Passe de quatre - A.L Giussani

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Passe de quatre - A.L Giussani

Bouquin signé des sœurs Angela et Luciana Giussani (des saintes, bordel !), créatrices de Diabolik en BD (fumetti en italien) en 1962. Profitant du succès grandissant de ce personnage masqué, les Éditions du Diable Noir sortirent dix romans de poche entre 1968 et 1970.

C'est un pur roman de gare, à commencer par sa photocouverture tirée du film « Danger : Diabolik » de Mario Bava. Son prix de l'époque : 3,80 FF ! Mise en page très aérée car les dernières lignes s'arrêtent à cinq centimètres du bas de page.

Ce premier titre reprend tous les codes du fumetti : repaire secret au cœur d'un rocher, jaguar rapide, muscles saillants roulant sous une combinaison en nylon, poignards, bikinis microscopiques, « maillot de bain capable de tenir tout entier dans un dé à coudre », lingots d'or, déguisements, cambriole... la lecture est aisée (forcément), mais on se prend vite au jeu de l'auteur (qui a écrit ce foutu bouquin ?) et on dévore les 250 pages sans s'en apercevoir.

Les scènes sont répétitives malgré tout. Préparation du coup, déguisement ou confection d'un masque, casse, meurtres, fuite, blessures, fuite, retournement, fuite, cachette, cul. Hormis Diabolik, le second personnage le plus important est sa compagne Eva Kant (ou la fâcheuse tendance à se désaper dès le retour de son héros) qui le sauve régulièrement de la noyade et d'accidents divers et variés. L'inspecteur Ginko n'apparaît que brièvement et course le malfrat sans parvenir à le choper. Sauf une fois, mais il se fait avoir par un subterfuge incroyable. On apprend aussi que le policier aime les filles faciles rencontrées dans les bars de nuit.

J'ai été surpris par la violence qui contraste avec le côté romanesque du personnage. L'homme tue sans hésiter et sans se poser de questions. Seul l'appât du gain l'intéresse. Il peut égorger un clébard sans rechigner, utiliser un gaz mortel, mettre des coups de boule, briser des nuques. On compte quand même 17 morts dans l'histoire !

Ce premier roman de la collection est une réussite à mon sens car il divertit, amuse, intrigue, fait sourire... tous les sentiments humains y passent ! Le lecteur accro du fumetti ne sera pas déçu et fermera le bouquin, un rictus sardonique traversant ses lèvres minces. Vivement la suite...

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Zaroff et l'infâme Léonox 29/05/2015 12:19

J'en possède déjà quatre sur dix. Je complète ma collection au fil des semaines.

Artikel Unbekannt 29/05/2015 11:15

Le réjouissant article que voilà ! :)
Grand amateur des BD Diabolik, je n'avais jamais entendu parler de cette série de bouquins.
Et ta chronique donne très envie de la découvrir, puisqu'on y retrouve apparemment tout le charme à la fois pop, sombre et vénéneux du Fumetti.

Alors je note. Merci pour ce beau billet.

(Fumier.)