Corps tabous et Logomachie - Luna Beretta

Publié le par Léonox

Corps tabous et Logomachie : de la Violence selon Luna Beretta.

 

 

Dimension Violences est paru le 1er septembre dernier chez Rivière Blanche. Après Dimension Trash fin 2015 (même éditeur, même punition), c’est la deuxième anthologie que je co-dirige. Or dans « co-dirige », il y a « co » – justement –, puisque Dimension Violences n’existerait pas sans Luna Beretta. Et j’ai réalisé il y a peu que je n’avais pas encore consacré une véritable chronique aux écrits de ma partner in crime. À ma décharge publique, les deux petits livres que j’ai choisi de présenter n’existent pas vraiment, dans le sens où on n'en trouve aucune trace dans les circuits de distribution classiques. Raison de plus pour en parler, me direz-vous. Dont acte.

 

 

 

Corps tabous est un mini recueil composé de six textes brefs et de six photos en noir et blanc. Le géant, Boucherie ontologique et La marque, plus trois fulgurances sans titre, trois poèmes hurlés à la face d'un monde qui n'en demandait pas tant pour mieux couvrir le champ (chant ?) des possibles entre le cri primal et l'état d'urgence. Corps tabous ne fait que 18 pages. Ҫa s’injecte ou ça s’inhale d'une traite sans respirer et de toute façon c’est pas comme si on avait le choix, parce que les textes de Luna Beretta se lisent À bout de souffle et En quatrième vitesse.

 

 

 

Logomachie, plus étoffé mais pas moins intense que son prédécesseur, retourne pour sa part sept fois le couteau dans les plaies en autant de textes répartis sur 40 pages. Des « textes autour de la pulsion de mort, du rapport au corps et au genre ». Doté d'une superbe illustration recto-verso de Sam Ectoplasm, cet époustouflant opuscule clandestin met à l'amende les neuf dixièmes des bouquins « officiels » que j'ai lus l’année dernière. Rien que ça. Le sommaire : Logomachie, Hors d’usage, Poulet au Coca, Claustration, Desquamation, Victime et En vie.

 

Le dernier récit s'intitule donc En vie. Note d'intention dans ta face, vœu pieux dans le cœur, profession de mauvaise foi ou déni de réalité ? Les lecteurs et lectrices de Dimension Violences devraient pourvoir trancher par eux-mêmes, puisque j'ai choisi cette nouvelle pour servir de figure de proue à notre anthologie. Quant à celles et ceux qui hésitent encore à acheter le livre, ils peuvent s’en faire une petite idée gratuitement puisque le texte de Luna est accessible ici :

http://www.riviereblanche.com/_iserv/dlfiles/dl.php?ddl=dimviolenceschapitre01.pdf


Si Luna Beretta est donc surtout connue pour diriger et éditer seule le fanzine Violences (huit numéros en deux ans, quand même), elle est aussi – et surtout – une autrice de grand talent. D’où le présent coup de projecteur sur son programme en treize points (poings ?) réparti en deux recueils, lequel vous dira mieux que moi tout ce que Luna a dans le ventre et sur le cœur.


L'un de vos livres de chevet est le petit volume de textes courts Mordre au travers, de Virginie Despentes ? Vous avez déjà lu et relu les quatre tomes de Porcherie, l'intégrale des nouvelles de Christophe Siébert, parue chez Les Crocs Électriques ? Vous pensez que décidément, Laurence Viallet ne publie pas assez ? Bref, vous êtes en manque de littérature intransigeante ? Alors réjouissez-vous : avec Corps tabous et Logomachie, Luna Beretta a ce qu'il vous faut.

 

En plus, ces deux concentrés de prose parfois poétique mais toujours enragée ne coûtent qu’une poignée d’euros, comme on peut le vérifier dans la petite boutique des Violences de Luna :

https://berettaviolences.wordpress.com/commandes/

 

Pour les autres publications de l’intéressée et les visuels correspondants, voir cette rubrique :

https://berettaviolences.wordpress.com/lunaberetta-2/

Alors, vous attendez quoi ?

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