Mémoires d'un compagnon de l'ombre # 1

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Mémoires d’un compagnon de l’ombre 1 : esprit de corps.

 

Ce texte, dont le titre constitue un emprunt en forme de clin d’œil à Jean-Marc Lofficier, a déjà été publié sur ce blog. Mais une actualisation s’imposait. Aussi l’ai-je largement augmenté, puis redécoupé en quatre parties. Dont voici la première.

 

Rivière Blanche est un cas à part dans le petit monde du Fantastique et de la Science-fiction français. La genèse de cette maison d’édition indépendante est à elle seule intrigante : Rivière Blanche est en fait une émanation de Black Coat Press, entité américaine fondée par Jean-Marc Lofficier proposant des romans de Fantastique et de Science-fiction français… traduits en anglais ! Malgré quelques points communs entre les deux catalogues (Les Compagnons De l’Ombre devenant Tales of the shadowmen outre-Atlantique), les deux structures sont toutefois dotées d’identités bien distinctes. Si Black Coat Press se consacre pour l’essentiel à la période fin 19ème/début 20ème, Rivière Blanche, fondée en 2004, s’inscrit dans la tradition des prestigieuses collections Anticipation et Angoisse, issues de l’âge d’or du Fleuve Noir, sans pour autant miser sur des rééditions systématiques, loin s’en faut…

 

Seul maître à bord – avec Jean-Marc Lofficier – naviguant sur les eaux tumultueuses de la Rivière Blanche, Philippe Ward, en tant que directeur que collection, tient en effet à proposer un maximum de textes inédits. S’il est le garant d’un certain esprit populaire et nostalgique intimement lié aux références évoquées plus haut, il a néanmoins la volonté, et c’est tout à son honneur, de donner leur chance à de jeunes plumes prometteuses, sans oublier d’aller rechercher de loin en loin quelques grands anciens qui rêvent et dorment par-delà le mur du sommeil… C’est ainsi que la ligne « Blanche » (Anticipation/SF) s’est construite dans un esprit « rétro-futuriste », proposant une salutaire alternance entre des auteurs comme Thomas Geha, Laurent Whale ou Alain Blondelon, et la « vieille garde » du Fleuve Noir, incarnée par des pointures tels P.-J. Hérault, Jean-Pierre Andrevon ou Daniel Piret.

 

Notons cependant que si la « Blanche » a valeur de figure de proue, avec ses 154 livres édités à l’heure où j’écris ces lignes, cet arbre luxuriant ne doit pas pour autant cacher la forêt. Car le catalogue de Rivière Blanche est vaste. Très vaste, même. La « Noire », qui fera l’objet à elle seule de mon deuxième billet, vient par exemple de franchir le cap des 100 titres. Soit un total incroyable de 254 ouvrages, auxquels il convient encore d’ajouter les quelque 150 volumes publiés dans les collections Fusée/Dimension (anthologies et recueils de nouvelles dédiés à des thématiques ou des auteurs spécifiques), Baskerville (qui permet à Jean-Daniel Brèque de proposer des romans et recueils dus aux grands auteurs de l'Angleterre victorienne) et Hors-série/Artbooks (où sont rassemblés les livres « hors-genre » et autres inclassables).

 

Seule ombre au tableau, le manque de visibilité de ces ouvrages, prix de la farouche indépendance de Black Coat Press, pénalise quelque peu son catalogue pléthorique. Mais il arrive parfois que la Rivière sorte de son lit… Un certain nombre de titres ont ainsi été réédités chez Michel Lafon, Bragelonne, Critic, Hélios, Le Moutons Électriques et… TRASH. Mais l’heure n’est pas encore venue de faire de cet article une affaire personnelle. Je préfère pour l’instant laisser cette présentation parler d’elle-même, car elle établit de manière indiscutable que Rivière Blanche s’est imposé au fil des ans comme un label de référence, prouvant parution après parution que la quantité ne nuisait en rien à la qualité. Ce que je vous laisse le soin de vérifier toutes affaires cessantes sans attendre la suite de mon petit feuilleton.

 

 

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