Interview de Schweinhund par Zaroff # Part 2

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Interview de Schweinhund par Zaroff # Part 2

Quelles sont tes autres formes d’expression ? Tu peins, tu chroniques, tu chantes sous la douche ? As-tu d’autres activités ?

J’écris des chroniques. Et je bêta-lis, relis et corrige des nouvelles et des romans.

Que recherches-tu à travers le gore ? Est-ce un défouloir, une récréation ou une exploration psychanalytique ?

Rien de tout ça. Si j’ai envie de me défouler, je cogne sur un sac de frappe. Si je veux me distraire, je regarde un film d’action hongkongais. Et je ne crois pas du tout à la notion d’ « exploration psychanalytique ». Le gore, c’est avant tout un genre, avec ses propres codes. Il se trouve qu’il correspond souvent aux histoires dont j’ai envie de me débarrasser. Si lesdites histoires plaisent à quelques-uns, ça me suffit. Tout le reste n’est que littérature.

Dans une intrigue gore, préfères-tu le polar urbain, le thriller, le fantastique, le social ?

Je pense qu’un roman gore, pour être efficace, a besoin d’être réaliste. Donc selon moi tous les genres susceptibles d’amener de la distance sont à proscrire. À la limite, un usage modéré du Fantastique peut être toléré, à condition qu’il soit horrifique et, surtout, qu’il ne se prenne pas les pieds dans le tapis de l’invraisemblance. L’outrance, oui, mais il faut qu’on puisse y croire. La plupart des grands auteurs français de la collection GORE venaient du Polar, et ce n’est pas du tout un hasard si aujourd’hui on se souvient surtout de leurs romans.

Un jour, tu as écrit que le gore « était l’intimité profanée ». J’ai trouvé cette approche très intéressante. Peux-tu approfondir ?

Si j’avais su qu’un jour j’aurais à « approfondir » cette formule, je me serais sans doute abstenu. Mais bon, puisque le vin est tiré... Alors ce que je voulais dire par là, c’est que le gore n’existe pas sans violence. Or je pense qu’on peut parler d’ « intimité » en évoquant le partage d’une histoire, dans le sens où l’auteur se met à nu devant son lecteur, qui s’accapare son texte. C’est une expérience privilégiée, mais dès lors qu’il s’agit d’un récit gore, elle se mue en atrocité. Car l’auteur, après avoir susurré des mots d’amour à l’oreille de son lecteur, reprend la main en lui crachant la mort au visage. Petite mort deviendra grande.

Un mouchard albanais m’a révélé qu’un de tes amis était végétarien. Penses-tu que ces bouffeurs de légumes bouillis sont normaux ou devraient-ils être sacrifiés sur l’autel de la viande saignante ?

Ton copain albanais t’a bien renseigné. Mais la première partie de ta question m’embête un peu, parce que la « normalité », j’ai jamais trop su ce que c’était. Quant à sacrifier les végétariens, c’est hors de question. Ne serait-ce que parce qu’en effet un de mes meilleurs amis fait partie de cette secte. Et puis, ce puissant lobby est responsable à lui seul d’un cinquième du catalogue de TRASH. Je dois donc en tenir compte. Alors tant que notre collection existera, il y aura toujours du vert dans notre rouge. C’est à prendre ou à laisser.

Un autre mouchard, belge celui-là, m’a révélé que tu traînais sur le forum L’Écritoire Des Ombres. Je me suis laissé dire que cet endroit était un nid de reptiliens adeptes du culte de la Frite Vicieuse. Info ou intox ?

Info. Même si, tout comme toi, je participe moins à la vie du forum depuis quelque temps, je continue à apprécier l’endroit et j’y passe tous les jours. J’ai découvert sur L’Écritoire plusieurs auteurs de talent, avec lesquels j’ai parfois noué de vraies relations d’amitié. De plus, j’ai aussi eu l’occasion de travailler avec certains membres, et ce n’est pas fini, car de nouveaux chantiers se profilent. Et puis, j’aime les frites. Surtout quand elles sont vicieuses.

Es-tu un auteur long ou court ?

Comme je le disais plus tôt, je ne me vois pas vraiment comme un auteur. Mais tous les textes que j’ai réussi à finaliser jusque-là sont courts, voire très courts. Bloodfist est donc une sorte d’exception. Une « sorte » seulement, parce que les chapitres y sont plutôt brefs, et certains pourraient, une fois extraits de leur contexte et un peu retravaillés, devenir des micronouvelles. En résumé, l’aspect sec et lapidaire de la forme courte me convient bien.

Quels sont tes prochains projets ?

Le mot « projet » ne fait pas partie de mon vocabulaire. Il implique une vision à long terme qui m’a toujours fait défaut. Pour développer des projets, il faut avoir confiance en soi, mais aussi en autrui, et plus généralement en l’avenir. Donc pour ma part, c’est trois fois « niet », camarade. Alors j’avance petit à petit et traite les chantiers les uns après les autres. Néanmoins, faute de pouvoir me montrer plus précis, voilà quand même les grandes lignes de mon planning jusqu’à la fin de l’année : quatre de mes nouvelles paraîtront chez deux éditeurs différents dans quatre anthologies au second semestre. Elles sont déjà écrites, mais le travail n’est pas terminé, parce que mon partenaire Trasheux Julien H. et moi-même allons être plus ou moins impliqués dans le développement de deux de ces recueils. En parallèle, je vais rédiger la préface d’un autre livre qui me tient beaucoup à cœur, et qui sera publié à la rentrée. Et bien sûr je vais m’occuper de nos trois futurs bébés TRASH, eux aussi prévus pour cet automne, tout en continuant à écrire des chroniques pour La Tête En Noir et pour ce blog. Quant au reste, je vais essayer de trouver le temps pour développer un nouveau récit perso, mais à ce stade (50 000 signes en friche), il est encore bien trop tôt pour en parler.

Zaroff te remercie d’avoir répondu à son interrogatoire et espère qu’il te retrouvera bientôt dans un bouquin édité chez TRASH. Et il tient également à t’adresser ses vives félicitations pour les chroniques exceptionnelles que tu postes ici. Partager ce blog avec toi est un véritable bonheur et honneur.

C’est moi qui te remercie. D’ailleurs, puisque l’occasion m’en est donnée, on va remettre les choses en perspective et procéder par ordre. Donc : 1. Merci à toi pour tout ce que tu fais pour TRASH depuis que nous existons. Merci de nous avoir donné une telle visibilité sur L’Écritoire Des Ombres et sur sa page Facebook, ainsi que sur ce blog. Ton soutien sans faille nous est vraiment très précieux. 2. Merci d’avoir fait confiance au micro-éditeur débutant que TRASH était il y a deux ans. Nous sommes très heureux de compter ton Night stalker au sein de notre catalogue. 3. Merci de m’avoir invité sur ce blog. Un an déjà que grâce à toi je dispose d’une belle tribune pour mes chroniques. Je suis ravi qu’elles te plaisent. Ça signifie que les livres et les auteurs que je présente sont plutôt bien mis en valeur, et en tant que chroniqueur, c’est tout ce qui m’intéresse. 4. Enfin, merci beaucoup pour cet entretien. Pour un peu, il me donnerait l’étrange impression que je suis quelqu’un d’important. Enfin, pour ça, il faudrait que j’aie le melon. Ce qui est contraire à mon absence totale de religion.

Le mot de la fin ?

I don’t exist.

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Catherine Robert 04/05/2015 10:35

Enfin la suite de la trop attendue interview de Schweinhund. On a failli devenir violent (bon,on le deviendra peut-être, mais juste pour le plaisir).
Quant aux adeptes de la frite vicieuse, comme je les comprends, une chose merveilleuse qu'une frite vicieuse.^^
Ravie d'en savoir plus sur les projets car il me tarde de relire du Schweinhund.
Et pour finir, les chroniques de ce blog, qu'elles soient de l'interviewé du jour ou de l'interviewer, elles sont excellentes, dans deux styles différents qui se complètent. Je ne suis pas une grosse lectrice de chroniques, ça me lasse vite, mais peut-être n'est-ce qu'une question de qualité. Ici, je l'ai trouvée.
Bisous les mecs et continuez comme ça ;)