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Magie sombre - Gilles Thomas

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Ce bouquin sorti en 1977 est un livre à part dans l'univers de Gilles Thomas (alias Julia Verlanger), autrice qu'on ne présente plus. Éliane Taïeb (son véritable nom) est décédée en 1985 et elle est considérée comme la grande dame du fantastique français, de la SF et il est de notre devoir de perpétuer la mémoire de cette femme au talent immense. Originalité de ce roman, Gilles Thomas présente le narrateur de l'histoire comme son voisin. Lors d'une soirée à discuter en buvant du cognac, celui-ci relate une aventure surprenante enregistrée au magnétophone. Gilles Thomas a retranscrit ce témoignage sur papier « mot pour mot, sans en retrancher ou en ajouter un seul. »

 

D'ailleurs, le récit se passe dans la banlieue parisienne, à Chaville plus précisément, lieu de résidence de Julia Verlanger à la fin des années 70. Jef Buron est un jeune homme vivant dans un H.L.M. Garçon épicier, il habite chez ses parents. La famille est modeste, le père bosse à l'usine et la mère au foyer dirige les finances du ménage. Comme elle le répète régulièrement à son mari, il a des goûts de ministre avec une paye d'ouvrier ! Jef a la passion des livres et consacre un maigre budget à son vice. Il parcourt les brocantes et bouquineries pour satisfaire sa boulimie de lecture. Une de ses connaissances lui propose un livre bien étrange : Les Secrets Puissants et Terribles de la Magie.

 

Le grimoire promet de nombreuses choses : obtenir l'amour des femmes, réparer un pucelage, guérir une maladie, chasser les loups, s'enrichir par le commerce. Jef Buron est désemparé car les ingrédients des charmes sont inexistants. Comment dénicher du fiel de cheval, une drachme de sang de vautour, la cervelle d'une huppe, un morceau de corde d'un pendu ou encore du jus d'os humain ? Dans ce siècle moderne où plus personne ne croit à la sorcellerie, comment réaliser ces recettes maléfiques ? Alors Jef se débrouille pour remplacer ces ingrédients introuvables par d'autres. Le sang de vautour devient de l'huile de vidange, un crâne est changé par une tête de poupée. Et ça marche ! Son premier charme est celui de l'enrichissement. Jef gagne un tiercé dans l'ordre. Puis c'est la roulette au casino et un billet gagnant à la Loterie. Son second sortilège est d'amener un succube femelle dans sa chambre pour satisfaire ses envies sexuelles. Hélas, des accidents surviennent peu à peu dans son entourage et les décès se succèdent jusqu'à atteindre un membre de sa famille. Jef comprend vite qu'il est responsable et demande de l'aide à un farfadet.

 

Je disais donc que ce livre est une intrigue à part parmi les thèmes récurrents de Gilles Thomas. D'abord par le style, un mélange d'Auguste le Breton et de Joël Houssin. Un ton urbain libéré qui rend les personnages attachants. Une fable sociale empreinte de magie presque intime. Une autre facette pour découvrir Gilles Thomas sous un angle différent. Ce livre ne révolutionne pas les codes, mais il procure une lecture divertissante. On le referme en se disant : « Merde, c'est déjà fini ! »

 

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Enfer vertical en approche rapide - Serge Brussolo

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David est un prisonnier condamné à perpétuité. Il se fond dans un mutisme volontaire, ne souhaitant pas partager les conversations pour se sauvegarder. En file indienne avec d'autres détenus, il descend un gouffre, entouré de gardiens à casques chromés. Le lieu : la prison de Shaka-Kandarec. Mais ce n'est pas une prison comme les autres. Les prisonniers serviront à la recherche scientifique pour éprouver leurs réflexes de survie. En bas du cratère, une vaste cave souterraine dont le centre est occupé par une gigantesque tour percée de hublots. Son diamètre est cerné par de la boue. Les gardes laissent les détenus à leur sort et fuient. Une voix impersonnelle crachée par des enceintes prend le relais. Elle précise que chaque étage du cylindre sera l'occasion d'une expérience pour accéder au niveau suivant. La première porte à la base de la tour s'ouvrira à l'aube durant une heure. Celui qui décidera de ne pas entrer sera livré à la faim et à la soif. Seul la tour dispensera de la nourriture par le biais d'un distributeur qui délivrera des repas personnalisés et quotidiens selon les besoins physiologiques respectifs.

 

Sur la face dorsale de la machine se trouve un réduit d'évacuation hygiénique, cabinet de toilette entièrement automatisé et, sur la face droite, un cercueil à désintégration instantanée pour y mettre les futurs cadavres. Ce cube monté sur chenilles et véritable enfer vertical va éprouver les prisonniers par ses caprices, ses tortures mentales et ses manigances. Pour avoir leur ration de pâte nutritive, les cobayes devront apposer leur pouce droit sur un bouton. Quitte à se faire brûler l'épiderme et d'avoir un pouce infecté ou gangrené. Et le distributeur d'acier est un vicelard : nourriture sans apport calorique, jeûne forcé, guillotine à phalanges... les souffrances seront variées. Certains tenteront de faire basculer le cube et se feront embrocher par des sabres, d'autres aduleront ce totem dispensateur de vie et de mort. On retrouve ce culte d'un distributeur dans Les fœtus d'acier par exemple.

 

Et la volonté de David Sarella va s'effriter au cours des épreuves. Et lorsque le cube lui propose de s'évader, le doute va envahir toute sa raison. Ce roman paru en 1985 avait une version amputée au début et à la fin. Et ça se fait sentir à la fin de la lecture. C'est un bouquin puissant et pessimiste, mais on reste sur un goût d'inachevé. Ce sera rétabli dans une nouvelle version publiée en 2004 chez Vauvenargues, sous le titre Enfer vertical. On saura tout sur l'enfance de David et les raisons de son incarcération dans ce donjon dantesque. Et son épilogue rendra une conclusion qui manque cruellement dans la première version.

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Sacrifices humains à Matamoros - Gilbert Gallerne

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Dans le Royaume des Tordus, on oublie souvent le cas d'Adolfo Constanzo, « El Padrino », fondateur d'une secte mêlant différents cultes religieux : Vaudou, Palo Mayombe et Santeria. Dans la ville de Matamoros, ville-frontière mexicaine proche de Brownsville (Texas, USA), le Rio Grande reliant les deux par trois ponts. Une aubaine pour les étudiants américains désirant s'abreuver de bières, roucouler avec des femmes faciles et trouver de la drogue. C'est la disparition de Mark Kilroy qui va mettre en branle toute la machinerie judiciaire et policière. Notamment grâce aux parents de l'étudiant en médecine qui ne lâcheront rien, feront intervenir les médias, les journalistes et les enquêteurs. C'est lors d'un barrage routier pour le trafic de drogue que deux flics suivront un camion jusqu'au ranch Santa Helena, une sorte d'entrepôt en bois. Intrigués, ils surveilleront le bâtiment avant d'intervenir. Et un étrange chaudron à la mixture infâme va les étonner.

 

Gilbert Gallerne nous délivre un documentaire romancé passionnant. Nous suivons les traces de Constanzo et de sa prêtresse Sara Aldrete « La Madrina » jusqu'au déroulement sanglant. L'incroyable bêtise des hommes du clan se croyant invisibles et invulnérables aux balles par les incantations du sorcier. On peut regretter quelques photographies pour agrémenter le livre, mais la richesse du récit parvient à emballer le lecteur. Il faut noter que, dans la même collection Crime Story, l'auteur a publié l'excellent Edward Gein, le psycho.

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Le voleur d'icebergs - Serge Brussolo

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Un Brussolo mineur dans le thème SF, qui mêle le fantastique, le space-op et le post-apo. Bourré d'invraisemblances, on se demande si l'auteur a relu son tapuscrit avant de le donner à l'éditeur (Daniel redevenant David lors d'un chapitre est un des exemples). Daniel Sangford, pilote d'un paquebot intergalactique qui erre de planètes en mondes perdus à la recherche de trésors à refourguer sur Terre. Mais ce ne sont que des combines à la petite semaine et Daniel sombre presque dans la folie et la parano lors de ses quêtes inutiles.

 

Son vaisseau chargé de minerai énergétique dans les soutes, Daniel a embarqué des pierres ressemblant à de la matière aurifère. Il se dit qu'il pourra tromper certains receleurs. Il s'aperçoit vite que ce sont des roches contenant des animaux fossilisés et déshydratés. Reprenant vie avec l'humidité, des monstres sortent des œufs de pierre et ravagent le navire. Daniel parvient à les éliminer en asséchant l'atmosphère. Mais les dégâts sont nombreux et le pilote est obligé d'atterrir sur un astéroïde pour effectuer des réparations. Le planétoïde se nomme AMH 435, énorme boule liquide dont la surface glacée lui permet de se poser. Toujours obnubilé par les richesses à dénicher, il parcourt l'étendue translucide à bord d'un traîneau. Il découvre un vaisseau ancien, Tobor-VI, dont les occupants momifiés par le froid ont laissé un carnet de bord. On y évoque un trésor et une malédiction. Qu'importe ! Daniel fouille durant des mois aux abords de la nef sans rien trouver. Abattu, il rentre sur Terre et est licencié par les armateurs qui l'employaient. Par inadvertance, il a rapporté des glaçons en forme de joyaux. Sauf qu'ils ne fondent pas ! Même sous la chaleur. Il tente d'en vendre certains en petites quantités. Ces diamants possèdent une valeur inestimable et Daniel devient riche. Lui seul connaît la supercherie et il va vite se rendre compte que ces gemmes d'une autre planète sont maléfiques. Ils ont la capacité de changer la structure de notre atmosphère pour l'adapter à leur milieu d'origine. Et trois fléaux vont s'abattre sur Terre : froid polaire, transparence et liquéfaction.

 

Cette seconde partie bascule dans un post-apo assez jouissif dans les descriptions d'un monde qui meurt peu à peu. Et personne n'écoute ce pauvre pilote qui semble détenir une vérité folle. Ce n'est pas un Brussolo exceptionnel, malgré tout c'est un bon roman se lisant vite et on retrouve les délires brussoliens, cette immense imagination qui font de l'auteur un incontournable de la littérature d'anticipation française.

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Troglo-Blues - Bertrand Passegué

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Le cycle « Troglo-Blues » de Bertrand Passegué. Ça fait un bout de temps que je comptais lire ces deux opus parus chez FN Anticipation... et quelle erreur de ne pas l'avoir fait plus tôt ! Je me suis plongé dedans comme jamais. Y a tout ce que j'aime comme ambiance et intrigue. Un Paris dévasté par les bombes, la périphérie étant devenue un désert brûlant. Le personnage principal est Joris, un homme de main du maire Lacourt. Il est chargé de l'approvisionnement et part chercher des sacs de blé dans les villages. C'est plus du vol organisé mais les villageois n'ont guère le choix. Lacourt est un édile autoritaire et ses soldats se chargent de maintenir l'ordre dans la capitale. La journée surtout. Car, dès que la nuit tombe, les troglos prennent le relais et malheur à celui qui se fait attraper. Les troglos (tels les fameux Morlocks de H.G Wells) vivent dans le métro et sont des as du surin. Chargé d'une mission, Joris part à la recherche d'un messager avec ses collègues. Il faut retrouver une sacoche contenant des informations confidentielles. C'est ce qu'affirme le maire. Pourchassé par les troglos, Joris se cache et tombe sur le cadavre du messager et de ses assassins dans un musée. Sa curiosité l'emporte, il fracture la sacoche et découvre son contenu : des lettres du maire et du chef des troglos. Tout est planifié, des heures de patrouille aux petits arrangements entre amis. Joris constate avec stupéfaction qu'une collusion existe entre les troglos et la mairie ! C'est une bombe qu'il tient dans les mains. Idéal pour conclure un deal avec l'opposition ou marchander un rang social plus élevé avec Lacourt. Mais le maire est malin et fait chasser le renégat par ses hommes. Poursuivi et encerclé, Joris est obligé de pénétrer dans le métro. Les soldats obstruent l'entrée avec des gravats. Coincé, Joris s'enfonce dans l'obscurité des galeries souterraines. Bien vite, il est repéré par les troglos...

 

Le second ouvrage annonce un rite initiatique où Joris (qui se présente sous une fausse identité) est confronté. Le choix est simple : aller aux « fouilles » ou subir des tests. Après de multiples épreuves (dont la purification par l'air, l'eau et le feu), il doit subir une chasse à l'homme. Le survivant pourra rejoindre le monde des troglos. Les dignitaires de cet univers souterrain forment une caste ressemblant à une société secrète. On distingue l'un d'eux qui dirige les Servants, la force armée. Des soldats sanguinaires qui font régner l'ordre avec violence. Un autre s'occupe de la partie administrative et la gestion du réseau. Le Boss, un homme obèse avec son harem, dirige tout ce petit monde au sein d'un palais luxueux et doté d'un confort supportable. Que va devenir Joris qui est traqué à la surface par les hommes du maire ? On se prend d'amitié pour ce personnage mais on s'aperçoit qu'il cache son jeu et que sa personnalité n'est pas dépourvue de vices. C'est surtout un opportuniste qui veut arriver à ses fins. Bref, c'est un bon bouquin (en deux volumes) qui se lit vite. Le scénario est bien ficelé, l'écriture plaisante et le tout forme un excellent divertissement.

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La fiancée du vieux renard - Kââ

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J'ai le cul bordé de nouilles car il semblerait que ce bouquin paru chez Fleuve Noir Polices est introuvable. Et pourtant, je l'ai trouvé chez Emmaüs pour cinquante centimes. Mon oeil de faucon l'avait repéré dans un rayonnage poussiéreux parmi des polars et des séries d'espionnage du genre OSS 117 et SAS. J'ai dévoré cet opus de Kââ en deux jours tant le style est drôle, savoureux et vif. L'auteur n'épargne pas les meurtres, les accidents et les rebondissements qui rythment l'intrigue en tranchant dans le lard. Ce qui ressort également entre les lignes est l'énorme culture de l'écrivain. Notamment la description d'un vol de nuit entre l'Angleterre et Belle-Île-en-Mer. D'ailleurs Kââ nous gratifie d'une annexe à la fin pour expliquer toutes les difficultés à piloter un avion à vue tout en évitant les radars !

Hélas, il faut avoir lu les autres polars de Kââ pour en saisir toutes les subtilités. Il est fait référence régulièrement à "La princesse de Crève" et "Mental". On suit les tribulations d'un dénommé Aurel qui est chargé de récupérer l'objet sexuel (Tatiana) d'un lord qui vient de détourner 150 millions de dollars destinés à l'Afrique du Sud. Tout y passe : truands patibulaires, portes-flingues, ferme minée, armes diverses et variées, bagnoles à fond de train... Aurel a du métier et parvient à dénouer cette pelote gigantesque. Qui dit vrai et à qui se fier ? Aurel finira par appeler une vieille copine à la rescousse : Delphine van der Hallen. Leur périple traversera la France du Nord au Sud, la machination est implacable. En 150 pages, Kââ nous livre un scénario parfait avec , en prime, un peu de cul. Mieux que ça, c'est mal !

 

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Léonox, le monstre des ténèbres - Paul Béra

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Plongeons un peu dans la mythique collection Fleuve Noir Angoisse en parcourant la série consacrée à Léonox, le personnage phare de Paul Béra. Six aventures sont consacrées à ce mystérieux homme-démon. Ce premier volet date de 1971 et, chose curieuse, sur la page de titre est indiqué « Claude Bérat » pour désigner l'auteur. Ce ne sera plus le cas pour les autres suites.

Au premier abord, l'intrigue semble linéaire et redondante. Mais, après quelques chapitres, on commence à se prendre au jeu, malgré le style vieillot et ampoulé de Béra.

Un assassin nommé Lacana est recruté par un certain Léonox de la « Compagnie Léonox et Cie ». Cet homme étrange est guidé par un Maître par un lien télépathique. Il invite Lacana à l'enfermer dans un cercueil, près d'un cadavre encore frais. Peu après, Léonox sort de la bière avec une nouvelle identité. Cette nécro-métamorphose permet au « receveur » d'avoir un nouveau corps, de nouvelles empreintes digitales et de confondre la police. Lacana expérimente également le procédé et prend les traits d'un ami d'enfance, Francis Dalvant, journaliste porté disparu lors d'un reportage au Vietnam.

Lacana alias Dalvant comprend vite qu'il est tombé dans un piège. Il chute dans une oubliette et parvient à s'enfuir. Dans sa fuite éperdue, il rencontre Lisa et le policier Princex (ami et parrain de Dalvant). Léonox les traque et les deux hommes sont enterrés vivants dans un caveau.

L'auteur ferre le lecteur le plaçant dans les pensées et gestes de Dalvant. C'est un roman immersif aux trames psychiques très diverses. Léonox a pris l'apparence d'un médecin, responsable de l'Institut International de la Santé Publique chargé du contrôle des épidémies mondiales et de la production et acheminement des vaccins. Lisa, la belle spirite aux yeux d'encre, comprend alors qu'une sombre machination se trame. Dalvant décide de tuer le docteur, mais Celui qui dirige Lisa en a décidé autrement...

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Le coucou - G.J Arnaud

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Éric Bonnot est un homme de ménage. Il nettoie des bureaux dans plusieurs immeubles durant les nuits. En toile de fond, on devine une crise économique et, plus personnellement, une crise dans son ménage. Sa femme lui reproche son statut "d'ouvrier d'entretien" sans savoir que son mari passe ses nuits à récurer des bureaux, épousseter des dossiers ou shampouiner des moquettes. L'homme est vite intrigué par un bureau qui ne témoigne d'aucune activité diurne : pas de papiers dans les poubelles, pas de mégots dans les cendriers... et pourtant les loyers et les charges sont réglés tous les mois par prélèvements bancaires. Qui est le mystérieux propriétaire dont personne ne connaît l'existence ?

Une nuit, Bonnot devine une porte secrète sur la cloison derrière une étagère. Un couloir puis une porte. Un appartement luxueux se révèle dans la pénombre. Alcools fins, produits de qualité dans le congélateur, télévision... un grand luxe qui s'étale pour le plus grand bonheur de Bonnot. Délaissant son épouse et son fils, il n'hésite pas à s'installer discrètement dans le logement et de profiter des victuailles... et même d'argent soutiré grâce à une carte de crédit trouvée dans un coffre-fort.

G.J Arnaud nous délivre un excellent roman dont l'idée de fond est parfaitement amenée dans le déroulement de l'intrigue. Pour préserver sa quiétude, le personnage principal n'hésite pas à tuer. Mais sont-ce des coïncidences ? Bonnot parviendra-t-il à préserver son bien-être égoïste ? Vous le saurez en parcourant ce parfait petit bouquin incroyable.

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Les hommes marqués - Gilles Thomas

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Je ne lis pas beaucoup de récits SF mais je ne crache jamais sur un bouquin de cette grande dame nommée Gilles Thomas. Une fois encore, j'ai plongé dans ce livre avec un plaisir non feint. Des humains asservis deviennent des esclaves aux fronts marqués d'un "A" rouge comme "Androïdes". Ils sont vendus comme Androïdes A Tout Faire (ATDF), domestiques ou objets sexuels. Des fils de vadium reliés aux cerveaux empêchent toute tentative de fuite.

Le héros parvient à s'échapper avec une navette et rejoint Dernière Chance, une planète où vous deviendrez libres. Sauf que l'évadé doit réussir trois tests pour obtenir son visa. La dernière épreuve est la plus terrible : la traversée d'une jungle bleue peuplée de créatures redoutables. Se faisant piquer par un étrange papillon, le héros devient un terrien aux cellules mutantes. Développant des dons de télépathie, il débarque sur Terra et rejoint la Résistance.

L'écriture de Gilles Thomas rend une intrigue parfaite et nous découvrons de multiples univers et rebondissements variés en peu de pages. On y dénote quelques touches d'humour parmi des scènes d'action bien troussées. Par la poésie de certaines descriptions, cette auteure ressemble à Michel Bernanos. Mais qu'importe, cette écrivaine (hélas disparue) rend honneur à l'Anticipation par son style vif et fluide. Un talent pareil peut rendre jaloux !

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Désert des spectres - David H. Keller

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On voit tout de suite que c'est un bouquin des années cinquante. Paru à l'origine chez Angoisse (numéro 5), l'écriture rappelle un bon vieux Franju versus Godzilla. On y retrouve le thème récurrent de cette époque : les mutations scientifiques. Je peux vous dévoiler les créatures de l'intrigue car l'illustration est explicite : les guêpes géantes.

Le scénario n'est pas mal ; un entomologiste se fait enfermer dans un pénitencier situé dans le cratère d'un volcan éteint. Tous les ans, à une date fixe, mille criminels sont envoyés à Rose Crater. Que deviennent-ils ? Suite à la demande du chef de la Pègre (dont la fille est incarcérée à Rose Crater), l'entomologiste accepte la mission, principalement par curiosité suite à la vue de certains clichés photographiques scientifiquement impossibles. Il se fait arrêter volontairement pour comprendre et voir ce qui se passe dans cet univers clos et non contrôlé par les autorités.

Ça se lit bien mais je n'en garderai pas un souvenir impérissable. Cette histoire remaniée par un Brussolo serait terrible !

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