Slime Zine

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Slime Zine

Review de Bayou parue dans le Slime Zine numéro six. Merci à Samy Nasty pour ce beau billet.

"Beaucoup plus proche de l'idée que je me fais d'un livre estampillé gore, l'excellent « Bayou » de l'inénarrable Zaroff. Une des forces vives de cet éditeur, qui avait déjà signé il y a deux ans un des meilleurs glaviots de la collection, « Night Stalker ». Adaptation littéraire scandaleusement exagérée de la misérable existence du tueur en série Richard Ramirez, gavée de références à la culture VHS des années 80 et bercée par une BO signée AC/DC (notamment le morceau Night Prowler). Il récidive dans le cradingue le plus absolu avec son nouveau délit. Changement de décor cependant, fini le trip urbain façon rues chaudes de Los Angeles, place aux marécages pestilentiels du bayou de Louisiane. Humide et poisseux, c'est le moins que l'on puisse dire. Bayou est à prendre comme une version excessive des films Southern Confort de Walter Hill (Sans Retour, en français) et The Serpent and The Rainbow du regretté Wes Craven (L'Emprise des Ténèbres en français), un roman d'aventure halluciné façon survival, qui pousse l'abomination dans ses derniers retranchements. Y sont jetés -comme des morceaux de barbaques faisandées aux cochons- des scènes d'une insoutenable violence. Le scénario bouffe à tous les râteliers : expiations aveugles du chapitre local du Klux Klux Klan, sacrifices vaudous et rituels magiques (noire, la magie). Les protagonistes sont tous plus azimutés les uns que les autres, un vrai casting de choix, à savoir le nain au braquemard imposant possédé par une entité maléfique, l'indien mystique et vengeur, le cul-de-jatte qui cache bien son jeu, le flic au bout du rouleau muté dans ce merdier suite à une bavure, sa collègue pulpeuse du cul et généreuse de la poitrine, adepte de la fellation facile et de l'enculade bestiale... Bref, cet enfer végétal est le théâtre d'aventures pour le moins, heu, insolites. Comme d'habitude chez Zaroff, aucune limite, aucun tabou, c'est gratuit et méchant du début à la fin, le gore tellement poussé dans le rouge que ça en devient cartoonesque. Au niveau des scénettes « explicites et graphiques », c'est chez d'Amato, Mattei, Fulci, Jackson (époque Brain Dead et Bad Taste), Yuzna et Henenlotter qu'il faut lorgner, avec une certaine volonté d'en mettre des couches et des couches dans le Hard Gore répulsif! Les enfants et les femmes (vieilles de préférence) ramassent en premier, suivent les noirs et les infirmes, on ne pourra pas le taxer de politiquement correct, that's for sure m'am'!. Au menu du jour, pornographie jusqu'au-boutiste, scatologie, zoophilie (un enculeur de ratons-laveur se cache dans les pages de ce livre, sauras-tu le retrouver?), lynchages en série et (beaucoup) plus si affinités. Les éditions Trash continuent de faire dans la finesse et la poésie, qu'ils en soient ici remerciés. Longue vie à eux et à leur vision décadente, salace, foutraque, irrévérencieuse et divertissante de la littérature de genre. Ils ont tout compris et s'affichent comme une véritable Pléiade du mauvais goût. Sans faire de bruit, dans l'ombre, ils bâtissent un petit empire sous culturel qui restera à n'en point douter dans les anales. Oups, annales."

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