publier le troisième volume malgré ses deux précédents succès ? Vous le saurez en lisant Travaux forcés, oeillade complice à Rivière Blanche. Et nous arrivons déjà à la troisième partie « No Future » et ses trois nouvelles. Japon, année zéro et son trio maléfique. Deux hommes amoureux d'une seule femme. Une haine farouche de l'un d'eux et leurs destins tragiques. Enseignement, rationalité et virilité cruelle sous fond d'apocalypse nucléaire. Un récit incroyable et beau dans toutes les largeurs. Paru à l'origine dans l'anthologie « Rétro-Fictions » par ImaJn'ère. Et nous découvrons après mon gros coup de cœur : Angst. Berlin, 1946. La forêt de Grunewald. Le site de Teufelsberg. L'unité Werwolf. Deux anciens nazis qui se retrouvent et des crimes abominables aux abords de cet endroit maléfique. L'aspect documentaire de ce texte inédit ne trahit en rien une intrigue magistrale. Une sorte d'uchronie qui mêle la lycanthropie, la folie des hommes et le mystique. C'est remarquable d'efficacité.

Caïn et la belle fut d'abord publié dans le recueil « Riposte Apo » en 2013 par ImaJn'ère. Apocalypse après le 21 décembre 2012. Un homme émerge d'une cellule dévastée et contemple les cadavres autour de lui. Presque amnésique, il reconnaît certains réflexes en s'emparant d'une Kalach. Puis il aperçoit une femme près d'un arbre. C'est beau et violent.

Cette troisième partie est ma préférée de toutes. Indéniablement. Mais on papote... et voici la quatrième et dernière catégorie « White Trash ». Pas moins de quinze textes à vous mettre dans les tripes. Les huit premiers furent intégrés dans la fabuleuse anthologie « Dimension Trash » chez Rivière Blanche en 2015. Et c'est le Schweinhund qui s'y colle. Thèmes freudiens, névroses assumées, tout est bon pour vous filer la gerbe. Quelques hommages à GORE et TRASH démontrent la passion de l'auteur pour ses lectures et son propre microcosme sanglant. 1985-1990, La chambre noire, Légion, Quinze minutes, Bon sang ne saurait mentir, Löwenacht, Profondo nero, 2013-2016. Rien que ça !

Une phrase empruntée au groupe Front 242 a inspiré le récit Contre-nature, paru dans « Les Contes Rouges » par Les Artistes Fous Associés en 2015. Neuf histoires courtes forment un ensemble cohérent sur les troubles de l'enfantement (si j'ai bien tout compris !). S.O.S nous plonge dans la peau d'un véritable tueur en série durant un été caniculaire en 1977. Avant le passage à l'acte. Lente déambulation psychotique digne d'un Robert Bloch. Texte inédit.

Tranche de vie inédite dans Confrontation. Des étudiants qui foutent la merde le jeudi soir. Et trois hommes qui se rencontrent par hasard et qui se comprennent. On sent que le pire sera évité. Du moins en actes. L'altro inferno avait été posté sur notre forum lors de notre troisième hors-série consacré à l'enfer sous fond de rédemption, d'attirance gothique et inquisitrice.

Blutwurst est la résurgence d'un souvenir de concert en Belgique. Le pays de Marc Dutroux. Effigie du mal vécue par un enfant. Très glauque. Et terriblement vrai. Deux préfaces dédiées à Kââ et Corsélien (Pascal Marignac) terminent ce recueil. L'oeil du serpent et Corps et liens sont parus respectivement dans les deux tomes « Corps et liens » chez Rivière Blanche en 2016.

Pour le digestif, l'auteur répond à quelques questions soumises par votre serviteur Zaroff. Entretien plus complet ici et .

 

Pour conclure, malgré la petite taille de ce recueil (218 pages), il peut s'avérer être une bible pour les écrivains débutants, tant il distille une diversité de genres et d'approches littéraires. Certains récits seront difficilement abordables par leurs niveaux de compréhension et d'autres seront plus lisibles. Qu'importe. Ce recueil prouve qu'on peut tout faire avec les mots si on sait les manier. Et surtout, il démontre que l'horreur est au même rang que la littérature classique. Un genre mineur ? Ouvrez ce livre et faites marcher votre intellect. Tout n'est que questionnement identitaire dans ce bouquin. Du fœtus à la mort. Et les personnages réagissent en fonction de leur substance propre. En bien ou en mal, c'est selon.

 

Rappel du lien d'achat. Et je profite de l'occasion pour vous souhaiter, chers visiteurs, de joyeuses fêtes de fin d'année. On vous retrouvera en 2017 pour encore plus de bouquins à découvrir. N'est-ce pas que la vie est belle ?

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Heca-Tomb

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Heca-Tomb, projet lié à l'invitation de Samy Nasty, guitariste de The Black Zombie Procession. Pour les dix ans de ce groupe, il m'a vite convaincu de participer à un truc fou : un package liant un CD et un bouquin gore. Aussitôt cette idée m'avait troué le cul. Non seulement le gars avait chroniqué mon Night Stalker chez Rise Tattoo Magazine (numéro 30 du 29 avril 2014), parlé de moi dans son émission Now It's Dark Podcast (épisode 44), rédigé un billet sur Bayou dans le fanzine Slime Zine number six... bref ce mec était convaincu de ma capacité à concrétiser ce qu'il avait en tête depuis un bout de temps.

Tout a commencé durant l'été 2014, après de multiples courriels pour se mettre d'accord sur une base. Deux ébauches avortées pour ma part : Dirty Eyes et Butcher Forest. La troisième tentative fut la bonne et achevée durant l'été 2016. Le CD comportera six morceaux et mon bouquin aura un prologue, huit chapitres, un épilogue, une préface de David Didelot et une postface de Samy Nasty. L'ensemble fait 148 000 signes et sera édité par Zone 52. Illustration d'Andrei Bouzikov. Sortie prévue en janvier 2017. Et l'intrigue du bouquin ? Mais ça fera l'objet d'une prochaine chronique, mes gaillards !

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Dîner de têtes - Kââ

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

À gore et à cris : Dîner de têtes, de Kââ.

Prévu à l’origine pour devenir le neuvième roman de la collection MANIAC (dans laquelle Pascal Marignac avait déjà fait paraître, sous le pseudonyme de Béhémoth, le terrifiant Voyage au bout du jour), Dîner de têtes connut une destinée singulière. MANIAC s’arrêta en effet au numéro huit, non sans avoir annoncé un Béhémoth supplémentaire intitulé Lésions irréparables. Or curieusement, si ce dernier trouva refuge dans la collection GORE dès 1990, l’auteur récupérant pour l’occasion son pseudonyme de Corsélien, Dîner de têtes dut attendre trois ans de plus pour voir le jour.

Ce roman ne fut donc publié qu’en 1993 au sein de la collection ANGOISSES, dirigée par Juliette Raabe, bien connue des amateurs de GORE, dont elle s’occupa à partir du numéro 89 jusqu'à son interruption en 1990. Hélas, ANGOISSES eut une durée de vie aussi éphémère que MANIAC, avec seulement neuf titres parus entre 1993 et 1994. Dont ce fameux et tant attendu Dîner de têtes, que Pascal Marignac décida finalement de signer… Kââ. Kââ le serpent noir et rouge, dont la langue d’une implacable précision avait déjà infligé à l’époque d’irréparables lésions à ce qui restait du Néo-Polar français.

Kââ qui, tel un assassin revenant sur les lieux de son crime, définit ici à lui seul ce qu’on peut attendre d’une collection intitulée ANGOISSES. Le vieil homme aux grandes dents jaunes roule en Bentley. Il sillonne les routes de campagne à la recherche de proies. Des proies qu’il emmène dans sa propriété décrépite. Et qu’il décapite à l’aide d’une guillotine cachée dans sa cave. Une nuit, le vieux rencontre Khader. Khader lui plaît. C’est un garçon perdu et sensible. Et sans doute un peu fou, aussi. Alors les têtes continuent à tomber de plus belle. Puis sont envoyées dans un carton à chapeau au juge d’instruction Renaud Klodarec.

Pendant que la police cherche, le tueur trouve. Et Khader l’accompagne, à la fois fasciné et horrifié par sa propre descente en enfer. Jusqu’au jour où le vieux décide de le récompenser. La récompense s’appelle Carole. Carole est ce genre de fille qu’on paye. Cher. Si cher que les marges dégagées par son travail permettent de lui offrir un ange gardien. Sentant l’étau se resserrer, l’homme aux dents jaunes abandonne ses cadavres étêtés. Puis prend la fuite avec Khader, et Carole qu’il a décidé d’épargner. Leur périple les mènera dans un port battu par la pluie et les vents. Et bien sûr l’histoire se terminera très mal.

Dîner de têtes est donc le roman idéal pour découvrir l’univers de Pascal Marignac. On y retrouve le nihilisme glacé de ses Polars, ainsi que les effroyables excès de ses romans les plus sanglants. Sans compter ce style unique, saisissant mélange d’élégance et de brutalité pour mieux dire l’indicible. Les charognards ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : il suffit de regarder la cote qu’atteint désormais ce livre sur les sites d’occasion. Hélas, il ne s’agit pas d’un cas isolé, car la plupart des Kââ/Corsélien sont presque introuvables.

Voilà pourquoi je conclurai cette chronique par un message que j’ai adressé aux rédacteurs de La Tête En Noir : « Puisque nous en sommes à former des vœux, en voici un, lancé comme une bouteille à la mer. J'aimerais qu'un éditeur avisé (il me semble qu'il y en a encore quelques-uns) aille profaner la tombe du Fleuve Noir et en extirpe les restes du regretté Pascal Marignac. Les œuvres complètes de cet homme-là réunies en de beaux omnibus rouge sang, voilà mon rêve. » C’était en janvier 2015. Et aujourd’hui, je persiste et s(a)igne.

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 177, novembre / décembre 2015.

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