Blaze - Richard Bachman

Publié le par Zaroff

 

Blaze est une particularité à lui seul. Il fut écrit avant Carrie ! Rédigé sous le pseudo de Bachman entre 1966 et 1973, c'est le dernier des romans de Bachman (Rage, Marche ou crève, Running Man, Chantier et La peau sur les os). Stephen le trouva mauvais et l'oublia durant quelques années. Le manuscrit fut déposé dans un carton dans un coin de la bibliothèque Folger de l'université du Maine durant trente ans ! King admet aussi avoir perdu deux autres manuscrits : Under the Dome et The Cannibals. Blaze fut donc révisé et publié. Les droits d'auteur iront à la fondation Haven. Mais passons tout de suite à l'intrigue...

On voit tout de suite que c'est une œuvre de jeunesse car Stephen souffre d'habitude d'éléphantiasis littéraire contrairement à Blaze qui comporte des chapitres très courts et peu développés dans la psychologie des personnages. Psychologie guère poussée d'ailleurs pour Blaze le colosse hanté par la voix de son mentor George, un caïd à la petite semaine. Le père de Blaze a eu la bonne idée de jeter son gamin trois fois de suite dans l'escalier. Depuis Clayton "Blaze" Blaisdell est retardé mental avec une carrure de colosse. Entraîné vers des combines foireuses par George, Blaze sert de main-d’œuvre pour les boulots de merde, du genre voler une tire... encore faut-il penser à baisser le capot ou éteindre la loupiote du plafonnier !

Le dernier plan foireux de George est d'enlever le bébé d'une riche famille d'armateurs : les Gerard. Hélas, George n'est plus et ne subsiste que dans la tête de Blaze. Le colosse décide de mettre en oeuvre le rapt. Purs moments de lecture à la vue de Clayton faisant ses courses dans un magasin pour nourrissons ou bien encore le braquage d'une boutique pour quelques dollars... surtout penser à mettre le bas sur le visage ! Blaze pénètre chez les Gerard en pleine nuit et enlève le nourrisson. En parallèle nous assistons à des flashbacks sur l'adolescence de Blaze à Hetton House, un pensionnat pour orphelins et enfants difficiles. Il y règne une discipline de fer. Il se fait un copain : John Cheltzman, qui l'aide à faire ses devoirs de maths en contrepartie d'une protection car John est le souffre-douleur de ses camarades. Ensemble ils font une virée mémorable à Boston après avoir trouvé un portefeuille rempli de dollars dans un cinoche. L'épisode de la cueillette des myrtilles est le plus touchant, voire dramatique. Le destin de Blaze se trompe de sens à ce moment hélas.

C'est un bouquin divertissant de King. La lecture est aisée, ça se lit comme un bon polar à la James Hadley Chase et Blaze est attachant dans ses déboires. De nombreuses touches comiques parsèment l'histoire. Ce roman de jeunesse permet de découvrir une facette de King plus légère et moins complexe. Roman moins ambitieux que tous les autres mais qui offre l'occasion d'un excellent compromis entre deux récits plus corsés...

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C
Le seul Stephen King auquel je n'ai pas accroché jusqu'à maintenant, je me souviens ne pas avoir réussi à cerner Blaze.
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