Exit

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Exit

Que ceux qui ont trouvé Bloodfist épuisant se réjouissent : presque trois ans après sa parution, le bouquin est – enfin – épuisé. Et si tout se passe bien, il ne sera pas réédité. À moins qu’Albin Michel Lafon me fasse une proposition malhonnête, bien entendu. Autant dire que ce sale petit roman n’est pas prêt de ressortir des limbes dans lesquelles il s’apprête à replonger. Par conséquent, il est temps de clôturer cette rubrique. Elle aura duré quinze mois. Soit, à ma grande surprise, neuf de plus que ce que j’annonçais lors de mon premier billet.

À l’origine, je ne pensais relayer ici que les chroniques reçues par mon livre. Ce qui était déjà beaucoup. Sauf que certain(e)s ont pris au pied de la lettre une phrase figurant sur sa quatrième de couverture. En effet, « Bloodfist traite de la notion de confrontation ». Grâce au forum l’Écritoire Des Ombres, mission accomplie. Schweinhund a de facto eu la chance de « se confronter à son lectorat ». En témoigne la série de six articles venue s’intercaler sur ce blog entre les diverses chroniques, prolongeant ainsi la drôle de vie de mon drôle de bouquin.

Aujourd’hui, cette vie s’achève. Alors en guise de gerbe sur la tombe du chien-porc, et pour conclure en beauté, voici deux derniers avis à propos de Bloodfist. Ils m’ont vraiment touché, car ils émanent d’auteurs que j’apprécie beaucoup, au plan artistique comme au plan humain.

« Ai fini Bloodfist, roman gore de l'ami Schweinhund, aux éditions Trash.
C'est bien dégueu, mais c'est très bien écrit (malgré quelques tics de jeunesse qui poussent parfois l'auteur à surjouer dans l'écriture) et bien dégueu aussi (mais je l'ai peut-être déjà dit, allez savoir).
Cela dit, aucune difficulté à se plonger dans l'histoire de ce garçon qui aimait disséquer des grenouilles, et qui va rencontrer une jeune femme à la sexualité... euh, trash (au moins y'a pas mensonge sur la marchandise !
Le titre est parlant...), et qui va le mener dans une "aventure" plus que trouble.
Amis psychopathes, bonjour. Vivement le prochain roman de l'auteur (avec un vrai nom d'auteur ?), parce que le talent est là et ne demande qu'à exploser (pas en jet de viscères par contre...).
Bref, pas mon truc, ce genre de lecture, mais les fans devraient se délecter de celui-ci, c'est une
évidence. »

Thomas Geha

Thomas Geha est sans doute le plus brillant nouvelliste en activité que je connaisse (comme l’indiquera bientôt ma chronique de son recueil Les Créateurs, paru aux éditions Critic). Il est aussi l’auteur du remarquable diptyque Post-Apo Alone, d’abord publié chez Rivière Blanche, puis ressorti sous forme d’intégrale, toujours chez Critic. Son avis, le tout premier reçu par Bloodfist quinze jours après sa parution, m’a fait d’autant plus plaisir qu’en effet, Thomas n’est en règle générale guère friand de ce genre de littérature. Mais en tant que lecteur vorace et éditeur exigeant, il ne m’aurait pas fait de cadeau si le bouquin lui avait déplu. Alors oui, on se connaît. Et oui, on s’apprécie. Mais non, ceci n’est pas du copînage. Merci Thomas.

« Lu Bloodfist, mon premier "TRASH" (mais pas le dernier).
Je ne m'attendais absolument pas à "ça". Ce qui rend la découverte de ce bouquin encore plus déroutante, encore plus intéressante. On est entre un bouquin gore pur jus, et Nietzsche. Entre un univers fantasmé à la Pasolini ou à la Lynch ou à la Gaspar Noé, ou l'enfant adoptif des trois, et Schopenhauer. Bref, on est dans du gore philosophique. L'ami Schweinhund invente ici clairement un nouveau genre. Alors certes, cela aurait pu gagner dans l'épure (ça n'est que mon avis) dans certains jeux de mots (maux), mais quel panard de lire de la philo dans un univers dégueu, trash, pervers. Quel plaisir malsain de plonger dans l'univers mental de ces personnages perturbés, tout en touchant du doigt une philosophie nihiliste poussée à l'extrême.
Ouais, c'est du gore philosophique.
Ouais, c'est un nouveau genre.
Ouais, c'est à lire. Absolument. Car je n'ai jamais rien lu
de tel. »

David Coulon

David Coulon est l’auteur de deux excellents romans noirs que j’ai eu le plaisir de chroniquer sur ce blog. Pour l’anecdote, j’ai découvert le premier, Dernière fenêtre sur l’aurore, au moment même où il lisait Bloodfist de son côté. Une curieuse synchronicité, qui n’est pas restée sans lendemain. Il se murmure d’ailleurs qu’on en trouverait trace au sein du catalogue de TRASH, mais ne le répétez pas... C’est que David et moi avons beaucoup en commun. Mais ça, je l’ignorais au moment où j’ai pris connaissance de son opinion à propos de mon bouquin. Ce que je savais déjà, en revanche, c’est que l’homme avait un sacré talent. Je te souhaite une belle et longue route, David.

Un grand merci à tou-te-s. See you in hell.

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Catherine Robert 11/04/2016 21:30

Si je suis ravie d'apprendre que Bloodfist est épuisé, je ne sais que penser de sa non-réimpression. Mais je suis ravie de voir que les ventes ont été jusqu'à l'épuisement.
Et j'espère que Bloodfist ne restera pas le seul roman de l'auteur ;)