Bayou par Sangore

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Chronique de Sangore, postée sur le forum ULTRAGORE. Merci à lui.

"Avec Bayou, nous retrouvons Zaroff, l’auteur de Night Stalker (TRASH n° 6). L’histoire est toujours située aux USA, mais après la Californie, place à la Louisiane.Burt, un policier de La Nouvelle Orléans, est envoyé à Crooked Bayou, bled isolé cerné par les marais, afin d’y remplacer le shérif local qui a été retrouvé assassiné. Il va se rendre compte qu’il s’y trame de sales choses…

Zaroff nous plonge dans un univers décadent qui sent le sperme, le sang et les émanations putrides des marais. Dans cette atmosphère poisseuse, se côtoient magie vaudou, Ku Klux Klan et pratiques sexuelles déviantes allant de l’inceste à la zoophilie. Avec sa galerie de personnages truculents, comme la peu farouche adjointe du shérif, Milly « Handjob » Jammes, un cul-de-jatte chasseur de crocodiles, une prêtresse vaudou aveugle, un nain Black aimant copuler avec sa maman, un braconnier enculeur de ratons laveurs,… On sent que la haine raciale, qui y est vive, est comme une poudrière sur le point de tout faire exploser. Le bayou est un excellent choix de décor pour servir de toile de fond à ces passions exacerbées, à ces antagonismes, à ces mystères. Isolé de la civilisation, l’endroit constitue une planque idéale pour tous ceux qui ont quelque chose à se reprocher, pour les dégénérés de toutes sortes. C’est crasseux, moite, dangereux. Le bayou avale les âmes…

Le début est archétypal du récit d’aventure : un héros solitaire survole un paysage « hostile » à bord d’un vieux coucou en bout de vie piloté par un baroudeur pas très net. La suite sera, on l’aura compris, beaucoup plus trash qu’une classique histoire d’aventure. Le métier du personnage principal laisse à penser qu’on aura une dimension « enquête », donc policière, importante. Or, c’est là qu’intervient une certaine frustration : l’enquête espérée ne démarre jamais vraiment de manière systématique ; le nouveau shérif a trop de longueurs de retard. Par ailleurs, quelques rebondissements/révélations nous ont un peu déçu. Ce qui fait qu’entre les deux Zaroff, on a une légère préférence pour Night Stalker. Ceci dit, Bayou possède plus d’un atout pour séduire l’amateur du genre, entre son décor principal, ses personnages et ses moments trash d’anthologie (dont l’enculage ritualisé de raton laveur, décrit minutieusement…).

Pour terminer sur une note définitivement rouge sang, on ne résiste pas à l’envie de partager la belle vision gore suivante :
« En entrant dans la chambre, Hawkins eut la nausée. Du sol au plafond, la pièce était baignée de sang et une chose difforme allongée en tas sur le lit ressemblait à une termitière putride. Le flic se recula et vomit sur la moquette. Il n’avait jamais rien vu d’aussi horrible durant sa longue carrière à la Criminelle de New Orléans. Ce qui ressemblait à un corps avait été tailladé à la machette et celle-ci était plantée sur l’amas de chairs sanguinolentes, comme un vestige d’Excalibur » (p. 133)."

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