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Le démon des âges troubles - Igor Watkins

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Je ne vais pas vous mentir, j'ai trouvé ce bouquin guère fameux. Pourtant, le cadre est idéal : un village perdu dans les montagnes du Pays de Galles, une centrale hydro-électrique, une tempête qui s'abat sur l'Europe... et un démon qui s'échappe des entrailles de la terre. Le personnage principal est John Casson, ingénieur chargé de contrôler cette centrale électrique et d'en surveiller le barrage.

Toute la région se retrouve inondée, des prisonniers s'échappent d'une prison... bref, c'est la merde. Ajoutons à tout ce bordel un nommé Dewi qui a le pouvoir de déchaîner les éléments et qui s'en sert pour tuer ceux qui ne se rangent pas à sa cause religieuse, aidé d'une prédicatrice faisant office de pasteur. Cette femme peut diriger le démon pour assouvir ses fantasmes mystiques.

Hormis cette trame, le texte est plat et sans relief. Ce n'est pas un véritable gory à la Shaun Hutson. Je ne sais pas si ce récit a souffert à la traduction, mais tout est survolé malgré de nombreuses pistes pertinentes. Les descriptions des meurtres ne feraient pas frémir un gosse de primaire, ça manque cruellement de sexe (même si un viol est rapidement brossé où trois frangins s'occupent de la prêtresse sur un canapé miteux au fond d'une taverne) et le démon est vaguement esquissé. On se surprend à rire en constatant qu'il a la fâcheuse habitude d'emprunter les ascenseurs plutôt que de traverser les murs !

Un bouquin à éviter, sauf pour les lecteurs d'une horreur plus classique et d'atmosphère.

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Les parasites de la haine - Childer

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Imaginez cela : un médecin attaqué en salle d'opération par un ver carnassier surgi des viscères d'une de ses patientes ! L'incident avait fait la une de tous les journaux, mais Olivia, la sœur de la jeune opérée, ne pouvait se contenter du récit publié dans la presse. Elle voulait savoir comment sa sœur avait pu abriter dans son ventre une telle atrocité. C'est pourquoi elle alla trouver un détective du nom d'Ed Causey. Ed, au chômage depuis longtemps, croyait tenir une bonne affaire. Il se trompait. Celle-là le conduirait au-delà de l'effroi, au-delà de la haine, au cœur de la folie...

Mouais... le thème des gros vers a déjà été écrit maintes fois et ne comptez pas sur ce second gore de l'auteur (après "Vrilles") pour renouveler le genre. Les personnages sont inconsistants, le détective alcoolique n'a pas le charisme d'un Sam Spade ou Marlowe et l'intrigue est assez poussive. Quelques scènes mériteraient un développement plus équivoque (notamment les viols répétés de Joyce) ainsi que la traque de la créature dans les égouts. La chute relève un peu le niveau mais ce récit nous laisse pantois. Ça se mélange entre complot Lybien et manipulations génétiques. Vu la consistance du scénario, Shaun Hutson aurait été parfait pour écrire ce roman.

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L'équarrisseur de Soho - Norbert George Mount

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Norbert Moutier a merdé. Son récit intimiste démarrait bien pourtant. Bailey, un pauvre gusse travaillant dans un abattoir est le roi du dépeçage. Puis, peu à peu, les machines le remplacent au détriment d'un travail manuel acharné et jouissif. Bailey se retrouve à faucher des quartiers de viande pour les revendre à des restaurateurs indélicats. Forcément, il se fait choper et se fait virer.

Vivant à Soho dans un gourbi, Bailey doit trouver de nouvelles sources de revenus et combiner sa passion de l'équarrissage. En parallèle, il doit fournir une vieille (Miss Parkington) en bouteilles de sang tous les jours (vous suivez, j'espère ?). Quoi de mieux que de buter des putes ? Elles ont de l'argent en liquide, sont dans des endroits discrets, n'intéressent pas les flics et du sang frais circulent dans leurs veines gonflées. Jusqu'ici le pitch semblait bon, quasiment un scénar à la Shaun Hutson.

Cette ambiance centrée sur un personnage seul et solitaire rappelle MANIAC ou DERANGED. Et après, Norbert a foiré son coup. Lamentablement et c'est une grosse erreur de débutant. Que fout ce putain de soldat-zombie qui débarque au milieu de l'intrigue ? De plus, il conduit une bagnole et décime 73 flics dans les ruelles londoniennes !!! C'est du grand n'importe quoi ! Et je vous évite de révéler à qui est adressé le sang livré à la vioque.Ce GORE est essentiel pour les écrivaillons laborieux (dont je fais partie) pour connaître les écueils à éviter. Faut pas non plus prendre le lecteur pour un débile. Mais bon, Norbert j'te pardonne car il semble que ton premier gore "Neige d'enfer" est parfait. Et, d'après les rumeurs, il semblerait que tu caches quatre GORE dans tes fouilles et jamais publiés.

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GORE, seconde partie

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Color me blood red : Les Anglo-Saxons de la collection Gore.

Je disais dans mon précédent article que les meilleurs romans de la collection Gore avaient été écrits par des Français. Et je n’ai pas changé d’avis. Mais ça ne signifie pas pour autant que les nombreux contributeurs Anglo-Saxons sont tous à jeter à la poubelle. Loin s’en faut.

Véritable exception anti-culturelle française (au moment du lancement de la série, l’adjectif « gore » s’appliquait uniquement au cinéma, la littérature anglo-saxonne du genre étant labellisée « horror »), la collection Gore se positionna dès ses débuts comme une héritière du Grand-Guignol, théâtre de l’excès et du grotesque. Soit une jolie manière de perpétuer une tradition en perpétrant de nouveaux crimes. Mais ça ne suffisait pas à Daniel Riche, qui offrit en outre un prolongement littéraire aux horreurs pelliculées de H.G. Lewis (loué soit le père fondateur) et autres G.A. Romero (Papy zombie nous enterrera tous), les novellisations de Blood feast et La nuit des morts-vivants figurant parmi les premiers titres édités.

Autant être clair : ces bouquins sont loin d’être exceptionnels (ce qui n’empêchera pas ce vieux brigand de John Russo de signer deux suites au cycle des morts-vivants). Shaun Hutson présente en revanche un profil beaucoup plus intéressant. Ce prolifique auteur anglais au style sec et frontal fut un des plus importants contributeurs de la collection, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Huit romans en tout, parmi lesquels La mort visqueuse 1 et 2 (une suite s’imposait, tant il paraît en effet impossible de faire le tour d’un tel sujet en un seul livre), La tronçonneuse de l'horreur (sous le pseudonyme de Nick Blake) et Erèbe, ou les noirs pâturages (seul hors-série grand format de la collection).

Tout un programme, n’est-ce pas. Et ce n’est pas tout. Car il faut aussi mentionner Richard Laymon, auteur de six romans on ne peut plus honorables. Une belle constance, même s’il convient d’admettre que divers titres ont souffert de traductions plus ou moins élaguées (sans doute l’effet « tronçonneuse de l’horreur », de l’ami Shaun Hutson). Plus sérieusement (entre guillemets) : il est exact que pour satisfaire au calibrage de la collection Gore, certains ouvrages étaient parfois expurgés de leurs passages trop « littéraires » – un comble !

« Le bois des ténèbres est un excellent roman mais le lecteur français a dû éprouver quelques difficultés pour s'en rendre compte. En effet, l'impératif des 250 000 signes m'a contraint à le couper dans des proportions beaucoup trop importantes, et je regrette d'avoir agi ainsi. Cela reste un bon livre, mais on est quand même loin de la version originale ». Daniel Riche, in Le bel effet Gore, de Jean-Philippe Mochon.

Un cas extrême, mais hélas pas isolé, comme on a pu s’en apercevoir avec La cave aux atrocités, qui a doublé de volume lors de sa réédition (sous le titre La cave) chez Milady en 2009. Reste que les autres livres de Richard Laymon parus dans la collection Gore, s'ils furent aussi adaptés aux standards maison, demeurent tout à fait recommandables en l'état.

L’exemple du terrible Jack Ketchum (aimablement surnommé « ketchup » par ses nombreux admirateurs/détracteurs) est assez similaire. Lui aussi fut révélé en France par la collection Gore, mais ses deux – très bons – romans Cache-cache effroyable et Saison de mort sont eux aussi parus dans des versions tronquées. Une édition intégrale du second (là encore, deux fois plus longue que l’originale) a été publiée chez Bragelonne en 2008 sous le titre Morte saison. L’occasion de vérifier pourquoi Stephen King a déclaré qu’il tenait cet auteur pour « le deuxième plus important écrivain américain vivant, derrière Cormac McCarthy »…

Voilà pour ce rapide tour d’horizon en deux parties. Certains regretteront peut-être qu’une collection aussi audacieuse et comptant autant d’auteurs marquants se soit fait massacrer par la critique à ses débuts. Mais en définitive, c’est assez logique : le Gore choque, perturbe, dérange. Or n’oublions pas que la plupart de ces chroniques négatives émanaient des très officielles « sommités » du Polar et de la SF. Un peu comme si on avait demandé à des pisse-copies de Première ou de Studio de présenter Nekromantik ou Guinea Pig. Heureusement, la tendance s'inverse depuis une dizaine d’années, grâce à quelques blogueurs et fanzineux acharnés, plus compétents et mieux armés pour œuvrer à la reconnaissance des mauvais genres que nous défendons ici. Merci à eux et pourvu que ça dure.

Cet article est dédié à Gary Brandner, parti rejoindre le pays des ombres le 22 septembre 2013 à l'âge de 80 ans. Il était l'auteur de la trilogie Hurlements (Gore numéros 50, 65 et 84), mais aussi de La féline, de Carrion (J'ai lu Épouvante) et de Massacres d'outre-tombe (Maniac). Que les cris de ses lycanthropes efflanqués ne viennent pas troubler son sommeil éternel.

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Le signal - Maxime Chattam

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Avant de parler de ce dernier roman de Maxime Chattam, on va évoquer le livre physique. Tranche noire et pages bordées comme un faire-part de décès. C'est joli et original mais on se tache les doigts ! Déjà, ça commence mal. Ensuite, la quatrième de couverture nous promet un livre d'horreur en ces termes : « Avez-vous déjà eu peur en lisant un livre ? » ainsi qu'un « shérif dépassé par une situation inédite » ! L'éditeur aurait dû compulser le tapuscrit avant d'en tirer un résumé. Le livre ne fait pas peur (sauf pour les boutonneux élevés dans une cave) et le policier est un lieutenant.

 

Pour être objectif, je pense que ce roman est le plus personnel et le plus proche du terreau culturel de Chattam. L'influence de Stephen King suinte à toutes les pages (740 pour être précis) ; ce qui peut faire marrer les véritables fans de King tant les symboles y sont visibles comme un tigre au milieu d'une crèche. On peut évoquer le nombre 19, la ville de Mahingan Falls proche de Salem, un système d'évacuation des eaux usées souterrain qui rappelle Derry et son fameux clown et ses ballons, des volets qui claquent en faisant « Tak », des engins qui prennent vie comme dans « Christine », des épouvantails démoniaques et des champs de maïs, une bande d'adolescents façon « Stand By Me »... on sent que l'auteur s'est fait plaisir en déballant une kyrielle de poncifs kingiens... ah, j'oubliais aussi les créatures lovecraftiennes à la « Brume » ! Mais Chattam ne s'arrête pas en si bon chemin (et territoire connu) : l'asile psychiatrique se nomme Arkham et l'université... non, ne dites pas que c'est Miskatonic ?... eh ben si les enfants. À cela, il ne faut pas oublier les démons indiens. Comment, Graham Masterton est aussi dans les parages ? Sauf que Graham aurait décrit le Wendigo sur de nombreux chapitres et celui-ci est juste évoqué en quelques lignes en fin de parcours. On pressent également une atmosphère à la Dean Koontz sur certains passages et une once de Shaun Hutson pour quelques passages gores bien troussés (et trop courts).

Passé cette sensation, on se dit que Chattam a creusé un peu mieux ses personnages (hormis les gamins que je cite plus haut). Tom Spencer est dramaturge et sa femme... une présentatrice télé ! Oh merde alors, comme dans sa vraie vie ! C'est à ce moment qu'on remarque le gouffre entre Chattam et King. Stephen King, par son talent de conteur, rendrait crédible et effrayant un épouvantail qui vous course dans les champs pour vous découper en rondelles. Avec Chattam, on se rapproche plutôt d'une scène digne d'un épisode de Scooby-Doo. Pour un lecteur averti, la différence est terrible. C'est dommage car on devine que Maxime Chattam a mis du cœur à l'ouvrage et qu'il croyait à son histoire. Mais imiter King (je n'ai pas dit « plagier ») est l'assurance de se planter en beauté. Je respecte beaucoup le travail de Chattam, mais là, je dis non. On peut fabriquer un beau bouquin, le peinturlurer en noir, y mettre un plan de la ville... ça ne fait pas tout. Il semblerait que Chattam compte poursuivre des récits se déroulant à Mahingan Falls car il n'a pas tout dit. J'espère fortement que ce ne sera pas une resucée de « Simetierre » ou des habitants hypnotisés par des « Tommyknockers » ! Car ce sera sans moi.

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Commentaires écritoiriens

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Je vous colle quelques commentaires laissés par nos écritoiriens. Merci à eux.

Catherine Robert : "Donc,... c'est du Zaroff. Précis, direct, trash et gore. On suit le taré avec plaisir jusqu'au bout de son périple, témoin de ses crimes plus sanglants les uns que les autres pour terminer sur un faux happy-end de très bonne facture."

Frederic Gynsterblom : "Un bon psycho killer aux scènes frontales comme je les aime. Ramirez est abjecte au possible et on se demande ou s'arrêtera sa course sanglante. Bref, j'adore et on sent bien l'hommage à Nécrorian."

Amaranth : "Encore un trash qui mérite bien son nom. Le découpage selon les personnages amène un rythme entraînant. Les pages tournent toutes seules. Certains passages sont vraiment dérangeants. Il n'y a pas de distanciation, on vit les horreurs que commet le Night Stalker en même temps que lui, ce qui provoque un certain malaise. Bien que le roman soit court, j'ai trouvé les personnages assez fouillés et consistants. Le shérif et le profiler sont d'ailleurs tout de suite attachants. Le maire et son neveu sont particulièrement agaçants. L'irlandais est vraiment drôle. Les scènes de meurtres, souvent présentées du point de vue de la nouvelle victime, m'ont fait penser dans leur construction à du James Herbert. L'ambiance, elle, m'a vraiment rappelé un livre de Shaun Hutson (come the night). D'ailleurs, on ressent vraiment bien cette Californie des années 80 (comme quoi, wikipédia et google map, c'est pas si mal). Certaines références m'ont vraiment fait sourire (le passage avec Nécrorian, l'agent Clarice Starling). Le final est à la hauteur du reste du livre. Une parfaite conclusion. Bref, une vraie réussite. J'ai adoré !"

Paulux : "Pour être honnête, je ne connais pas trop le gore... donc c'est plutôt une découverte. Au final, on découvre une approche très réaliste, crue et pourtant bien écrite. J'ai apprécié de retourner dans les années 80 (étant né en 77, c'était ma jeunesse), et de découvrir une Amérique méconnue, réaliste et concrète, qui donne l'impression d'y avoir vécu !!! L'histoire est bien menée. On est entraîné dans une sorte de descente aux enfers, ou de surenchère du fameux Night Stalker. Les éléments que j'ai le plus apprécié sont: les passages avec le journaliste, parce qu'il flirte avec le danger, et cherche à profiter de la situation (ce qui est... exaltant); et le passage avec la dernière victime. Son histoire de grenouilles est peut-être la perle du roman (selon moi), ainsi que sa réaction face au criminel, que l'on aurait peut-être souhaitée plus approfondie, voire dérangeante. Le final est vraiment bien trouvé... Il conclut en "beauté" ce roman, avec beaucoup d'ironie je trouve.

Brice Tarvel : "Conte Zaroff, conte... " Night Stalker ", c'est du tout bon. J'ai lu ton roman avec plaisir et je suis ébloui par votre qualité d'écriture à tous chez Trash. Les petits débutants, ils décapent dur tout en ciselant, y a de quoi laisser les vieux sur le cul."

Naëlle : "Y a pas à dire, c'est du violent. L'histoire de la femme avec son bébé sur le dos, c'était déjà hard core, mais alors le gamin et le manche à balai, je m'en suis toujours pas remise! Night Stalker m'a appris la signification du mot "trash"! Bon, moi, je suis une jeunette, alors je connaissais pas Richard Ramirez, et je suis passée au-dessus de toutes les références. Mais ça m'a pas empêchée d'aimer ce petit bouquin. Les personnages sont tous plus ou moins ravagés, on a envie de savoir comment les deux flics (je compte pas l'inutile Willy Hunt) vont réussir à coincer ce salopard de Richard Munoz, si bien que les pages se tournent sans qu'on s'en rende vraiment compte, et qu'on arrive tout naturellement à la fin... assez inattendue. J'aime assez cette conclusion fataliste et un peu triste. Après un déluge de violence et de perversion, on s'attend à ce que la fin remette les choses à plat: que nenni! On se prend en pleine poire "le triomphe émouvant de l'incompétence absolue" (comme disait Jack). Cette fin n'est pas sans me rappeler celle de Madame Bovary de Flaubert, dans lequel le pharmacien médiocre remporte une médaille. Bref, Night Stalker, c'est bien. Petite question annexe: je comprends pas l'emploi de l'italique. Si je me souviens bien, il y a un chapitre avec Richard Ramirez, deux avec le journaliste (qui m'a furieusement fait penser à un certain Zaroff!), et celui avec Donna à propos de la pêche aux grenouilles avec son grand-père. Autant pour le Night Stalker et Donna, je comprends, parce que c'est des souvenirs, autant pour le journaliste, je nage en eaux troubles. Petite anecdote annexe: la scène avec Nécrorian m'a fait hurler de rire."

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Noir sur blanc - Sommaire part I

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TABLE DES MATIÈRES I

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE : TOUTES LES COULEURS DU NOIR

 

 

 

Genre, mauvais genres et transgenre : Introduction. 5

 

Il est cinq heures, Paris s’éveille : La nuit myope, d’A.D.G. 7

Le faiseur d’épouvantes : La bête immonde, de Marc Agapit. 9

Les chiens meurent en hiver : Grossir le ciel, de Franck Bouysse. 12

Toutes les facettes de l’angoisse et du mystère : Serge Brussolo. 14

Le mal à la racine : Dernière fenêtre sur l’aurore, de David Coulon. 17

Nouvelle fenêtre sur l’horreur : Le village des ténèbres, de David Coulon. 18

Mort à l’arrivée : Citoyens clandestins, de DOA. 21

Sur le fil du rasoir : Le serpent aux mille coupures, de DOA. 23

Dans l’abîme du temps : Rivage, de Sylvie Dupin. 25

Le fardeau de l’homme noir : Ceux qui grattent la terre, de Patrick Eris. 28

Sans espoir de retour : Le cercle d’argent, d’Emmanuel Errer. 30

La victoire en chantant : Zazou, de Jean Mazarin. 31

Reflets dans un œil noir : Camera obscura, de Sébastien Gayraud. 34

L’art ne respecte pas les saisons, mais il les sublime : Les créateurs, de Thomas Geha. 37

 

De l’assassinat considéré comme un des beaux-arts : Les Français de la collection Gore. 40

Color me blood red : Les Anglo-Saxons de la collection Gore. 42

Grand-mère, comme vous avez de grandes dents : Le club des petites filles mortes, de Gudule. 45

Contes cruels de la jeunesse : Les filles mortes se ramassent au scalpel, de Gudule. 47

Midget Rampage/Ravageuse : Patron, un double ! 50

Route 666 : Stoner Road, de Julien Heylbroeck. 52

Dans le nid du serpent : Silhouettes de mort sous la lune blanche, de Kââ. 54

L’héritage du serpent : La princesse de Crève, de Kââ. 56

Une plume de fer dans un stylo de velours : David (S.) Khara. 58

Il était une fois… Le projet Bleiberg. 58

Duo mortel : Le projet Shiro. 60

Si la guerre est horrible, la servitude est pire : Le projet Morgenstern. 63

Deux hommes dans la ville : Les vestiges de l’aube. 65

Les vertiges du crépuscule : Une nuit éternelle. 67

Noir, cruel et tendre : Jérôme Leroy. 70

De beaux lendemains : La grâce efficace/Une si douce apocalypse. 70

Faire (Le) Bloc – selon Jérôme Leroy. 71

Black is beautiful : L’ange gardien. 73

La jeune fille et le monstre : Jugan. 75

C’était mieux après : Les jours d’après – Contes noirs. 77

Il était une voix : Divino sacrum, de Franca Maï. 79

Ô rage, ô désespoir : Trilogie noire, de Léo Malet. 81

 

La collection Maniac. 83

N° 1 : Victimes, de Shaun Hutson. 84

N° 2 : Un festin de rats, de Berma. 85

N° 3 : Voyage au bout du jour, de Béhémoth. 86

N° 4 : Massacres d’outre-tombe, de Gary Brandner. 86

N° 5 : Les parasites de la haine, de Simon Ian Childer. 87

N° 6 : Chair à supplices, de Brotot. 88

N° 7 : Crève, majorette, crève, de John Russo. 89

N° 8 : Nécrose, de Mort Humann. 90

 

Ravageuse/Midget rampage : Patron, un autre ! 93

Les crimes de l’orient extrême : Un cadavre entre les sampans, de Richard D. Nolane. 95

Retour vers le (no) futur(e) : Orages mécaniques, de Pierre Pelot. 97

Dieu reconnaîtra les… chiens : La langue chienne, d’Hervé Prudon. 100

Sous un regard ultraviolet : Le sourire contenu, de Serge Quadruppani. 102

Allemagne, année 0 : Le festin des charognes, de Max Roussel. 104

Pour une dent, toute la gueule : Les « Kaput », de San Antonio. 107

Le sang des bêtes : Porcherie, de Christophe Siébert. 109

À tombeau ouvert : La place du mort, de Christophe Siébert. 112

Le chasseur de chimères : Brice Tarvel. 116

La vieillesse est un naufrage : Le bal des iguanes, de Brice Tarvel. 118

Étrange séduction : Fakirs, d’Antonin Varenne. 121

Morituri te salutant : La belle nuit pour un homme mort, d’Henri Vernes. 123

Punks not dead : Sang futur, de Kriss Vilà. 125

 

Genre, mauvais genres et transgenre : Conclusion. 127

 

 

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Acid Cop

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Acid Cop est enfin disponible chez Zone 52. Je remercie toute l'équipe et les divers intervenants de cette belle aventure. Le rêve gore se prolonge avec Karnage et je me souviens du formidable élan initié par TRASH pour relancer une collection digne de ce nom. Depuis, mes contacts avec cette grande famille sont restés indéfectibles. Je souhaite que Karnage poursuive « le bel effet gore » le plus longtemps possible car la littérature populaire sale et méchante doit survivre. Mes remerciements chaleureux vont aussi à Will Argunas pour cette couverture remarquable qui retranscrit parfaitement l'atmosphère de mon roman.

De nombreuses influences ont guidé mon inspiration lors de l'écriture. Je cite mes films majeurs en préface et j'en oublie beaucoup d'autres. Le nœud central est le vigilante et revenge movies. L'auto-justice, le rapport tortueux avec la hiérarchie et la paranoïa. C'est souvent le cas dans ce domaine où l'homme finit seul dans un délire insidieux. Et les éléments déclencheurs sont multiples dans les œuvres cinématographiques : la vengeance, le viol, l'impunité politique, la corruption, le stress post-traumatique, la non-reconnaissance, l'oubli, l'alcool, la déchéance, le chômage, la société individualiste...

Le vigilante est souvent l'affaire d'un territoire : quartier, bayou, marais, maison, famille et le mien est celui de Hell's Kitchen à New York. Quartier de naissance de Stallone. Il me fallait un flic : Bereglia, origines italiennes. Pour le prénom, j'ai pensé à Serpico. Donc, Frank. Un mobile pour l'enquête : la disparition d'une femme de haute bourgeoisie dans une ruelle sombre, le mari est retrouvé mort. La voiture du couple : forcément la Mustang de Bullitt. Mes idées deviennent claires et le décor se pose. Les dialogues sont clairement orientés vers de l'humour gras, comme les doublages de nos bonnes vieilles VHS.

Il me faut une bande de sales mecs. Et je me souviens des Morlocks de H .G Wells dont j'ai revu le film de 1960 dernièrement avec Rod Taylor en guest star. Égouts et hommes-taupes. Tout s'imbrique à merveille. Le destin de ce flic doit être horrible et je pense à Maniac Cop pour le visage défiguré... sans oublier le physique de Vincent Price dans le rôle du docteur Phibes. Vous voyez que c'est important de visionner des centaines de films pour articuler une intrigue ! Il ne faut jamais se contenter d'une seule idée. Un roman doit être tissé avec des fils d'origine diverses. Après le monde souterrain new-yorkais, je dois trouver un autre lieu pour continuer mon histoire. Toxic Avenger surgit dans mon cerveau. Il me faut une décharge ! Et qui s'en occupe ? Alors là, je me tourne vers la seconde guerre mondiale. Aucune logique, me direz-vous ! Mais un roman gore ne se soucie jamais de ce genre de questionnement !

Les fondations en place, on pose des scènes cradingues et pornos... c'est le minimum syndical ! Pour resserrer l'intrigue, on supprime un chapitre entier de 10 000 signes. Ça fait toujours mal de se séparer d'un morceau de roman où on a tout donné. Mais le roman en sort plus vif et il ne faut jamais hésiter à couper (n'est-ce pas Shaun Hutson ?) pour le bien d'une intrigue. Le final part en vrille et nous abordons le thème du spree killer, un meurtrier qui tue en masse en une seule fois. Les lieux évoqués dans Acid Cop existent ou ont existé : Central Park, le Peep Land, les Narrows, Times Square... dans cette ambiance posée en 1986. Voilà ! J'espère que ce roman vous plaira autant que j'ai eu à l'écrire au fil des semaines. Et surtout qu'il ravivera des bons souvenirs aux cinéphiles que nous sommes : je l'ai rédigé en ce sens.

Le site de Karnage.

Acheter Acid Cop.

 

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Entretien avec David Didelot

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Est-il encore besoin de présenter David Didelot, le conférencier avisé, l'essayiste, le romancier et le rédacteur du défunt fanzine Vidéotopsie. Depuis quelques années, on se croise dans divers projets (dont ma préface pour ton « Monstre de Florence ») et on se respecte pour des goûts similaires dans l'effroi, les femmes veules et dévêtues, le scalpel et la traque. On va s'intéresser plus particulièrement à la sortie de ton premier roman gore « Sanctions ! » paru chez Zone 52 Éditions, dans la nouvelle collection Karnage. Et c'est l'occasion de rendre hommage à Trash qui a eu le courage de relancer le Gore en France avec la sortie de vingt romans. Quels souvenirs gardes-tu de cette série dont tu as évoqué certains titres dans ta Bible « Gore – Dissection d'une collection » ?

 

Des souvenirs encore très présents pour tout te dire, teintés évidemment de nostalgie puisque Trash est passé comme une étoile filante dans la galaxie gore… Mais quelle étoile ! Très honnêtement, je pense que les volumes estampillés Trash ont fait la nique à la plupart des volumes de la Collection Gore : mieux écrits souvent, plus aboutis et plus cohérents d'un point de vue éditorial, mais tout aussi dégueulasses et tout aussi viscéraux que les "pires" gore de chez Fleuve Noir. S'il ne fallait en garder qu'un, ce serait sûrement le Pestilence de Dugüellus, dont j'attends désespérément la suite ! Allez, un deuxième, le Nuit noire de Christophe Siebert : un ami me disait qu'après lecture de Nuit noire, on avait de la boue à la place du cerveau… Il avait tout dit. Et puis les deux brûlots d'un certain Zaroff évidemment, en particulier Night Stalker. Inutile de dire que je regrette vraiment l'arrêt de cette collection, d'autant que j'ai un peu suivi son évolution, et que je connaissais certains auteurs qui ont contribué et avec qui j'ai pu correspondre. Beaucoup ont vu dans Trash la résurrection de l'antique Collection Gore, et l'arrêt de la série a été un crève-cœur pour les amateurs de littérature qui tache.

 

Différencies-tu des styles dans le gore en fonction de la nationalité des auteurs ? Préfères-tu un Joël Houssin à John Russo ou encore un Shaun Hutson à Nécrorian ? Ces deux derniers sont mes références propres et quels sont tes écrivains de prédilection dans ce genre précis où le sang et le sexe se confondent sans limites ?

 

Alors oui pour répondre à ta première question. Il me semble que les écrivains anglo-saxons sont souvent sous influence cinématographique. Et du coup, les thématiques dans leurs livres sont très proches de la série B horrifique : par exemple, tu trouveras chez les Anglais et les Américains beaucoup de bouquins ayant pour thèmes l'attaque animale, l'invasion parasitaire, des monstres typiquement anglo-saxons du bestiaire fantastique. À la sauce gore évidemment ! Les écrivains US de la Collection Gore allaient beaucoup puiser là-dedans par exemple.

 

Les Français, c'est un fantastique et un gore plus "réaliste" on va dire, plus ancré dans une réalité un peu sombre, grisâtre, presque provinciale parfois. Je pense à Corsélien ou à Pierre Pelot par exemple. Ce sont des gore avec les pieds dans la terre et les mains dans le terroir. Je les trouve donc plus réalistes et sombres que les Gore américains et anglais - souvent plus ludiques et série B. Ceci dit, ce n'est pas aussi simple que cela car tu as aussi des écrivains français qui ont été drôlement influencés par la littérature et le cinéma américains. Je pense à Gilles Bergal notamment, et à son Cauchemar à Staten Island, où la narration est un peu "à l'américaine", avec une écriture très rythmée, très événementielle. La séparation n'est donc pas aussi évidente que cela, mais globalement, c'est vrai que les gore français sont plus malsains, plus réalistes. Plus sociaux aussi. Ça me plaît davantage je dois dire, et ça recoupe d'ailleurs mes goûts en matière de cinéma : je suis plus tourné vers le cinéma bis européen par exemple que vers le cinoche américain.

 

D'où mon amour pour L'Écho des suppliciés de Joël Houssin, véritable feu d'artifice de dégueulasseries en tous genres et de tortures absolument dingues, avec une belle ambiance et un argument typiquement fantastique qui n'est pas sans rappeler certains motifs chers à Lucio Fulci. Comme toi, le fameux Blood-Sex de Nécrorian m'a sacrément marqué aussi, dont le titre parle pour lui (gore et pornographie trash). J'adore aussi La Marée purulente de Daniel Walther, qui jouit d'une ambiance là encore très fulcienne dans sa première partie et qui annonce le motif de la contamination, du chaos urbain - tant à la mode aujourd'hui... Sans compter que le bouquin est extrêmement érotique ! Allez, je t'en cite un quatrième (pour ne pas oublier les Anglo-saxons), La Mort visqueuse de Shaun Hutson justement : bouquin exemplaire d'un motif très exploité dans le genre, l'invasion parasitaire bien sale.

 

Mais en dehors des écrivains marqués Collection Gore (ou ses avatars), je ne peux pas oublier le Marquis de Sade et ses 120 Journées de Sodome : comme je l'écrivais ailleurs, le livre hystérise comme jamais le sexe et la violence, au point que toutes les "Collections Gore" de la Terre semblent être de simples variations sur tout ce qu'a inventé Sade. Rien de plus.

 

En évoquant ce sadisme récurrent, tu as choisi cette voie pour ton premier gore paru en janvier 2021. Avec, en toile de fond, le constat terrible d'un milieu scolaire archaïque et dénué de moyens humains, financiers et fonctionnels. Pourquoi ce choix original pour l'intrigue d'un gore ? Quel fut le déclic ? Certains films ont traité ce thème où ce sont souvent les élèves qui mènent la danse envers les professeurs (je pense à « Class 1984 » par exemple) et dans « Sanctions ! », c'est l'inverse.

 

Alors écoute, c'est très simple : c'est un milieu que je connais bien puisque je suis prof en collège depuis plus de 20 ans. Pour mon premier roman, il m'a donc semblé opportun de choisir un cadre qui m'était familier. C'est d'ailleurs un décor que j'avais déjà exploité, dans une nouvelle également parue chez Zone 52. Je n'avais pas pensé au changement de point de vue dont tu parles (élèves dominants généralement, mais dominés dans mon petit bouquin), mais maintenant que tu le dis… Pourquoi fondamentalement ? Parce qu'il m'était amusant d'imaginer une révolution réactionnaire dans l'univers scolaire, aux antipodes de ce qu'impose la pédagogie moderne.

 

Évidemment, j'ai poussé le bouchon très loin (nous sommes en rayon gore), de manière caricaturale même, mais j'avais à cœur d'exemplifier cette verticalité et cette dissymétrie consubstantielles (selon moi) à l'acte d'éducation : mes personnages sont cinglés et confondent la notion de "magister" (l'enseignant) avec celle de "dominus" (le maître, à qui on se soumet). N'empêche que je voulais appuyer là où ça fait mal actuellement : crise de l'Autorité, libération anarchique de la parole, horizontalité des rapports dans la classe… Ce dont souffrent pas mal de professeurs (en silence, car il ne faudrait pas passer pour un salaud de réac), et ce qui parasite la transmission. Ceci dit, nous ne sommes pas dans un essai politico-pédagogique, et je souhaitais surtout m'amuser, dépasser les limites et proposer une image inversée des représentations communes que l'on se fait du monde enseignant : tout en bienveillance et en "positivité".

 

À la lecture de « Sanctions ! », on ressent que l'emprise de la femme du prof est la dominante dans le couple. Tu me diras si je m'égare mais on devine que les déviances de Gabriel surviennent après son mariage. Que les fantasmes pervers de l'épouse ont exacerbé les vices enfouis de son mari. Le sadisme puise-t-il ses origines dans la féminité ? Je trouve que les femmes vengeresses ont plus de force et d'impact dans les films, notamment dans les « rape and revenge » comme « I Spit On Your Grave ». Les tortures infligées par Gabriel n'ont-elles comme but subliminal de contenter avant tout son épouse ?

 

C’est vrai que dans ce couple infernal, le personnage féminin m’intéresse plus que son homologue masculin : ce fameux "continent noir" dont parlait l’ami Freud, et mon goût pour l’altérité sexuelle – tout simplement. Alors j’ai plutôt envisagé ce duo comme le fruit d’une rencontre "miraculeuse", l’un des partis exaltant les vices de l’autre, et vice-versa : les affinités électives dans la perversité en quelque sorte, héritées de lectures gore justement - comme celle du célèbre Blood-Sex. Mais c’est vrai : à l’heure où la femme est souvent représentée comme une victime, et comme le chantre très moderne des valeurs positives (la paix, la douceur, la bienveillance, la négociation à la place de la guerre…), je me suis bien amusé à en faire une allégorie de la crasse, du sadisme, de la violence et de la domination. Un être obsédé par la satisfaction de ses désirs (d’ordre sexuel, mais pas que), hyper individualiste et totalement imperméable aux impératifs moraux de son temps. En ce sens, elle est une figure dominatrice oui, et son époux un être joyeusement soumis, dont la satisfaction sexuelle dépend surtout du plaisir de son épouse. En fait, je m’aperçois que l’écriture de ce roman a été guidée par un agacement terrible : celui que j’éprouve face à mon époque et à son irénisme béat.

 

Cette forme de matriarchie perverse te vient-elle de ta passion du giallo ? On sait que tu es un fin connaisseur du genre et, pour toi, quelle est l’œuvre qui t'inspire le plus dans ce cadre de femme insatiable, autoritaire et vicieuse ? Ms 45 ? Misery ? L'infirmière Ratched ? Je constate souvent que les films où les femmes deviennent le nœud central dans l'horreur sont coréens ou asiatiques. Le machisme est-il purement occidental ?

 

Pour répondre à ta dernière question, je n’en suis pas sûr du tout… J’aurais même tendance à penser le contraire : machisme, virilisme, sexisme, patriarcat, structures familiales traditionnelles… Peu importe comment on appelle ça, mais il me semble que les sociétés orientales ont encore pas mal de chemin à faire en la matière. Je ne suis pas un spécialiste du sujet, mais pour prendre un exemple, la condition des femmes au Japon n’est pas vraiment celle de l’affranchissement absolu. Du moins me semble-t-il. Et je ne parle pas des sociétés africaines… Je sais bien que c’est un peu la mode de se battre la coulpe et de penser que l’herbe est plus verte ailleurs, mais sur ce sujet-là, ça va être difficile. En même temps, aucune leçon à donner : les peuples ont leur Histoire, leurs traditions et leurs particularismes, que je respecte profondément. Tout le monde n’est pas à l’heure du féminisme occidental, c’est ainsi. Et pour reprendre ton exemple du cinéma d’horreur coréen (ou asiatique plus généralement), la puissance donnée à la femme est peut-être de l’ordre du fantasme justement, de la catharsis et de la représentation métaphorique : comme une manière de bazarder – de manière radicale - les cadres du patriarcat et du pouvoir mâle…

 

C’est clair, le giallo est plein de ces femmes tueuses, manipulatrices et vicieuses. Même si le genre exploite à fond le motif de l’oie blanche poursuivie par un assassin, les nanas ne sont pas toujours victimes dans le giallo, tant s’en faut ! Et il est clair que ma passion pour le thriller italien et ses thèmes a dû infuser pour Sanctions !. Mais si l’on parle d’images cinématographiques pour dessiner Barbara Lodi, j’ai plutôt pensé à des personnages comme celui d’Iris dans Blue Holocaust (la gouvernante vicieuse dans la villa du héros nécrophile), ou à ces "warden" qui peuplent les WIP films (films de prison pour femmes) ou la nazisploitation du ciné bis : la fameuse Ilsa en est le plus bel exemple, mais je pense aussi aux films de Bruno Mattei ou à ceux de Jess Franco. Et puis tu vas rire, mais la représentation de la MILF sur toutes les plates-formes de la planète porno a aussi joué son rôle dans l’esquisse physique de Barbara 😊.

 

Ah oui, j'avais oublié la gouvernante que tu cites. Un visage dur et franchement érotique pour ma part. On peut citer également certains films du regretté Jean Rollin où les femmes s'imposent dans les intrigues. L'homme n'est souvent qu'une marionnette entre leurs mains. Dans ton roman, Barbara attire ses proies par son physique. Cruelle et gourmande, c'est tout le contraire de la femme du flic. J'ai aimé ce paradoxe qui pimente ton histoire. Et le sort de cette épouse endeuillée donne tout son sel. La réticence est l'essence même du désir porno. Une femme austère et farouche est, je trouve, plus susceptible d'attiser les fantasmes d'un lecteur ou spectateur. C'est le cas dans « Les marais de la haine » où la beauté sauvage de l'actrice rend une vengeance perfide et animale. Pourtant, tu places ton intrigue dans l’infamie du snuff. Cela change la donne. La femme ne devient plus qu'un objet de cruauté gratuite. T'es-tu documenté pour appréhender cette zone dantesque qui existe malheureusement ? Nous sommes au-delà de la pornographie. Dans le genre « public », on pense bien évidemment au contesté « A Serbian Film » et je dois t'avouer que ma connaissance sur ce sujet est mineure. Comment as-tu abordé ce sujet en ayant le recul nécessaire pour ne pas tomber dans le vulgaire ?

 

Oui oui, Franca Stoppi dans le rôle de la gouvernante, qui jouait d’ailleurs les gardiennes vachardes et vicieuses dans les films de prison signés Bruno Mattei. J’aime beaucoup cette actrice. Et j’entends parfaitement ce que tu dis sur les "profils" de séduction et le désir : qui cache son jeu réveille plus facilement la libido chez le lecteur ou le spectateur, c’est clair. Mais l’image que je voulais dessiner n’était pas celle-ci dans le cas de Barbara : je voulais une femme respirant le sexe et la dépravation, de celles que l’on peut trouver dans le cinéma porno pour faire vite. Et le pont avec le snuff m’est apparu presque évident dans le cas d’un roman gore, comme point ultime de la pornographie justement : l’ouverture et la béance des corps... jusqu’au bout. Oh, ce n’est pas nouveau, et le sujet a déjà été traité dans le genre (je pense à Cinéma d’éventreur de Richard Laymon), motif tout autant fascinant que répulsif. Encore une fois, mon objectif – mon pari presque – était de lâcher la bride et de ruer dans les brancards : aller le plus loin possible dans l’horreur, d’où ton expression de "cruauté gratuite".

 

Et j’accepte volontiers le commentaire, notamment si l’on parle de mes descriptions typiquement snuff quand l’inspecteur visionne les photos et les films chez le jeune Axel. Pour répondre à ta question (enfin !), je ne me suis pas particulièrement documenté : j’avais lu quelques livres sur le sujet, et puis j’ai vu plusieurs films empruntant à l’esthétique snuff, la mimant avec plus ou moins de bonheur, et quelques thrillers sacrifiés à ce thème. J’ai donc puisé dans mes souvenirs de lecture et de cinéma, en radicalisant encore l’horreur de la chose. Je n’ai pas finassé pour le coup, et j’ai traité le sujet frontalement, du moins je le crois, sans proposer de commentaires sociologiques ou politiques. D’autres l’ont fait bien mieux que moi.

 

En combien de temps as-tu rédigé ce premier gore ? As-tu trouvé l'exercice difficile pour une première ? Nous savons que tu as la prose prolifique et dans divers domaines. Travailles-tu directement sur ordinateur avec un plan ou seul l'instinct prime ? Les auteurs veulent savoir !

 

En très peu de temps en fait : c’était lors du premier confinement, l’année dernière. J’ai commencé mi-mars et j’ai mis le point final du premier jet à la mi-avril je crois. J’ai même laissé reposer le truc au milieu de cette période, et ce pendant quelques jours. Évidemment, je ne compte pas les phases de relectures et de corrections, qui sont presque plus longues que la phase de première écriture… Je tiens d’ailleurs à te remercier encore une fois, car sans Zaroff, pas de « Sanctions ! » je pense ! Alors oui, je travaille directement sur ordinateur, et sans aucun plan. Pour tout te dire, je suis parti d’une réplique qui me trottait dans la tête (la première du roman), et puis j’ai brodé, brodé, au gré de mon inspiration devant le clavier. L’intrigue s’est construite en même temps que j’écrivais si l’on peut dire. C’était presque de l’écriture automatique ! Donc, non, je n’ai pas trouvé ça très difficile : excitant plutôt, exaltant même.

 

C'est le moment de nous quitter et j'en suis désolé. Je souhaite un beau succès à ton livre. Tenteras-tu encore l'aventure dans le gore ? Quels sont tes projets futurs ? Au plaisir de se croiser un jour. Et juste pour nos lecteurs : si tu ne devais garder qu'un seul roman d'horreur, ce serait lequel ? Bon vent l'ami et à bientôt.

 

T'inquiète, c'est déjà bien sympa tout ça ! Pour ce qui est de la suite dans le rayon gore, je ne sais pas trop… J'ai bien quelques idées pour une suite à Sanctions !, mais tout dépendra aussi de la réception du livre. Sinon, j'ai quelques trucs sur le feu oui, des idées de fanzines "one-shot" (un peu à la manière du Monstre de Florence), et puis quelques livrets en court pour des éditions DVD/Blu-ray. A plus long terme, une idée de bouquin ciné me travaille, mais ce sera pour bien plus tard. Enfin, si je ne devais garder qu'un seul roman d'horreur (un supplice ça !), ce serait peut-être le God Save the Crime de Pierre Dubois : roman sorti chez La Brigandine en 1982, puis réédité chez Hoëbeke en 2014, dans une version corrigée et augmentée… Sublimement écrit pour commencer, furieusement sanglant et érotique, et qui exploite le mythe de Jack l'Éventreur de manière tout à fait originale. Un must de littérature horrifique et pornographique ! Merci encore à toi en tout cas, et au plaisir de bavarder encore et encore !

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Interview de Schweinhund par Zaroff

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Qui est Schweinhund et pourquoi ce nom ?

 

Schweinhund, c’est une créature aberrante issue du cerveau détraqué d’un type qui sévit par ailleurs sous les pseudonymes d’Artikel Unbekannt ou Léonox. Elle a été créée de toutes pièces pour TRASH. Quant à la signification de ce terme, c’est tout simplement la contraction des mots « porc » et « chien », en allemand. Et bien sûr, quand on qualifie quelqu’un de « Schweinhund », il ne s’agit pas vraiment d’un compliment. C’était pour moi une manière d’annoncer franchement la couleur au lecteur. Genre « fais gaffe, ça va pas être confortable ».

 

Bloodfist : pourquoi ce titre ?

 

Il y a quatre raisons, à la fois distinctes et complémentaires. La première, et la plus importante, tient au fait que la scène du « poing sanglant » est une des plus cruciales et, je crois, extrêmes, du bouquin. Ensuite Bloodfist, à l’oral, ça sonne comme Blood feast, le fameux film de l’inventeur du Gore Herschell Gordon Lewis. Et ça me permettait aussi de faire un clin d’œil au Blood-Sex de Nécrorian. Enfin, Bloodfist est le titre d’un film de tape produit par le pape du bis Roger Corman, qui a connu un nombre incalculable de séquelles. Et moi j’aime bien les films de tape. Surtout ceux qui laissent des séquelles.

 

Tu as mentionné deux autres pseudos. À quoi correspondent-ils ? Et quelles sont les différences entre tes trois identités ?

 

En fait, à l’origine, il n’y avait qu’Artikel Unbekannt. J’ai d’abord utilisé ce pseudonyme pour signer des chroniques dans un fanzine. Puis, quand mes premières nouvelles ont été publiées, je l’ai conservé, parce qu’il me plaisait bien. Ensuite, j’ai eu envie d’une nouvelle identité pour TRASH, parce que Bloodfist était très différent de tout ce que j’avais pu écrire jusqu’alors. Quant à Léonox, je ne m’en sers que sur Internet. En résumé, je dirais qu’Artikel Unbekannt reflète mon goût pour l’anonymat, tandis que Schweinhund cherche plutôt la merde confrontation. Et Léonox peut être considéré comme une synthèse des deux. C’est une sorte d’hybride écartelé entre les collections Angoisse et GORE.

 

Tu joues un rôle important au sein de TRASH ÉDITIONS. Quelle est l’origine de ce projet ?

 

Je suis « président » de la société TRASH Éditions, mais c’est juste parce qu’on ne pouvait mentionner qu’un seul nom. En réalité, notre boucherie compte deux hommes à tout faire : mon camarade Julien Heylbroeck et moi. Nous avons décidé de créer cette structure pour promouvoir une forme de littérature qui autorise, voire encourage, les débordements. Avec des bouquins courts et nerveux qui prendraient les lecteurs aux tripes. Or c’était là quelque chose qui d’après nous avait disparu depuis la fin de la collection GORE. Le seul cadre auquel nous tenions était le format poche, car populaire et à la portée de toutes les bourses.

 

TRASH est justement un hommage assumé à cette fameuse collection GORE. Quels sont tes meilleurs souvenirs de ces bouquins ? Tes auteurs culte ?

 

Il est clair que TRASH doit beaucoup à GORE : on n’a jamais cherché à avancer masqués, même si ce serait très prétentieux de notre part de prétendre à un quelconque héritage. Ceci dit, on n’est pas là pour servir du réchauffé. Les hommages serviles et passéistes, c’est pas notre truc. Voilà pourquoi l’appellation les « bâtards de GORE » nous convient très bien. Quant à mes auteurs préférés, il s’agit exclusivement de Français, à l’exception de Shaun Hutson. Julien a une position un peu différente, mais de mon point de vue les bouquins les plus radicaux et intransigeants (et les mieux écrits, aussi) de la collection GORE sont l’œuvre d’auteurs français. Au premier rang desquels figurent pour moi Corsélien et Nécrorian.

 

Comme moi, tu admires l’œuvre de Charles Nécrorian, notamment pour BLOOD-SEX. As-tu déjà rencontré ce grand bonhomme en vrai ?

 

En effet, j’éprouve beaucoup d’admiration à l’égard de Jean Mazarin/Nécrorian. Et oui, j’ai eu la chance de le rencontrer. C’était en juin 2013, à l’occasion de la troisième convention organisée par l’association ImaJn’ère à Angers. Événement qui correspondait à la présentation officielle de la collection TRASH, avec nos trois premiers romans. Une journée inoubliable. Par la suite, nous sommes restés liés, et entretenons depuis lors une correspondance par mail. Mais pour en savoir plus à ce sujet, mieux vaut acquérir La mort en partage, qui vient de paraître chez Rivière Blanche. Car selon mes sources, ce copieux volume contiendrait, outre deux excellents romans, quelques informations exclusives…

 

Quelles furent tes influences, littéraires et autres, pour la rédaction de Bloodfist ?

 

Mes influences littéraires, je les ai déjà évoquées dans l’article intitulé « Pourquoi tant de haine », posté dans la rubrique dédiée à Bloodfist sur ce blog, alors je ne vais pas y revenir. Mais j’ai d’autres sources d’inspiration, même si elles sont sans doute moins perceptibles dans ce que j’écris. La musique (je suis un Electro-Industrial Freak) et le cinéma de genre occupent notamment une grande place dans ma vie depuis très longtemps. Je pense donc que ces deux axes ont dû influer sur le rythme et l’ambiance de Bloodfist. Mais c’est de l’ordre de l’inconscient, et j’aurais du mal à étayer ce ressenti d’exemples précis.

 

Comment écris-tu ?

 

Dans la douleur. Et c’est pas une façon de se poser en artiste tourmenté, hein, pas du tout. Je veux juste dire par là que j’ai une relation à l’écriture assez compliquée. En fait, je ne me considère ni comme un écrivain, ni comme un auteur. Mes textes ne représentent pour moi qu’une série d’accidents. Et à chaque fois, c’est retour à la case départ. Pour moi, la notion d’ « acquis » n’existe pas. De plus, l’écriture est une forme de communication. Car que je sache, on écrit toujours pour être lu. Or je ne trouve pas cette manière de communiquer très naturelle. D’où des questions à la con, du genre « qu’est-ce que j’ai vraiment à dire ? », « et à qui ? ». Et puis, j’ai aussi une conscience très aigüe de mes influences. Certaines sont « digérées », d’autres moins. D’où le fait que j’avais purement et simplement cessé d’écrire pendant cinq ans. Rien. Pas une ligne. Et même depuis que j’ai repris, je dois toujours plus ou moins lutter contre ça. Enfin, je ne suis pas capable de cracher du signe au kilomètre. J’admire, et parfois j’envie, ceux qui en sont capables, mais en ce qui me concerne c’est impossible. Pour toutes ces raisons, l’écriture représente pour moi un processus complexe. Mais les choses trop simples ont tendance à m’ennuyer très vite. Donc…

 

Un livre marquant ?

 

Les chants de Maldoror.

 

Un film marquant ?

 

Der Todesking, de Jörg Buttgereit.

 

T’es-tu essayé à d’autres formes d’expression artistique ? Peinture, musique, dessin, vidéo ?

 

Non. Je me concentre sur la littérature. Lecture, écriture et édition. C’est déjà pas mal.

 

Le gore est-il pour toi un défouloir, une récréation ou une exploration psychanalytique ?

 

Rien de tout ça. Si j’ai envie de me défouler, je cogne sur un sac de frappe. Si je veux me distraire, je regarde un film d’action hongkongais. Et je ne crois pas du tout à la notion d’ « exploration psychanalytique ». Le gore, c’est avant tout un genre, avec ses propres codes. Il se trouve qu’il correspond souvent aux histoires dont j’ai envie de me débarrasser. Si lesdites histoires plaisent à quelques-uns, ça me suffit. Tout le reste n’est que littérature.

 

Un roman gore convoque souvent d’autres genres, comme le polar urbain, le drame social, le thriller, le fantastique... Lequel préfères-tu ?

 

Je pense qu’un roman gore, pour être efficace, a besoin d’être réaliste. Donc selon moi tous les genres susceptibles d’amener de la distance sont à proscrire. À la limite, un usage modéré du Fantastique peut être toléré, à condition qu’il soit horrifique et, surtout, qu’il ne se prenne pas les pieds dans le tapis de l’invraisemblance. L’outrance, oui, mais il faut qu’on puisse y croire. La plupart des grands auteurs français de la collection GORE venaient du Polar, et ce n’est pas du tout un hasard si aujourd’hui on se souvient surtout de leurs romans.

 

Un jour, tu as écrit que le gore « était l’intimité profanée ». J’ai trouvé cette approche très intéressante. Peux-tu approfondir ?

 

Si j’avais su qu’un jour j’aurais à « approfondir » cette formule, je me serais sans doute abstenu. Mais bon, puisque le vin est tiré... Alors ce que je voulais dire par là, c’est que le gore n’existe pas sans violence. Or je pense qu’on peut parler d’ « intimité » en évoquant le partage d’une histoire, dans le sens où l’auteur se met à nu devant son lecteur, qui s’accapare son texte. C’est une expérience privilégiée, mais dès lors qu’il s’agit d’un récit gore, elle se mue en atrocité. Car l’auteur, après avoir susurré des mots d’amour à l’oreille de son lecteur, reprend la main en lui crachant la mort au visage. Petite mort deviendra grande.

 

Un mouchard albanais m’a révélé qu’un de tes amis était végétarien. Penses-tu que ces bouffeurs de légumes bouillis sont normaux ou devraient-ils être sacrifiés sur l’autel de la viande saignante ?

 

Ton copain albanais t’a bien renseigné. Mais la première partie de ta question m’embête un peu, parce que la « normalité », j’ai jamais trop su ce que c’était. Quant à sacrifier les végétariens, c’est hors de question. Ne serait-ce que parce qu’en effet un de mes meilleurs amis fait partie de cette secte. Et puis, ce puissant lobby est responsable à lui seul d’un cinquième du catalogue de TRASH. Je dois donc en tenir compte. Alors tant que notre collection existera, il y aura toujours du vert dans notre rouge. C’est à prendre ou à laisser.

 

Un autre mouchard, belge celui-là, m’a révélé que tu traînais sur le forum L’Écritoire Des Ombres. Je me suis laissé dire que cet endroit était un nid de reptiliens adeptes du culte de la Frite Vicieuse. Info ou intox ?

 

Info. Même si, tout comme toi, je participe moins à la vie du forum depuis quelque temps, je continue à apprécier l’endroit et j’y passe tous les jours. J’ai découvert sur L’Écritoire plusieurs auteurs de talent, avec lesquels j’ai parfois noué de vraies relations d’amitié. De plus, j’ai aussi eu l’occasion de travailler avec certains membres, et ce n’est pas fini, car de nouveaux chantiers se profilent. Et puis, j’aime les frites. Surtout quand elles sont vicieuses.

 

Es-tu un auteur long ou court ?

 

Comme je le disais plus tôt, je ne me vois pas vraiment comme un auteur. Mais tous les textes que j’ai réussi à finaliser jusque-là sont courts, voire très courts. Bloodfist est donc une sorte d’exception. Une « sorte » seulement, parce que les chapitres y sont plutôt brefs, et certains pourraient, une fois extraits de leur contexte et un peu retravaillés, devenir des micronouvelles. En résumé, l’aspect sec et lapidaire de la forme courte me convient bien.

 

Quels sont tes prochains projets ?

 

Le mot « projet » ne fait pas partie de mon vocabulaire. Il implique une vision à long terme qui m’a toujours fait défaut. Pour développer des projets, il faut avoir confiance en soi, mais aussi en autrui, et plus généralement en l’avenir. Donc pour ma part, c’est trois fois « niet », camarade. Alors j’avance petit à petit et traite les chantiers les uns après les autres. Néanmoins, faute de pouvoir me montrer plus précis, voilà quand même les grandes lignes de mon planning jusqu’à la fin de l’année : quatre de mes nouvelles paraîtront chez deux éditeurs différents dans quatre anthologies au second semestre. Elles sont déjà écrites, mais le travail n’est pas terminé, parce que mon partenaire Trasheux Julien H. et moi-même allons être plus ou moins impliqués dans le développement de deux de ces recueils. En parallèle, je vais rédiger la préface d’un autre livre qui me tient beaucoup à cœur, et qui sera publié à la rentrée. Et bien sûr je vais m’occuper de nos trois futurs bébés TRASH, eux aussi prévus pour cet automne, tout en continuant à écrire des chroniques pour La Tête En Noir et pour ce blog. Quant au reste, je vais essayer de trouver le temps pour développer un nouveau récit perso, mais à ce stade (50 000 signes en friche), il est encore bien trop tôt pour en parler.

 

Zaroff te remercie d’avoir répondu à son interrogatoire. Et il tient également à t’adresser ses vives félicitations pour tes chroniques exceptionnelles. Partager ce blog avec toi est un véritable bonheur et honneur.

 

C’est moi qui te remercie. D’ailleurs, puisque l’occasion m’en est donnée, on va remettre les choses en perspective et procéder par ordre. Donc : 1. Merci à toi pour tout ce que tu fais pour TRASH depuis que nous existons. Merci de nous avoir donné une telle visibilité sur L’Écritoire Des Ombres et sur sa page Facebook, ainsi que sur ce blog. Ton soutien sans faille nous est vraiment très précieux. 2. Merci d’avoir fait confiance au micro-éditeur débutant que TRASH était il y a deux ans. Nous sommes très heureux de compter ton Night stalker au sein de notre catalogue. 3. Merci de m’avoir invité sur ce blog. Un an déjà que grâce à toi je dispose d’une belle tribune pour mes chroniques. Je suis ravi qu’elles te plaisent. Ça signifie que les livres et les auteurs que je présente sont plutôt bien mis en valeur, et en tant que chroniqueur, c’est tout ce qui m’intéresse. 4. Enfin, merci beaucoup pour cet entretien. Pour un peu, il me donnerait l’étrange impression que je suis quelqu’un d’important. Enfin, pour ça, il faudrait que j’aie le melon. Ce qui est contraire à mon absence totale de religion.

 

Le mot de la fin ?

 

I don’t exist.

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