Johnny Metal - Frank Harding (série Johnny Metal # 1)

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Afin de bien commencer notre catégorie dédiée à ce cher Léo Malet, nous allons nous intéresser à son cycle JOHNNY METAL, le célèbre journaliste du New York World, publié sous le pseudonyme de Frank Harding, série de six romans et deux inachevés, couvrant une période de 1941 à 1952. Je ne vais pas vous mentir : je possède l'intégralité des œuvres de Malet dans la collection Bouquins de Robert Laffont en cinq volumes. Pour des raisons esthétiques et culturelles, j'ai décidé d'orner mes articles par les éditions originales (souvent introuvables et hors de prix).

Durant la guerre, l'éditeur Georges Ventillard recrute des auteurs susceptibles d'écrire des romans policiers français avec des intrigues et décors américains, la censure interdisant l'importation de bouquins anglo-saxons. Dans la nouvelle collection "Minuit", Léo Malet rédige un premier roman sous le nom de Harding en juillet et août 1941 et tiré à 40 000 exemplaires en décembre. Un second opus intitulé "Excellent pour les nerfs" sera abandonné "par enlisement". On peut lire cet extrait dans le quatrième volume de la collection Bouquins, intrigue directement inspirée de "La moisson rouge" de Dashiell Hammett. En 1943, un troisième projet nommé "À bord du vaisseau fantôme" aura une parution incertaine et l'auteur ne réussira jamais à dénicher un exemplaire. Existe-t-il vraiment ? Mystère.

Numéro 6 de la collection "Minuit", le début de l'intrigue possède quelques faiblesses. Ça pue le cliché à plein nez et il ne possède pas l'âme d'un Chandler. Mais, peu à peu, l'intrigue s'étoffe et prend de l'ampleur. Pour un premier roman, la patte de Malet est présente. Les dialogues sont savoureux de cynisme (l'ombre de Burma se dessine) et le style est vif et intrépide. Meurtres en cascade, bonbons empoisonnés, femmes mystérieuses, Johnny Metal se retrouve vite suspecté par un confrère et la police le recherche. Une fois encore, son personnage se débattra parmi les suspicions pour faire éclater la vérité. Sous fond de révolte mexicaine et de gangsters teigneux, cette première aventure de Harding tient toutes ses promesses. Il faudra attendre 1945 pour la suite des Johnny Metal. Il faut préciser également que Malet utilisera Frank Harding pour deux autres romans consacrés à Mike Rowland et un dernier titré "Mort au bowling" en 1952. Nous y reviendrons un jour...

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NOIR ET ROUGE : et pour quelques couvertures de plus

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

NOIR ET ROUGE est constitué de 30 nouvelles, dont 23* ont été publiées au préalable dans un certain nombre d’anthologies. Les textes exclusifs à mon recueil sont les suivants : Passé décomposé, Retour aux sources, Travaux forcés, Angst, S.O.S., L’altro inferno et Blutwurst. Voici, pour le plaisir des yeux, une rétrospective des couvertures originelles.

 

*NOTE : j’ai inclus à cette galerie Les Contes Éthyliques et le tome 2 de Corps et liens. En effet, même si ces deux ouvrages ne seront publiés que dans quelques jours, ils comprennent chacun une nouvelle signée Schweinhund. Or les sommaires respectifs de ces deux livres sont arrêtés depuis six mois, soit bien avant la parution de mon propre recueil.

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Heca-Tomb (CD + Book) : sortie janvier 2017 !

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Nouveau mini album de The Black Zombie Procession dispo fin Janvier : "IV : Heca-Tomb", dont le superbe art-work a été signé par Andrei Bouzikov (qui a bossé avec Municipal Waste, Toxic Holocaust, Ghoul, Skeleton Witch et des centaines d'autres... après Ed Repka et Jason Osbourne pour nos précédents albums, il fallait au moins ça!).
6 titres (produits par Francis Caste au Studio Sainte Marthe) dans un délire Crossover Metal / Hard Core groove et épais / Thrash des grandes années, le tout balancé en mode Horror Core hypra musclé et gavé de références qui vont bien.

Le disque sera accompagné par le roman éponyme (Heca-Tomb), écrit par le fou Zaroff (qui a déjà publié les chef-d’œuvres Night Stalker et Bayou, chez Trash Editions), book extrême qui pousse le trip Hard Splatter Gore dans ses derniers retranchements et dans lequel le disque de BZP tient une grande place! Un livre intimement connecté à l’univers du Death Metal, du Thrash et du Hard Core, fortement ancré dans la tradition des vieux comics horrifiques sur-violents et du cinéma d’exploitation le plus vile et le plus outrageant des années 80.
Attention : lecture physique, graphique et dérangeante !

Version CD / LP /Digital. (AMT Music, Everyday is Like Sunday Rds, Productions Impossible Rds, Zone 52 Editions).

Le Teaser / Studio Report du nouveau mini album de The Black Zombie Procession est en ligne depuis quelques secondes. Le moyen d'écouter quelques riffs ventrus et d'apercevoir en vitesse comment on a mis en boîte ce nouveau mini album ("IV : Heca-Tomb"), produit par Francis Caste au Studio sainte Marthe (Kickback, Loudblast, Hangman's Chair, etc.).
À faire tourner ménage pour ceux que ça branche.

La suite bientôt ! Un autre mini teaser (concentré uniquement sur la zique) bientôt, et un clip en début d'année.

Premières dates dès février !

Le teaser...

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La vache enragée - Léo Malet

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Une plongée passionnante dans la vie de Léo Malet, le créateur de Nestor "Dynamite" Burma. Je conseille vivement ce gros bouquin pour tous les lecteurs férus de cet auteur généreux, au destin parsemé de galères, de déconvenues. Débarquant à Paris en 1925 (avec 105 Francs en poche), l'ouvrage fourmille d'anecdotes savoureuses sur les milieux anarchistes et libertaires, les premiers cabarets et toutes les rencontres incroyables avec des artistes extraordinaires : Vidal, Breton, Colomer, Dali, Prévert...

Mais l'âme de Malet, c'est aussi le Paris disparu dont le béton extravagant ne donnera plus l'envie d'écrire à cet écrivain maudit et trahi. Malet connaîtra le vagabondage, la faim, la prison, les turpitudes judiciaires tout en gardant un éveil intellectuel parmi les différents courants de pensée de l'époque : anarchisme, nihilisme, surréalisme, communisme, syndicats... sans oublier les faits divers qui marqueront l'auteur : le "suicide" de Daudet, Landru, Weidmann.

C'est un bouquin formidable illustré des revues ou journaux de l'époque, photographies des lieux empruntés par Malet pour concevoir "Les nouveaux mystères de Paris", les personnes qui ont jalonné son existence, sa période au Stalag, ses années de vache maigre avant de connaître une notoriété relative après mai 68. C'est un immense écrivain que je vous invite à (re)découvrir pour son style inimitable. À cette occasion, nous créons une catégorie dédiée à Malet car d'autres romans seront chroniqués régulièrement pour rendre hommage à cet auteur du Sud qui a tant émerveillé ma jeunesse. Et qui prouve qu'on a rien sans cravacher.

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Corps et liens, tome II

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Artikel Unbekannt und Schweinhund proudly present, part 2 :

Kââ/Corsélien
Noire 93. Corps et liens (Tome 2)
ISBN-13: 978-1-61227-573-4
380 pages - 25 euros

Illustration: Mandy

Trois classiques de l’horreur publiés entre 1988 et 1993 et réédités pour la première fois depuis lors :
 
Voyage au Bout du Jour
Expert-comptable au bout du rouleau, Philippe Ackermann part se ressourcer à Ouessant et rencontre une mystérieuse jeune femme, Liane. Peu après leur arrivée, l’île est la proie de monstrueuses attaques : y a-t-il un lien avec cet étrange yacht noir, l'Octopus ?
 
Lésions irréparables
Autriche. Le jeune prince Markus vit en reclus dans son château, torturant puis assassinant des vieillards kidnappés. Deux policiers, dont le commissaire Hübelein, sont mis sur l’affaire. Ils découvrent bientôt que les victimes sont toutes d’anciens tortionnaires nazis…
 
Dîner de Têtes
Petit juge d'instruction, Renaud Klodarec est dépêché sur une drôle d'affaire : quelqu’un coupe des têtes et les embaume dans la province de Saint-Jean-Le-Haut ! Le comte de Mouriès, vieux noble excentrique, serait-il ce tueur que recherchent les autorités ?
 
 Plus une préface et une présentation des trois romans par David Didelot, une nouvelle de Corsélien et une autre de Schweinhund.

À paraître le 1er décembre : fiche du livre chez Rivière Blanche.

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L'île du docteur Corman - Robert Darvel

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Il est certain que « Le Carnoplaste » propose toujours des œuvres de qualité et rend honneur à la culture populaire (on pense aux feuilletons de Féval, de Feuillade...) avec une bonne saveur d'ancien. Et Robert Darvel peut prétendre à cette filiation sans rougir tant son style est remarquable, maîtrisé, intelligent. On y repère de nombreuses influences : Jean Ray, Dumas, M le Maudit, Nolane, Wells, Verne, la Hammer... et on devine pourquoi l'auteur est un repreneur des aventures de Harry Dickson.

Car Darvel est avant tout un expressionniste qui s'assume. Un Fritz Lang de la prose. Dans la catégorie « Terreur insulaire », il nous propose un récit envoûtant dont l'illustration de couverture résume parfaitement l'intrigue et les protagonistes. Une île nommée Venganza perdue dans un archipel, une mystérieuse commanditaire délicieusement prénommée Munro, des marins aguerris, des créatures ailées (les Sysamnes), des sauriens presque humains (les Gorgons), un laboratoire secret, des expériences médicales, un casque de métal à compréhension intuitive, des armes redoutables et un étrange Docteur Corman.

On suit avec avidité cette expédition où les périls sont nombreux parmi une flore sauvage et désertique. Le thème du Docteur Moreau est revisité avec brio et on lit les quarante pages avant d'aboutir à un final à la vision apocalyptique et on lâche un soupir en grognant : « Oh merde, c'est déjà fini ! »

Je conseille cette lecture sans réserve. Les savants fous d'antan manquent cruellement à notre littérature contemporaine souvent mièvre et éculée. « Le Carnoplaste » remplit donc notre quotidien d'une mission essentielle : le retour à des valeurs morales, fantastiques, scientifiques où des hommes sont confrontés à ce qu'ils ont engendrés. Et, si en plus, on y ajoute de l'exotisme, de l'aventure et du mystère, je ne peux que m'incliner devant un kaléidoscope sensoriel si riche.

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Noir et rouge : en guise d’apéritif

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Noir et rouge est composé de trente nouvelles. Parmi ces textes, un certain nombre est accessible en un simple clic sur le site de Rivière Blanche. Alors puisque quelques liens valent mieux qu’un long discours, voilà un peu de lecture gratuite :

 

Rouge

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=noirrougechapitre01.pdf

 

La tension de la stratégie

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimsuperheros2nouvelle.pdf

 

White trash

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimtrashnouvelle.pdf

 

Précisions : Rouge fut ma première nouvelle publiée. Elle a été revue et révisée à l’occasion de la sortie de mon recueil. La tension de la stratégie a été mon premier récit publié chez Rivière Blanche. Le lien ci-dessus permet de découvrir les deux tiers de cette nouvelle. Quant à White trash, le fichier disponible donne accès aux huit textes courts parus à l’origine dans Dimension TRASH. Cet ensemble a été augmenté de sept récits supplémentaires, pour devenir le quatrième et dernier chapitre de Noir et Rouge.

Bonnes lectures j’espère.

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Érèbe ou les noirs pâturages - Shaun Hutson

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ce bouquin est un inédit dans la collection GORE : c'est l'unique roman paru en grand format. Ce fut un échec commercial pour deux principales raisons, le prix et une distribution mal boutiquée. Et on comprend mieux pourquoi Hutson gagnait à être coupé et remanié. Dieu que ces 254 pages sont longues ! Autant le premier quart est bien foutu (notamment la scène du carnage dans les abattoirs), mais après ça ronronne jusqu'au final.

Une entreprise fournit un aliment révolutionnaire pour le bétail dans la petite ville de Wakely. Bientôt les fermiers sont étonnés par la croissance phénoménale de leurs cochons, truies, porcelets, veaux, poulains, juments. Les animaux deviennent hargneux et sont attirés par le sang. La protéine artificielle agit comme un virus sur les consommateurs également. Se métamorphosant peu à peu, ils craignent la lumière, des poils poussent sur leurs paumes, les canines s'allongent, la peau devient translucide... en somme, ils se muent en vampires pour ceux qui n'auraient pas compris cette incroyable énigme. On se marre en suivant les deux principaux protagonistes (un fermier et une journaliste) qui mettent trois plombes à faire le lien entre l'alimentation des bovins et la mutation des habitants, alors que le lecteur lobotomisé le devine dès le deuxième chapitre.

Le récit ressemble vite à un truc fade de zombies qui n'étonne personne. On sait que l'auteur aime le thème des mutations, ici c'est la porphyrie, mais il en rajoute des caisses jusqu'à la conclusion qui ne surprend guère par son originalité. Hutson, c'est idéal sur un format de 150 pages. Ensuite, ça devient besogneux. Difficile de faire mieux après le fabuleux "Les larvoïdes" !

Je signale que c'est mon dernier bouquin de Shaun Hutson. Sera-t-il encore traduit un jour ? On croise les doigts. Malgré ses nombreux défauts, l'auteur anglais reste un pilier du genre.

Rappel de tous les titres de Hutson chroniqués ici...

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Corps et liens, tome 1 - Kââ/Corsélien

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Corps et liens, tome 1, de Kââ/Corsélien

Ceci n’est pas une chronique. La présentation de cet ouvrage a beaucoup plus à voir avec un rêve devenu réalité. Un rêve que je caressais depuis de longues années, et qui s’est transformé en un véritable projet l’hiver dernier. En l’occurrence la réédition des romans d’horreur de Pascal Marignac, alias Kââ pour le Polar et Corsélien pour la collection Gore. Mais ce projet n'aurait jamais pu se concrétiser sans la ferveur et l'implication personnelle de madame Elisabeth Marignac, la veuve de l'auteur, qui a patiemment scanné page par page les trois romans composant ce volume. Je me dois aussi de remercier Jean-Marc Lofficier et Philippe Ward, qui m'ont fait confiance au point de me donner une absolue carte blanche.

Une carte blanche pour l’exhumation d’une œuvre rouge. Et noire. Car quand Kââ s’est transformé en Corsélien pour rejoindre la collection Gore en 1987, il avait déjà signé une demi-douzaine de Polars pour Spécial Police. Or l’homme n’était pas du genre à abandonner ses thèmes de prédilection ni sa manière de les traiter sous prétexte qu’il répondait à un travail « de commande ». Bien au contraire. Encenser les Noirs de Docteur Kââ en méprisant les Rouges de Mister Corsélien relève donc de la fainéantise intellectuelle. Dîner de têtes, écrit pour la collection Maniac mais paru en 1993 sous le pseudonyme de Kââ, le prouve à lui seul.

C’est pourquoi ce livre intitulé Corps et liens, publié début août chez Rivière Blanche, porte la double signature Kââ/Corsélien. Et je suis d’autant plus heureux de le présenter aujourd’hui qu’il s’agit de la première réédition des œuvres de Pascal Marignac depuis son décès prématuré en 2002. Serge Brussolo, alors directeur de collection aux éditions du Masque, s’était à l’époque chargé de la remise en lumière de trois romans noirs signés Kââ. Silhouettes de mort sous la lune blanche, Il ne faut pas déclencher les puissances nocturnes et Petit renard avaient ainsi pu connaître une deuxième vie grâce à l’auteur de Conan Lord. Quinze ans plus tard, il était grand temps de déclencher à nouveau les puissances nocturnes…

Car si Brussolo estimait que « Kââ était LE meilleur auteur de roman noir de ces vingt dernières années », je considère pour ma part que sans son avatar horrifique Corsélien, mon parcours littéraire aurait été très différent Il était donc indispensable à mes yeux de rendre tôt ou tard au Serpent ce qui appartenait au Serpent. Simple question de cohérence. Mais les choses ne sont pas si simples. Depuis la mort du Fleuve Noir, il n’existe plus en France aucun « gros » éditeur capable et désireux de valoriser notre patrimoine littéraire populaire. C’est une honte absolue, mais un anonyme tel que moi ne pourra rien y changer. Heureusement, tout n’est pas perdu, puisque depuis 2004 « Fleuve Noir » se prononce « Rivière Blanche ».

Et chez Rivière Blanche, quand on évoque des romans comme L’État des plaies, Bruit crissant du rasoir sur les os ou Retour au bal, à Dalstein, on sait ce que ça veut dire. On sait à quel point ces romans sont importants, et pourquoi il convient de leur offrir une cure de jouvence. Ces trois livres ont permis à Pascal Marignac de « passer la limite » en questionnant « le statut du Mal ». Et ils ont contribué à prouver que la frontière entre le Noir (Kââ) et le Rouge (Corsélien) n’était pas si nette qu’on pouvait le croire. Du reste, les frontières ne sont-elles pas faites pour être franchies, de même que les tabous n’existent que pour être brisés ?

Chronique initialement publiée dans La Tête En Noir n° 182, septembre / octobre 2016.

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Paranoïa - Christophe Siébert

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Paranoïa - Christophe Siébert

Je vous préviens de suite, ce bouquin est une chienlit à résumer ! Siébert n'a jamais été aussi loin dans le nihilisme social et autant repoussé les frontières de la réalité crue. Et on sent que l'auteur aime perdre son lecteur en lui balançant de nombreux personnages avec leurs destins inéluctables. On chute vite dans un marigot halluciné où folie et fatalisme composent un opéra post-apo agrémenté d'une ambiance « Soleil Vert » (révisez vos classiques, les amis) et d'un soupçon de « Invasion Los Angeles ».

Siébert va au bout de sa pensée en décrivant des protagonistes que la vie a meurtri, aux instincts reptiliens sous fond de complot mondial et de disparitions de corps. Ajoutons à toute cette dégueulasserie, un fanatisme empreint de pestilence lovecraftienne, de miasmes de mort (encore un indice...) et d'entomologie urbaine omnisciente. Car les insectes deviennent le miroir de notre désarroi à fuir un quotidien perverti par le doute, l'absence et l’écœurement.

C'est un bouquin sombre, dérangeant, labyrinthique et universel. Mais ses fondations et influences ne plairont pas au vulgum pecus. Siébert n'est pas là pour plaire, ni pour déranger. Uniquement pour nous confronter à nous-mêmes. Il faut lire ce bouquin dans son ensemble pour en saisir toutes les subtilités, l'effroi et le vide de nos existences. Lire Siébert, c'est livrer un combat individuel dans le tourbillon de notre passage sur Terre. C'est du Céline forniquant avec K. Dick.

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