Stan Levine - Maud Tabachnik

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Deux volumes sont consacrés au flic Stan Levine, officier de police new-yorkais. Le premier opus date de 2001 et le second ne sera écrit que neuf ans plus tard ! Ce laps de temps est assez regrettable car « Le 5e jour » laisse le lecteur sur sa faim, surtout par un final trop vite enlevé. Mais je vais trop vite en besogne. Reprenons depuis le début. Levine est un flic brutal et consciencieux marié à une femme juive (un truc récurrent chez Tabachnik). Il sera sans doute le prochain chef de la Police car ses statistiques sont excellentes. Un homme répond à une annonce où un jeune homme sérieux propose ses services pour travailler dans une ferme. D'allure convenable et courtoise, il parvient à emmener la fillette après avoir déjeuné avec la mère du futur ouvrier à qui il a donné une avance. Il prétend se rendre à un anniversaire et la fillette sera ravie de jouer avec des gamines de son âge. Promis, il la ramènera dans la soirée. Mise en confiance, la mère accepte de voir partir sa petite fille avec cet inconnu si serviable. La fillette ne reviendra jamais. Peu après, la mère recevra une lettre où l'homme décrit les sévices faits à l'enfant. Et surtout, il l'a mangée ! Et cuit ses fesses au four avec des légumes.

 

Puis survient le meurtre d'un homo dans une ruelle. Et d'un handicapé dans un parc. L'homme est insaisissable. Les rares témoins décrivent un homme âgé aux cheveux gris, le corps frêle et une fine moustache. Vous l'aurez compris, Tabachnik s'est inspirée largement des crimes atroces commis par le célèbre Albert Fish dans les années trente pour créer le personnage sadique nommé Edgar Nichols. Les flics sont à cran et écument les réseaux pédophiles, mettent le FBI sur le coup et passent New York au peigne fin. Le tueur a une famille et son boulot d'archiviste lui permet une discrétion certaine dans les sous-sols qu'il occupe. Psychose religieuse, rédemption dans la douleur pour s'approcher du Christ, l'homme s'automutile en s'enfonçant des aiguilles dans la verge, l'aine, le ventre, la bouche et les cuisses. Il atteint l'orgasme en torturant et en mangeant de la chair humaine. Levine le provoque en l'insultant à la télévision, mettant en doute les capacités mentales de l'individu. Nichols se venge en kidnappant la fille du flic en se faisant passer pour un aveugle. Il donne cinq jours au policier pour le trouver. Sinon, il mangera sa fille. Désespérée, Sarah (la femme de Levine) participe à l'enquête en recherchant des témoins oculaires. Levine devient fou et violent lors des interrogatoires. Retrouvera-t-il sa fille avant que ce monstre ne la dévore ? Le suspense est terrible et formidablement mené (sauf la fin) et je plains les lecteurs qui ont dû attendre neuf longues années pour lire la suite de cette traque et de voir ce que sont devenus Stan et Sarah après cette morbide épreuve.

 

Dix ans plus tard, on retrouve Levine à Milwaukee. Les choses ont changé. Il ne voit plus sa femme et ses deux autres enfants. Il a passé dix ans à traquer Nichols qui s'est évaporé dans la nature. Par un curieux concours de circonstances, Nichols revient près de Levine et recommence ses crimes sauvages. Le flic reconnaît la signature du criminel, même si les doutes sont nombreux. En parallèle, des attentats islamiques dévastent la ville. Un agent du FBI est infiltré dans le réseau et tente de faire tomber les cerveaux sans trahir sa couverture. Tabachnik reprend ses poncifs habituels et, souvent, ses romans se ressemblent tous. Malgré tout, la lecture est plaisante et procure un bon divertissement. C'est pourquoi j'y reviens souvent. Ce second opus est moins prenant que le premier, mais il a le mérite de boucler ce dyptique avec efficacité.

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Zaroff et l'infâme Léonox 06/07/2017 10:23

Il est certain que c'est une auteure assez linéaire. Mais elle parvient à nous surprendre quelquefois.

Henri Bé 03/07/2017 11:04

J'avais beaucoup aimé « Le 5eme jour » alors que je ne suis pas un fan de Maud Tabachnik. Sans doute celui-là est bien plus glauque que sa production habituelle (Et encore, Albert Fish a fait encore pire que le personnage du roman !) Sinon, comme tu le dis, ses romans se ressemblent tous un peu...