La guerre des rats - David Robbins

Publié le par Zaroff

 

 

Tout le monde a sans doute déjà vu le film Stalingrad sorti en 2001 avec Jude Law et Ed Harris. Par contre, le bouquin de 1999 écrit par David Robbins ? Ah, je perçois un murmure inquiet ! Stalingrad fut une bataille macabre, un condensé de l'horreur, une guerre dans la guerre. Du 23 août 1942 au 31 janvier 1943, elle occasionna 1 109 000 morts dans les deux armées. Sur 500 000 habitants avant la guerre, seuls 15 000 civils survécurent. D'un côté, la sixième armée allemande du général Friedrich von Paulus et, de l'autre, la soixante-deuxième armée soviétique du général Vassili Tchouikov.

 

Au cœur de ce carnage, l'adjudant-chef Vassili Zaïtsev et le colonel SS Heinz Thorvald. Deux tireurs d'élite exceptionnels. Surtout au service de la propagande. Deux icônes pour propager le mythe du héros au sein des soldats du front. Pour les faire mourir en souriant. Toutes les guerres sont dégueulasses et l'humanité est perdante, quoi qu'on en dise. Les scènes secondaires et affrontements personnels sont fondés sur les souvenirs des survivants interviewés par l'auteur ou selon des témoignages écrits. Thorvald est le directeur de l'école des tireurs d'élite de la SS. En 1939, en Pologne, il a abattu 200 soldats avec son Mauser Kar 98K avec lunette Zeiss à grossissement 6. Il tire à mille mètres ! L'école se trouve à Gnössen, à la sortie de Berlin. Il tirait pendant les pauses entre les combats pour saper le moral de l'ennemi.

 

Zaïtsev est chargé de former une unité de tireurs isolés avec son co-équipier Viktor Medvedev dit « L'Ours ». Zaïtsev est « Le Lièvre ». Un journaliste à L'Étoile Rouge, le capitaine Igor Danilov, sert d'agent de liaison politique et parlera des exploits de Zaïtsev dans les futurs articles. La Russie a besoin de héros pour encourager les combattants du front. Zaïtsev est un chasseur de l'Oural et sa technique instinctive est remarquable d'efficacité. 42 allemands sont tués en douze jours pour 43 cartouches tirées.

 

L'intrigue est romancée par l'amour naissant entre Zaïtsev et la tireuse d'élite Tania Tchernova. Un quatrième personnage fictif joue également un rôle important, le caporal allemand Nikki Mond. Il semblerait que Thorvald fut un tireur imaginé par les autorités soviétiques car on ne trouve aucune trace de ce duel historique dans les rapports militaires. C'est un bouquin parfait pour se plonger dans le chaudron de Stalingrad, même si l'ensemble est assez répétitif dans les actions des tireurs. C'est surtout l'atmosphère et le désespoir des deux camps qui donnent à l'histoire tout son potentiel.

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