Les enfants de Pisauride - Jean-Pierre Andrevon

Publié le par Zaroff

 

 

 

 

Contrairement à plusieurs auteurs qui posent le décor dans des régions américaines (moi le premier), Andrevon est typiquement français et assume ses choix en transposant des thèmes fantastiques dans la ruralité ou l'urbanisme cradingue des cités. Il prouve que le style et le talent peuvent s'inscrire dans notre identité française sans avoir à rougir de ses homologues anglo-saxons. On peut évoquer ainsi Robert Merle, Seignolle, Maupassant, Féval, Dumas, Béalu... qui ne trahissent pas notre culture mais la valorise comme d'autres de l'école belge de l'épouvante (Ray, Owen, Ghelderode pour ne citer que les principaux). Ce livre paru en 1990 est une réédition corrigée et augmentée de la précédente sortie en 1975 dans la collection « Lendemains retrouvés », numéro dix, sous le pseudonyme de Alphonse Brutsche. En préambule, Andrevon indique que ce roman est dans la tradition des films Universal des années 50.

 

Près d'une centrale nucléaire, on assiste à l'agonie d'une araignée. Mourante parmi les décombres, elle parvient à expulser ses œufs et donne naissance à des centaines d'arachnides. Un jeune comptable et sa femme Simone font un pique-nique durant un dimanche ensoleillé. Il se fait piquer au bras sans savoir la provenance de la piqûre. Un peu patraque, il repart confiant en se disant que ça ira mieux le lendemain. Mais dans la nuit, il est en proie à d'affreux cauchemars et d'hallucinations. Il se réveille le corps baigné de sueur et le bras douloureux. Au bout de quelques jours, il visite un médecin qui lui incise l'énorme furoncle luminescent. Et la chaîne de contamination essaime son venin sur plusieurs personnes de son entourage : le docteur, un collègue de travail, un clochard... Les métamorphoses s'enchaînent peu à peu et certaines scènes font frémir le lecteur, notamment celle où le médecin de ville coupe son bras et le brûle pour échapper au terrible virus qui le ronge.

 

Malgré les qualités indéniables de l'histoire, le style, le vocabulaire, l'intrigue reste plate et manque de piment. On peut relever la personnalité des protagonistes mais l'action propre est linéaire. J'ai lu beaucoup de bouquins traitant les mutations animales et celui-ci ne sera pas dans le haut du panier même si il n'y a rien à redire sur la maîtrise technique du récit.

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C
Le genre de livre que je cherche à lire... ça sort pour moi de l'ordinaire.
Dommage que celui-ci est plat.
Merci quand même pour la découverte ;)
Bonne journée
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C
Plat selon moi mais le style est parfait. Andrevon reste un maître du genre. Tu pourras donc l'apprécier même si mon avis reste mitigé. Merci à toi.