Lumpen - Janus

Publié le par Zaroff

 

Après "Nuit noire" et "MurderProd", TRASH récidive avec un roman extrême, dur, froid, glauque, sordide et cruel. Cruel surtout par son anonymat exacerbé, sa violence toute célinienne. L'effacement volontaire du nom des protagonistes, le traitement à la deuxième personne font reculer le lecteur au rang d'un spectateur stérile et passif.

Véritable lynchage social où rien n'est épargné. Le ton est expressionniste, masqué par le Néant où nous nous débattons à la quête d'un grand Rien. À travers ce nihilisme urbain flotte quelques bribes poétiques vite englouties par le radical humain, le désœuvrement et la fatalité.

"Tu sens le regard du Serpent dans ton dos. Et tu as peur sans comprendre pourquoi. Alors tu rejoins tes. Camarades. Alors tu rejoins le. Cirque. Et ça chante et ça boit. Et tu chantes et tu bois. Mais le regard est toujours là." "Lumpen" pourrait avoir été chanté par Jim Morrisson. "Lumpen" pourrait avoir été écrit par Hervé Prudhon.

Qui peut nous sauver ? Ce serpent de notre mauvaise conscience ? Janus tape fort et juste. Et il ne sera sans doute pas compris par la majorité. Comme la plupart des pamphlets du siècle dernier. Tout n'est qu'artifices. Et la bouche de Maéva devient un Moloch insatiable. Reflet de nos âmes à la dérive. Nous, les loques prolétariennes. Nous vivons dans les ténèbres sans le savoir et Janus rétablit la vérité par un bouquin puissant, existentialiste. Vous ne pensiez pas lire ça un jour ? TRASH prouve (une fois encore) sa crédibilité en publiant une telle expérimentation littéraire.

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Z
Mais de rien mon cher Léonox. J'ai pris mon pied et pis c'est tout.
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L
Apparemment, tu en as pris une bonne. On ne pourra pas dire que je ne t'avais pas prévenu. Janus, c'est du costaud. Du très costaud, même. D'autant plus qu'il a deux têtes. Donc deux fois plus d'idées tordues. <br /> <br /> Merci beaucoup pour cette belle chronique, mon cher numéro six.
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