Victimes - Shaun Hutson

Publié le par Zaroff

 

Frank Miller avait toujours aimé la mort. Ses prothèses, ses masques et ses corps mutilés en mousse de latex étaient tellement réalistes que tous les producteurs de films d'horreur faisaient appel à lui. Seulement, un jour, Frank perdit un œil sur un plateau de cinéma en voulant régler un effet spécial. Une greffe le lui rendit mais rien, désormais, ne fut plus comme avant. Car l'œil greffé de Frank Miller voyait au-delà de la vie, au-delà de la mort. Il voyait les victimes à venir du plus pervers des assassins... Et c'était un spectacle dépassant en horreur tout ce qu'il aurait pu imaginer.

Moi j'aime bien Shaun Hutson. Dans ce premier numéro de MANIAC (plus que sept à lire, bordel !...), Shaun nous concocte plutôt un thriller qui peut rappeler le ton du dernier épisode de l'Inspecteur Harry (La dernière cible). Un spécialiste des effets spéciaux subit une greffe de son œil gauche. Hélas, c'est celui d'un meurtrier ! Il peut dorénavant remarquer un halo sur des photographies lorsqu'il s'agit de victimes potentielles. En parallèle, un tueur en série réalise des crimes atroces calqués sur des meurtres antérieurs. Est-ce un copycat ? Les scènes horribles se succèdent dans un rythme effréné d'une soixantaine de chapitres en 156 pages ! Ça se lit bien même si on peut regretter une intrigue pas totalement gore. Petite anecdote : une victime se prénomme Nicholas Blake. Ce sera un pseudo utilisé par Shaun Hutson (Nick Blake) pour écrire La tronçonneuse de l'horreur, GORE N°12. Victimes est dédié aux membres d'Iron Maiden, le groupe préféré de l'auteur.

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O
Un très bon Hutson et assurément un excellent choix de la part de Daniel Riche qui avait choisi à l'époque d'en faire le numéro 1 de sa collection Maniac. Mon seul regret toutefois : on sent vraiment que le bouquin a été charcuté pour l'adaptation au format exigé, et c'est bien dommage. Mais bon, ça c'est du chipotage.
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Z
On s'aperçoit aussi que les traductions françaises réalisées par Daniel Riche furent nécessaires pour apprécier Shaun Hutson. Il le disait d'ailleurs, dans "Le bel effet GORE" en ces termes : "Shaun Hutson possède un imaginaire tout à fait séduisant, mais il écrit comme un pied. Et beaucoup de ses romans gagnent à être lus en français parce que le travail d'adaptation permet d'en éliminer les scories."
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A
Je l'ai relu cette semaine,et je l'ai trouvé encore meilleur que la première fois.
Du très bon Hutson, avec un découpage haché qui donne un rythme frénétique permanent.
Sec, brutal, et néanmoins parfaitement fluide, voilà un Shocker exemplaire.
A contrario de tous ces interminables bouquins de Serial-Killers pondus au kilomètre par des pisse-copies payés au nombre de signes, Hutson va directement à l'essentiel, et c'est une de ses grandes qualités.
Et j'apprécie aussi son style très premier degré: ici, nulle trace d'humour pour atténuer l'horreur des situations. Une éventration, ça ne fait pas rire, ça fait mal. Très mal.
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