Bloodfist par Lester L. Gore

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Ceux qui lisent les articles postés sur ce blog savent déjà que Zaroff et moi tenons Lester L. Gore en haute estime. L’homme est en effet un écrivain de grand talent. Mais il est aussi un lecteur avisé. Et un chroniqueur redoutable. Autant dire que j’ai été comblé quand Lester a posté cette superbe chronique il y a tout juste un an sur le forum L’Écritoire Des Ombres.

"C’est ma deuxième incursion dans la collection Gore de Trash éditions, et je ne regrette pas. Dire que je n’en sors pas intact serait exagéré, (j’en ai vu d’autres, et lu encore plus), mais la lecture de ce petit (par la taille) livre pourrait éprouver les nerfs de personnes sensibles. Mais après tout, la collection porte la mention « pour adultes consentants », alors…

« Bloodfist », c’est l’histoire d’un tueur psychopathe confronté à des névropathes vengeurs et à un gourou sociopathe. C’est une histoire de dérives, de sang et de perversions. C’est violent, jubilatoire parfois, c’est un voyage au cœur de la folie meurtrière qui emmène le lecteur jusqu’au bout des transgressions. La construction du récit est impeccable, morcelée entre les différents points de vue des divers protagonistes, alternant les passages à la première personne et le point de vue du narrateur omniscient avec beaucoup de pertinence, si bien que le lecteur n’est jamais perdu.

Mais surtout, avec « Bloodfist », j’ai découvert un vrai auteur, un écrivain avec un style, une personnalité qui transparaît au travers des pages fiévreuses et sanglantes, une voix véritable et reconnaissable. C’est écrit sans concession, sans maniérisme, mais avec une véritable aisance dans le maniement de la langue. Ce SchweinHund a du chien, c’est moi qui vous le dis ! Il parvient même à insérer une sorte de poésie de l’horrible dans ses descriptions les plus nauséeuses, il y a quelque chose de baudelairien dans la façon dont il décrit la beauté perverse de la violence, la fascination pour le sang et la charogne.

À lire pour ceux qui croient que le « populaire », l’« épouvante », le « gore » n’est qu’un sous-genre bâclé par des tâcherons négligeant le style et l’écriture. Voilà qui leur apportera un démenti cinglant."

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