Les contes rouges - Les Artistes Fous Associés

Publié le par Zaroff

 

Diantre, voilà un bon petit recueil de sept nouvelles pour un petit prix. L'éditeur nous promet "du sang, de la viande et de la violence !" C'est le cas. En préambule, TRASH ÉDITIONS rappelle les liens forts qui existent entre les deux partenaires, un libre échangisme d'auteurs. Avant de commencer cette chronique, je tiens à féliciter Maniak, l'illustrateur de cette remarquable couverture. Elle envoie du lourd.

Faut dire que je me suis avalé cette anthologie en une journée. D'ailleurs, je fus ferré dès le premier récit d'un certain Julien Heylbroeck. C'est l'écrivain dont je me sens le plus proche au niveau du style, de l'intrigue et de l'atmosphère série B. Les damnés de la puer est un parfait hommage Hutsonien vs Hooper. Fermes isolées parmi les champs de maïs, gnomes mutants, savant fou... tout se termine dans un carnage délirant façon Braindead. Ça gicle dans tous les sens et c'est bon ! J'ai apprécié l'environnement des lieux que les lecteurs de Midget Rampage reconnaîtront aisément. Murabito de Gallinacé Ardent surprendra par le thème choisi. Nous ne sommes pas loin de "Erèbe ou les noirs pâturages", puissance dix. Texte court mais violent. Et l'écriture est tout simplement remarquable d'aisance et d'efficacité.

Le goût du sang de Lila V. est une micro-nouvelle d'une seule page. L'auteure revisite le thème du vampire chez le gynéco ! Grossesse et folie sont traitées avec génie dans Au nom de la mère de Marie Latour et Contre-nature de mon pote Schweinhund. C'est poisseux, psychotique, glauque et dérangeant. Écritures fiévreuses et hallucinées. Du grand art.

Chose rare, Corvis nous développe, en quelques opus, des sonnets et alexandrins apocalyptiques et mystico-religieux. Crise de foi, ou Un bon coup de rouge écarte Verlaine et Rimbaud d'une gifle violente. "Jésus mordit ses fils et dévora ses ouailles. L'armée des morts grossit sur le champ de bataille. Et au sein des agneaux grandit le désespoir". Putain que c'est beau ! Et on termine ce recueil avec Wolf Rock de Diane en entrant dans la tête d'un serial-killer complètement ravagé. C'est franchement gore et pervers, à la manière d'un Christophe Siébert dans ses meilleurs jours.

Pour un ridicule petit billet de cinq euros, achetez ce condensé d'horreur de 120 pages. C'est une friandise pour les amateurs du genre. Une sucrerie pour vos caries. Ah merde, j'oubliais ! Mention spéciale aux illustrations intérieures de Stef-W. Vous voyez, rien à jeter dans ce bouquin. Sauf peut-être quelques entrailles pourrissantes laissées sur un coin de table. Bon appétit les amis...

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J
C'est comme il a dit lui.
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S
Ravi que tu aies apprécié ta lecture.<br /> Merci pour cette belle chronique.
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