Guignol's Band - L.F Céline

Publié le par Zaroff

 

Le début est hallucinant ! Bombardements, avions, massacres... le tout sur un pont à Orléans en 1940... rue qui s'effondre... Céline ne mâche pas ses effets, ne freine pas son excitation... les mots tombent précipitamment, tranchent les esprits et les chairs... les points d'exclamation deviennent des baïonnettes et ainsi commence Guignol's band première partie.

Roman court !... seulement 720 pages hargneuses ! C'est la débâcle ! Et puis vient le temps des désillusions sur la jeunesse, les vacheries recommencent... retour à Londres en 1915, premiers mots d'anglais "oyé di oyé" ; la rencontre avec Borokrom le faiseur de bombes, l'apprenti chimiste infréquentable... Univers des docks, dockers, rugby et trafic de came sur les quais, par les hublots !... Après la description du pub À la Croisière pour Dingby, on découvre Cascade, un proxénète et Angèle, celle qui mène le bazar de son homme avec sérieux. C'est la guerre et il refuse des femmes. Pourtant il faut rendre service aux copains qui partent dans les régiments. Ferdinand évolue dans les bas-quartiers, tout un paradis qui conduira évidemment à une catastrophe, en une seule journée.

J'aime vraiment lire Céline à partir de ce troisième roman car il devient illisible pour le lecteur novice... et tant mieux !... Débarrassons-nous du littérateur aux bons mots et ne gardons que les obtus, les entêtés, les opiniâtres, les rancuniers ! C'est à ce moment — et seulement là — que Céline s'accrochera à vos viscères putrides. Qui dépasse Mort à crédit est un heureux mortel. Guignol's Band est un roman intermédiaire dans lequel la verve de Céline atteint son paroxysme. Synthèse entre la satire célinienne et son art de conteur. Les romans suivants évolueront en chroniques d'après-guerre.

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