Entretien avec Nelly Chadour # Part 3

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Entretien avec Nelly Chadour # Part 3

Et s’il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? Troisième et dernière partie de cet entretien à bâtons rompus avec Nelly (lisez la suite pour savoir sur qui on a tapé au point de rompre ces pauvres bâtons innocents). Nelly est donc l’auteure de Sibilla. Qui sort très bientôt, rappelons-le. Pas l’auteure. Sibilla. Disponible début février chez Rivière Blanche.

Léonox :

Juste un passage vite fait pour dire que je ne relance pas d'une question. Parce que j'ai commencé à mettre cet entretien en forme. Or je n'ai traité que la première partie, et j'arrive déjà à 16 000 signes ! (Je pense qu'on découpera cet entretien en trois parties sur le blog)
(Ou en dix)

Nelly C. :

Hinhinhin, je parle trop. (Enlève pas ma référence à Chromosome3 !)

Léonox :

Ouais, t'es bien bavarde, ma chère. Mais t'inquiète pour la référence au film de Cronenberg. Y a des intouchables, quand même. Par contre, si tu parles de Nine Inch Nails, je garantis rien.

Nelly C. :

Héhéhéhé, là, tu cherches la merde, ça va barder, tu oublies que j'ai deux cravaches et un chat Staline à la maison.

Léonox :

Les cravaches, même pas peur. En revanche, j’aime pas les chats. Encore moins les chats communistes. Je profite donc honteusement de l’occasion pour passer de l’âne au coq : puisque tu parlais théâtre et cinéma à la fin de la précédente partie de ce merveilleux entretien, parlons un peu point G culture G. Tes dix livres de chevet ? Tes dix groupes/chanteurs/chanteuses favoris ? Tes dix films préférés ?

Nelly C. :

Je classe que dalle, je lâche tout dans le désordre :

Livres :

- L'Homme qui rit, de Victor Hugo (certains lecteurs attentifs se rendront peut-être compte que j'ai tendance à pasticher le style du monsieur dans mes Diane)

- Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino.

- Perdido Street Station de China Mieville.

- Ça de Stephen King.

- Shining, idem.

- Le Seigneur des Anneaux.

- La Recherche du Temps Perdu de Proust (Je vous jure que c'est vrai !!!)

- Le Roi des Aulnes de Michel Tournier.

- Ubik de Philip K. Dick.

- Le Parfum de Patrick Süskind... et tout plein plein d'autres.

Musique :

- Nine Inch Nails (et la voix de pétasse de Trent qui emmerde tellement Léonox)

- Amanda Palmer

- Nick Cave, avec ou sans ses mauvaises graines

- Mike Patton

- Killing Joke

- Dead can Dance

- Rob Zombie

- Foetus

- Course of the Empire

- Bauhaus... et plein-plein-plein-plein…

Cinoche :

- Dark City d'Alex Poyas

- La Fiancée de Frankenstein de James Whale

- Beetlejuice de Tim Burton

- Sacré Graal d'on ne les présente plus

- L'échine du Diable de Del Toro

- Psychose (Hitchcock)

- Les Aventuriers de l'Arche Perdue de papa Spielby

- Brain Dead de Peter Jackson

- Breakfast Club de John Hugues

- Gremlins de Joe Dante... et une foultitude d'autres...

Raven :

Je relance, mais avant tout je tiens à souligner que tes propos sont très agréables à lire, ce qui me donne d'autant plus envie de lire ta prose (désolée, au risque de me retrouver enchaînée dans les oubliettes du forum, ce n'est pas encore fait). Et merci aussi pour ta patience et les détails personnels fournis.

Quand t'es tu considérée comme un écrivain ? Dès tes premiers mots ? Ta première publication ? Ton premier cachet ? Ton premier fan ? Je sais que tu as un boulot alimentaire, mais maintenant que tu as une bibliographie bien fournie, des contacts et des publications régulières, est-ce que tes droits d'auteur aident à faire bouillir la marmite ou est-ce que ça ne paye que le papier et les dragibus ?

Nelly C. :

Merci à toi Raven, ainsi qu'à Géraldine que j'avais failli oublier. Ça fait d'autant plus plaisir que je ne me sens pas toujours à mon aise quand je parle de ce boulot d'auteur, comme si les gens s'attendaient à ce que je leur révèle des trucs incroyables alors que c'est un job terriblement solitaire.

Pour ce qui est de lire mes œuvres, j'ai un conte scato-mais-pas-trop qui traîne dans la section fantasy de la partie Vos Récits sur le forum. Cela devrait t'offrir une petite entrée en matière (c'est le mot) en plus de l'immunité diplomatique auprès d'éventuels geôliers.

.Et pour répondre rapidement à tes questions, j'ai commencé à me considérer vraiment comme une écrivaine quand les publications se sont multipliées. Mais terminer un roman, même s'il ne sera jamais publié, aller au bout d'une nouvelle, ça reste un sacré boulot et tout le monde n'est pas capable de mener ce genre de projet jusqu'au mot fin. Donc dans mes moments d'optimisme, je me dis que je suis une auteure depuis mes 18 ans et mon premier roman achevé.

Concernant mes droits d'auteurs, comme pour 90% des écrivains, je dirais, c'est peanuts. Mieux vaut ne pas laisser tomber le job alimentaire.

Raven :

Oui, je l'ai vu, j'avais même commencé à lire puis manqué de temps pour le finir (honte à wam) (j'avoue que ce n'est pas un thème qui m'attirait particulièrement en tant que lectrice...) Sinon, penses-tu être plus productive/douée/naturelle (choisis ce qui te semble approprié) quand tu écris sous le coup de l'inspiration ou sur commande ? Ou cela ne fait-il aucune différence ?

J'ai souvent lu "si vous voulez devenir écrivain, écrivez tous les jours" ou des maximes bien-pensantes dans le genre. Qu'en est-il de toi ? Te réserves-tu une plage horaire ou des jours fixes bien calibrés ou c'est au p'tit bonheur ? As-tu des périodes sans écriture ? Es-tu du genre à tout planifier chapitre par chapitre ou te contentes-tu d'une idée de départ avec une vague idée de fin et après on verra bien ?

Quant un texte est fini, est-il fini-fini genre tu n'y reviens plus ou te relis-tu avec de la distance en te disant "j'aurais pu faire mieux" (ou au contraire te relis-tu avec plaisir ?)

Tu l'as déjà fait à 4 mains (ou +) ? C'est comment ? Sinon, ça te tente ? Tu as eu des propositions ? Tu en as envie (ou c'est en projet) avec quelqu'un en particulier ?

Pour rebondir sur ton post précédent, c'est vrai qu'on pose tout un tas de questions, je pense que, malgré tout, tout le monde est bien conscient que tes réponses ne peuvent pas s'appliquer à tout un chacun et ne sont pas un passe-partout magique qui ouvrirait les portes vers le monde enchanteur de la publication rien qu'en appliquant tout ça à la lettre^^ Mais tu as le mérite de nous entrebâiller la porte... ce dont nous te remercions !

Nelly C. :

Désolée de répondre si tardivement mais j'ai vu que tu enchaînais les questions en mode misère sur le pauvre monde et je suis allée me planquer sous ma couette pour pleurer.
Non, plus sérieusement, je vais procéder dans l'ordre.

Penses-tu être plus productive/douée/naturelle (choisis ce qui te semble approprié) quand tu écris sous le coup de l'inspiration ou sur commande ? Ou cela ne fait-il aucune différence ?

Ça ne fait pas beaucoup de différence, tant que je peux créer mes personnages. Ce sont eux, la clé de l'inspiration. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai mis un temps aussi long à accoucher de Sibilla : le personnage principal n'est pas de mon cru.

J'ai souvent lu "si vous voulez devenir écrivain, écrivez tous les jours" ou des maximes bien-pensantes dans le genre. Qu'en est-il de toi ?

Je pense déjà que c'est évident, et si tu en plus, tu t'adonnes à une lecture avide et variée, tu affutes ton don.

Te réserves-tu une plage horaire ou des jours fixes bien calibrés ou c'est au p'tit bonheur ?

Plutôt des jours fixes. Je dois jongler avec mes horaires de boulot, donc les jours de congé, les lundis et mardis, c'est open bar des mots !

As-tu des périodes sans écriture ?

Oui, bien sûr, des périodes assez courtes durant lesquelles je n'écris pas pendant deux ou trois jours. Mais je pense à d'autres récits, je réfléchis à mes projets, développe des scénars. Comme je ne prends pas de notes jusqu'au jour J où j'attaque vraiment la rédaction, on peut dire que je reste active.

Es-tu du genre à tout planifier chapitre par chapitre ou te contentes-tu d'une idée de départ avec une vague idée de fin et après on verra bien ?

Ça dépend pour qui je dois bosser ou s'il s'agit d'une œuvre personnelle. Par exemple, Trash et le Carnoplaste ont exigé un synopsis à valider. Après, j'avais le choix de m'en détourner un peu. Mais je ne planifie pas mes chapitres. J'ai l'idée de base, mais les éléments que je travaille un max, ce sont les personnages. A partir de tes perso, si tu arrives à leur donner une vie propre, ils mènent l'idée de base jusqu'à sa conclusion logique, en rapport avec leur personnalité et leur façon d'agir.

Quant un texte est fini, est-il fini-fini genre tu n'y reviens plus ou te relis-tu avec de la distance en te disant "j'aurais pu faire mieux" (ou au contraire te relis-tu avec plaisir ?)

J'ai tout intérêt à y revenir car mes premiers jets sont toujours en mode "écriture automatique". J'écris tout ce qui me passe par la tête, jusqu'aux moindres détails anodins. La phase de relecture est donc essentielle, avec l'esprit le plus critique possible. Je relis plusieurs fois et le texte est vraiment fini-fini quand je l'envoie à l'éditeur et que je passe à une autre histoire. Mais je suis toujours dans l'esprit "j'aurais pu mieux faire" pour mon style, mais le plaisir vient dans la redécouverte des personnages que je fais vivre.

Tu l'as déjà fait à 4 mains (ou +) ? C'est comment ? Sinon, ça te tente ? Tu as eu des propositions ? Tu en as envie (ou c'est en projet) avec quelqu'un en particulier ?

J'ai déjà écrit une nouvelle à quatre mains avec une amie scénariste et nous l'avons envoyée à Malpertuis... qui l'a refusée. Zob. C'était plutôt cool, mon amie est une personne qui sait mettre en confiance, mais j'ai dû me faire violence pour ne pas jouer les petits tyrans car j'ai tendance à être très maniaque et dirigiste. Et quitte à le refaire, il faudrait que ce soit avec quelqu'un que je connais bien mais je ne suis pas pressée. C'était sympa à tenter mais frustrant pour moi qui veux tout contrôler.

Raven :

Ah ah ah, ça c'est de la réponse ! Merci !

Pour les périodes sans écriture, 3 jours c'est très peu, sachant que ton cerveau bosse en sous-tâche quand même, on peut dire que tu es 7/7j en mode écrivain. Quand je disais fini-fini, je pensais envoyé, édité ou pas. Genre s'il t'arrive de revenir des années après sur un vieux texte.

Tu as eu peu de refus depuis que tu t'es lancée, si j'ai bien compris, du coup quand tu as un refus tu réagis comment ? (je veux dire, à part tout casser et aller plastiquer les locaux de l'éditeur)

Nelly C. :

Désolée de ne reprendre le collier que maintenant, il m'arrive de pas mal feignasser. Et, comme tu as pu le constater, je n'avais pas bien bité la question sur le "fini-fini".
Pour y répondre enfin, il est très rare que je revienne sur mes one shots, sauf quand je veux les renvoyer après un refus, par exemple. Une fois que c'est publié, je ne me relis plus car j'ai passé tellement de temps sur le texte qu'il me sort par les yeux. Par contre, avec les Aventures de Diane, je suis un peu obligée de relire des passages pour ne pas me planter d'un fascicule à l'autre.

Et donc, quand j'ai un refus, je fais la moue, puis je reprends le texte refusé pour le retravailler. En demandant des avis autour de moi si l'éditeur n'a pas été plus explicite sur les raisons. J'ai eu quatre nouvelles refusées, trois ont finalement trouvé un foyer après corrections et la dernière, qui était celle écrite à quatre mains, je n'y ai pas retouché.

Léonox :

Bon. Je viens de terminer la mise en forme de ce merveilleux entretien. Lequel se présente désormais sous l’aspect de trois opulents fichiers. "Opulents", parce que 16 000 signes plus 12 500 plus 11 000, ça fait quand même la bagatelle de presque 40 000 en tout. Seuil qui va sans doute être atteint, parce qu'une interview comme celle-là ne saurait se passer de conclusion.

Alors Nelly, maintenant que Sibilla jouit dispose d'une couverture digne de ce nom
( http://www.riviereblanche.com/sibilla.htm ) et que la sortie de ton recueil est officiellement calée début février, le mot de la fin ?

Nelly C. :

Le mot de la fin : j'ai pas fini d'en chier ! Voilà !

Je suis sur la dernière couche de corrections du format maquetté. J'en ai laissé passer des conneries ! Et viendra ensuite cette période de trouille au ventre à l'idée que les lecteurs soient déçus. Mais j'aurai toujours matière à écrire pour ne pas y penser. Rendez-vous avec le Diane troisième du nom.

Sinon, vous êtes adorables (oui, même Léonox Cochien) et encore merci pour l'attention portée à ma petite personne. J'espère vous retrouver à votre tour sur la sellette des questions, la variété des réponses promet d'être passionnante.

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