Bloodfist par Fantasio

Publié le par Zaroff et l'infâme Léonox

Bloodfist par Fantasio

Je lis avec le plus grand intérêt les billets de Fantasio depuis des années. Je partage avec cet homme nombre de goûts communs et considère qu'il est l'un des meilleurs chroniqueurs du Web. Sachant qu’il avait acquis nos premiers romans, j'attendais son avis à propos du mien avec impatience et anxiété. Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçu.

Décidément, Trash Éditions ménage bien des surprises à ses lecteurs ! La qualité est la caractéristique des trois premiers romans de cette toute jeune maison. Après Nécroporno du talentueux Robert Darvel, après l'étonnant et très bon Pestilence de Degüellus voici maintenant un bouquin qui en déroutera plus d'un mais qui se caractérise par une originalité dans l'écriture tout à fait surprenante voire ahurissante.

Nous sommes ici en présence des délires cauchemardesques et tortueux d'un esprit dément. Des monologues inclus dans un récit (volontairement ?) saccadé et déroutant. Une histoire impossible à résumer, à raconter mais qui emmène le lecteur très loin dans la folie sanguinaire d'un personnage énigmatique.

Certes, c'est souvent très gore mais surtout l'auteur : Schweinhund (haha) prends les mots, les expressions, les triture, les malaxe, les mâchouille puis les recrache à la face du lecteur à la façon du zombie d'un Boris Vian halluciné mâtiné de Raymond Devos dont le cerveau aurait trempé dans un bain de LSD pendant quelques décennies. C'est provocateur, choquant, parfois décousu ou abscons mais toujours passionnant. Schweinhund joue avec la langue (sans jeu de mot) d'une manière plus qu'originale. On peut presque parler de roman expérimental.

Bloodfist est un roman que certains pourront trouver trop atypique ou bizarre mais qui justement m'a littéralement envoûté par son non-conformisme et son excentricité. Car nous sommes ici assez loin du gore classique. Un roman troublant que je conseille sans réserve malgré ou à cause de son extravagance et de sa singularité. On peut aussi noter, une fois de plus, la belle et sombre illustration de couverture signée Vitta Van Der Vuulv.

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