La variole rouge - David Rome # S.C.U.M 01

Publié le par Zaroff

 

Enfin une série virile parue au Fleuve Noir Action entre 1986 et 1988 d'un certain David Rome. Six bouquins uniquement, mettant en scène le S.C.U.M (Special Commando Unlimited Mission), groupuscule aultra-violent apatride, anti-terroriste, sans aucun contrôle officiel, d'origine inconnue dont la mission principale est d'infiltrer et anéantir les groupes terroristes. Sous le pseudonyme de David Rome, on reconnaît le style brutal et déjanté si cher à... Joël Houssin ! Eh oui, c'est bien lui l'auteur de la saga Doberman. Mais S.C.U.M ça claque et c'est machiste. C'est du S.A.S plus testiculé. C'est pas une littérature pour tapettes ou végétaliens en quête d'absolu.

Dès les premiers chapitres, les personnages principaux sont en place. L'agent de liaison : le lieutenant-colonel Fairfax, "Lui, le seul et unique intermédiaire entre le monde civilisé et le Special Commando Unlimited Mission... le commando le plus cher, le plus redoutable et le moins contrôlé de toutes les unités anti-terroristes", militaire muni d'une jambe d'acier (membre emporté par une mine Claymore) et homosexuel. Il contacte Mark Ross, chef du S.C.U.M, ancien polytechnicien reconverti acteur de théâtre pornographique, au sexe hypertrophié qui fait la joie des actrices.Suite à un accident de bagnole, sa femme est un légume vivant et sa petite fille est morte.

Puis vient Brit, un jeune rouquin hooligan, ancien membre du National Front auprès de Lincoln Hurst. Ce nazillon est recherché par la mafia car il a empalé une mamma italienne avec la hampe d'un drapeau durant les incidents du Heysel, tribune Z ! Bref, la mission démarre pour cause de variole ! Des membres dissidents de l'Organisation Armée contre le Communisme International ont recruté les membres les plus actifs des organisations d'extrême-droite européenne (P.O.E, H.I.A.G, M.S.I, N.P.D, National Front, mouvement O.D.E.S.S.A) pour former le Front Armée Noire (F.A.N). Par le biais du professeur Holborn, sympathisant nationaliste et de Lincoln Hurst (le salopard), une quantité importante de virus variolique lyophilisée a disparu des laboratoires de l'unité 24 et de diffuser ce virus en France. Depuis 1980, la vaccination obligatoire n'est plus en règle et la durée de l'immunité vaccinale n'excède pas trois ans. On prévoit 30 à 40 millions de morts !

Y a un passage qui m'a fait hurler de rire lorsque Mark Ross et Brit viennent chercher Laetitia Vecci, une espionne nymphomane retirée dans un asile de fous pour se reposer. Le médecin est ennuyé car son traitement commence à faire des effets. Lisez cet extrait :

"Bref, elle va beaucoup mieux. Il faut impérativement lui éviter les tentations et, j'insiste sur ce point, ne plus lui parler de sexe. La moindre allusion la fait monter comme du lait sur le feu. Vous me comprenez ?

— Parfaitement.

— Je ne voudrais pas qu'une maladresse gâche des semaines de travail, insista le médecin.

— Vous pouvez compter sur moi, affirma Ross.

Le toubib hocha la tête, à moitié convaincu. Il poussa la porte de la chambre et s'effaça pour laisser entrer Ross. Laetitia était allongé sur son lit et feuilletait distraitement une revue de jardinage.

— Alors, salope ? gloussa Mark. Toujours le feu au cul ?"

Le ton est donné ! L'action est explosive et monte en puissance durant les 22 chapitres tandis que de nouveaux personnages font leur apparition entre les bains de sang et les parties de baise : l'israëlien Attalli, les frères jumeaux Sig Sauer, le tueur silencieux vietnamien Tran Phan Thi, l'espionne nazie lesbienne Alexandra Von Shuster ou encore le chef du K.G.B, le général Yezhoda. Le S.C.U.M poursuit la trace de trois terroristes (Alexandra, Lincoln Hurst et Guliani) porteurs d'un tube de variole pourprée. Deux pistes s'avèrent fausses tandis que le plus cruel, Lincoln Husrt, s'apprête à diffuser son poison durant le concert de l'Huma, la scène se préparant pour un concert des Rolling Stones ! Vous imaginez le carnage entre les prolos, les communistes et les rockers !

David Rome ne nous épargne rien, entre les techniques de crime (allant de l'épingle derrière le lobe de l'oreille et le lance-flammes à bout portant), les ébats sexuels torrides à l'arrière de la Cobra Shelby de Mark Ross, le pistolet silencieux remplaçant le godemiché anal pour faire taire un témoin... Bref, on tape dans du lourd et ça file sans que le lecteur ne s'ennuie une seule seconde. Et, croyez-moi, c'est pas donné à tout le monde de réussir un tel exploit. On en redemande. Suite au prochain numéro...

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S
Putain, ça donne envie !<br /> On dirait la série Hard 2004, toujours au Fleuve, en pire/mieux !<br /> Je ne connaissais pas du tout, et pourtant ces bouquins ont l'air d'être faits pour moi.<br /> Alors recherches immédiates obligatoires. Et grand merci pour la découverte.
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Z
Les cinq autres volumes seront chroniqués à la suite. Certains sont moins bons mais l'ensemble vaut quand même le détour.