DRAGON NOIR - Frédérick Rapilly

Publié le par Lester

 

 

 

Une mystérieuse escort-girl aussi belle qu'amnésique, rompue à toutes les formes de combat. Un macchabée en cours de décomposition à la place d'un rendez-vous tarifé. Des mafieux issus des républiques caucasiennes ex-soviétiques qui s'implantent en France et qui n'hésitent pas à déclencher des scènes de guerre en plein Paris. Un de leurs parrains, impitoyable et sadique, qui s'initie au surf en République dominicaine pendant qu'INTERPOL attend son improbable retour en Europe pour le serrer. Des flics parisiens qui font ce qu'ils peuvent. Un journaliste rocker, adepte du yoga, chevaleresque et plein de ressources.

 

Voilà quelques-uns des ingrédients rassemblés par Frédérick Rapilly pour nous mijoter un thriller assez classique, mais dynamique et prenant. Voilà aussi la preuve que ce genre de polar d'action peut très bien sortir du stylo d'un auteur français, se dérouler en grande partie dans un cadre connu (j'entends par là : « ailleurs qu'aux États-Unis ») et se révéler tout aussi passionnant. Car « Dragon Noir » est un livre à la mécanique bien huilée, qui pousse à tourner les pages sans s'arrêter, et c'est la preuve du professionnalisme de Frédérick Rapilly. La documentation se révèle sans faille visible, les procédures policières françaises décrites à la perfection, ce qui apporte à l'histoire une vraisemblance qui nous incite à penser que ce récit haletant pourrait se retrouver demain à la une de tous les journaux. De la même façon, les descriptions des lieux où se situe l'action, qu'il s'agisse de la Gare du Nord ou bien de la Dominique, confortent la crédibilité des faits rapportés, sans tomber dans la couleur locale facile ou une certaine complaisance à rajouter des pages sans importance. L'auteur est un journaliste, et ça se sent : les faits d'abord, et rien que les faits, le tout au service de la dynamique de l'histoire.

 

Ajoutons aussi que le simple « thriller » se renforce d'incursions dans le domaine de l'espionnage et de la géopolitique, et là également, la documentation est maîtrisée : on y redécouvre les charmantes pratiques de l'ex-Union Soviétique, car là où se trouvent les Mafias, les Barbouzes ne tardent pas à se retrouver...

 

Enfin, mention spéciale pour la bande-son : chacun des chapitres est précédé par un extrait de chanson, plutôt pop-rock contemporain, ce qui permet de s'immerger davantage dans l'ambiance et le rythme souvent frénétiques de l'action.

 

« Dragon Noir », un thriller à lire le son à fond, et tant pis pour les voisins !

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