Garbage Rampage - Julian C. Hellbroke

Publié le par Zaroff

 

New York, 1982. Des femmes disparaissent, des hommes sont dévorés... Secte de cannibales ou... pire ? La détective Gamble Farley et son collègue Amelin sont chargés de l'affaire. Après avoir fouillé les poubelles et les immondices, ils vont devoir plonger dans la fange des égouts. Sans se douter que les y attend la plus abjecte des surprises...

Extrait :

Enchaînées aux piliers, trois femmes nues gémissaient. Leur corps suintait de pus. Leur ventre rond et tendu tremblait comme de la gelée. L'une des infortunées releva la tête et poussa un grand cri. Elle écarta les jambes. Une boule rose et noire, visqueuse et ensanglantée, se fraya un chemin hors de la matrice, griffant de ses pattes les lèvres croûteuses, avant de rouler sur le tas de détritus.

Ce que j'aime chez cet auteur, c'est son univers où je me retrouve totalement. Même si je suis plus vieux d'une décade, nous pataugeons dans le même bourbier des nanars eighties, bavant devant un Invasion Los Angeles ou un Sudden Impact.

Ce gore new-yorkais reprend le thème traditionnel (et fondamental) des créatures des égouts. Les plus pervers d'entre nous y retrouveront des souvenirs enfouis comme C.H.U.D ou STREET TRASH. Mais l'auteur est plus intelligent. Il ne se contente pas de régurgiter une pâle copie des RATS DE MANHATTAN même si la célèbre trilogie de James Herbert est encensée par le biais d'un personnage homonyme. L'auteur pose une intrigue fameuse aux accents glauques, l'atmosphère est puante, les bas-fonds sont suintants de médiocrité, la féminité est enfin mise en valeur par le dévouement et le professionnalisme. On y discerne quelques références littéraires, comme le détective de Gilles Bergal (Cauchemar à Staten Island) avec plaisir inavouable. Avec Pestilence (chez le même éditeur), l'auteur avait rédigé un bouquin intelligent et expressif. Pour Garbage Rampage, on sent que l'écrivain s'est replongé dans l'essence du gore série B, qu'il s'est amusé dans la nostalgie pour fidéliser un vieux lectorat dont je fais partie. La structure du récit est un imbroglio de diverses influences, de Jackie Brown à Bad Taste. Les créatures n'ont rien à voir avec mes références citées (je veux vous embrouiller, bande de salopards) mais je veux partager mon ressenti de lecteur old school. Si je devais comparer ce mystérieux Julian C. Hellbroke à un écrivain de même acabit, je pense aussitôt à Chester Himes (pour le décor) et à une histoire culte, posant les bases de son délire trashy : L’île du Docteur Moreau. Eh oui les gars, ce Hellbroke est le H.G Wells du Gore. Il en a toutes les qualités imaginatives structurelles. À quand une prochaine invasion extra-terrestre façon Mars Attacks ou Guerre des Mondes ? Avec des tripailles évidemment !

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Z
Ce gars aux multiples facettes mérite toute notre admiration.
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L
&quot;Le H.G. Wells du Gore&quot; ! Carrément. <br /> J'en connais un qui va être content. :)<br /> Merci beaucoup pour cette belle chronique.
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